UP' Magazine L'innovation pour défi

Insectes cyborgs

Des insectes cyborgs pour remplacer les abeilles ?

La disparition qui semble implacable des abeilles et autres insectes pollinisateurs met en danger notre alimentation, notre santé et notre économie. L’usage intensif des pesticides et néonicotinoïdes a contribué dans une large mesure à cette extinction. Face à ce phénomène, des chercheurs s’activent pour trouver des parades. Certains en viennent même à fabriquer des insectes cyborgs génétiquement modifiés pour polliniser nos cultures.
 
Des chercheurs japonais du National Institute of Advanced Industrial Science (AIST) de Tsukuba avaient déjà réussi à fabriquer un drone miniature doté des mêmes facultés que des abeilles pour collecter et déposer le pollen des fleurs.  C’est au tour maintenant des bioingénieurs de la startup Draper de développer, en partenariat avec l’université de Cambridge, un projet encore plus délirant : créer des libellules génétiquement modifiées, télécommandées comme des drones pour remplir leur tâche pollinisatrice.
 
Ce projet dénommé DragonflEye repose sur la création de libellules modifiées génétiquement sur lesquelles les scientifiques apportent un appareillage électronique. Chaque libellule est équipée d’un mini sac-à-dos alimenté à l’énergie solaire. Ce sac contient ce que les chercheurs appellent une « optrode », c'est-à-dire une sorte d’électrode connectée avec certains neurones de la libellule. L’optrode agit comme une interface optique qui utilise la lumière soit pour stimuler des neurones, soit pour surveiller l’activité neuronale de l’insecte. En introduisant dans la libellule une protéine spéciale qui réagit en fonction des couleurs à laquelle elle est exposée, les chercheurs pensent pouvoir ainsi « téléguider » la bestiole et l’orienter avec précision vers des cibles choisies. Les chercheurs parlent ainsi de « contrôle à distance » de l’insecte.
 
 
Objectif affiché de cette recherche : concevoir des colonies de libellules cyborgs qui pourront être orientées sur certaines plantes-cibles afin de les polliniser. Objectif moins avoué : cette recherche intéresse l’armée américaine qui y voit les germes de forces hybrides de surveillance de l’ennemi.  
 
L’intérêt de ce type d’expérimentations est dans l’efficacité que représente l’utilisation d’un animal vivant plutôt que la production d’objets électroniques nécessairement très sophistiqués. Tous les objets ont besoin d’une alimentation pour fonctionner et leur autonomie est de facto limitée. Avec un insecte comme une libellule par exemple, plus besoin de ravitaillement. C’est l’insecte qui se nourrit tout seul et produit sa propre énergie.  De surcroit, pour les ingénieurs, cet insecte possède une « avionique » inégalable. Alors pourquoi s’efforcer de la remplacer. La seule intervention est de mettre en œuvre un système de navigation contrôlable à distance. Cela semble être désormais possible avec les travaux des chercheurs de Draper.
 
Toutefois, au-delà des prouesses technologiques, ces innovations de plus en plus nombreuses en matière d’insectes robots ou cyborgs, ne doivent pas occulter le véritable enjeu du déclin des pollinisateurs naturels. Déjà en 2014, l’ONG Greenpeace s’insurgeait contre ces recherches : « Le déclin des abeilles ne relève pas de la science-fiction, c’est une réalité. Les remplacer par des robots ? Ce n’est pas notre vision pour l’avenir de l’agriculture… Il est urgent d’agir et de faire face au vrai problème : les pesticides sont hors de contrôle. » Il est vrai que depuis les années 1990, les abeilles, partout dans le monde, souffrent d’un déclin qui alarme les spécialistes. Environ 30 % des colonies d’abeilles disparaissent en France chaque année, si bien que, depuis dix ans, 15 000 apiculteurs ont dû arrêter leur activité. Ce désastre ne concerne pas seulement la production de miel, mais menace tout notre système agricole. On estime que près d’un tiers de l’alimentation mondiale dépend de la pollinisation effectuée par les abeilles domestiques ou d’autres insectes pollinisateurs.
Source : Seeker
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bioéconomie

Bioéconomie durable : le CESE s'engage

La bioéconomie est en plein essor. Pourrait-elle enfin devenir un réel projet de société au vu de la diversité de ses composantes (pouvoirs publics, entreprises, société) fortement intéressée par cette approche ? Cela semble être le cas depuis que le Conseil économique, social et environnemental a voté son avis « Vers une bioéconomie durable » fin mars.
Peinture de  Pierre Maxo (Haïti) "lLe paradis terrestre"
 
Fondée sur l’utilisation de la biomasse, la bioéconomie semble porteuse d’alternatives au modèle actuel de développement car elle permet de remplacer en partie des ressources finies par des ressources renouvelables et porte un fort potentiel de développement économique, d’innovation et de création d’emplois. Tous les besoins de nos sociétés modernes (alimentation, chimie, transport, énergie, construction, logement, habillement…) sont concernés. « Le développement de ce modèle économique constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour la France » déclarait en janvier dernier Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, évoquant en premier lieu une limitation de la dépendance aux énergies fossiles et une contribution à l’atteinte des objectifs ambitieux fixés dans le cadre de la COP 21.
 
A partir de l’utilisation des ressources naturelles, agricoles et forestières, la bioéconomie impacte dans le même temps les écosystèmes et la biodiversité. Elle peut générer des risques de surexploitation des ressources naturelles, d’atteintes à la sécurité alimentaire ou d’importations de biomasse créant des déséquilibres pour les pays du sud. Sa durabilité dépend de sa capacité à les préserver. Pour être reproductible par les générations futures, elle doit s’inscrire dans les limites biogéochimiques de la planète (climat, écosystèmes, biodiversité…).
 
Alors que la France vient de se doter d’une stratégie nationale bioéconomie, des différences persistent dans l’analyse des conditions de sa durabilité. Elles nécessitent d’être examinées et précisées. Partant de ce constat, le CESE rappelle que pour relever ces défis sans remettre en cause le fonctionnement des cycles bio-géochimiques et la qualité de vie future des populations, il faut adopter de nouveaux modes de production et de consommation intégrant l’enjeu de la soutenabilité : « La bioéconomie d’aujourd’hui doit être bien plus qu’une évolution de pratiques d’hier, ou un palliatif à l’abandon des ressources fossiles. Fondée sur les ressources naturelles, agricoles et forestières mais aussi les biodéchets, elle en prévoit des usages différents et d’une intensité nouvelle. Son développement donne des perspectives à de nouvelles filières ».
 
Il a donc présenté des propositions pour un déploiement écologiquement, socialement et économiquement soutenable de la bioéconomie.

Quatre préconisations 

L’exigence d’une bioéconomie durable
 
Le CESE préconise une série d’outils pour orienter très concrètement les pratiques et susciter une forte mobilisation des acteurs engagés pour la durabilité.
• Les outils : critères de durabilité à fixer au niveau national et européen, études d’impact sur la biodiversité, orientation des incitations et des financements publics vers les usages les plus efficients, règles comptables adaptées, projection dans des scenarii prospectifs et chiffrés, harmonisation des objectifs de différentes stratégies (biodiversité, mobilisation de la biomasse...). Le CESE préconise l’usage d’une série de vecteurs pour tendre résolument vers une bioéconomie durable.
• Les acteurs : le CESE souligne l’importance de l’articulation entre les différents acteurs mobilisés sur ce terrain – INRA, Agence française pour la biodiversité (AFB), Observatoire national des ressources en biomasse (ONRB), Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) au sein d’une « task force bioéconomie durable ». Par ailleurs, la France devra défendre cet objectif de durabilité tant au sein de l’UE qu’au niveau international.
 
L’effort de recherche en bioéconomie
 
Le CESE préconise la consolidation d’un cadre européen propice à la recherche dans la biotechnologie.
En son sein, la formation des personnels, la coordination de la recherche et sa valorisation seraient confiées à un groupement d’intérêt public (GIP) recherche idoine, préalable nécessaire à la création d’un Institut français de la bioéconomie.
Enfin, le Conseil souscrit aux recommandations du Conseil général de l’alimentation, l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) et préconise de développer l’éducation et la communication relatives à la bioéconomie, et de réaliser des études sur l’évolution quantitative et qualitative des emplois actuels vers la bioéconomie.
 
Le développement de l’industrie et de l’emploi
 
Autre proposition :  inviter les pouvoirs publics à considérer le développement de bioraffineries comme une priorité, à plusieurs conditions, notamment de fixer des objectifs, des critères rigoureux de durabilité et des études d’impact quant à la préservation de la biodiversité. Cette opportunité majeure suppose dans le même temps la mobilisation de l’enseignement agricole pour une adaptation des formations aux spécificités des emplois de la bioéconomie.
 
La gouvernance territoriale et les instances de pilotage
 
Le CESE considère que le territoire est le niveau privilégié pour le développement de la bioéconomie :
- La région est l’échelon où les outils de formation correspondant à l’ambition bioéconomie peuvent et doivent être déployés ;
- Un schéma régional bioéconomie peut être efficacement mis en œuvre, avec un plan d’actions concertés, des outils développés et des expérimentations ;
- La convergence entre les dispositifs régionaux devrait être organisé à l'occasion de l'élaboration du plan d'actions de la stratégie nationale bioéconomie (SNBE).
 
 
Le CESE recommande enfin la mise en place d'un Conseil National de la bioéconomie, instance consultative auprès des ministres concernés, lieu de mise en commun des réflexions et expériences pour la construction d'appuis à la prise de décision.
 
 

 
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bio innovations

La biologie de synthèse pourvoyeuse d’innovations

Les biotechnologies, qui exploitent les propriétés du vivant pour la conception de nouveaux produits ou services, vont apporter des solutions innovantes aux problèmes environnementaux en contribuant notamment à la préservation des ressources fossiles. Biocarburants, plastiques biosourcés, bioprocédés de dépollution des eaux et des sols, alimentation humaine et animale plus durable, agriculture moins dépendante des engrais et pesticides... Les biotechs constituent un vivier d'innovations pour l'amélioration de notre environnement et de nos conditions de vie. Une nouvelle manière de produire, biologique et non plus chimique. C’est ce qui est ressorti de la visite à Genopole, fin février dernier, de Chantal Jouanno, vice-présidente de la Région Ile-de-France chargée de l’écologie et du développement durable, prenant ainsi la mesure de l’énorme potentiel des biotechnologies en matière de développement durable.
 
La dimension environnementale de Genopole (1) est moins connue que sa dimension santé. Chantal Jouanno, vice-présidente de la Région Ile-de-France chargée de l’écologie et du développement durable, en a appréhendé les contours vendredi 24 février lors de sa visite, accueillie par Marianne Duranton, présidente de Genopole et conseillère régionale et Jean-Marc Grognet, directeur général de Genopole.
Celui-ci a exposé les enjeux économiques grandissants des biotechnologies dans les filières industrielles. Et les applications dans le domaine environnemental sont larges : traitement de dépollution des effluents, fabrication de biomatériaux, de biocarburants à partir de carbones renouvelables et non plus fossiles...
 
 
La biologie de synthèse, discipline au croisement de la biologie et de l’informatique, est déterminante pour le développement de ces applications environnementales. Elle consiste à associer un ensemble de gènes dans une cellule pour produire une molécule d’intérêt pour l’industrie. Avec la biologie de synthèse, on va pouvoir obtenir des molécules d'intérêt industriel, identiques à celles d'origine pétrochimique, via des micro-organismes vivants (bactéries, levures, cellules...) dont on a reprogrammé les voies métaboliques.
 
Grâce aux biotechnologies, tout un pan de l'industrie opère ainsi sa mutation. Produire de façon plus écologique, utiliser des ressources renouvelables, emprunter des voies différentes des chemins pétro-sourcés de la chimie classique, consommer moins d'énergie, diversifier les approvisionnements pour amortir les fluctuations de prix des matières premières... on comprend l'intérêt croissant des industriels. Ces nouveaux outils pourraient redynamiser l'industrie française et créer de nouveaux emplois.

L’exemple de Global Bioenergies

Marc Delcourt, PDG de Global Bioenergies, a souligné l’ambition de sa société : devenir un pilier de la transition énergétique. Global Bioenergies « réécrit le logiciel de bactéries » pour les amener à produire à partir de sucres (mélasse de betterave, déchets agricoles et forestiers) un dérivé du pétrole, l’isobutène. Cet isobutène biosourcé servira de matière première à la fabrication d’essence, de verre organique, de kérosène, de peintures... La société, côtée sur le marché Alternext, a franchi avec beaucoup de régularité des paliers de croissance : la recherche puis la preuve de concept en laboratoire développées à Genopole, une unité pilote en Allemagne, une usine commerciale prévue d’ici 2020 près de Reims ou Troyes.
Après la mélasse de betterave, la paille, les copeaux de bois, Global Bioenergies a l’ambition, à plus long terme, d’utiliser les gaz industriels, les fumées sortant par exemple des cheminées des aciéries. L’objectif est de recourir à des ressources à la fois de moins en moins coûteuses et de plus en plus bénéfiques sur le plan environnemental.

La proposition de WatchFrog pour mesurer les perturbateurs endocriniens

La problématique des perturbateurs endocriniens est au cœur de l’actualité. WatchFrog propose des tests biologiques pour mesurer leur présence notamment dans les effluents industriels. Gregory Lemkine, PDG, explique utiliser de petites larves de poissons ou d’amphibiens, d’une taille infime de 2 mm, non considérés comme des animaux par le législateur en accord avec les associations de défense des animaux de laboratoires car à leur stade de développement embryonnaire très précoce, dépourvus de système nerveux, elles ne ressentent pas de souffrance.
Ces larves, placées en contact avec les eaux analysées, vont traduire leur réaction en émettant une fluorescence grâce à un marqueur génétique qui n’aura pas nécessité de modification du génome. Plus la fluorescence sera forte, plus le perturbateur endocrinien recherché sera présent dans les effluents. « Ce sont les mêmes hormones qui contrôlent le développement d’une larve de grenouille que celles du développement du cerveau d’un bébé, souligne Gregory Lemkine. La seule façon d’évaluer une perturbation de l’équilibre hormonal est de recouvrir à un test biologique ».

Ynsect agit pour l’alimentation animale responsable

Ynsect qui abrite son centre de R&D Ynstitute dans un hôtel d’entreprises de Genopole, est fondée sur une idée frappée au coin du bon sens : les insectes font partie intégrante des régimes alimentaires des poissons et d’autres animaux ; ils ne sont pourtant pas utilisés dans la nutrition animale. Nathalie Bérézina, directrice R&D d’Ynsect, a expliqué que l’Europe vient toutefois d’ouvrir un verrou réglementaire en autorisant en décembre dernier l’utilisation d’insectes pour l’alimentation des poissons d’élevage. Ce qui vient valider la pertinence de la technologie d’Ynsect : élever et transformer des larves du scarabée Ténébrion molitor pour produire des farines et des huiles destinées à la nutrition animale.
Ynsect inaugurait ce même vendredi, son site Ynsite dans le Jura. Unité de démonstration technologique et commerciale, Ynsite doit permettre la production de plusieurs centaines de tonnes de protéines d’insectes par an.

Des applications industrielles innovantes

Le Centre national de séquençage (CEA) qui a séquencé le génome du blé, du bananier, du riz, de la vigne, se consacre à présent principalement à la métagénomique des micro-organismes de l'environnement, en particulier le plancton recueilli par l'équipe de Tara Océans et les bactéries impliquées dans l'épuration des eaux.
 
Le laboratoire iSSB, institut de biologie des systèmes et de synthèse, au 3e rang européen et 9e rang mondial (étude CVT) développe des méthodologies fondamentales permettant l'ingenierie de systèmes biologiques notamment pour des applications industrielles, dont l'impact environnemental sera moindre.
 
Metemis développe des capteurs chimiques miniatures permettant la mesure d'ions ou de molécules dans les milieux liquides. La société dispose d'un catalogue de dix capteurs dont le phosphate pour mesurer le NPK. Ces mesures in situ visent à réduire la quantité d'engrais ou de nutriments en AgTech.
 
Glowee est une start-up de cleantech qui développe un système d'éclairement de rupture en utilisant les propriétés bioluminescentes d'organismes marins comme les calamars. Sa matière première est introduite dans des coques aux formes variables pour éclairer des vitrines de magasins, du mobilier urbain...
 
Abolis a l'ambition de faire de la chimie de façon plus écologique en proposant aux industriels des micro-organismes capables de produire à partir de ressources renouvelables, par fermentation, des molécules d'intérêt. La start-up vise notamment les marchés de l'agro-alimentaire, des parfums et des arômes.
 
 
Anova-Plus développe des tests ADN/ARN de terrain pour la détection des OGM, des microorganismes pathogènes, parfois toxiques, notamment dans les vignes et les espèces de grandes cultures pour limiter l'utilisation de pesticides et choisir les variétés les plus adaptées.
 
 
Biométhodes (Arbiom) utilise la matière végétale non-alimentaire (biomasse ligno-cellulosique) pour la production de carburants, matériaux et composés chimiques bio-sourcés. La société est ainsi engagée dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la création d’emplois dans des zones rurales.
 
Innovafeed propose des farines, huiles et bioacifs d’insectes pour la nutrition des poissons d'élevage. Sa R&D porte notamment sur la formulation du substrat d’élevage en intégrant de nouvelles matières premières végétales actuellement non valorisées et ainsi réduire le déficit protéique de l'Europe (70% imports).
 
 
Algama utilise le potentiel nutritif (protéines, oligo-aliments, vitamines) des micro-algues pour produire de nouveaux aliments. Sa boisson Springwave aux extraits de spiruline possède des propriétés anti-oxydantes. Dans ses sauces végétales « base mayo», l’algue «chlorelle» supplante l’œuf.
 
 
 
 
(1) Genopole possède plusieurs cartes maîtresses pour simuler l'innovation dans le secteur environnemental. En premier lieu, la biologie de synthèse dont il a été le fer de lance en France.
 Genopole a été le premier :
-à saisir son intérêt sur le plan fondamental mais aussi sur le plan industriel puisque la biologie de synthèse ouvre des voies de production plus écologiques.
- à développer un master de biologie synthétique à l'échelle européenne, dispensé à l'Université d'Evry Val-d'Essonne.
- à financer la plateforme technologique de pointe Absynth uilisée par l'iSSB, laboratoire de référence dans le domaine.
 
Pour aller plus loin

Livre "Fabriquer la vie - Où va la biologie de synthèse ? " de Dorothée Browaeys et Bernadette Bensaude-Vincent - Edition Seuil - Science ouverte, 2011

 
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coton OGM

Comment le coton OGM de Monsanto s’est transformé en fléau pour les paysans du Burkina Faso

Au Burkina Faso, les jours de Monsanto sont comptés. La multinationale se retire du pays. L’introduction de son coton OGM en 2009 ne s’y est pas vraiment passée comme prévu : présentée comme une solution miracle aux attaques de ravageurs, la nouvelle variété a surtout fini par ravager la qualité et la réputation du coton burkinabè. Mais le géant agro-chimique n’est pas seul en cause : à l’heure d’établir les responsabilités, les autorités locales sont en première ligne. Basta ! publie en exclusivité une enquête en trois parties sur la filière du coton transgénique dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Première étape : comment la firme américaine a réussi à y vendre son coton transgénique.
 
« Monsanto est parti, mais mes problèmes restent. » Mohamed Traoré est cultivateur de coton dans la région de Houndé, dans le sud-ouest du Burkina Faso. Dans son pays, les yeux sont tournés vers la moins appréciée des multinationales : Monsanto. Quelques semaines après la reprise du géant de la chimie par son concurrent allemand Bayer, le magazine Jeune Afrique, au mois d’octobre 2016, publiait un mail interne de la société, annonçant son départ prochain du Burkina Faso. En cause ? Un gigantesque fiasco agro-industriel qui a fait tanguer toute l’économie agricole du pays. Quelques années après son introduction massive, présentée comme une solution miracle aux difficultés de la filière locale, la variété OGM commercialisée par Monsanto a été à l’origine d’une dégradation dramatique de la qualité du coton burkinabè, dont les propriétés – en particulier la longueur de fibre – étaient jusqu’alors très prisées des pays importateurs de cet « or blanc ».
 
Importé afin de résister aux attaques des insectes, qui avaient coutume de ravager les cultures du pays, le coton OGM a pour effet secondaire d’entraîner, d’année en année, une réduction progressive de la taille de la fibre. Problème : plus la fibre est longue, plus le travail sur les machines de tissage est efficace. Confronté à cette situation, Monsanto semble avoir opté pour un repli stratégique du pays.
La nouvelle du départ de la multinationale n’est cependant pas encore officiellement confirmée, et les responsables du secteur cotonnier burkinabè déclarent que des tractations sont en cours. Mais plusieurs personnes proches de Monsanto confirment que l’entreprise ne veut plus rester. Les groupes d’action locaux et internationaux anti-OGM s’en réjouissent. Ils comparent cet événement aux manifestations de courageux burkinabè qui ont chassé le dictateur Blaise Compaoré, le 31 octobre 2014. Sur les réseaux sociaux, le peuple se congratule d’avoir dit « non » à Monsanto.

De la crise du coton à l’introduction des OGM

Pour comprendre les causes de ce fiasco, il faut revenir en 1996. Toute la région de l’Afrique de l’Ouest est alors touchée par une invasion massive de chenilles s’attaquant aux récoltes. Les pesticides que les pays producteurs ouest-africains utilisent depuis des années sont devenus inefficaces. Le secteur lance alors le « Programme fenêtre » pour un traitement plus pointu et plus différencié dans le temps des plants de coton. Le programme semble efficace mais au bout de deux ans, les cultivateurs de coton burkinabè subissent à nouveau un coup dur. En septembre 1998, un insecte jusque-là inconnu, la mouche blanche, provoque des dégâts sévères alors que les champs sont blancs comme neige.
La panique est totale. Le coton est un secteur très stratégique au Burkina Faso, représentant 4 % du produit national brut et environ deux tiers des bénéfices d’exportation. Le secteur crée de manière directe et indirecte au moins 25% des emplois du pays. Il se raconte que l’introduction des cotons OGM au Burkina Faso est liée au fait que l’ancien président, Blaise Compaoré, entretenait une relation difficile avec les États-Unis. En 2000, les américains menace le pays de sanctions parce que Compaoré entretenait un trafic illégal d’armes et de diamants pendant la guerre civile au Sierra Leone. Il aurait accepté les OGM de Monsanto en échange de leur silence vis-à-vis de ces trafics.

« Un coton anti-ravageurs, c’était comme un rêve »

Une autre histoire est avancée par le professeur Roger Zangre, responsable à la fin des années 90 de l’Agence nationale de valorisation des résultats de recherche (ANVARR). « En 1999, je participais avec quelques collègues à une conférence au Cameroun. C’est là-bas que nous avons rencontré Monsanto. La démonstration de leur coton contenant le gène Bt (Bacillus thuringiensis) a été pour nous une vraie révélation. Un coton qui pouvait se défendre contre les ravageurs, pour nous c’était comme un rêve. Nous avons invité Monsanto au Burkina Faso ».
 
Cyr Payim Ouedraogo, journaliste scientifique, affirme lui aussi que les cotons OGM n’ont pas été imposés au Burkina Faso : « A la base, ce sont les cultivateurs de coton qui ont constaté qu’il existait un sérieux problème. Le gouvernement a demandé aux scientifiques de trouver une solution et celle-ci a été trouvée auprès de Monsanto. Nous n’avons pas pris de décision du jour au lendemain : les Burkinabè ont même voulu être prudents, et ils ont également sollicité la société suisse Syngenta. Mais cette dernière a disparu des négociations, parce que leur produit n’était pas assez performant. Finalement ils ont décidé de travailler avec Monsanto. C’est le business, c’est tout. »
 
La récolte du coton est très intensive et demande beaucoup de main d’œuvre. Ce sont surtout les femmes qui passent des longues journées dans les champs pendant la récolte. Elles gagnent environ 1 000 FCFA (1,5 euros) par jour. © Wouter Elsen
 
Le coton OGM a probablement été efficace dans un premier temps. Le secteur du coton était sous pression à cause des invasions successives d’insectes. S’il n’avait rien fait, le gouvernement risquait de faire face à des mouvements sociaux, car de nombreuses familles dépendent du coton pour leur survie. Le secteur génère beaucoup d’emplois secondaires : usines d’égrenage, transport, huileries... et a longtemps constitué la seule activité rapportant des devises étrangères au pays [1]. Sur le rôle des États-Unis, Cyr Payim Ouedraogo explique : « Si cela permettait de calmer un peu les tensions entre Washington et Ouagadougou, pourquoi pas ? »

Contournement de la réglementation, avec l’appui du gouvernement

Une des conditions pour que Monsanto introduise des OGM dans un nouveau pays est le respect du règlement national sur la biosécurité. Encore faut-il que ce règlement existe. Le professeur Roger Zangre de l’ANVARR était aussi président du Comité provisoire de la biosécurité qui, en 2000, commence à rédiger la loi burkinabè sur le sujet.
Le groupe travaille pendant deux ans sur cette réglementation validée début 2003. Zangre maintient que toutes les étapes légales ont été respectées. Le Burkina Faso a-t-il subi des pressions pour accepter les OGM ? « En juillet 2003, Sofitex, qui était à cette époque la seule société cotonnière nationale, a organisé une conférence internationale sur les biotechnologies. Tout le monde était représenté : les entreprises, les chercheurs, les consommateurs, les chefs coutumiers. Quelqu’un dans le public a raconté qu’il était en mission à Dakar et qu’il avait appris là-bas qu’on cultivait du coton OGM au Burkina Faso. Les gens étaient furieux, ils ont posé des questions et devant tout le monde Monsanto a été obligé de reconnaître qu’on était en effet en train de faire des essais en milieu contrôlé. Moi j’étais le président du Comité, mais je n’étais pas informé », raconte-t-il.

Comité de façade

Pourtant Monsanto a bien reçu une autorisation pour réaliser ces essais, un décret présidentiel même. Le journaliste Cyr Payim Ouedraogo tempère : « Les autorités n’ont pas su bien communiquer. Que voulez-vous ? Dans pas mal d’institutions du pays, même aujourd’hui, il n’y a pas de bons communicants. »
Le professeur Zangre a une autre opinion : « A la sortie de la conférence, quelqu’un de Monsanto est venu me demander d’écrire que le Comité était au courant des essais. J’ai refusé, il a insisté. Deux semaines plus tard, j’ai écrit un document que Monsanto n’a pas pu exploiter parce que considéré comme trop superficiel. Depuis, on m’a écarté de la présidence du Comité. » Il semble que ce comité provisoire n’était qu’une opération de façade. Les décisions avaient vraisemblablement déjà été prises au plus haut niveau. Le soi-disant débat démocratique qui aurait dû avoir lieu auparavant a en fait été réalisé en toute hâte par la suite.

Détérioration rapide des plants OGM

Bien que Zangre soit un défenseur des OGM, il est globalement d’accord avec son collègue Didier Zongo, également professeur mais opposant notoire aux OGM, lorsqu’il évoque les énormes bévues réalisées suite à l’introduction du coton OGM. 
Pour le professeur Zongo, « le coton OGM est au Burkina Faso le résultat du croisement entre une variété américaine contenant le gène Bt, et une variété locale burkinabè. La caractéristique la plus importante de la variété burkinabè était la fibre longue. La nouvelle variété obtenue après croisement contenait donc le gène Bt et la fibre longue. »
« Tous les chercheurs savent qu’on ne peut pas se contenter de cela. On doit faire des rétro-croisements et à chaque fois sélectionner la plante qui contient les bonnes caractéristiques, c’est-à-dire la fibre longue et le gène Bt [2]. Normalement on doit effectuer jusqu’à sept rétro-croisements afin de fixer à la fois la résistance contre les insectes, que procure le gène Bt, et toutes les caractéristiques de notre variété locale. Dans les faits, la variété commercialisée au Burkina Faso n’était le résultat que de deux rétro-croisements. » La variété a commencé à se détériorer rapidement, alors même que la qualité du coton burkinabè était reconnue comme la meilleure dans le monde du fait de sa fibre exceptionnellement longue​. « Cette négligence a fait que notre pays, qui à l’époque n’avait pas d’égal avec d’autres pays cotonniers, a perdu son label de qualité. »
Un ancien employé de Monsanto : « On n’a pas fait ce qu’on aurait dû faire ».
 
Depuis que le Burkina Faso a annoncé un « arrêt provisoire » du coton génétiquement modifié, en avril 2016, Monsanto se refuse à tout commentaire et communiqué officiel. Un ancien employé de la société a pourtant bien voulu parler avec nous. Ses révélations ne sont rien de moins qu’un aveu. « L’analyse sur les rétro-croisements est correcte. On aurait dû continuer. On a commis de grandes erreurs. On n’a pas fait ce qu’on aurait dû faire. »
Il semble que Monsanto ait habilement utilisé le désarroi qui régnait à ce moment-là dans le secteur du coton pour introduire son produit. Le contrat avec Monsanto promettait une solution immédiate aux problèmes des insectes dans les champs de coton, ainsi qu’une augmentation de la production par hectare et du nombre de graines par capsule de coton.
 
Le coton transgénique a répondu pendant plusieurs années à ces conditions. Mais dans le contrat, rien n’était stipulé sur la longueur de la fibre de coton. Les chercheurs de Monsanto et leurs collègues burkinabè savaient pourtant qu’une négligence dans les rétro-croisements amènerait des problèmes. « Personne n’a réfléchi aux conséquences, confirme l’ancien employé. Il n’y a pas d’excuses pour cela, c’est du laxisme, les acteurs de la filière s’en fichent de l’agriculteur, ils ont un mépris total pour les paysans. C’est pénible mais c’est comme ça. »

« Aucune promesse tenue »

A la question de savoir pourquoi les rétro-croisements n’ont pas été poursuivis alors que le raccourcissement de la fibre est constaté dès 2010, et que tout le monde savait que la solution était là, l’ancien employé de Monsanto répond : « Oui, c’est grave. Pour une entreprise comme Monsanto, le marché dans un pays comme le Burkina Faso n’est pas assez important ; il ne représente pas assez de dollars. Ça ne valait pas la peine d’investir encore plus. »
 
Chez l’INERA (Institut National d’Expérimentation et de Recherche Agricole), l’institut burkinabè qui a travaillé avec Monsanto, personne n’est habilité à faire un commentaire. Même s’ils l’avaient voulu, les scientifiques burkinabè n’auraient pas pu manipuler cette variété. « Quand on a la technologie de quelqu’un, on ne peut pas l’utiliser et la changer à sa guise. Il y a un contrat qui décrit la collaboration et les implications. C’est du business », explique Cyr Payim Ouedraogo.
 
La déception chez les scientifiques est grande comme en atteste le professeur Roger Zangre : « Ce qui était essentiel dans le contrat avec Monsanto c’était le renforcement des capacités. On pensait que nos chercheurs allaient apprendre comment isoler des gènes et comment les introduire dans d’autres plantes. On aurait pu être les maîtres de la biotechnologie en Afrique de l’Ouest. Aucune de ces promesses n’a été tenue. »
 
Mien De Graeve, Wouter Elsen, Abdul Razac Napon
Traduction du néerlandais : Jos Mestdagh
 
Photo de Une : Mohamed Traore contemple le travail de récolte dans son champ. En ce moment le coton est le seul produit agricole qu’il peut commercialiser. Il en dépend pour pouvoir payer la scolarité de ses enfants. Mais s’il avait le choix, il arrêterait la culture de coton. © Wouter Elsen
 
Cette enquête a pu être réalisée grâce au soutien de Journalismfund (Flanders Connecting Continents). Les auteurs remercient chaleureusement les deux jeunes chercheurs, Edouard Idrissa Sanou et Lodewijk van Dycke, pour leurs points de vue précieux et innovants ainsi que pour leurs conseils scientifiques. L’article a été publié initialement en néerlandais sur le site www.mo.be.
 
[1]L’exportation de l’or par le Burkina Faso a désormais dépassé celle du coton.
[2] En génétique, un rétro-croisement, aussi appelé « croisement en retour », est le croisement d’un hybride avec l’un de ses parents ou avec un individu similaire sur le plan génétique à l’un de ses parents, de manière à obtenir un descendant ayant une identité génétique plus proche de celle du parent.

 
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bio-innovations

Révision des lois de bioéthique en 2018 : pas sans les citoyens !

Nommé à la tête du Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) en décembre dernier, le Pr Jean-François Delfraissy veut donner une plus grande ouverture à l’institution vieille de 34 ans. Pragmatique, cet immunologiste a appris dans sa longue expérience auprès des malades du Sida, que, quand la médecine n’est pas triomphante, on peut construire un savoir avec les patients et leurs familles. De simples auditions d’association de patients ne suffisent plus, les temps ont changé. Il entend mobiliser les espaces éthiques régionaux et compter sur le formidable élan des gens aujourd’hui, pour prendre soin de l’environnement et d’eux-mêmes !
 
Quels sont les chantiers qui vous attendent en ce début de mandat au Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) ?
 
En 2017, nous allons publier des avis sur la procréation médicalement assistée, sur la Biodiversité en relation avec la santé humaine  et sur l’accès à l’innovation. Pour ce dernier sujet, nous voulons explorer un point précis qui concerne la flambée des coûts des biothérapies dédiées aux cancers.
Certes, nous avons déjà pris en charge des malades aux traitements très élevés mais cela restait rare (pour des maladies peu fréquentes).
La stimulation de la réponse immunitaire révolutionne les traitements en oncologie et concerne des milliers de malades. Or les coûts pourraient atteindre 700 000 à 800 000 € pour un an de traitement. Les enjeux financiers sont énormes et la collectivité ne pourra pas assumer de tels prix.
Quel système de régulation allons-nous mettre en place ? Comment les pays du sud pourront-ils accéder à ces solutions thérapeutiques ? Ce sont des questions éthiques lourdes qui ressemblent à celles que nous avons affrontées avec les malades du Sida. Quand les premiers antiviraux sont apparus, les traitements étaient de 50 000 € la cure. Le prix a été descendu à 300 € par des pressions pour faire reconnaître la nécessité absolue de soigner les patients du sud comme ceux du nord. Quand j’étais à la tête de l’Agence nationale de recherches sur le Sida et les hépatites virales (ANRS), nous avons mis au point la première charte de recherche avec les pays du sud.
 
De nombreuses évolutions techniques (tests prédictifs, captures de données de santé ou quantified self, édition du génome…) concernent le CCNE. Comment regardez vous ces innovations ?
 
L’accélération des technologies se fait de plus en plus prégnante et nous oblige à mettre en accord ces nouveaux possibles avec la société. Mais il faut se garder des engouements qui exagèrent souvent les choses. Les techniques CRISPR-Cas9, par exemple, posent des problèmes et ne sont pas si faciles à mettre en œuvre de manière sûre. On fait croire qu’elles sont à la portée de tous…
Nous observons les positions qui se manifestent : celle des Académies américaines, publiée à la mi février, n’est pas un avis unanime, précisons le ;  l’Inserm a présenté un point de vue voici déjà un an ; j’aimerais que le CCNE  donne un avis sur ce sujet fin 2017, un an après la création du groupe de travail dédié. Sa focalisation n’est pas décidée car il y a de nombreux axes à traiter si l’on considère l’ensemble des applications de l’édition de gènes dans la santé : thérapies géniques, réparation de gènes délétères, modification génétique de moustiques vecteurs de maladies (malaria, chikungunya, dengue, zika) lutte antibiotique par des phages modifiés, ...

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Vous avez annoncé que vous vouliez impliquer les citoyens. Savez-vous comment vous allez procéder et dans quel but ?
 
J’ai travaillé pendant 25 ans avec les milieux du Sida et cette association de la société civile a été essentielle. Nous avons eu des luttes communes (accès aux traitements des pays du sud, rupture des licences commerciales, arrivée des génériques). Cette expérience montre que si les différents milieux se coordonnent on peut faire bouger des choses majeures.
Le CCNE est composé, outre son président, de 39 experts de domaines divers : juristes, philosophes, chercheurs, responsables des grandes religions. Il m’apparaît comme un organe très élitiste et c’est pertinent. Mais il lui manque l’avis des citoyens notamment pour des aspects sociétaux comme le bien vieillir, la révolution des big data, la santé des migrants, la construction des bio-organes en 4D. Même si les groupes de travail spécialisés procèdent à des auditions de personnalités extérieures, elles ne sauraient être suffisantes.
Nous allons aussi amorcer la révision des lois de bioéthique en 2018. Il est souhaitable et prévu par la loi que ce travail soit précédé par des états généraux citoyens de la bioéthique. Je souhaite m’appuyer sur les espaces éthiques régionaux comme cela avait été amorcé lors du mandat de Pr Alain Grimfeld, aujourd’hui président du Comité de la prévention et de la précaution (CPP). Il ne s’agit pas de « coiffer » ces espaces régionaux mais au contraire d’établir de véritables partenariats pour qu’ils puissent recueillir des points de vue, des expériences, des positions. Il est important de saisir la diversité des histoires régionales car l’éthique c’est évolutif, c’est un ajustement qui doit se faire au plus près des réalités vécues. Cette ouverture, je veux aussi la développer à l’international avec notamment la francophonie. Pour la maison France, il y a une carte à jouer pour mener une vraie politique de soutien à l’élaboration de choix bioéthiques partagés.
 
 
 
 
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