Santé : le corps sous protection

Le stress mis en observation

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Le stress, vous connaissez ? Ce « mal du siècle » qui touche 89 % des Français et 24 % des salariés français en « état d'hyperstress », soit à un niveau déclaré dangereux pour leur santé ? (1) Quelles sont les conséquences sur la santé ? Où en est la recherche scientifique ? C’est pour tenter de répondre à ces inquiétudes que la Fondation Ramsay Générale de Santé crée son Observatoire du stress et publie ses premiers résultats.
 
La Fondation Ramsay Générale de Santé, dont la mission principale veut être la prévention santé grand public, en prenant appui sur son collège scientifique ainsi que sur les 6 000 médecins libéraux et 18 000 personnels soignants du Groupe, publie les résultats de son premier Observatoire du stress et notamment, une cartographie du stress : les maladies associées au stress par les Français sont-elles avérées ?
• Près de 9 Français sur 10 sont stressés et près de 4 sur 10 ont vu leur stress augmenter sur les trois dernières années. 60 % des femmes et 57 % des jeunes sont concernés.
• À court terme, les Français pensent que le stress a un impact sur leur sommeil (54 %), sur leur comportement (40 %) et sur leur vie de famille (26 %) et 8 Français sur 10 sont convaincus de l’impact du stress sur leur état de santé à long terme.
• Parmi les maladies avérées causées par le stress : les pathologies psychologiques, le surpoids et le diabète, les troubles musculo-squelettiques, mais aussi les affections digestives, cardiovasculaires et dermatologiques.
• Quant à la recherche scientifique sur le sujet, elle a doublé entre 2007 et 2017. Elle se focalise sur les impacts du stress sur les troubles psychiques (24 %), les cancers (22 %) et sur le poids et le diabète (20 %).
 
« 9 Français sur 10 éprouvent du stress, et l’identifie comme cause d’un certain nombre de pathologies. La priorité que s’est fixée notre Observatoire était donc d’objectiver les conséquences médicales du stress et les pathologies associées, afin de déterminer les cas où la prévention du stress aurait un réel impact sur l’état de santé des Français et ainsi mener des actions plus ciblées », commente le Dr Stéphane Locret, Directeur du Collège scientifique de la Fondation Ramsay Générale de Santé.
 
Cette première étude de l’Observatoire du stress se compose de deux volets :
• un sondage réalisé avec OpinionWay et visant à définir le rapport des Français au stress,
• une cartographie médicale du stress réalisée avec Kap Code, startup spécialisée dans la recherche de signaux sanitaire sur les réseaux sociaux, comparant :
- les pathologies associées au stress par les Français via un scan des publications sur les réseaux sociaux entre 2007 et 2016,
- l’état des publications de la recherche médicale sur le stress sur ces 10 dernières années,
- et les résultats d’une étude de l’Inserm sur les pathologies avérées découlant du stress.
 
Le stress touche 89 % des Français et est en hausse depuis trois ans chez 38 % d’entre eux. 50 % des Français se considèrent mêmes comme assez ou très stressés, et notamment les femmes (68 % contre 38 % chez les hommes), les 25-34 ans (57 %) et les habitants du Nord Est de la France (57 %). Si le stress augmente depuis trois ans chez 38 % des Français, c’est encore plus vrai chez les personnes déjà très stressées, qui sont 78 % à avoir vu leur stress croître ces trois dernières années.

Vie professionnelle : 1ère cause de stress des Français (36%)

 
Un état de stress survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face. »
Définition selon l’ Accord national interprofessionnel du 2 juillet 2008 sur le stress au travail.
 
Les mutations de l’environnement dans lequel les entreprises évoluent ont une influence directe sur les conditions de travail : la peur du chômage, la mondialisation, l’accélération des changements qui tendent à éloigner les managers des salariés, l’utilisation abusive des nouvelles technologies de l’information qui, tout à la fois, connectent et isolent, la financiarisation de l’économie et des entreprises, les temps de trajets dans les grandes villes, le déficit de collectif et l’excès d’individualisme sont autant d’éléments que les entreprises ne peuvent ignorer.
Alors que les Français entretiennent traditionnellement un rapport particulier au travail, mêlant fierté et besoin de reconnaissance, l’entreprise tend de plus en plus à devenir le dernier refuge du lien social. C’est ce qui ressort d’un rapport réalisé par Muriel Penicaud, entre autres, alors en charge des ressources humaines de Danone en 2010 où, déjà, un observatoire du stress a été créé il y a deux ans ; rapport se voulant force de dix propositions pour améliorer la santé psychologique au travail.
 
Autres facteurs de stress : les problèmes financiers (35 %), la vie personnelle (33 %) et les problèmes de santé / maladies chroniques (31 %).
 

Quelles conséquences et impacts du stress dans la vie des Français ?

 
À court terme, ils considèrent qu’il influe largement sur la qualité de leur sommeil (54 %) et sur leur comportement, en générant de la nervosité ou de l’énervement (40 %).
À long terme, 83 % des Français estiment que le stress a des conséquences sur leur santé, ce qui est encore plus vrai pour les Français très stressés qui sont 95 % à le penser. Dans le détail, 70 % pensent que le stress engendre à long terme des problèmes de sommeil, 57 % des problèmes psychologiques et 51 % des problèmes cardiaques.
 
Pour lutter contre le stress, le sport (55 %) et la relaxation/yoga/méditation (45 %) sont considérés comme les meilleurs alliés.
En complément du sport, les Français les plus stressés sont 58 % à privilégier des solutions médicales, comme consulter un professionnel de santé (31 %), recourir à des médecines parallèles (19 %) ou encore prendre des médicaments (18 %).
Mais dans la pratique, encore près d’1/3 des Français ne met rien en œuvre pour lutter contre le stress.
 

Les pathologies que les Français associent au stress sont-elles avérées ?

 
Dans le cadre de l’Observatoire du stress, la Fondation Ramsay Générale de Santé, avec Kap Code, a analysé les pathologies que les Français associent au stress, à partir de 8 958 conversations observées sur les réseaux sociaux entre 2007 et 2016. Suite à cela, elle a confronté cette perception aux résultats d’une étude l’Inserm mettant en avant les pathologies avérées découlant du stress* :
• Les conséquences du stress sur la santé mentale sont les plus représentées avec 56 % de part de voix. Celles-ci concernent la qualité du sommeil, le burn out, les souffrances émotionnelles, les addictions… Des pathologies avérées médicalement, comme le montre l’étude de l’Inserm.
• Viennent ensuite des troubles plus généraux, tels que l’asthénie ou les acouphènes… avec 15 % des citations. Or, il n’y a pas de lien avéré entre le stress et ces pathologies, selon l’Inserm.
• Les pathologies liées au diabète et au surpoids comptent pour 13 % des mentions. Ces pathologies sont bien avérées.
• Ensuite, à moins de 10 % de parts de voix, on retrouve les troubles musculo-squelettiques (tremblements, contractures…) à hauteur de 7 %, les pathologies digestives (5 %) comme les nausées, ulcères et douleurs abdominales, les troubles respiratoires, les pathologies dermatologiques (psoriasis, eczéma, acné), les maladies gynécologiques et andrologiques (infertilité, bouffées de chaleur, perte de cheveux) et les pathologies cardiovasculaires (tachycardie). Concernant ces pathologies, si les troubles musculo-squelettiques, les maladies digestives, les affections cardiaques et les pathologies dermatologiques sont bien avérées, ce n’est pas le cas des troubles respiratoires ou gynécologiques.
 

Où en est la recherche scientifique ?

 
La Fondation Ramsay Générale de Santé, avec Kap Code, a également analysé les publications scientifiques de ces dix dernières années en lien avec le stress. Il en ressort que 24 % des recherches sur le stress analysent ses impacts sur la santé mentale (insomnie, souffrance émotionnelle…), 20 % sur les maladies métaboliques (diabète, surpoids…) et 14 % sur les affections cardiovasculaires.
 
Par ailleurs, si le corpus analysé sur les réseaux sociaux ne fait pas mention du cancer comme conséquence du stress et si l’Inserm n’a pas non plus démontré de lien de cause à effet, il est à noter que sur les dix dernières années, 22 % des articles scientifiques en lien avec le stress ont porté sur son implication dans les diverses formes de cancers. 
En 2013, des chercheurs du Consortium IPD-Travail, dirigés par l'Institut Finlandais de la Santé au travail, ont mené une méta-analyse sur 12 études portant au total sur plus de 100 000 patients âgés de 17 à 70 ans, originaires de six pays d'Europe dont la France. Les chercheurs n'ont trouvé aucune preuve d'une association entre stress au travail et risque global de cancer.
 
En 2014, une étude danoise menée par la Société Danoise du Cancer arrivait à la même conclusion. Une analyse a comparé les données médicales de 1300 prisonniers danois combattants de la Résistance, ayant survécu à l’horreur et au stress des camps allemands pendant la deuxième guerre mondiale, et les décès liés au cancer dans le pays depuis 1943. Aussi violente que fût cette expérience par les combattants, les chercheurs n’ont pas démontré de risque accru de cancer dans cette population.
 
En 2016, des chercheurs britanniques ont utilisé les données recueillies par la Breast Cancer Now Generations Study, une étude portant sur plus de 100 000 femmes dont l’objectif est de mieux comprendre les causes du cancer du sein. Là encore, les résultats sont rassurants. Sur les 106 612 femmes de l’étude, 1783 ont développé un cancer du sein, mais l’analyse des résultats ne montre aucun lien entre la fréquence des situations stressantes ou la survenue d’événements tragiques et le risque de cancer.
 
Nénamoins, une autre étude montre toutefois que le stress diminue le taux d'enképhalines alors que celui-ci est protecteur du cancer du sein. Menée en 2015 par des chercheurs de l’université de Lund en Suède et publiée dans le Journal of Clinical Oncology, cette étude traduit l’influence du taux d’enképhalines (un peptide endogène de la famille des endorphines) sur le risque de cancer du sein. Il apparait que plus le taux d’enképhalines est bas, plus le niveau de stress est élevé, et plus le risque de cancer du sein est élevé.
 
Une autre étude récente laisse penser qu'un lien existerait entre stress et cancer : des chercheurs de l’INRS (Institut National de la Recherche Scientifique) et de l’université de Montréal ont mis en évidence, pour la première fois, un lien entre le stress perçu au travail et la probabilité de certains cancers chez l’homme. Les résultats de l’étude, publiés dans la revue Preventive Medecine, révèlent que le risque de cancer du poumon, du côlon, du rectum, de l’estomac et du lymphome non hodgkinien serait majoré par une exposition prolongée au stress ressenti au travail.
 
Que conclure ? L'étude la plus récente fait apparaître un facteur de risque important : la durée d'exposition au stress. Il n'y aurait pas de lien chez les hommes exposés pendant 15 ans à des situations stressantes, alors qu'il y en aurait chez les hommes exposés pendant une durée de 15 à 30 ans. Il serait donc essentiel de ne pas exercer un emploi très stressant de manière trop prolongée, mais d’alterner avec des activités moins génératrices de tension.
(Source : Focus RH – 27/03/2017)
 
De nombreuses autres études et analyses sont en cours. Dont notamment, une étude clinique actuellement à l'unité de recherche clinique en psychiatrie du centre hospitalier Henri Laborit de Poitiers pour évaluer l'impact d'une cure thermale sur le cerveau d'un patient et plus précisément sur la zone de l'insula, afin de tester deux thérapeutiques dans le traitement de l'anxiété.
Cette étude scientifique, une première en France est coordonnée par le professeur Nemat Jaafari, psychiatre à l'Unité de recherche clinique Pierre Deniker de Poitiers.
 
 
Côté innovation, Open Mind propose de mieux gérer son stress. Destiné avant tout aux professionnels, ce programme de prévention de stress en réalité virtuelle est commercialisé depuis octobre 2017 en France. L'utilisateur s'installe dans un siège, comme sur le divan d'un psy. Il est ensuite équipé d'un casque audio, d'une manette et de différents capteurs. On le coiffe alors d'une bulle de plastique afin de l'isoler totalement du monde extérieur. Après s'être relaxée, la personne est immergée dans un monde virtuel où différentes tâches lui sont demandées dans un univers simulé de guerre spatiale. Après une phase de bilan permettant d'identifier les moments de stress survenus dans cette mise en scène ludique, des techniques de relaxation sont enseignées pour apprendre à mieux gérer le souffle. In fine, un bilan comparatif avec les précédentes sessions (dix sont recommandées) permet de mesurer la gestion du stress de la personne. 
 

Recentrage sur la prévention, priorité absolue du ministère de la santé

 
C'est la grande tendance du secteur. Le métier de la santé doit faire face à de nombreux enjeux sur le long terme, tels que l’évolution des besoins des patients et des médecins, l’accroissement des maladies chroniques, le vieillissement de la population, le développement de l’ambulatoire… et à un certain nombre de contraintes sur le court terme, comme la forte pression sur les tarifs, un contexte législatif complexe, un marché en surcapacité… 
La prévention et la promotion de la santé sont un axe central de la nouvelle stratégie nationale élaborée par la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn : « La recherche et l’innovation en santé publique doivent être développées au bénéfice des politiques de prévention afin de définir constamment des indicateurs pertinents et des méthodes efficaces, et de tirer le meilleur parti des expériences. »
Ramsay Générale de Santé soigne chaque année près de deux millions de patients, en tant que groupe d’hospitalisation privé. Conscient que la prévention est le meilleur moyen de rester en bonne santé, le groupe a décidé d‘élargir à ce domaine le champ d’intervention de sa Fondation, historiquement centré sur le don de sang de cordon ombilical à des fins thérapeutiques et de recherche. Cette orientation stratégique rejoint ainsi les objectifs énoncés récemment par la ministre de la Santé.
« La Fondation s’engage aujourd’hui dans une véritable mission d’utilité sociétale en parfaite cohérence avec notre expertise métier, qui porte naturellement cet enjeu de santé publique. Ce choix nous semble d’autant plus pertinent que la prévention est devenue à juste titre pour le nouveau gouvernement une priorité pour réformer le système de santé » commente Pascal Roché, Directeur Général de Ramsay Générale de Santé et Président de la Fondation.
 
 
* Méthodologie :
•             Sondage réalisé en ligne, du 4 au 6 octobre 2017, selon la méthode CAWI, par OpinionWay pour la Fondation Ramsay Générale de Santé auprès d’un échantillon de 1017 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus.
•             Étude Kap Code pour la Fondation Ramsay Générale de Santé de la représentation du stress sur les réseaux sociaux entre 2007 et 2016.
•             Analyse Kap Code pour la Fondation Ramsay Générale de Santé des publications scientifiques rapportant la notion de stress psychologique entre 2007 et 2017.
•             Étude Inserm sur les mécanismes associant stress et pathologies, 2010.
 
(1)    Selon la dernière étude du cabinet Stimulus, novembre 2017 
 

 

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