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Nous voulons des coquelicots

pesticides
Nous voulons des coquelicots de Fabrice Nicolino et François Veillerette - Edition Les liens qui libèrent, septembre 2018 -  128 pages
 
Un manifeste événement ! « Nous voulons des coquelicots » est avant tout l’appel contre les pesticides lancé dans « Charlie Hebdo » où une centaine de personnalités – scientifiques, artistes, militants, même l’Eglise catholique – réclament l’interdiction immédiate de tous les pesticides de synthèse.
Ce cri d’alerte de 125 pages doit nous obliger à l’action. Découpé en six chapitres, il pourfend l’inaction des décideurs, les échecs des politiques publiques et fait le constat de l’impérieuse nécessité de s’engager vite et maintenant dans l’action. L’espoir fou que porte ce livre-manifeste réside dans la possibilité offerte à nos enfants de pouvoir encore s’émerveiller, demain, d’un monde où grouillent les abeilles, les coccinelles et autres coquelicots.
 
Les pesticides sont des poisons qui détruisent tout ce qui est vivant. Ils sont dans l’eau de pluie, dans la rosée du matin, dans le nectar des fleurs et l’estomac des abeilles, dans le cordon ombilical des nouveau-nés, dans le nid des oiseaux, dans le lait des mères, dans les pommes et les cerises.
 
Les pesticides sont une tragédie pour la santé. Ils provoquent des cancers, des maladies de Parkinson, des troubles moteurs ou cérébraux chez les enfants, des infertilités, des malformations à la naissance. L’exposition aux pesticides est sous-estimée par un système devenu fou, qui préfère la fuite en avant. Quand un pesticide est interdit, dix autres prennent sa place. Il y en a des milliers.
 
Nous ne reconnaissons plus notre pays. La nature y est défigurée. Le tiers des oiseaux ont disparu en quinze ans ; la moitié des papillons en vingt ans ; les abeilles et les pollinisateurs meurent par milliards ; les grenouilles et les sauterelles semblent comme évanouies ; les fleurs sauvages deviennent rares. Rendez-nous nos coquelicots et nos bleuets ! Rendez-nous la beauté du monde !
 
Non, nous ne voulons plus. À aucun prix. Nous exigeons protection. Nous exigeons de nos gouvernants l’interdiction de tous les pesticides en France. Pas demain. Maintenant. Assez de discours, des actes.
 
 
Monsieur le Président, « Nous voulons des coquelicots », voilà le mouvement qui a été lancé hier en France par des personnalités, des scientifiques, des artistes et des citoyens. Que veulent-ils ? Ils réclament l’interdiction immédiate de tous les pesticides de synthèse. C’est un appel d’humains lancé à d’autres humains. Nous avons l’obligation d’avancer ensemble, et ce dans l’intérêt des 500 millions de citoyens européens, mais aussi et surtout – j’ai envie de dire – de nos agriculteurs, qui sont les premières victimes des pesticides, mais qui demandent les mêmes règles pour tous au sein du marché intérieur.
 
Nous devons agir en responsabilité, mais il y a urgence, et nous le savons. On ne peut pas faire comme s’il n’y avait pas de problème de fertilité, de puberté précoce, comme si 80 % des insectes ou 30 % de nos oiseaux n’avaient pas disparu et comme si les pollinisateurs n’étaient pas en danger de mort. La Commission européenne, Monsieur le Commissaire, doit appliquer, et nous le savons, le principe de précaution tel qu’il est prévu à l’article 191, paragraphe 2, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Aussi, j’espère que dans ses propositions futures, l’exécutif européen tiendra compte de nos recommandations formulées ici, mais aussi que notre commission d’enquête sur les pesticides, qui rendra ses travaux à la fin de cette année, en fera autant.
 
Je veux ici solennellement rendre un hommage particulier à mon collègue Pavel Poc pour cet excellent rapport qui est le fruit d’un véritable engagement de sa part sur ce sujet depuis maintenant plusieurs années.
Eric Andrieu, député »
 
 
A noter : Pendant toute la durée de l’Appel – deux ans – et chaque mois, les signataires sont invités à se retrouver le même jour et à la même heure sur les places des villes et des villages des lieux où ils habitent : Rendez-vous donc tous les 1ers vendredis de chaque mois à 18h pour faire vivre cet Appel.
 
Pendant tout ce temps, à la manière d’un téléthon, les initiateurs de l’appel souhaitent que des milliers d’événements de toute taille et de tous ordres aient lieu en France, pour défendre l’espoir d’un pays enfin débarrassé de ces terribles poisons. Ils mettront régulièrement à jour la liste, déjà importante, des groupes, associations et personnalités qui soutiennent ce grand mouvement démocratique. Aucun politique n’a été sollicité car c’est désormais la société qui parle. Ainsi loin d’être un point d’arrivée, l’Appel n’est jamais qu’un départ. Car ce n’est pas une pétition, oubliée aussitôt que signée. Il oblige, et veut transformer des milliers de signataires en autant d’acteurs sociaux dont le but sera d’œuvrer à la victoire.
 

 

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