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Quand les innovations de rupture s'imposent au cœur de l'entreprise

Un halo technologique nous entoure. Il n’est pas un secteur d’activité, pas une entreprise, pas une fonction de l’entreprise, qui ne soit aujourd’hui transformé par des mutations technologiques profondes. Alors que ces mutations concernaient auparavant essentiellement l’offre et le système de production des entreprises, elles ont aujourd’hui des répercussions bien plus larges, en révolutionnant les relations avec les clients ou les partenaires, ou encore les modes de collaboration entre salariés. C’est ce que révèle la dernière étude Deloitte « Tech Trends 2017 - L'Entreprise cinétique » confirmant que, dans de nombreux domaines, la frontière technologique ne cesse d’être repoussée, alimentant non plus les services IT mais le cœur même de toutes les directions métiers.
 
Les « Tech Trends 2017 » sont emblématiques de ces mutations profondes de l’entreprise : sophistication croissante de l’analytique et des traitements algorithmiques, recentrage sur l’utilisateur pour lui offrir l’expérience la plus fluide et riche possible, anticipation des ruptures technologiques à venir.
« Dans la plupart des entreprises, la technologie est considérée comme une priorité et mobilise fortement l’attention des dirigeants. Ces derniers l’examinent sous trois angles complémentaires. D’abord, l’angle stratégique : quelles innovations sont susceptibles de remettre en cause les modèles économiques existants ? Ensuite, l’angle opérationnel : comment peuvent-elles contribuer à améliorer la productivité ? Enfin, et c’est assez nouveau, l’angle organisationnel : le capital humain de l’entreprise, son mode de fonctionnement et sa culture, lui permettent-ils de tirer tout le parti des technologies émergentes ? Au cours des dernières années, la technologie a migré de la périphérie vers le centre des réflexions stratégiques, elle alimente aujourd’hui l’ensemble des directions métiers. En parallèle, le rôle des DSI est monté en puissance .», résume Sébastien Ropartz, Associé responsable Deloitte Digital.

Les quatre tendances majeures technologiques identifiées par l’étude Deloitte

1. Tendance #1 - Copier, apprendre, seconder : l'intelligence des machines
 
De plus en plus d’entreprises devraient associer, dans les deux ans à venir, l’intelligence collective de leurs collaborateurs avec des capacités d’analyse informatique poussées. Pour ce faire, elles pourront s’appuyer à la fois sur les progrès spectaculaires des algorithmes, le cloud, le Big Data, mais aussi, sur de nouveaux modes de coopération entre l’homme et la machine.
 
L’intelligence artificielle a réalisé des avancées considérables dans une multitude de directions différentes : apprentissage automatisé, réseaux de neurones, informatique cognitive, ou encore RPA (robotic process automation), qui permet à la machine d’assimiler un processus répétitif sans qu’il soit nécessaire de la programmer, mais en « observant » un humain le réaliser.
 
Dans certains cas, l’intelligence des machines permettra aux entreprises d’automatiser totalement des processus répétitifs, à faible valeur ajoutée, qui nécessitaient auparavant un travail humain.
 
Mais surtout, elle leur permettra d’améliorer la performance de leurs salariés et l’expérience de leurs clients. Les salariés pourront ainsi disposer de puissants outils d’analyse pour remplir leurs tâches plus efficacement. Les clients, quant à eux, bénéficieront de réponses personnalisées à leurs demandes, instantanément, grâce à des « chatbots ».
 
Pour la plupart des entreprises, les partenariats – que ce soit avec des laboratoires de recherche universitaires, des grandes entreprises d’Internet ou des start-ups – constitueront le point de passage recommandé pour défricher ce sujet.
 
Tendance #2 - Extension du domaine de l'analytique : les dark analytics
 
Si les entreprises sont encore loin d’avoir résolu toutes les questions liées au Big Data, elles perçoivent cependant mieux leur valeur latente et ont commencé à expérimenterdes cas d’usage. De fait, 64 % des DSI projettent d’investir dans les capacités techniques et humaines pour exploiter les données de leur entreprise au cours des deux prochaines années.
 
Mais il reste une grande quantité de données non utilisées aujourd’hui. Cette « matière noire » informationnelle devrait commencer à livrer ses secrets, dans les 18 à 24 mois qui viennent pour les entreprises pionnières. La nouvelle frontière du Big Data, les « dark analytics », recouvre trois types de données aujourd’hui négligées : les informations « dormantes » de l’entreprise, les données non structurées (e-mails, photos ou vidéos) et le web invisible (« deep web ») qui, bien qu’accessible publiquement, n’est pas indexé par les moteurs de recherche classiques.
 
Ces données recèlent des indications à forte valeur ajoutée pour les entreprises qui sauront les faire parler. Au niveau mondial, les gains de productivité pourraient s’élever à 430 milliards de dollars d’ici 2020. Pour se donner toutes les chances de succès, les entreprises devront privilégier une perspective métier, sous peine de dissiper leurs efforts, et s’ouvrir sur leur environnement, qui détient probablement une partie des données dont elles ont besoin.
 
Tendance #3 - Fusion du monde physique et numérique : la réalité mixte  
 
La présence de la technologie dans les entreprises va tendre à s’estomper, au profit d’interactions plus naturelles avec l’utilisateur. C’est la troisième tendance des 18 à 24 prochains mois : la réalité mixte, autorisée par la convergence de la réalité virtuelle ou augmentée, et de l’Internet des objets.
 
La réalité mixte laisse l’utilisateur évoluer dans son environnement familier, sur lequel elle superpose une couche virtuelle d’informations, par le biais d’un casque de réalité augmentée ou d’un dispositif de projection. Elle lui permet d’interagir avec l’ordinateur par la voix ou les gestes, captés par des dispositifs portés sur lui (wearables) ou situés autour de lui. Le principal bénéfice de la réalité mixte est de reculer la technologie à l’arrière-plan : l’utilisateur dispose d’une totale liberté d’action, sans être gêné par un clavier ou un écran tactile. Il est donc plus engagé et plus efficace.
 
Les entreprises vont progressivement expérimenter les applications de la réalité mixte : support aux opérateurs de production ou de maintenance, formation, communication, marketing et service client, nouvelles expériences de shopping, etc. Néanmoins, elles vont devoir pour cela résoudre des questions complexes d’ergonomie, de technique et de cyber-sécurité.
 
Tendance #4 - Conserver une longueur d'avance : les technologies exponentielles
 
Les technologies numériques ont démontré à quel point l’innovation pouvait perturber les modèles économiques ou organisationnels établis, voire mettre en péril les entreprises insuffisamment vigilantes. Par conséquent, les dirigeants – notamment les DSI – prendront soin de garder un œil sur des domaines technologiques aujourd’hui très fertiles où, même si l’horizon de mise en application paraît plus distant, de l’ordre de 3 à 5 ans, des innovations de ruptures pourraient avoir des répercussions profondes sur leur activité.
 
Au rang de ces technologies « exponentielles » figurent les nanotechnologies, les biotechnologies, l’informatique quantique et le stockage de l’énergie.
 
« L’importance de la veille technologique et de la "culture technologique" des dirigeants n’a jamais été aussi grande. Les organisations gagnantes seront celles qui parviendront à anticiper non pas simplement l’innovation incrémentale, qui améliore à la marge leur productivité ou les fonctionnalités de leurs produits et services, mais bien l’innovation radicale – celle qui leur permet de redéfinir leur secteur d’activité ou de réinventer leur modèle de fonctionnement », conclut François-Xavier Leroux, Directeur Deloitte Digital.
 
L’entreprise cinétique adopte le mouvement permanent. Elle développe la dextérité nécessaire pour surmonter l’inertie opérationnelle et prospérer dans des environnements d’affaires en évolution constante. Dans ce bruit médiatique nourri par les Cassandre et les faux prophètes, écouter les signaux faibles est une gageure. Faire des choix dans cet environnement n’est pas aisé : seule une part des avancées technologiques sont créatrices de valeur et seule leur connaissance intime permet de les discriminer.
Rester spectateur n’est donc plus une option : les mentalités doivent évoluer pour accepter les changements de cap, ces derniers étant beaucoup plus durs à effectuer à l’arrêt. Se mettre en mouvement permet de capter l’énergie nécessaire à la maîtrise de son destin : expérimenter des excursions en dehors de sa zone de confort, former les employés à se former par eux-mêmes et entre eux, nouer des partenariats pour étendre les capacités de l’entreprise au-delà de ses frontières, revendiquer des droits sur de nouvelles sources de données, inventer la collaboration avec les machines…
Prendre de la vitesse pour prendre de la hauteur. L’entreprise cinétique doit être en mesure de se nourrir de ce mouvement qui l’entoure et l’anime, de cette évolution des technologies, des organisations, des services et des usages qui constitue aujourd’hui une force de traction et de transformation formidable.
 
Retrouver l’intégralité des tendances dans l’étude Tech Trends 2017 et notamment : l’IT sans frontières, la généralisation d’une architecture SI flexible, « everything-as-a-service »et la blockchain ou l’économie de la confiance.
 
Méthodologie
Pour la cinquième année consécutive, l’étude Tech Trends s’appuie sur une méthodologie spécifique, destinée à identifier les tendances d’investissement et d’innovation technologiques des entreprises. Deloitte France adapte l’étude Tech Trends publiée aux Etats-Unis en tenant compte du contexte propre aux entreprises françaises. Les tendances sont sélectionnées sur la base des retours de clients sur leurs priorités actuelles et futures ; des points de vue d’acteurs éminents de l’industrie ou du monde universitaire ; des travaux de recherche d’analystes et de groupes de réflexion sur les technologies ; des feuilles de route et priorités d’investissements de start-up, de capital-risqueurs et des principaux fournisseurs de technologie ; ainsi que des idées insufflées par des groupes de travail collaboratifs et des exemples recueillis au sein du réseau de professionnels Deloitte comprenant plus de 200 000 experts à travers le monde.
 
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Prendre le tournant de la deep tech, une opportunité à saisir pour les grands groupes

Intelligence artificielle, impression 3D d’organes, WiFi par la lumière… une série d’innovations issues directement des laboratoires de recherche casse les codes établis dans des secteurs aussi variés que l'aéronautique, l'agriculture, la mobilité, l'énergie ou la santé. C’est ce qu’on appelle la deep tech. Elle s'apprête à bouleverser l'ensemble des secteurs économiques avec ses innovations de rupture.
Pour mieux comprendre les enjeux particuliers de cette vague, le Boston Consulting Group et Hello Tomorrow, une organisation internationale qui soutient les startups deeptech, publient une nouvelle étude intitulée "From Tech To Deep Tech – Fostering Collaboration between corporates and startups". En effet, ces startups issues directement de la recherche et gourmandes en capital, sont confrontées à des défis très spécifiques qui limitent leur développement. Pourtant leur potentiel de création de valeur est significatif. Pour relever ces défis, les grandes entreprises apparaissent comme des partenaires privilégiés. Les startups les plébiscitent à près de 97%, et les corporates ont besoin de ces startups pour se réinventer et accélérer le rythme de l'innovation… mais ce type de partenariat ne fonctionne que sous certaines conditions.
 
La deep tech se définit comme l'innovation de rupture fondée sur des avancées scientifiques difficiles à reproduire et qui repoussent les frontières technologiques. Elle contribue déjà à bouleverser le mode de conception et de production de nombreuses entreprises.
Les startups issues de la recherche sont un acteur central de cette révolution deep-tech. Elles concentrent des financements considérables et en forte hausse, comme dans les biotechnologies (7.9 md$ en 2016 contre 1.7 md$ en 2011) ou dans la réalité augmentée, la réalité virtuelle et les drones qui ont permis de lever plus de 3.5Md$ de capitaux en 2015 (vs ~0.1Md$ en 2011).
Pour mieux comprendre les attentes, les défis spécifiques et les conditions de succès de ces startups, le rapport est basé sur une enquête auprès de 400 startups du réseau Hello Tomorrow, majoritairement issues de la recherche et provenant de plus de 50 pays. 3 500 deep tech, recensées dans les secteurs de l'aéronautique et les transports mais aussi l'agriculture, l'énergie, la finance, la santé, la construction, les télécoms ou encore la distribution, s'appuient sur l'intelligence artificielle, les nanotechnologies, l'Internet des objets et la robotique, entre autres... Quelle différence avec les startups ? Ce sont généralement des chercheurs-entrepreneurs qui sont à la recherche de solutions, via les mathématiques appliquées, la physique ou la biologie, pour répondre aux enjeux sociétaux et environnementaux des pays développés. 

LIRE AUSSI DANS UP' : Les vrais enjeux des startups Deep Tech

Des défis et des besoins spécifiques pour ces acteurs de l'innovation de demain

Ces startups ont des besoins en financement significatifs (du fait de leurs équipements et infrastructures scientifiques et technologiques), et une intensité capitalistique largement supérieure aux startups issues du monde digital. Mais le premier défi cité par les startups deeptech (~30%), ce sont les délais de mise sur le marché de leur innovation ; ceux-ci sont structurellement longs, sous-estimés par près de la moitié d'entre elles (40%) et plongent nombre de ces jeunes pousses dans des périodes d'incertitude sur les débouchés de leurs innovations.
 
Ces startups deep-tech sont soutenues par l'écosystème d'innovation (incubateurs, business angels, venture capital, institutions publiques, corporates).
"Leurs attentes vis-à-vis de cet écosystème d'innovation vont bien au-delà de l’enjeu du financement : elles souhaitent être accompagnées dans la définition des applications industrielles et commerciales de leurs innovations. Elles doivent parfois franchir des marches importantes pour passer de la conception technologique à la définition d'un marché, d'une clientèle cible et à la définition de produits basés sur leur technologie. Elles vont chercher un appui dans cette démarche auprès de partenaires." déclare Philippe Soussan, directeur associé au BCG.
 
En effet, parmi les besoins d'accompagnement les plus importants mis en avant par les startups deep-tech, 80% mettent en avant le financement, mais l'accès au marché est aussi une priorité pour 61% d'entre elles ; la mise à disposition d'une expertise technique (pour 39%) ou encore d'une expertise business et marketing (pour 26%) sont des enjeux de taille également.
Des principes de base pour une collaboration grands groupes / deep tech réussie si chacun des grands acteurs de l'écosystème d'innovation peut répondre à un de ces besoins fondamentaux, les entreprises matures sont les seules à pouvoir y répondre dans leur intégralité grâce à leurs expertises techniques, industrielles, et commerciales (infrastructures de tests, données clients, etc.) mais surtout grâce à un accès aux marchés. Elles sont des partenaires très attractifs.
Or, "si 97% des startups interrogées appellent de leurs voeux un partenariat de long terme avec des entreprises pour les accompagner dans leur développement, seules 57 % d'entre elles ont réussi" ajoute Philippe Soussan.
 
Ce décalage s'explique certes par une très grande prudence des startups à l'égard des entreprises éloignées structurellement et culturellement de leur réalité. Mais pas seulement. Ces partenariats corporates – startups deeptech ne sont plus l'apanage du secteur de la santé ou de l'informatique, ils touchent maintenant toutes les industries. D'ailleurs les grands corporates accélèrent l'usage des structures de type CVC ou d'incubateurs, comme l'a montré le BCG dans une étude récente sur le Corporate Venturing.
 
"Les grands groupes doivent revoir leur façon d'envisager les partenariats avec les startups deeptech s'ils veulent se placer au coeur de cette révolution technologique. Il n'existe pas de modèle clé en main pour garantir cette réussite mais quelques principes de base doivent être respectés pour mieux valoriser ce type de coopérations " précise Arnaud de la Tour, viceprésident d'Hello Tomorrow.
 
Les besoins des deeptechs comme les attentes des grandes entreprises sur cette collaboration varient. Le BCG et Hello Tomorrow ont analysé ces besoins et identifié des archétypes de startups deeptech, qui se différencient selon deux axes :
- le degré de maturité des technologies qu'elles développent et
- le degré de maturité du marché sur lequel ces startups souhaitent opérer.
 
Quatre groupes de startups ont été identifiés - les "potential quick wins", les "demand bets", les "development bets" et les "technology bets" ; ces quatre catégories permettent d’aider les grands groupes à ajuster leur dispositif et leurs objectifs sur ces collaborations.
Une fois que les objectifs de collaboration sont bien définis, la volonté de travailler ensemble peut se transformer en co-création de valeur sous différentes formes : partenariat (de codéveloppement pour une jeune pousse ou commercial pour une start-up plus mûre) ou investissement via un fond de venture interne ou externe.
 
"Pour les grands groupes, une réflexion sur la taille de leur portefeuille est essentielle. Il est important de multiplier les partenariats pour diversifier ses risques, construire sa visibilité dans l'écosystème et avoir accès à un éventail de technologies plus complet." conclut Xavier Duportet, Président d'Hello Tomorrow.
 
 

Hello Tomorrow lance pour la 4e année consécutive son Challenge international dédié aux startups de la deep tech. La compétition s'ouvre dès le 10 avril 2017 !

 
 

 
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réseaux sociaux

Comment les entreprises françaises utilisent les réseaux sociaux

Quelles ont été les évolutions des médias sociaux depuis 2015 ? Le Baromètre Hootsuite des Médias Sociaux - Edition 2017 présente un nouvel état des lieux quant à l’usage des médias sociaux au sein des entreprises françaises. 
 
Les médias sociaux se sont invités dans la vie des consommateurs et du grand public il y a plus de 12 ans… Les entreprises, avec un peu de retard, ont suivi le mouvement et les médias sociaux sont souvent présentés aujourd’hui comme un pilier incontournable du marketing. Mais comment les organisations françaises intègrent-elles aujourd’hui les médias sociaux à leur stratégie d’entreprise ? Sur quels réseaux sociaux sont- elles présentes et dans quels objectifs ? Quels nouveaux usages se sont développés ? Quels sont les défis auxquels elles sont confrontées et comment s’organisent-elles pour y répondre ?
Après une première édition en 2015 qui avait permis d’en savoir un peu plus sur l’utilisation des médias sociaux en entreprise, ce second baromètre des médias sociaux et leur usage par les marketeurs en France, a été réalisé en commun par Hootsuite, l’Adetem (Association des Professionnels du Marketing), Visionary Marketing et Toluna. Mené du 10 mai au 31 juillet 2016 sur la base d'un questionnaire et complété de tables rondes et d’entretiens individuels, il se fonde sur 312 répondants, retenus en qualité de professionnels du marketing et de la communication. 
La large majorité des marketeurs interrogés dans ce baromètre, soit 87 % des répondants, sont utilisateurs des médias sociaux en entreprise. Ceci confirme la tendance déjà observée lors de la précédente édition.
 
L’étude souligne sans surprise une évolution constante dans le paysage des médias sociaux en entreprise. Cette année a été particulièrement riche en événements : Snapchat est entré dans le champ de vision des entreprises, même si sa compréhension par les marketeurs, notamment en France, reste faible. De nouveaux outils ont également réussi à percer de façon remarquable, comme Periscope (et son compère Facebook Live qui n’est malheureusement pas visible puisque mélangé à Facebook, à la différence de Messenger qui en est sorti). Comme dans tout écosystème, des espèces nouvelles se font jour et d’autres disparaissent. C’est également le cas dans le domaine plus fermé du réseau social d’entreprise avec, encore eux, Facebook at Work (renommé Workplace en octobre 2016) et Slack qui s’imposent peu à peu dans ce paysage encombré.
 
La vidéo s’impose peu à peu pendant que certains réseaux sociaux s’affaiblissent. Alors que la vidéo en direct s’est largement imposée au cours de l’année, d’autres outils sont en passe de disparaître ou sont sortis du spectre. Google+ n’est plus que l’ombre de lui-même et on peut même considérer qu’il est quasiment hors-jeu. Viadeo semble peu à peu subir le même sort, même s’il trouve une nouvelle jeunesse au travers d’un système de notation collaborative des entreprises. Vine a également disparu du radar, alors qu’on en faisait grand cas encore en début 2015 en le désignant comme nouvelle tendance des médias sociaux. A peine un an et demi après, il est même abandonné par Twitter en octobre 2016. Il est remplacé par Periscope, plus simple à comprendre et plus direct. Twitter, qui est derrière ces deux plateformes, a bien réussi à bousculer le marché dans ce domaine.
 
Parmi les nouvelles tendances, comptons également le social selling, qui s’est largement imposé cette année au point d’en devenir une quasi obsession parmi les clients B2B. Ceci explique aussi que LinkedIn se maintient, malgré son rachat par Microsoft en 2016. Ce rachat a été décrié par certains analystes, mais il faut avouer qu’il n’a pas eu pour l’instant de répercussion sur la plateforme, qui garde son indépendance au sein de la firme de Redmond.
 
Enfin, dernier phénomène, et non des moindres, est celui de la chute de Twitter en bourse, suite à un grand nombre de spéculations sur sa mise en vente. Ce point particulier a créé beaucoup de détresse parmi les influenceurs, qui ont largement tendance à considérer l’oiseau bleu comme leur outil favori. Twitter, cet outil couteau suisse qui fait tout et n’importe quoi et apporte une grande valeur ajoutée aux utilisateurs experts laisserait les novices de marbre. Les utilisateurs actifs de Twitter seraient toutefois plus de 310 millions.
Malgré tout cela, les répondants considèrent que dans l’entreprise, Twitter a toujours une grande valeur et ce point apparaîtra clairement et en détail dans le baromètre 2017.
 
Résumé : Parmi les produits les plus utilisés, Facebook (75%), Twitter (72%) et LinkedIn (65%) constituent le trio de tête, sans surprise. Google+ et Viadeo sont en perte de vitesse. Facebook est davantage utilisé dans les entreprises de moins de 100 salariés, tandis que Twitter passe à la première place dans les entreprises de plus de 100 salariés. Dans celles de plus de 1 000 salariés, Twitter et Facebook restent en tête. Dans le secteur des réseaux d'entreprise (RSE), 40% des répondants indiquent qu'il en existe un dans leur entreprise. Sur l'ensemble du panel, Sharepoint (31%), Facebook At Work / Workplace (22%) et Slack (19%) occupent les premières places.
 
Autre point important : Le long cheminement de la maturité de l’usage des médias sociaux en marketing.
Ce changement dans le paysage des outils n’est pas le seul point à noter dans ce nouveau baromètre Hootsuite des médias sociaux. On notera encore et toujours les sempiternelles questions autour de la stratégie et de l’organisation, de plus en plus prégnantes, et qu’il va bien falloir résoudre un jour. Les progrès sont notables cependant, notamment en termes d’adéquation à la stratégie de l’entreprise. C’est un point encourageant, qui montre que l’évolution et la maturation sont en bonne voie. Mais il reste des points épineux qui ne sont pas réglés, et non des moindres.
 
Parmi les défis que doivent relever les entreprises, figure le ROI qui, comme toujours, pose problème. Et on peut se poser légitimement la question de savoir si on n’y arrivera jamais. Le point de vue de l’étude sur ce sujet est d’ailleurs assez nuancé. Il faut savoir, dans le marketing du bouche à oreille, incorporer une partie d’incertitude, mesurer tout en prenant de la distance, et partir du principe qu’on ne pourra jamais tout mesurer.
Seulement 32% des répondants déclarent mesurer le ROI et, parmi eux, 64% s'estiment satisfaits des résultats. D'une manière générale, 67 % pensent que les médias sociaux vont, de plus en plus, contribuer au résultat financier de l’entreprise.
 
Un autre défi porte sur l'exploitation des données provenant des médias sociaux. Globalement, les entreprises ont des difficultés à interpréter les résultats obtenus et à les transformer en plans d'action. Ainsi, les deux-tiers des répondants considèrent que leur entreprise n’exploite pas pleinement les informations ainsi recueillies.
Ceci étant dit, plus de 10 ans après leur introduction, la maturité se fait jour, certes encore timidement, dans l’usage des médias sociaux en entreprise. Il y a un signe qui ne trompe pas : alors que les plateformes sont en plein bouleversement, les marketeurs restent focalisés et ne perdent pas de vue que les outils peuvent évoluer, voire disparaître. Un signe de maturité qui fait penser que l’avenir, s’il reste en grande partie à inventer, est néanmoins radieux pour cette discipline, quelles que soient les perspectives à court terme de tel ou tel outil.

D'abord communiquer… mais aussi faire du business

Autre élément du baromètre et non des moindres : Le consommateur au cœur de la stratégie. Comme en 2015, les entreprises utilisent les médias sociaux d'abord pour renforcer la relation client. En effet, les réseaux sociaux transforment la manière de communiquer, notamment en reformatant le message via les vidéos, les photos, les infographies. Aussi, les entreprises s'en servent-elles, par exemple, pour accroître leur notoriété (74%), également pour gérer leur e-réputation (60%) ou encore pour de la prospection (45%). Le baromètre souligne une bonne adéquation entre la stratégie de l'entreprise et l'impact des réseaux sociaux. De fait, les résultats montrent que les trois principaux objectifs visés (renforcer la relation client, générer de nouvelles opportunités et mesurer la notoriété de l'entreprise) sont atteints à plus de 50%. En outre, selon les auteurs de cette étude, il semblerait que les petites entreprises utilisent plus les réseaux sociaux comme outil de prospection, tandis que les grandes y auraient davantage recours comme un outil d’influence. 

Une organisation interne à trouver

Les entreprises replacent donc le consommateur au cœur de leur stratégie, et pour cela, préfèrent privilégier le lien direct. C'est le premier objectif déclaré à l’usage des médias sociaux en entreprise : renforcer la relation clients. C’est certainement pourquoi, dans plus de neuf cas sur dix, les responsables préfèrent ne pas déléguer la tâche à une agence externe. 
 
Si la cohérence stratégique dans l’utilisation des médias sociaux par les différentes directions des entreprises s’améliore (71 % des répondants), l'organisation interne reste encore à trouver. Par exemple, 46% des entreprises disposent d'une équipe dédiée et autant n'en ont pas. Restent 8% d'entre elles qui préfèrent l'externalisation.
Selon les auteurs du baromètre, ce faible chiffre indique que les entreprises se sont appropriées l'usage de ces outils. En outre, le baromètre constate une forte augmentation de l’usage de plateformes de gestion des médias sociaux : 63% des marketeurs en utilisent une. Le leader reste Hootsuite (53 % des résultats déclarés comme utilisateurs de plateformes), puis Tweetdeck (25 %), Buffer (14 %) et Oracle (13 %).
L’augmentation de l’usage des plateformes de gestion des médias sociaux traduit la volonté d’organisation des entreprises et une évolution dans le sens de la maturité. Pour autant, seulement 30% des répondants reconnaissent posséder une charte d'utilisation. Pourtant, celle-ci est particulièrement importante pour encadrer et régir l’usage des médias sociaux en phase de maturation.
 
Enfin, reste le facteur humain, qui joue un rôle central dans l’usage des médias sociaux. Or seulement la moitié des répondants estime que le personnel de leur entreprise a les connaissances nécessaires pour les utiliser. Aussi, pour 29% d'entre eux, la formation du personnel à l’utilisation des médias sociaux est un défi. L’amélioration de l’efficacité de leur utilisation passe par la nécessaire adaptation des ressources humaines et de l’organisation.
 
L’étape suivante, c’est bien sûr casser les silos, pour coller au temps des clients, et répondre plus rapidement non seulement à leurs attentes, mais à toutes leurs sollicitations : l’entreprise agile est en marche.
 
 
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Ralentir

Une rupture dans les modes de vie est souhaitée par une large majorité d’occidentaux

Une étude internationale consacrée aux modes de vie futurs et aux aspirations liées à la mobilité montre que 78% de personnes interrogées dans six pays au mode de vie "occidental" aspirent à ralentir leur rythme de vie et 51% à moins travailler.
 
Globalement, toutes souhaitent une rupture dans leurs modes de vie et plus de proximité, selon l'étude publiée lundi et réalisée en ligne par l'observatoire Société et Consommation (ObSoCo) pour l'institut de recherche et d'échanges sur la mobilité de la SNCF, fin 2015, auprès de 12.074 personnes dans six pays (2.000 par pays): France, Espagne, Allemagne, États-Unis, Japon, et Turquie.
74% d'entre elles estiment ainsi que le rythme de vie dans la société actuelle est trop rapide (80% en France, Allemagne, Espagne, USA), 78% souhaitent personnellement ralentir (82% en France), et 50% indiquent manquer de temps pour faire ce qu'ils veulent ou doivent faire (60% en France).
90% souhaitent pouvoir accorder plus de temps à leurs proches, 89% à eux-mêmes.
 
Parallèlement, 44% (42% en France) des participants associent la mobilité idéale à une plus grande proximité, en rupture avec le modèle actuel. 
56% (58% en France) estiment en revanche qu'une meilleure mobilité se caractérise par un accès à des systèmes de déplacement plus efficaces et confortables; 44% souhaitent une réduction de leurs déplacements par la proximité. 31% jugent "très important" de réduire avant tout leur temps de transport (33% en France). Ils sont 47% lorsque le temps de trajet (domicile/travail) est actuellement supérieur à 35 minutes.
 
Côté travail, 51% aspirent à réduire leur temps de travail (seulement 29% en France, 40% aux États-Unis, 50% en Allemagne, 60% en Espagne, Japon, Turquie) et 58% souhaitent pouvoir l'organiser librement.
Les personnes interrogées préfèrent cependant moins de temps libre mais plus d'argent (40%) que l'inverse (20%). Ce phénomène est plus marqué chez les anciennes générations puisque seuls 12% des actifs de 65-70 ans seraient prêts à sacrifier leurs revenus au profit du temps libre contre 30% chez les actifs de 18-24 ans.
 
Quant au lieu de travail idéal, 48% souhaiteraient travailler "en proximité" : soit à leur domicile (30%), soit dans leur quartier (18%). En France, ils sont 43% à partager ce souhait (26% à leur domicile et 17% dans leur quartier). 32% (40% de Français) exerceraient quant à eux idéalement leur activité professionnelle en dehors de leur quartier, mais à moins de 30 minutes de leur domicile. 13% souhaiteraient pouvoir travailler d'où ils veulent et quand ils veulent (9% en France).
Certains sont néanmoins prêts à faire des concessions: 23% sont prêts à faire trois heures de trajet par jour pour conserver leur lieu de vie et ce chiffre monte à 35% s'il est possible de télétravailler deux jours par semaine ; 49% accepteraient de déménager ; 28% préfèreraient un autre travail non idéal près de chez eux.
Dans un contexte où la société s'organiserait pour faire face à la crise environnementale, 75% des personnes interrogées seraient prêtes à réduire leurs déplacements et à privilégier la proximité ; 60% à abandonner l'automobile personnelle ou l'avion ; 76% à moins consommer ; 85% à utiliser des objets plus longtemps.
 
Côté décroissance, 39% estiment qu'un "changement radical dans l'organisation de l'économie et de la société, revenant à produire moins et à consommer moins" serait la meilleure manière de répondre au défi environnemental. 
Le scénario décroissant est décrit comme la solution la plus crédible par 41% des moins de 45 ans (contre seulement 32% chez les plus de 65 ans par exemple).
 
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Bruit

Le bruit coûte 57 milliards d’euros par an à la France !

Le Conseil National du Bruit a inscrit dans son programme de travail le sujet de « l'approche économique du bruit » et notamment l'évaluation des coûts induits par le bruit. Dans ce cadre, une étude a été confiée au cabinet EY (anciennement Ernst &Young), financée par l'ADEME. Elle a été rendue publique le 14 Juin 2016.
 
La méthodologie de cette étude repose sur une analyse critique des travaux disponibles à l'échelle française et européenne : études scientifiques, études technico-économiques, enquêtes et sondages auprès des populations, articles de presse... A partir de cette base, une description des coûts sociaux directs et indirects des principales sources de nuisances sonores (transport, voisinage, milieu professionnel) est réalisée, puis une traduction économique de chaque poste de coût lorsque des données le permettent.
 

Près de 9 millions de personnes en France fortement exposées au bruit des transports

 
En ce qui concerne les transports terrestres, 7 millions d'individus sont exposés à de forts niveaux sonores (dépassant 65 dB(A) en Lden) provenant du trafic routier et 1 million à des niveaux similaires dus au bruit du trafic ferroviaire.
 
En ce qui concerne le trafic aérien, 500 000 personnes sont exposées à des niveaux considérés comme critiques (supérieurs à 55 dB(A) en Lden , seuil retenu pour la délimitation des plans de gêne sonore autour des grands aéroports).
 
Un coût sur la santé du bruit des transports s'élevant à 11,5 milliards d'euros par an en France, dont 89% induit par le trafic routier
Les études de référence publiées par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 2011, 2012 et 2013 sur la quantification des impacts sanitaires du bruit des transports et leur valorisation économique ont permis de mettre à disposition des données de coûts sanitaires par individu pour la gêne, les troubles du sommeil et autres effets sur la santé, par mode de transport et par niveau de bruit.
 
La méthode de l'OMS repose sur l'utilisation de fonctions dose-effet, ce qui est typique dans ce type d'exercice, mesurant la relation entre l'exposition à un agent (ici, le bruit) et ses effets (les impacts sanitaires).
 
La méthodologie de l'OMS, appliquée aux statistiques des expositions au bruit de la population française pour les différents modes de transport, a ainsi permis d'estimer un coût sur la santé en France d'environ 11,5 milliards d'euros chaque année : 89% imputables au trafic routier, 9% au trafic ferroviaire (9%) et 2% au trafic aérien.
Les troubles du sommeil représentent l'impact le plus fort (54% du coût total sur la santé), devant la gêne (40%) et les maladies cardiovasculaires (6%). Il est à noter que les effets du bruit en termes de maladies cardiovasculaires se sont limités à la quantification des impacts de l'exposition au bruit routier, ce qui est un facteur de sous-estimation probablement important.
 
D'autres conséquences potentiellement significatives du bruit des transports, pour un montant de plus de 9 milliards d'euros
La perte de valeur immobilière induite par le bruit des transports a jusqu'à présent fait l'objet d'analyses sur des périmètres limités, comme celui du voisinage de l'aéroport d'Orly. L'extrapolation des résultats de cette étude à l'échelle nationale permet d'avancer une estimation grossière de près de 7,1 milliards d'euros de décote annuelle sur le parc immobilier résidentiel en France.
 
La présente étude fournit quelques estimations purement indicatives d'autres conséquences indirectes du bruit des transports, à partir de travaux menés à l'étranger sur des périmètres plus larges. Ainsi, les troubles du sommeil entrainés par le bruit des transports pourraient coûter environ 2 milliards d'euros chaque année en France, dont 1,7 milliards d'euros de pertes de productivité au travail et 300 millions d'euros de troubles de l'apprentissage à l'école.
 

Le bruit en milieu professionnel

 
Les accidents du travail et la surdité provoqués par le bruit en milieu professionnel coûtent chaque année de l'ordre de 1,2 milliards d'euros
 
La surdité professionnelle a particulièrement été étudiée durant les années 1980 ; à partir de chiffres de coûts par individu issus de cette période, actualisés afin de tenir compte de l'inflation et multipliés par les 822 nouveaux cas de surdité professionnelle recensés en 2014, le coût social peut être estimé à 85 millions d'euros chaque année.
 
Le coût social des accidents du travail liés au bruit (masquage des signaux d'alerte, détournement d'attention) peut quant à lui être estimé à 1,1 milliards d'euros. Ce chiffre est basé sur une étude du Ministère des Affaires Sociales de 1983, selon laquelle 10% des accidents du travail seraient provoqués par des nuisances sonores sur le lieu de travail.
 
Le bruit en milieu professionnel ou scolaire provoque probablement des pertes économiques bien plus conséquentes
D'après une étude de Malakoff Médéric, 58% des salariés en France se disent exposés au bruit, soit environ 14 millions de personnes. Les salariés qui travaillent dans le bruit sont 80 % à déclarer avoir un travail nerveusement fatiguant (contre 70 % en moyenne) et 72 % à déclarer avoir un travail physiquement fatigant (contre 47 % en moyenne).
 
Si les travaux sur les coûts sociaux du bruit permettent d'affirmer que le bruit au travail est source de gêne et de perturbation et affecte la productivité (baisse de performance dans les tâches cognitives, dégradation de la satisfaction au travail, perte de concentration), aucune étude n'est parvenue à quantifier l'impact économique final.
 
En ce qui concerne les conséquences du bruit en milieu scolaire, en supposant, en l'absence de valeur issue de la littérature, que 20% de la part du décrochage scolaire soit expliquée par les nuisances sonores, le coût social du bruit en salle de classe serait de l'ordre de 6 milliards d'euros par an.
 

Le bruit du voisinage

 
Le bruit du voisinage, un phénomène conséquent mais dont le coût social n'est pas mesuré
Le bruit de voisinage figure parmi les bruits les plus durement ressentis par les Français, comme en atteste le sondage « Les Français et les nuisances sonores » publié en septembre 2014 par l'IFOP. Les personnes interrogées citent les bruits de voisinage comme la nuisance sonore la plus gênante à leur domicile avec la même occurrence que le bruit des transports.
 
Ce résultat permet, par un raisonnement par analogie, d'estimer à titre indicatif le coût social du bruit du voisinage, à partir des estimations disponibles pour le bruit des transports. La gêne, les troubles du sommeil et les autres impacts sur la santé (maladies cardiovasculaires) entrainés par le bruit du voisinage provoqueraient ainsi un coût social de l'ordre de 11,5 milliards d'euros chaque année en France.
 
 
Au total donc, les pollutions sonores pourraient donc coûter en France environ 57 milliards d'euros chaque année, avec des inconnues qui justifient d'approfondir les connaissances sur le sujet et qui laissent supposer que ce chiffre est susceptible d'évoluer à la hausse.
 
Lors de la présentation de cette étude au conseil National du Bruit (CNB), il a été mentionné que le coût social du bruit s'élevant à plus de 57 milliards d’euros par an pouvait être comparé au budget de l'Éducation Nationale qui s'élève, lui, à 65 milliards d'euros chaque année. Ce coût correspondrait également à 3% du PIB en 2016 (le PIB s'élevait à 2085 milliards d'euros pour l'année 2015 en France).
 
Le Conseil national du bruit
Le Conseil national du bruit est une commission à caractère consultatif placée auprès du ministre chargé de l'environnement. Il peut être amené à émettre un avis sur toute question relative à la lutte contre les nuisances sonores et à l'amélioration de la qualité de l'environnement sonore. Il figure parmi la liste des instances consultatives ayant vocation à examiner les politiques d'environnement et de développement durable. Il est composé de représentants de l'État, de représentants des collectivités locales et des organisations syndicales, de personnalités compétentes et de représentants des différents groupements, associations et professions concernés par les problèmes d'amélioration de l'environnement sonore. Le Conseil national du bruit est l'organisateur du concours des Décibels d'Or, qui récompense les initiatives ayant contribué de façon exemplaire à l'amélioration de notre environnement sonore
 
Image d’en-tête : FutureMag, Arte
 
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données numériques

Etude SAS : La sécurité des données, un frein pour les internautes européens ?

Si l'utilisation des technologies numériques ne cesse de croître, les préoccupations relatives à la cybersécurité freinent l'adoption des paiements mobiles.
Alors que les vols de données à grande échelle se multiplient, n'épargnant ni les institutions gouvernementales, ni les marques renommées, SAS a mené l'enquête auprès de consommateurs adultes dans 15 pays*. Un focus sur 6 pays d'Europe occidentale (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Pays-Bas et Portugal) permet de comparer leurs comportements et préoccupations.
 
On a recensé pas moins de 20 cyberattaques d'envergure en Europe de l'Ouest sur le seul premier semestre 2015, pourtant seuls 58% des sondés se déclarent plus inquiets quant à la confidentialité et la sécurité de leurs données personnelles.
58% d'entre eux avouent également être préoccupés par la façon dont les entreprises font usage de leurs données personnelles, ce qui apparaît légèrement en retrait de la moyenne mondiale, située à 62%. 42% des Français interrogés estiment même n'avoir absolument aucun contrôle sur cet usage, contre 33% des habitants d'Europe de l'Ouest. Seuls 9% d'irréductibles optimistes restent persuadés de conserver une maîtrise totale de leurs données.
Ces perceptions varient significativement selon l'âge, les revenus, ainsi que le sexe des sondés. On note ainsi une plus forte tendance des participants les plus aisés, des femmes (61% contre 56% pour les hommes) et des plus de 40 ans (62% contre 53%) à s'interroger sur la manière dont sont utilisées leurs informations.
 
Le monde dans lequel nous vivons est à la fois mobile et numérique. Les consommateurs aiment être informés sur des sujets qui les concernent directement, et attendent des entreprises qu’elles soient encore plus à l’écoute de leurs envies et de leurs préférences.
Sans surprise, leur crainte quant à la sécurité des données se polarise sur l'usage d'appareils courants : près de 6 personnes interrogées sur 10 déclarent ainsi leur inquiétude relative à la collecte de données via leur smartphone (57%), leur PC (56%) ou leur tablette (55%). Ils n'expriment pas encore de réelles préoccupations quant aux technologies utilisées en magasin ou liées aux vêtements ou objets connectés.

Les Européens jugent sévèrement les pratiques des entreprises vis-à-vis des données

Un peu paradoxalement, mais néanmoins logiquement, ce sont les consommateurs les plus actifs en ligne qui manifestent le plus d'anxiété. Les craintes quant à la façon dont les entreprises utilisent leurs informations personnelles sont donc particulièrement sensibles chez les consommateurs connectés qui utilisent leurs mobiles dans leur vie de tous les jours pour chercher des informations, réaliser des achats ou des réservations, visiter des sites de loisirs et de divertissement, rester en contact avec leur proches, et rechercher des promotions.
 
Une exception : le paiement mobile. Moins d'un tiers des répondants (30%) déclarent se fier aux systèmes de paiement mobile. Une adoption clairement freinée par le problème de la cybersécurité et qui illustre bien la crainte des européens vis-à-vis de l'utilisation de leurs données.
 
A qui la faute ? Selon l'étude menée par SAS, la responsabilité de la protection des informations personnelles incombe aux entreprises elles-mêmes ! 65% des personnes interrogées considèrent l'utilisation de ces données sans leur autorisation comme une violation de leur vie privée.
 
Les entreprises mettent-elles vraiment tout en œuvre afin d'assurer la sécurité de ces données personnelles ? Ce n'est en en tous cas pas ce qui ressort de l'enquête : seuls 25% des sondés considèrent que leurs informations sont traitées de manière sécurisée, et 20% que les entreprises font preuve de transparence et d'ouverture en ce qui concerne leurs politiques de sécurité ! Une perplexité propre à l'Europe (22% en France), qui reste néanmoins très forte à l'échelle mondiale (28%).
 
Mais s'ils accusent les entreprises de ne pas respecter leur partie du contrat quant à leur politique d'utilisation des données personnelles - par exemple, en cas d'amendements, les consommateurs eux-mêmes ont parfois tendance à faire preuve de nonchalance en matière de protection de leur vie privée. En effet, seules 38% des personnes interrogées déclarent prendre connaissance des conditions générales avant de télécharger une nouvelle application ou d'effectuer un achat en ligne. La plupart d'entre nous se contente de cliquer sur "Je suis d'accord ", sans prendre le temps d'investiguer davantage.

Les données, monnaie d'échange

L’évolution des technologies offre aux entreprises toujours plus de moyens pour obtenir des renseignements personnels sur leurs clients et s’en servir. Avec les applications, l’accès à ces données est devenu quasi immédiat. En 2014, le nombre d’applications liées au style de vie et aux achats a augmenté de 174 % par rapport à l’année précédente. En Europe de l’Ouest, le nombre total de smartphones a progressé de 6,4 % en 2014, avec 145,8 millions d’appareils vendus. Face à cette évolution, les clients doivent mieux connaître les méthodes utilisées par les entreprises pour se procurer et utiliser les informations personnelles nécessaires au marketing personnalisé. La plupart des nouvelles technologies – la publicité géolocalisée, par exemple – reposent sur un principe de non-adhésion, c’est-à-dire que par défaut, elles s’appliquent tant que le client ne s’y oppose pas expressément.
Même si les consommateurs acceptent plutôt bien que les entreprises en sachent autant sur eux, les pratiques de sécurité des données sont parfois discutables. Les failles de sécurité sont devenues monnaie courante et les clients se sentent de plus en plus vulnérables. À l’ère des services bancaires mobiles et des relevés en ligne, les consommateurs doivent être aussi vigilants sur les plates-formes électroniques que sur les marchés physiques.
Malgré leurs préoccupations relatives à la sécurité des données, certaines des personnes interrogées (6% des hommes et 3% des femmes) se déclarent prêtes à partager des données sensibles, en échange de certains avantages. Pour chaque type de promotion testé, c'est plus de la moitié des répondants qui se déclare prêt à communiquer ses informations d'identité telles que nom, adresse ou e-mail.
 
Concernant les messages marketing, le clivage est sans appel : si 50% des consommateurs sondés attendent des entreprises qu'elles connaissent leurs préférences et comprennent leurs besoins, l'autre moitié déclare ne pas souhaiter en recevoir. 38% indiquent néanmoins apprécier recevoir des e-mails personnalisés d'entreprises dont elles sont clientes.
 
" En matière de pratiques numériques, les consommateurs doivent pouvoir avoir une totale confiance dans les entreprises ", déclare Wilson Raj, Global Customer Intelligence Director chez SAS. " Pour y parvenir, il faut que les Comex disposent d'une véritable culture digitale. C'est à cette seule condition que les entreprises pourront à la fois tirer profit des opportunités offertes par la personnalisation et protéger les données de leurs clients. "
 
" Il est important pour les directions de définir des politiques de collecte, partage et utilisation des données, et de mettre en place des procédures visant à assurer la conformité de celles-ci ", poursuit-il. " Enfin, il ne sera pas inutile pour elles de définir de manière claire et concise la façon dont la gestion des données impacte leur image de marque. "
 
*Etude réalisée en ligne par la société SAS. 4 368 répondants en provenance de 15 pays ont été interrogés.
 
Téléchargez l'étude sur la personnalisation et le respect de la confidentialité en Europe de l'Ouest
 
Pour en savoir plus sur l'étude mondiale portant sur 15 pays à travers le monde, téléchargez le livre blanc " Mobility, Vulnerability and the State of Data Privacy " (Mobilité, vulnérabilité et état des lieux de la confidentialité des données) ou visionnez le webcast " Mobility, Vulnerability and the State of Data Privacy " pour obtenir des conseils d'experts qui vous aideront à répondre aux préoccupations de vos clients.
 
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