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Les lauréats du Prix Marcel Duchamp exposent leur vision du monde à l’aéroport de Paris

arts et culture
Pour la première fois, et après sept expositions consacrées aux collections patrimoniales des plus prestigieuses institutions parisiennes, Espace Musées invite tout cet été et jusqu'au 16 janvier 2018 avec  sa nouvelle exposition, « Paysages du monde », la création contemporaine à l'aéroport Paris-Charles de Gaulle !
Illustration : (Lost) Paradise A-B de Carole Benzaken - Courtesy Carole Benzaken
 
A travers cette thématique, Serge Lemoine, conseiller scientifique et culturel d'Espace musées, présente les œuvres de neuf des lauréats du Prix Marcel Duchamp en s'arrêtant sur les créations de Carole Benzaken, Claude Closky, Cyprien Gaillard, Laurent Grasso, Thomas Hirschhorn, Mathieu Mercier, Tatiana Trouvé, Latifa Echakhch, Melik Ohanian.
Autour de divers médiums propre à chacun : la peinture, la photographie, l'assemblage, la sculpture, la programmation informatique et la lumière, « Paysages du monde » dévoile à tous les visiteurs, un aperçu de la création contemporaine en France et la manière dont de grands artistes appréhendent le monde qui nous entoure.
 
Espace musées est le seul musée d'aéroport au monde à la programmation si réfléchie et si dynamique. Dès cet été, avec « Paysages du Monde », Espace musées sera la vitrine de la création contemporaine française pour des milliers de voyageurs qui transitent par ce terminal. Au milieu des boutiques de luxe du hall M de l'aérogare 2E et en accès libre et gratuit, dans un décor signé Wilmotte, cette exposition de la « crème » des artistes français, est le fruit d'un partenariat entre Espace Musées et l'Association pour la diffusion internationale de l'art français, l'ADIAF, qui décerne chaque année le Prix Marcel Duchamp et qui œuvre à travers le monde pour la reconnaissance de la scène française.
 
Mathieu Mercier (Prix Marcel Duchamp 2003)
 
L’œuvre de Mathieu Mercier, né en 1970, faite de citations et de connivences, est généralement fondée sur le rapprochement entre le langage et les codes de l’art contemporain avec les objets de la réalité quotidienne. Ici l’artiste reprend quelques thèmes de l’art abstrait, de grands espaces vides, une disposition en triptyque pour les présenter avec ironie en donnant pour référence la marque des fabricants de couleur.
Sans-titre (Lascaux 944/924 sur un fond d'Unik 012.1A) - Mathieu Mercier - Courtesy
 
 
(Lost) Paradise A-B de Carole Benzaken - Courtesy Carole Benzaken
 
Carole Benzaken (Prix Marcel Duchamp 2004)
 
Lorsqu’elle obtint le Prix Marcel Duchamp en 2004, Carole Benzaken, née en 1964, développait une oeuvre de peintre qui la distinguait fortement des artistes contemporains de l’époque. Ses tableaux peints en séries montrent des images issues de la réalité, comme ici Lost Paradise (Paradis perdu), de la série du même nom, représentant des paysages de grand format à la limite de l’abstraction par le travail de la couche picturale qui fragmente l’image en un scintillement de petits éléments. Une approche de la peinture qui la rapproche de Monet lorsqu’il peignait ses cathédrales, à travers une étude de la lumière et de la touche comparée.
 
Geo Metry 2009 computer, flat screen, unlimited duration de Claude Closky - Courtesy des  galeries Laurent Godin, Paris, Mehdi Chouakri, Berlin
 
Claude Closky (Prix Marcel Duchamp 2005)
 
Artiste de l’inventaire et de l’archive né en 1963, Claude Closky, utilise avec humour le chaos des informations données par les nouvelles technologies et la vie quotidienne. Sa démarche repose sur une réflexion quant au langage médiatique et au traitement de l’information. Son œuvre Geo Metry est à cet égard très significative, livrant sur le monde des données statistiques en constante évolution tout en étant indéchiffrables.
 
La grande allée du château de Oiron 2008 c-print sur diasec FRAC Poitou-Charentes de Cyprien Gaillard - Courtesy Château de Oiron, Galerie Bugada&Cargnel, Paris
 
Cyprien Gaillard (Prix Marcel Duchamp 2010)
 
Né en 1980, Cyprien Gaillard s’intéresse aux ruines contemporainespar le biais de divers mediums : photographie, gravures anciennes détournées, sculptures à partir de produits industriels, films et affiches. Ses oeuvres proposent un questionnement sur les traces d’un monde en rapide mutation. Dans cette photographie, il représente l’allée principale du château d’Oiron qui a été recouverte de gravats issus de la démolition d’une tour d’Issy-les-Moulineaux. Il donne ainsi à voir dans un raccourci une image du passé et celle d’un futur où les immeubles modernes seraient devenus les vestiges d’une civilisation perdue.
 
1610 IV -  2014 Néon, caisson altuglas de Laurent Grasso - Galerie Perrotin, Paris – Courtesy de l’artiste et  de la  galerie Perrotin, Paris / New York / Hong Kong - Photographe : Claire Dorn
 
Laurent Grasso (Prix Marcel Duchamp 2008)
 
Alliant peintures de facture ancienne, documents d’archives, installations et films, l’œuvre de Laurent Grasso, né en 1972, questionne la réalité avec une perception située au croisement des champs scientifique, mythologique et symbolique. Son tableau intitulé Œuvre 1610 IV montre un ciel constellé d’étoiles dessinées à la lumière artificielle dans une représentation naïve et poétique.
 
Les 5 continents (le continent américain) 1999  de Thomas Hirschhorn - Carton, aluminium, bois, papier - Collection privée, Paris - Photo : Romain Lopez - Courtesy Collection privée, Paris
 
Thomas Hirschhorn (Prix Marcel Duchamp 2000)
 
Né en 1957, premier lauréat du Prix Marcel Duchamp, Thomas Hirschhorn réalise des installations qui allient la richesse conceptuelle et la force visuelle. Héritier de nombreux courants artistiques et en particulier du dadaïsme, il s’exprime principalement avec la technique du collage et de l’assemblage pour réaliser des installations possédant un fort contenu artistique. Avec « Les 5 continents », il révèle dans cette série de cartes, une façon allégorique de se représenter le monde.
 
Tatiana Trouvé (Prix Marcel Duchamp 2007)
 
Tatiana Trouvé, née en 1968, a recours à de multiples moyens, dont beaucoup proviennent de matériaux de récupération qui sont ensuite coulés en bronze. Refolding (Repliement) est précisément composée de plaques de carton transformées en bronze, placées verticalement, qui peuvent évoquer une construction ou un habitacle, accompagnées de tiges de métal dessinant des arabesques dans l’espace sur lesquelles est posée une bobine de fil. Le contraste entre les deux ensembles de l’oeuvre avec sa partie mobile évoque un voyage en pensée dans l’espace réel.
Refolding, 2013 de Tatiana Trouvé - 134 x 135 x 65 cm Bronze, métal, corde, bois - Galerie Perrotin, Paris - Courtesy Antoine Cadot,  Galerie Perrotin, Paris
 
Latifa Echakhch (prix Marcel Duchamp 2013)
 
Dans son travail, nourrie par la poésie et l’art de l’évocation, Latifa Echakhch, née en 1974, utilise de nombreuses pratiques et des supports variés, du tableau au mur à l’installation dans l’espace, de l’encre à la place de la peinture aux objets de la réalité utilisés tels quels. Le tableau Moss and ivy are compiling various shades of greens. Everything higher than forty two centimeters turns to a heavy brown, est très caractéristique de sa démarche : l’artiste cherche ici une nouvelle technique de représentation du paysage, en utilisant de l’encre bleue qu’elle prend soin de répandre sur une toile faite d’un tissue absorbant. Le résultat obtenu par la diffusion par capillarité de ce ductile évoque un paysage onirique.
Moss and ivy are compiling various shades of greens. Everything higher than forty two centimeters turns to a heavy brown, 2014 de Latifa Echakhch -  Encre « phtalo » sur toile - Galerie Kamel Mennour, Paris/London - Photo : Fabrice Seixas & archives kamel mennour - © Latifa Echakch
 
 
 
 
Selected Recording #072 de Melik Ohanian   - Tirage lambda contrecollé sur plexiglas  - Galerie Chantal Crousel, Paris 
 
Melik Ohanian (Prix Marcel Duchamp 2015)
 
Né en 1969, Melik Ohanian développe une oeuvre qui croise des techniques artistiques variées pour évoquer la recherche de la connaissance de l’univers. L’artiste a souvent recours à la photographie. En 2000, il commence une série de prises de vue intitulée Selected Recording, ayant pour sujet l’habitat vernaculaire. L’ensemble de ces paysages ordinaires, constitués sans esprit de système au gré des voyages de Melik Ohanian, témoigne dans son apparence neutre et sans signification immédiate, d’une vision originale sur le monde.