PORTRAITS DE JEUNES CHERCHEURS

Lisa Rivalin veut créer des bâtiments à régulation autonome

Mines ParisTech
 
Lisa Rivalin crée un partenariat de recherche sur les bâtiments intelligents avec le prestigieux laboratoire national de recherche LBNL à Berkeley, en Californie. Le laboratoire, ayant pris connaissance de ses travaux précédents, notamment à MINES ParisTech, lui propose une place de « chercheuse invitée » au sein de leurs équipes pendant deux ans à partir de 2017, avec pour objectif de créer des bâtiments à régulation autonome.
 
MINES ParisTech est un acteur majeur de l’innovation. L’accompagnement à l’entrepreneuriat et l’engagement en faveur de l’open innovation sont des sujets stratégiques pour MINES ParisTech.
L’aide à la création d’entreprise, coordonnée par le Pôle Innovation et Entrepreneuriat (POLLEN), couplée à la formation des élèves ingénieurs via l’option « innovation et entrepreneuriat », a permis la création d’une quarantaine d’entreprises en 20 ans, dont une vingtaine ces cinq dernières années. Dans sa volonté de faire naître des innovations et inventions, MINES ParisTech encourage également la création de « spin-off ».
Pour refléter cette dynamique, MINES ParisTech vous fait découvrir ses entrepreneurs de talent. Aujourd’hui, rencontre avec Lisa Rivalin.

Un parcours d’excellence

Née en 1990 à Nantes, Lisa Rivalin nourrit depuis très jeune deux passions : les mathématiques et la musique. Élève brillante, elle est repérée par le Directeur de son Lycée qui lui accorde une dérogation spéciale pour lui permettre de suivre un cursus Chant et Orgue au Conservatoire, en parallèle de sa première et de sa terminale S. Une fois le BAC mention « très bien » en poche, ce même directeur la pousse à intégrer une classe préparatoire parisienne de renom, Stanislas.
Marquée par son grand-père, ingénieur en thermodynamique et énergie nucléaire, qui l’emmenait se promener sur les chantiers navals de Nantes sur lesquels il travaillait, Lisa choisit alors d’intégrer l’ENSI Poitiers, une école d’ingénieur offrant une approche polyvalente des sujets liés à l’énergie.
À l’occasion de cours optionnels, elle découvre une nouvelle discipline, la philosophie des sciences, qui l’attire tant qu’elle décide de suivre, en parallèle de son cycle d’ingénieur, un master d’histoire et philosophie des sciences à l’Université Paris Diderot.
Entre école d’ingénieurs à Poitiers la semaine et cours en amphi à la Fac le samedi matin à Paris, la musique passe un temps au second plan, mais Lisa parvient tout de même à donner quelques cours de solfège et de piano, tout en préparant un mémoire de master sur le temps et la conscience, dirigé par le célèbre scientifique français Etienne Klein.

Un début de carrière en recherche prometteur structuré autour de deux piliers : les statistiques et l’énergie du bâtiment

Ayant toujours voulu se diriger vers la recherche, Lisa intègre à son entrée dans la vie active un cursus de doctorat au sein de MINES ParisTech.
Dans ce cadre, elle prépare sa thèse, financée par ENGIE Axima, sur la garantie de performance énergétique, approche qui permet, avant même la construction d’un bâtiment, de prédire ses consommations énergétiques, pour proposer des constructions neuves très performantes, et en moyenne 40 % d’économies d’énergie sur de la rénovation.
Après Poitiers, elle partage donc son temps entre Nantes (chez ENGIE Axima) et Paris (locaux de MINES ParisTech), tout en reprenant ses études musicales professionnalisantes au conservatoire à Nantes. En mai 2016, elle soutient sa thèse et obtient ainsi son doctorat.
 
Forte de cette première expérience, Lisa pérennise sa collaboration avec ENGIE Axima, en créant un partenariat de recherche sur les bâtiments intelligents avec le prestigieux laboratoire national de recherche LBNL à Berkeley, en Californie. Le laboratoire, ayant pris connaissance de ses travaux précédents, lui propose une place de « chercheuse invitée » au sein de leurs équipes pendant deux ans à partir de 2017.
 
Aujourd’hui, les recherches de Lisa ont pour objectif de créer des bâtiments à régulation autonome. À l’aide d’un historique de données captées sur les bâtiments, elle met en place une méthode utilisant la Data science, le Machine Learning et la modélisation physique pour maximiser, en temps réel, le confort et la qualité d’air, tout en minimisant les consommations énergétiques et émissions de CO2.
Le but final est, qu'à terme, les systèmes de chauffage et refroidissement s’allument au bon moment et aux bonnes températures en apprenant du comportement des utilisateurs et des tendances météorologiques de la région. Surtout, ces bâtiments réglés au millimètre près permettront de consommer le moins d’énergie possible en favorisant en temps réel la source la plus écologique. En bref, des bâtiments intelligents, au service du confort de tous autant que de l’environnement.
 
Et l’avenir ? Après un an et demi passé à San Francisco, Lisa souhaite, pour le moment, poursuivre ses projets aux États-Unis car, même si le contexte de la recherche sur les sujets énergétiques y est moins favorable qu’auparavant, elle apprécie l’esprit d’initiative et la vision long-terme qui caractérisent la culture américaine.