Actualités en bref

L'Europe pourra-t-il devenir le premier continent sans plastique jetable ?

pollution plastique
Le Parlement européen a entériné à une large majorité la fin dans l'Union européenne des produits en plastique à usage unique qui polluent les océans, à partir de 2021
 
Le 1er janvier 2021, l’Europe pourrait être le premier continent à interdire les objets en plastique jetable. Cotons-tiges, pailles, touillettes à café : le Parlement européen a en effet entériné ce mercredi 27 mars à une large majorité la fin dans l’Union européenne, à partir de 2021, de ces produits en plastique à usage unique qui polluent les océans. En efet, selon la Commission, plus de 80% des déchets dans l’océan sont en plastique… En deux ans, ces plastiques devraient donc disparaître des supermarchés. Une dizaine de catégories de produits, comprenant aussi les couverts, les assiettes ou encore les bâtonnets pour ballons, seront interdits s’il existe des alternatives.
 
Pour d'autres produits, notamment les emballages en plastique pour des aliments prêts à emporter, en polystyrène expansé (les boîtes à burger et kebab, par exemple), l'objectif est de réduire leur consommation au niveau national et d'être plus exigeant sur leur conception et leur étiquetage. "Le plastique empoisonne nos mers, il tue leurs habitants et il nous menace, nous, au bout de la chaîne. Il était urgent d'agir", a insisté mercredi la Belge Frédérique Ries (groupe Alde, libéraux), auteure et rapporteure du rapport sur l’interdiction des plastiques jetables, approuvé par 560 voix pour, 35 contre et 28 abstentions.
 
L'UE s'attaque également aux plastiques dits oxodégradables, étiquetés biodégradables de façon abusive qui se morcellent en dangereuses particules. La législation, sur laquelle un accord avait été obtenu fin décembre entre les institutions européennes, fixe par ailleurs un objectif de collecte de 90% pour les bouteilles en plastique d'ici 2029. Ces bouteilles devront contenir 25% de produit recyclé dans leur fabrication d'ici 2025, et 30% d'ici 2030.
 
« Cette législation fera économiser 6,5 milliards d’euros aux citoyens européens », a déclaré Frédérique Ries. Pour elle, il faudra aller encore plus loin. 
 
L'industrie du tabac devra payer les coûts de collecte et de recyclage des filtres à cigarettes
 
Le texte renforce aussi le principe du pollueur-payeur, en particulier pour l'industrie du tabac, qui devra couvrir à partir de 2023 les coûts de collecte et de recyclage des filtres à cigarettes, véritable plaie pour l'environnement, puisqu'il s'agit du deuxième produit en plastique à usage unique le plus jeté dans l'UE.
 
"Un mégot jeté à l'océan pollue entre 500 et 1.000 litres d'eau", a souligné Frédérique Ries.
Les produits couverts par la législation représentent, selon la Commission, plus de 70% des déchets marins, dont on retrouve des résidus dans de nombreuses espèces comme les tortues de mer, les phoques, les baleines ou les oiseaux, mais aussi les poissons et les mollusques destinés à l'alimentation humaine.
En présentant sa proposition en mai 2018, la Commission européenne avait insisté sur le risque de voir plus de plastiques que de poissons dans les océans d'ici 2050 si rien n'était fait pour lutter contre la pollution.