ARTS & CULTURE

16e édition du Festival Scopitone: L’Art rentre-t-il dans une ère post-numérique ?

festival Scopitone
Le Festival Scopitone fût un éloge – éloge de l'insolite, de l'inattendu, de l'inopiné. À ce titre, il a témoigné cette année encore de la vivacité des cultures électroniques et des arts numériques, se faisant l'écho de leurs turbulences et de leurs passions. Pour sa nouvelle édition automnale, le festival nantais, fidèle à sa formule, proposait installations, performances, workshops, tables rondes, lives et DJ sets... jalons d'une promenade artistique plurielle, avec son lot de surprises et de nouveautés.
 
Dédié aux cultures électroniques et aux arts numériques, à leurs frictions et hybridations, Scopitone existe depuis 2002. Festival phare de Stereolux, Scopitone met en lumière sa transversalité une semaine durant. Une quinzaine de lieux emblématiques et atypiques accueillent chaque année une cinquantaine d’artistes, marquant ainsi la ville de son empreinte numérique.
 
 
Installations, performances, workshops, tables rondes, lives et DJ sets…, pour la plupart gratuits, s’y déroulent faisant de Scopitone un événement populaire attendu par 50 à 60 000 festivaliers (57% de moins de 30 ans et 25% d’étudiants) ; petits et grands.
 
Pour sa nouvelle édition de cet automne 2017 (du 20 au 24 septembre), Scopitone annonçait une programmation ambitieuse, avant-gardiste et cosmopolite, qui voulait exploser les frontières entre les genres et les disciplines artistiques.
 

Les grands enjeux de cette édition 2017

 
L’Art entre-t-il dans une ère post-numérique ?
Expositions, performances et tables rondes
Visions dystopiques, intuitions dérangeantes : l’œuvre d'art questionne notre temps.
 
Majestueux polyptyque animé, Remote Memories, de Before Tigers et Yannick Jacquet, dit la tyrannie du temps et notre course désespérée pour le rattraper.
Artiste pluridisciplinaire, Nikki Hock a fait, de sa performance Why, why ohh why, une installation à la fois expérience sensorielle extrême, destinée à nous confronter aux angoisses de notre époque, et immersion en forme d'épreuve initiatique.
Alistair McClymont, quant à lui, interroge la vulnérabilité des hommes, responsables et victimes des phénomènes naturels d'ampleur. 
 
Autre réflexion qui s'inscrit de manière durable dans le champ de la création contemporaine : après son invasion tous azimuts, que représente aujourd’hui l'outil numérique ?
 
Un champ d’exploration et de questionnement dont se sont emparés chercheurs et artistes de la programmation dans le cadre des tables rondes, workshops et masterclass proposés par le Laboratoire Arts et Technologies : Rendez-vous pros de Scopitone.
La démonstration technologique semble désormais s'estomper, se mettre au service de l’œuvre plutôt que la subjuguer : tels Narcisse V.2, série de miroirs chorégraphiés par le studio Nonotak, ou encore des  dessins mécaniques des Japonais Sokanno et yang02.
En contrepoint de la course effrénée au tout-technologique ressurgissent des approches low-tech et lo-fi, comme celles de la musique improvisée de Joasihno, des tableaux cinétiques de Flavien Théry ou encore des sculptures mécaniques de Samuel St-Aubin.
En préambule de la table ronde éponyme dont il a assuré la modération, Guillaume Ledit nous proposait un état des lieux sur le sujet, à lire sur Usbek & Rica :
Pour aller plus loin :
 
Les arts numériques vivraient-ils leur révolution ?
 
Force est de constater, en tout cas, que la prouesse technologique ne se conçoit plus pour elle-même : s’estompant, elle se met au service du propos artistique et donne lieu à une grande porosité des approches, celles-ci se nourrissant d’autres visions, dialoguant sans cesse avec d’autres univers (scientifiques, techniques...).
La création musicale n’est pas en reste, mélangeant expériences et genres, qui se répondent et s’interpénètrent : du future beat à la techno, de la house à l’expérimental, les horizons dévoilés sont vastes, et la musique se mue en une pratique ouverte à tous les vents. Les frontières ainsi abolies, ces nouvelles formes artistiques se prêtent au jeu de la transversalité, interrogent nos comportements et nos goûts, illustrent les profondes mutations de notre époque autant qu’elles les anticipent ; jouées, exposées, débattues, elles marquent la ville de leur empreinte, invitent les publics à s’étonner, à se questionner.
 
Le festival investissait les lieux emblématiques de Nantes. Du Jardin des Plantes à Stereolux en passant par le Château des Ducs de Bretagne, et de  nouveaux lieux du festival : le Musée d’arts de Nantes, la Maison des Arts de Saint-Herblain, Mediacampus… Le public était invité à construire son propre parcours en se laissant porter par sa curiosité afin de faire de la ville un nouveau terrain d’expérimentation, à travers les différents parcours programmés.
 
 
 
 

 

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