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Filière lait : nouvelles mesures, suite à l'affaire Lactalis

Lactalis
Renforcement juridique et contrôle spécifique pour une meilleure transparence sont au menu des nouvelles mesures annoncées par le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Stéphane Travert, après une réunion avec l’ensemble des acteurs de la filière lait, mardi 16 janvier au sein du ministère, rue de Varenne à Paris. Réunion qui a aussi permis de faire un point de situation sur la contamination par des salmonelles de l’usine du Groupe Lactalis de Craon, en Mayenne.
 
Ces nouvelles mesures portent notamment sur un renforcement du cadre juridique et la mise en œuvre d’un plan de contrôle spécifique pour les laits infantiles en poudre. Parce que la sécurité sanitaire est un préalable et un élément clé de la performance des entreprises.
En premier lieu, donc, un cadre juridique qui sera renforcé avec une obligation pour les entreprises de transmettre aux services de l’Etat les résultats des contrôles défavorables, qu’il s’agisse de contrôles sur les produits ou sur l’environnement, dès lors qu’ils peuvent avoir des conséquences néfastes sur la santé publique ; une obligation de transmission par les laboratoires aux services de l’Etat des résultats défavorables portant sur les produits. Ceci viendra s’ajouter à la disposition actuelle limitée aux épisodes avec des cas d’intoxication humaine, et une assise légale donnée à la création de plateformes de surveillance, notamment pour les denrées alimentaires.
 
En second lieu, un plan de contrôle spécifique sera mis en œuvre sur la chaîne de production et les plans de maitrise des risques des produits laitiers en poudre à destination des enfants. Ce plan de contrôle, qui touche moins d’une centaine d’établissements de production, sera mis en œuvre dans les trois mois.
Le ministre n'a pas caché aux industriels laitiers, dont la culture est celle du secret, qu'ils allaient devoir changer d'attitude au profit d'une « transparence totale ». Il leur demande en outre « bien plus de réactivité » en cas de problème. « Ce sont là les conditions pour construire au quotidien une relation de confiance avec les consommateurs », a-t-il martelé.
 
Sur la base des conclusions de cet état des lieux, le ministre saisira l’agence Nationale en charge de l’évaluation des risques l’ANSES, afin qu’elle vérifie si les systèmes de surveillance mis en place par les professionnels sont adaptés aux risques identifiés dans le cadre du plan d’action spécifique et qu’elle fasse, le cas échéant, des recommandations sur les méthodes d’identification et de maîtrise du risque.
Enfin, conformément aux conclusions des États généraux de l’alimentation, un retour d’expérience sera réalisé et demandé au Parlement de l’Alimentation qu’est le Conseil National de l’Alimentation. Celui-ci réunit l’ensemble des maillons de la chaîne alimentaire, du producteur au consommateur, avec l’ensemble des pouvoirs publics concernés.
Ce travail sera l’occasion d’analyser les éventuels dysfonctionnements, leurs causes et les mesures correctives à mettre en œuvre. L’ensemble de ces travaux sera pleinement intégré dans la feuille de route des États généraux de l’alimentation.
Enfin, le ministre a appelé à la responsabilité des acteurs de la filière laitière afin qu’ils enrichissent le volet sanitaire du plan de filière Lait.
(Source : agro-media.fr)