ARTS & CULTURE

« La collection : une nouvelle sélection d’œuvres. Au diapason du monde »

arts et cultures
« Au diapason du monde » dévoile dans l’ensemble des galeries du bâtiment de Frank Gehry, jusqu’au 27 août 2018, une nouvelle sélection d’artistes de la Collection réunissant des œuvres modernes et contemporaines, tous mediums confondus, pour l’essentiel jamais exposées en ce lieu. Au-delà d’un accrochage, « Au diapason du monde » se veut une exposition sur la base d’une thématique précise. Celle-ci renvoie aux questionnements actuels liés à la place de l’Homme dans l’univers et à la nouvelle approche qui le lie à son environnement et au monde du vivant, soulignant les interconnexions entre l’humain, l’animal, le végétal, voire le minéral.
 
Deux parcours complémentaires dans l’ensemble du bâtiment : Le Parcours A, présenté au niveau 2 du bâtiment (galeries 9, 10 et 11), offre une plongée dans l’univers de l’artiste japonais Takashi Murakami (né en 1962).
S’appuyant sur l’histoire politique, culturelle et sociale du Japon, Takashi Murakami cultive un monde à part, à la fois sombre et fabuleux, qui combine l’esthétique Kawaii à des références aux traumatismes de son pays, comme la bombe atomique ou plus récemment le tsunami. À travers une multiplicité de formes et de supports (peinture, sculpture, vidéo…), auquel fait écho cet accrochage, l’œuvre prolifique de Takashi Murakami développe un imaginaire débridé, saturé de couleurs et peuplé de créatures fantastiques, mi-humaines mi-animales où se mêlent culture populaire et savante, iconographie bouddhique et manga, tradition et modernité, Occident et Orient, technique ancestrale et technologie de pointe.
 
Cette présentation, conçue en collaboration étroite avec l’artiste, s’articule autour de trois ensembles :
– La galerie 9 est dédiée à DOB, premier personnage inventé par l’artiste en 1993 et considéré comme son alter ego. Il  apparaît aussi bien sous les traits d’une charmante souris dans le style  de Mickey Mouse que d’un monstre malicieux ou féroce couvert d’yeux et  aux dents acérées. 
– La galerie 10 montre une fresque monumentale présentée pour la première fois à Paris. Intitulée The Octopus eats its own leg (2017), elle  met en scène des personnages de la mythologie traditionnelle chinoise entourés d’une faune et d’une flore généreuses et merveilleuses. En  s’appropriant l’iconographie traditionnelle de la peinture japonaise du  18e siècle combinée au style des grandes fresques historiques, l’artiste  livre une version contemporaine des Huit Immortels de la religion  taoïste.
– La galerie 11 propose un espace Kawaii, (‘’mignon’’ en japonais) esthétique japonaise que l’artiste s’approprie à travers une pluralité de formes et de supports : sculpture, papiers peint, peinture de fleurs ou encore film d’animation d’inspiration manga.
 
Le Parcours B, L’homme dans l’univers du vivant, réunit 28 artistes français et internationaux de générations différentes, toutes techniques confondues.
Il s’étend sur les trois autres niveaux du bâtiment et à l’extérieur, dans le Grotto.
 
S’inspirant de l’injonction de Roland Barthes dans La Chambre claire (1980) « J’ai décidé de prendre pour guide la conscience de mon émoi », les œuvres s’articulent selon un principe d’affinités sensibles.
Le parcours s’organise autour de trois axes complémentaires présentés chacun sur un niveau du bâtiment : Irradiances (Niveau 1) ; Là infiniment (Niveau 0) ; L’Homme qui chavire (Niveau -1).
 
L’intitulé « Irradiances » fait référence au rayonnement de l’œuvre de Dan Flavin et réunit des œuvres aux supports variés : peintures, sculptures, vidéos, installations. Chacune procède d’un dialogue continu avec la nature et explore la matière et ses métamorphoses dont l’ensemble compose un paysage cosmique.
Untitled de Dan Flavin, une de ses premières réalisations en tube fluorescent, dégage une force originelle conférant à la sculpture une vibration particulière.
 
Alors que les couleurs éclatantes sont rigoureusement structurées dans Lilak (1982) de Gerhard Richter, les deux œuvres de sa série Flow (2013) renvoient au flux de la peinture répandu par le geste de l’artiste et régulé par la pose d’un panneau de verre sur la surface, faisant miroir.
 
Selon une démarche secrètement alchimique, l’œuvre Nachtkappe I (1986) de Sigmar Polke, est née du mélange inédit de peinture, de jus d’indigo et de vernis à l’alcool.
 
Water Cast 6 (2015) de Matthew Barney témoigne de la rencontre explosive du bronze en fusion et de l’eau, générant avec des subtilités d’orfèvrerie, un ensemble de formes abstraites à connotation organique.
 
L’aquarium de Pierre Huyghe, Cambrian explosion (2014), fait écho à l’explosion du même nom qui marqua l’apparition des grandes espèces animales entre 542 et 530 millions d’années et prend la forme d’un écosystème évoluant de manière autonome.
 
Le monochrome IKB81 (1957) d’Yves Klein traduit en direct une « zone de sensibilité picturale » tandis que les éponges RE46 (1960) et SE231 (1960) imprègnent la matière vivante du même pigment bleu.
 
Reports of the rain (2014) de Mark Bradford fédère collage et peinture dans une veine lyrique très musicale.
 
Faisant écho à la démarche de Polke, Jacqueline Humphries utilise dans l’œuvre Untitled (2007) de la série « Silver Paintings », une laque industrielle argentée mélangée à de la peinture à l’huile.
 
Commissaire général : Suzanne Pagé
Commissaires : Angéline Scherf, Ludovic Delalande et Claire Staebler
Conseiller artistique et scénographe : Marco Palmieri
 
Les artistes présentés :
 
Giovanni Anselmo (1934, Italie), Matthew Barney (1967, États-Unis), Christian Boltanski (1944, France), Mark Bradford (1961, États-Unis), James Lee Byars (1932-1997, États-Unis), Maurizio Cattelan (1960, Italie), Ian Cheng (1984, États-Unis), Andrea Crespo (1993, États-Unis), Trisha Donnelly (1974 , États-Unis), Dan Flavin (1933-1996, États-Unis), Cyprien Gaillard (1980, France), Alberto Giacometti (1901-1966, Suisse), Dominique Gonzalez-Foerster (1965, France), Jacqueline Humphries (1960, États-Unis), Pierre Huyghe (1962, France), Yves Klein (1928-1962, France), Mark Leckey (1964, Royaume-Uni), Henri Matisse (1869-1954, France), François Morellet (1926-2016, France), Takashi Murakami (1962, Japon), Philippe Parreno (1964, France), Sigmar Polke (1941-2010, Allemagne), Gerhard Richter (1932, Allemagne), Bunny Rogers (1990, États-Unis), Wilhelm Sasnal (1972, Pologne), Shimabuku (1969, Japon), Kiki Smith (1954, États-Unis), Adrián Villar Rojas (1980, Argentine), Anicka Yi (1971, Corée du Sud).
 
 
Fondation Louis Vuitton – Du 11 avril au 27 août 2018

 

 

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