UP' Magazine L'innovation pour défi

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Webedia dévoile les enseignements de son étude sur la thématique Food Tech

L’attrait naturel des Français pour l’univers culinaire et les avancées digitales et technologiques offrent un terrain de jeu inédit et passionnant aux startups et industriels qui révolutionnent les attitudes de consommation.
Aux côtés des objets connectés, de l’intelligence artificielle et de la biotechnologie, s’organise une révolution « Food Tech » respectueuse des saveurs, du bien manger, loin des anticipations futuristes imaginées dans la littérature, et qui développent désintermédiation, logistique de production et de livraison en local, recyclage et consommation responsables. C’est ce que révèle la dernière étude sur la thématique Foodtech réalisée par Webedia.
 
Le groupe Webedia révèle aujourd’hui les résultats de son étude « Food : quand la Tech s’en mêle ». Il s’agit d’une analyse des nouvelles tendances de consommation des marques et services dans l’univers culinaire, basée notamment sur des méthodologies sémantiques et sociales innovantes comme celles de Sémantiweb qui met à disposition des marques et des annonceurs une technologie de structuration sémantique et de décodage marketing des contenus consommateurs. Ses solutions, basées sur des algorithmes sémantiques uniques, permet à ses clients de mieux comprendre les usages et les attentes des consommateurs. Les annonceurs sont ainsi capables d’enrichir leur stratégie marketing et digitale avec des contenus nouveaux, en adéquation avec les attentes des consommateurs.
Ces offres s’articulent autour de trois briques : l’e-listening, ou audit conversationnel, permettant d’écouter et de décoder ce que disent les consommateurs sur le Web, Insight Track, une suite logicielle basée sur une interface de suivi de conversations sur les médias sociaux, et du conseil en data expertise et consumer content.
Ou encore NukeSuite, autre technologie d’écoute du web, solution SaaS (« software as a service ») qui permet aux marques de gérer l’ensemble de leurs présences sociales : gestion des processus de publication, planification, gestion des interactions avec les utilisateurs, analyse des performances, mise en place d’applications interactives. 
 
Comme le définit parfaitement foodtech-mag, le secteur de la Food Tech englobe des services de gestion, de logique et d’optimisation visant à améliorer un process prédéfini : ce sont des outils informatisés qui visent à organiser et donc à numériser l’activité d’un restaurant ou d’une enseigne ainsi qu’à être plus respectueux de l’environnement en contrôlant mieux l’apport des denrées alimentaires dans l’assiette du consommateur. Les startup dédiées à la Food Tech se multiplient sur un marché en plein essor : une offre qui correspond à une demande bel et bien réelle depuis quelques années.
Le concept de la « révolution » Food Tech concerne tous les secteurs qui touchent, de près ou de loin, à notre alimentation : le retail, la livraison, les ingrédients, les ustensiles… mais aussi les médias.
Fort de son savoir-faire d’éditeur de contenus et de technologies (web listening avec Sémantiweb, gestion sociale avec NukeSuite), le groupe Webedia propose aujourd’hui de partager son analyse des tendances, communautés et conversations autour de cette thématique, complétée par une étude quantitative réalisée avec SSI.

Food révolution : toutes les étapes du parcours food des consommateurs sont « hackées »

Disons-le tout net : les internautes ne parlent pas de la Food Tech ! Enfin… pas en ces termes, réservés au microcosme marketing.
En revanche, ils parlent déjà beaucoup des solutions Food Tech qui sont entrées dans leurs vies. Vidéos food, chefs digitaux, livraison à domicile remportent déjà l’adhésion. Tout comme les robots cuisiniers : « Le cooking chef, c'est mon second au quotidien... Je l'aime d'amour mon robot. » (source Sémantiweb).
 
 
Ces volumes de conversations et leur tonalité préfigurent les offres Food Tech qui devraient décoller demain. Et les propositions ne manquent pas…
 
Des exemples comme ceux du four connecté June et d’Arcade (service de livraison de repas proposant un plat unique chaque jour, à New York) sont emblématiques : les offres Food Tech proposent de s‘attaquer aux points de friction du consommateur dans son parcours food : perte de temps et d’énergie, tâches ingrates... Et elles devraient avoir d’autant plus d’écho que le consommateur de 2017 est pressé, paresseux et un peu egocentrique !

JUMP IN ! ou comment se saisir de la tendance Food Tech en tant que marque

Du point de vue des marques et des distributeurs, le constat vis-à-vis de la Food Tech peut être plus partagé. Désintermédiation, service personnalisé… si ces initiatives ont tendance à redonner le pouvoir aux consommateurs, elles ouvrent aussi de larges opportunités aux marques pour tisser une nouvelle proximité avec eux.
Les façons de mettre une pincée de Food Tech dans son mix marketing sont variées, de la plus incontournable à la plus impliquante :
• digitaliser son produit / son service,
• créer et entretenir une communauté digitale,
• capitaliser sur des influenceurs food digitaux (25% des moins de 35 ans citent un chef digital comme leur personnalité préférée pour les aider à réaliser des recettes au quotidien – Source Webedia/SSI),
• s’associer à une start-up Food Tech
• ou encore développer une initiative tech en interne.
 
 
Quelle qu’elle soit, il faudra garder en tête que toute solution tech doit prendre en compte la part d’émotionnel et de plaisir inhérente à l’univers culinaire. En conséquence, plaisir des papilles et des yeux, plaisir de faire, de partager seront des cases à cocher avant de proposer une innovation tech aux consommateurs.
 
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Algues comestibles

Des algues plein nos assiettes

Brunes, rouges ou vertes, les algues, toutes comestibles à la différence des champignons, passionnent de plus en plus les consommateurs à la recherche de produits naturels et sains pour varier leur alimentation.
 
"Les algues, ce n'est pas comme les champignons, il n'y en a aucune qui soit toxique", assure d'emblée André Berthou, algoculteur breton. Dix hommes et femmes, bottes aux pieds et seau à la main, sont venus en ce mois d'avril assister à un stage "cueillette et cuisine" des algues organisé par le musée de la pêche de Concarneau, en Bretagne. "Impossible de tomber sur une amanite", poursuit l'animateur en arrachant une poignée de pioka (Chondrus crispus), une algue rouge très utilisée en agroalimentaire notamment dans les flans. André Berthou en donne à goûter à ses stagiaires à proximité de la pointe de la Jument, au sud de la cité corsaire."On récolte plutôt là où l'eau est brassée et de bonne qualité", souligne-t-il. Dans de tels endroits, les algues récoltées par les professionnels peuvent même bénéficier du label bio.
 
Dans le public ce jour-là, Maryse, coquette blonde de 63 ans, se dit "intéressée par toutes ces alternatives alimentaires". "Les algues sont remplies d'oligoéléments, mais il faut les mériter, c'est quand même un peu hasardeux, ça glisse", note cette habitante de Concarneau en s'agrippant d'une main à une pointe de rocher pour rétablir son équilibre.

Ferme sous la dent

Après la récolte, François, 66 ans, participe à la confection d'un tartare. "Je ne connaissais pas du tout les algues, c'est une découverte très intéressante et une richesse à portée de la main", se félicite-t-il.
La recette du tartare ? Un tiers de nori (Porphyra), algue rouge très utilisée dans la cuisine japonaise, un tiers de dulse (Palmaria palmata), algue également rouge au goût doux et corsé, un tiers d'ulve, plus connue sous le nom de laitue de mer, trois échalotes, de l'huile d'olive, du citron ou du vinaigre de cidre le composent. "Vous émincez, mélangez, placez deux heures au réfrigérateur et dégustez", conclut André Berthou.
"C'est ferme sous la dent, c'est raffiné!" Tous sont unanimes pour dire le ravissement de leurs papilles gustatives.
 
"La demande est forte en matière d'algues alimentaires", explique à l'AFP André Berthou, également conchyliculteur et président du Syndicat des récoltants professionnels d'algues de rive de Bretagne (SRPARB).
 
Le recours aux algues est très courant dans la gastronomie en Asie (Japon, Chine, Corée du Sud, Indonésie...), en particulier dans la cuisine japonaise où elles sont omniprésentes, notamment dans les soupes, les salades et les sushis, du "wakame" de la soupe miso au "nori" utilisé pour enrouler les makis... Mais "le Breton moyen, lui, ne connaît pas très bien les algues sur lesquelles il marche. C'est un sujet encore assez méconnu", relève André Berthou.

Cuisine, plaisir, gastronomie

Il regrette l'amalgame souvent fait avec les algues vertes qui en se décomposant émettent du sulfure d'hydrogène (H2S), un gaz extrêmement toxique à forte dose. "Ce problème a fait de la mauvaise publicité aux algues vertes", juge le pêcheur, en assurant pourtant que ce sont celles qui contiennent le plus de fer et de calcium.
 
Xavier Terlet, spécialiste de l'innovation dans l'agroalimentaire au sein du cabinet XTC Innovation, estime toutefois que "l'algue est en train de sortir du ghetto dans lequel elle était au départ". Pour plusieurs raisons: "la ressource est abondante", les produits élaborés avec des algues sont "gourmands" et les consommateurs sont de plus en plus à la recherche de produits "bons pour la santé".
D'ailleurs, ces organismes marins répondent parfaitement au modèle alimentaire français, "très culinaire, très plaisir, très gastronomique", estime cet expert, contrairement aux insectes qui, selon lui, "ne fonctionneront jamais" en France.
 
Sur 2.500 nouveaux produits alimentaires sortis en 2016 en France, 47 (près de 2%) sont élaborés à partir d'algues, selon le cabinet XTC Innovation. "Ça peut paraître peu, mais c'est beaucoup pour un marché qui n'existait pas jusqu'à il y quelques années", souligne Xavier Terlet.
 
Parmi ces produits: du pain biologique à base d'algues, un porridge aux algues marines ou encore du beurre aromatisé aux algues...
 
Source AFP
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alimentation grande distribution

Fin de la vente d’œufs de poules élevées en batterie : La grande distribution se réveille !

Deux tiers des œufs vendus en France et 80% de la production hexagonale proviennent de poules pondeuses vivant dans des cages de batterie où elles sont placées à l'âge de 18 semaines. Ainsi 46 millions de poules pondeuses pondent environ chacune 300 œufs par an dans des conditions indignes. Mais la prise de conscience de la cause animale fait évoluer les mentalités et les modes de consommation. La grande distribution et l'industrie agroalimentaire ont fini par prendre leur part de responsabilité et font à présent massivement le choix d'abandonner les œufs en batterie dans les supermarchés.
Photo ©UP' magazine
 
Après Carrefour, Aldi, Monoprix, c’est au tour d’Auchan d’annoncer ses objectifs concernant la vente de ses œufs :  plus de 50% d’œufs issus de modes d’élevage alternatifs aujourd’hui, 100% d’œufs « alternatifs » sur les marques distributeur en 2022, 100% d’œufs « alternatifs » toutes marques confondues en 2025.
Une victoire pour l'association écologiste L214, qui dénonce depuis plusieurs années, à grand renfort de vidéos, la cruauté des élevages en batterie. Pour Brigitte Gothière, porte-parole de l’association, « Une page est en train de se tourner. La grande distribution et l'industrie agroalimentaire ont fini par prendre conscience de leur responsabilité vis-à-vis de la condition des animaux et font à présent massivement le choix d'abandonner les œufs en batterie. Nous avons désormais la certitude que l'élevage des poules en cage est voué à disparaître. »
 
Auchan travaille depuis plus de 30 ans avec ses fournisseurs sur la qualité de son offre alimentaire pour proposer de plus en plus d’aliments sains, sûrs, issus de modes de production respectueux de l’environnement et du bien-être animal. L’enseigne a joué un rôle précurseur dans la limitation du recours aux œufs issus de poules élevées en cage. En développant depuis plusieurs années avec ses fournisseurs une offre d’œufs issus de modes de production alternatifs (plein air, bio, label rouge) dans ses différents formats de commerce (hypermarchés, supermarchés, ultraproximité, drives, ecommerce).
Désireux de poursuivre et d’achever ce travail de fond, qui répond aux attentes croissantes des consommateurs, Auchan Retail France a décidé de prendre de nouveaux engagements qui seront progressivement mis en œuvre au fur-et-à-mesure des évolutions de la filière :
-D’ici à 2022, 100% des œufs commercialisés sous ses marques distributeur (marque Auchan, premier prix) seront issus de modes d’élevage alternatifs ;
-D’ici à 2025, Auchan Retail France va accompagner tous ses fournisseurs, en tenant compte du rythme d’adaptation des producteurs à ces évolutions et à l’équilibre de la filière, afin de pouvoir proposer 100% d’œufs à marque nationale issus de modes d’élevage alternatifs dans tous ses formats de commerce.
Pour mesurer les progrès qui seront faits jusqu'en 2025, l’entreprise mesurera chaque année à partir de 2017 la part de marché des œufs alternatifs dans ses rayons.
 
Depuis avril 2016, Monoprix (Groupe Casino) a retiré de ses rayons les œufs issus de l'élevage de poules en batterie, toutes marques confondues. C’était la première grande enseigne à prendre conscience des changements de comportements de consommation des Français.
 
En aôut 2016, c’est au tour de l’enseigne allemande de hard-discount Aldi d’annoncer qu’elle se donne neuf ans pour en finir avec les œufs de batterie dans ses 5.000 magasins présents dans neuf pays européens, dont la France, qui en compte 900.  Mais les œufs de batterie ont déjà été supprimés des rayons d’Aldi en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne.
 
Le Groupe Carrefour annonçait en décembre que d’ici 2025, il s’engageait également à ne plus vendre en France aucun œuf de poules élevées en cage dans ses magasins et sous sa marque propre d’ici 2020. A cet effet, le distributeur proposera à ses fournisseurs un contrat sur trois ans minimum pour la création de nouveaux élevages Bio ou plein air ou la reconversion d’élevage utilisant actuellement le système de cages.
 
Interviewée par Agro-media.fr, Amélie Legrand, chargé d’affaires agroalimentaires pour CIWF France l’organisation internationale de référence dédiée au bien-être des animaux de fermes, déclarait : « Il est évident que d’autres enseignes et marques françaises vont suivre rapidement ces exemples. En Belgique, aux Pays-Bas ou en Allemagne, tous les supermarchés ont déjà banni de leurs rayons les œufs de poules élevées en cages ».
« 2016 fut une année exceptionnelle pour les poules pondeuses, grâce à une vague sans précédent d’engagements d’entreprises à ne plus s’approvisionner en œufs issus d’élevages en cage – preuve de l’impact de notre travail auprès des entreprises et de l’importance croissante accordée au bien-être animal par les consommateurs » conclut le CIWF.
 
 
C’est à la filière des éleveurs de s’organiser maintenant ! La France, premier producteur d'œufs en Europe, comptait en 2015 32 millions de poules pondeuses élevées en cage contre 2,7 millions d'animaux élevés au sol et 6 millions de poules pondeuses en plein air. D'ici 2025, la filière devra donc se réorganiser et demandent aux grandes enseignes de l’aide pour financer la transition. Si ce n'est pas le cas, la filière française actuellement leader en Europe, pourrait s'effondrer. Sauf à se réinventer pour répondre à la demande des consommateurs. En effet, une étude d’Opinion Way de septembre 2014 montre que 90 % de la population souhaitent interdire l’élevage en batterie des poules pondeuses, au profit de l’élevage en plein air et adhèrent à l’arrêt de la vente d’œufs de batterie par les chaînes de supermarchés.
 
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alimentation

L’Étoile des Gourmets, la startup qui mijote la Foodtech avec la gastronomie française à domicile

L'ère est au changement dans nos assiettes ! Le secteur alimentaire vit une révolution digitale. La naissance de la Foodtech (1) a transformé notre mode de consommation. Mais sans pour autant renier une alimentation plus personnalisée, plus durable, facile, variée et accessible. A l'exemple de L’Étoile des Gourmets, jeune entreprise sur ce marché en croissance, qui veut rendre la gastronomie française accessible en ligne, partout dans l’hexagone. Et si vous sortiez chez vous ce soir ?!
 
Promettant de satisfaire le palais de chaque passionné de gastronomie française, une startup fondée en 2014 à Paris, l’Etoile des Gourmets, propose un service en ligne qui offre la possibilité de composer des menus gastronomiques variés et livrés à domicile, partout en France du jour au lendemain. A l’initiative de l’aventure, Mathieu Robbe, président de l’entreprise, diplômé de l’Ecole Centrale Paris, a su mettre en valeur les expertises culinaires et logistiques du chef Olivier Delafont (ayant travaillé dans cinq restaurants étoilés dont La Tour d’Argent), afin d’être la seule entreprise Foodtech capable de livrer partout en France des plats gastronomiques sans perte de saveur et avec un visuel digne d’un grand restaurant : l’Etoile des Gourmets livre partout en France, en respectant scrupuleusement la chaîne du froid et l’environnement. Les plats sont transportés dans des emballages recyclés et recyclables, par scooter électriques dans Paris et par Chronopost pour le reste de la France. Pascal Leblanc, Directeur Général, ESC et Centrale Paris, accompagne aujourd’hui la société dans sa phase de croissance. L’entreprise a été sélectionnée en 2016 pour faire partie des vingt sociétés de l’Incubateur Smart Food Paris.
Olivier Delafont

Les modes de consommations transformés par la digitalisation

La cuisine décline dans les foyers français. La population qui travaille consacre de moins en moins de temps à cuisiner. La livraison de plats à domicile répond aux changements sociologiques : des trajets maison/bureau qui s’allongent, un nombre de célibataires qui a plus que doublé en 40 ans, des familles monoparentales plus nombreuses...
En même temps, les Français sont de plus en plus connectés. Selon un Baromètre du numérique publié par l'Arcep (Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes) en 2016, 85% des Français ont accès à internet via un ordinateur. 60% utilisent aussi internet sur leur mobile. Le mobile devient une télécommande de vie qui permet de faire venir à soi toutes sortes de biens et de services dans un délai de plus en plus restreint.
Un autre sondage d’OpinionWay montre que 33 % des Français consacrent plus de temps à leurs courses en ligne qu’à la préparation des repas.

La tech dans l’alimentation

Le marché de la Foodtech est en pleine expansion en Europe, notamment sur la France. L’alliance entre le secteur de l’alimentation et de la restauration, couplé aux nouvelles technologies, attire de nombreux investisseurs. Le marché de la Foodtech a attiré 1,1 milliard d’euros d’investissements en 2015, soit une augmentation de 42% par rapport à 2014 (770 millions d'euros). « On commande un truc sur internet ? » est devenu une question banale dans le quotidien des Français.
Le marché de la Foodtech générera 250 milliards de dollars de chiffre d'affaires dans le monde, en 2022, selon des chiffres compilés par le cabinet Research and Markets.
 
Pourtant quelque chose ne change pas ! C’est que les Français sont toujours attachés aux plats traditionnels. Un sondage d’OpinionWay indique que la blanquette de veau et le bœuf bourguignon séduisent toujours les Français. Néanmoins, il existe encore assez peu de choix de plats gastronomiques sur internet. La zone de livraison des Food Delivery est encore très restreinte. En plus, la plupart des plats préparés aux restaurants ne sont pas prévu pour être transportés dans les conditions de l'extérieur. Il est donc difficile de garder la présentation et la qualité originale.

L’Etoile des Gourmets veut agrémenter la Foodtech avec la gastronomie française

Face à ce constat, l’Etoile des Gourmets propose un service unique en ligne afin de compléter ce vide sur le marché de la Foodtech. Grâce au savoir-faire de son chef Olivier Delafont, expert dans les nouvelles technologies culinaires dont la cuisine sous vide (il a formé plus de 200 chefs étoilés), la jeune start-up a rendu la livraison des plats gastronomiques français possible dans tout l’hexagone, en gardant la qualité et l’aspect esthétique des plats servis dans les grands restaurants.
L’entreprise a gagné le Prix du Formidable Espoir du E-Commerce 2015 et a été sélectionnée pour faire partie des vingt premières start-up incubées chez Smart Food Paris, plateforme créée par la mairie de Paris en partenariat avec des gros industriels comme Elior, le groupe Up, Carrefour et Danone.
 
L’Étoile des Gourmets lance sa première levée de fonds afin de se faire connaitre en France et s’attaquer au marché international. Pour assurer son développement, de nombreux recrutements vont être réalisés.
 
(1) La FoodTech est un nouveau secteur particulièrement dynamique dans notre pays de la gastronomie qui regroupe  4 sous-secteurs : L’AgTech qui concerne les startups qui révolutionnent l’agriculture et les matières premières alimentaires. La FoodScience avec les startups qui tentent de modifier les denrées ou les recettes. La FoodService, avec les chefs à domicile, les objets connectés pour la cuisine, ou encore les services numériques destinés aux professionnels ou aux particuliers. Et le plus connu, la FoodDelivery avec entre autres la livraison à domicile de repas ou d’ingrédients.
 

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agriculture familiale

De temps à autre, des parties du monde très éloignées se rejoignent pour le meilleur...

Il y a quelques années, qui aurait parié que les Adivasis, des tribus marginalisées vivant aux fins fonds de l’Inde, produiraient et commercialiseraient un café de grande qualité pour des occidentaux aisés. La semaine dernière, dans le quartier chic du Marais à Paris, l’ouverture de la très belle boutique « Araku Coffee » a attiré l’attention des médias. Cette réalisation est le résultat d’années de travail de terrain de Naandi, une organisation indienne à but non lucratif. Avec le soutien du fonds Livelihoods, Naandi a progressivement permis à des milliers de fermiers de produire du café tout en préservant leurs ressources naturelles. L’incroyable aventure des fermiers Adivasis est une vraie source d’inspiration.
 
En février 2015 le Fonds Livelihoods pour l’Agriculture Familiale (Livelihoods 3F) a été créé pour permettre de développer des projets visant à la fois à restaurer l'environnement et les écosystèmes dégradés et à améliorer la productivité, les revenus et les conditions de vie des petits agriculteurs vivant dans les pays en développement. 
La FAO publiait en octobre 2014 un rapport appelant à "ouvrir l’agriculture familiale à l’innovation" : "Les exploitations agricoles familiales sont l’une des clés de la sécurité alimentaire et du développement rural durable". Sur les 570 millions d'exploitations agricoles dans le monde, neuf sur dix sont gérées par des familles, ce qui montre la prédominance de l'agriculture familiale et lui confère le rôle d'agent de changement potentiel essentiel pour assurer la sécurité alimentaire et éradiquer la faim. Livelihoods 3F est né de ce constat qu’il y a un fort besoin d'investir davantage dans l’agriculture et la sécurité alimentaire mondiales, en particulier par le secteur privé. 

LIRE AUSSI DANS UP' : Livelihoods : la réponse attendue aux problèmes d'alimentation dans le monde ? 

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De la marginalisation à la commercialisation de café haut de gamme : l’incroyable histoire des fermiers d’Araku en Inde ...
 
 
Araku est une vallée située au milieu d’une région montagneuse qui s’étend sur 7500 km2 dans l’Andra Pradesh, dans l’est de l’Inde. C’est une zone protégée, peuplée seulement par des tribus. Il y a dix ans, quand Naandi a commencé à travailler dans la région, la situation était très contrastée. Dans certains villages, les gens vivaient seulement de la cueillette et de la chasse, sans électricité. Ils ne pratiquaient pas du tout d’agriculture. Cependant, dans d’autres villages plus proches de l’unique route traversant la vallée, les jeunes portaient des jeans et des casquettes. Ce décor invraisemblable se trouvait seulement à deux heures et demie de voiture d’un aéroport international. Les habitants des forêts, qui vivaient en harmonie avec la nature, ont été les laissés-pour-compte du développement du pays. La région faisait face au plus fort taux de mortalité liée à la grossesse et à l’accouchement, à l’illettrisme et à l’absence d’écoles. Pour la plupart des villageois, les perspectives d’avenir se résumaient aux aides du gouvernement.
 
Plus de 30 tribus, avec des cultures, des croyances et des attitudes différentes peuplent cette vallée. Mais le lien qui les unissait était le sens du partage et de l’attention qu’ils portaient à autrui. La vision de Naandi était claire : mettre sur pied un modèle de développement enraciné dans la culture et les valeurs des Adivasis. En effet, Naandi a très vite compris que la clé pour transformer la vallée d’Araku en une sorte de Shangri-La, sans éroder les valeurs de ces communautés, résidait dans le lien ancestral que les Adivasis entretenaient avec la nature, la terre, les plantes et l’eau. Naandi a donc mis en œuvre un projet englobant des pratiques biodynamiques, le renforcement des coopératives de fermiers ainsi qu’un volet social. L’approche de Naandi est d’investir dans les gens « comme ils sont » pour s’appuyer sur la dynamique sociale de la communauté.
 
 
Au début, la culture du café était très marginale dans la vallée, avec une qualité médiocre. Mais les fermiers ont émis le souhait de pouvoir la développer avec le soutien de Naandi. Au fil des années, 14 000 fermiers ont été formés au compostage, à la taille des arbres et à la plantation d’arbres d’ombrage. Ainsi, 3 millions de caféiers et 3 millions d’arbres fruitiers, dont des milliers de manguiers, ont été plantés dans la vallée avec l’appui du fonds Livelihoods. Petit à petit, les Adivasis ont vu l’intérêt de ces pratiques et ont commencé à se focaliser sur la qualité. Naandi a su faire preuve de créativité pour promouvoir une démarche d’amélioration continue. De plus, elle a regroupé les fermiers en « Coopératives de petites tribus marginalisées », qui comptent aujourd’hui plus de 10 000 membres.

LIRE AUSSI DANS UP' : l'interview de Manoj Kumar, le PDG de Naandi

Naandi a déployé des efforts considérables pour relier les fermiers à des marchés haut de gamme pour valoriser la qualité et la culture biodynamique du café d’Araku. Des experts-café reconnus internationalement ont été invités tous les ans pour évaluer le café d’Araku et récompenser les meilleurs fermiers. Il ne restait ensuite plus qu’à proposer ce café unique sur le marché international avec la création de la marque « Araku Coffee » et un positionnement qui s’appuie aussi bien sur la qualité du café que sur l’histoire exceptionnelle des fermiers qui le produisent.
 
L’ouverture du premier magasin international « Araku Coffee » marque le début d’une nouvelle aventure pour les fermiers Adivasis.
 
Bernard Giraud, Président & Co-fondateur de Livelihoods Ventur
 
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agriculture familiale

Manoj Kumar, PDG de Naandi, raconte comment les fermiers Adivasis en Inde sont sortis de la pauvreté

Le café d’Araku est maintenant disponible à l’international, avec un premier magasin qui a ouvert ses portes à Paris récemment. C’est un café haut de gamme produit par des tribus indiennes qui vivaient en marge de la société il y a quelques années de cela. Cette réalisation incroyable a été possible grâce à l’immense travail accompli par Naaadi, l’une des plus grandes organisations caritatives en Inde. Manoj Kumar, le PDG de Naandi, dévoile quelques-unes des actions mises en place par son organisation pour aider des tribus marginalisées à produire un café de grande qualité tout en renforçant leur sécurité alimentaire. Des actions riches d’enseignements pour des initiatives similaires autour du monde. Interview.
Photo : Fermiers  Adivasis
 
Naandi a été créée en 1998 avec l’objectif d’en confier la gestion à des hommes d’affaires influents. L’organisation développe des solutions pour répondre à l’éducation des filles, la qualité de l’eau potable et l’hygiène, l’agriculture durable, la formation et l’emploi des jeunes, la mortalité liée à la grossesse et à l’accouchement ainsi que le développement des jeunes enfants. Naandi compte aujourd’hui plus 300 salariés et 3000 intervenants sur le terrain. L’organisation mise toujours sur une écoute attentive des communautés qu’elle épaule pour en faire des acteurs de ses solutions.
 
Manoj Kumar, PDG de Naandi

Une demande inattendue

En 2004, les Adivasis ont commencé à faire confiance à notre équipe une fois que nous avions mis en place des solutions pour réduire la mortalité liée à la grossesse et à l’accouchement et construit des crèches ainsi que des écoles. Leurs forêts étaient en train de disparaître et ils voulaient développer des activités agricoles. C’était fascinant car aucun d’entre eux n’était agriculteur. Ils n’avaient jusque-là cultivé que du riz en petites quantités. Nous avons demandé aux fermiers quelle était la culture la plus exotique qu’ils aimeraient apprendre et ils nous répondu le café. C’était inattendu. Ils nous ont raconté que depuis les années 1900, les Anglais cultivaient le café et les tribus n’avaient pas le droit d’aller sur les plantations. Par la suite, quand le gouvernement indien a repris les propriétés des Britanniques, elles ont une fois de plus étaient mises à l’écart. Les Adivasis avaient donc le sentiment qu’ils pouvaient faire quelque chose d’unique avec cette culture dont on les a toujours tenus éloignés.
 
Très vite, nous avons identifié trois défis à relever pour arriver à cultiver du café. Tout d’abord, nous devions familiariser les tribus avec la « culture » de l’agriculture, la vie d’un petit fermier étant rempli de dur labeur, qui est à l’opposé de la cueillette et de la chasse. Ensuite, il fallait leur montrer l’importance du sol et de la discipline quotidienne pour prendre soin de chaque plante. Et nous devions mettre l’accent sur la patience car un caféier ne produit pas du café en trois mois mais au bout de quatre ans. Enfin, il nous fallait faire passer l’idée que le succès de cette entreprise dépendrait de l’attention qu’ils porteraient aux conseils des experts-café et de la précision avec laquelle ils appliqueraient les pratiques biodynamiques.

La magie opère

Nous avons commencé à travailler avec 1 000 familles venant de différents villages. Nous avons planté des caféiers et un million de chênes argentés. Nous avons organisé les fermiers comme un club, en nous appuyant sur leurs valeurs de partage. Et la magie opéra !
Très rapidement, nous sommes passés de 1 000 à 2 000 familles, puis 3 000 et ça a continué. Nous nous sommes rendus compte que nous avions besoin d’une unité de transformation car le café doit être cueilli et transformé en moins de 12 heures. De plus, comme la vallée est très difficile d’accès, certains fermiers devaient marcher quatre heures pour transporter leur récolte jusqu’à la route principale. Ces nouveaux défis nous ont montré que nous devions faire croître le projet pour générer des économies d’échelle.
C’est à ce moment que nous avons noué un partenariat avec le fonds Livelihoods. Ensemble, nous avons planté 3 millions d’arbres fruitiers et 3 millions de caféiers pour permettre aux Adivasis de reconstituer leur forêt. Nous avons commencé à les former à des pratiques biodynamiques pour qu’ils puissent produire du café de qualité tout en prenant grand soin de leur terre.
 
Quand nous avons démarré le projet, nous pensions que cette aventure du café allait tourner court car les Adivasis ne sont pas réputés pour leur patience. Mais au bout de la deuxième année puis de la troisième, je me suis dit : « Oh mon Dieu ! Ils prennent tout cela très au sérieux. Il nous faut de l’expertise et une unité de transformation ».
Je dois avouer que c’est seulement la volonté un peu folle et naïve de vouloir changer les choses qui a conduit Naandi dans cette aventure. Il n’y avait pas de plan. Seulement de l’espoir et de la passion.
 

Les camions rouges et les joyaux d’Araku

Au fur et à mesure que le projet prenait de l’ampleur, nous avons réalisé que pour rendre cette activité viable, il nous fallait produire un café de très grande qualité car nos coûts de production étaient plus élevés que le prix moyen du marché. A partir de 2011, nous avons invité des experts-café au concours « Les joyaux d’Araku » pour évaluer la qualité de notre café. Des personnalités du monde entier sont venus partager leurs connaissances et conseils avec les fermiers. Les experts-café ont très vite vu que le café d’Araku avait un caractère exceptionnel. Le profil du café, la qualité du sol, l’implication totale des fermiers qui prennent soin des arbres et des cerises lui donnent un goût unique. Ils nous ont dit que ce café avait un vrai potentiel mais qu’il fallait encore en améliorer la qualité. Et c’est ce que nous avons fait.
 
Nous avons mis en place un code-couleurs pour augmenter la qualité. Ainsi, pour les fermiers qui produisaient le café de meilleure qualité, un camion rouge venait récupérer leur production. Autrement, c’était un camion jaune ou vert. Si le camion rouge venait à votre ferme, vous touchiez quatre fois le prix du marché pour votre café.
Les gens ont commencé à se ruer vers les fermes où allait le camion rouge. C’est comme cela que nous avons créé une incitation comportementale pour encourager les fermiers à améliorer la qualité de leur café. Nous avons aussi créé un module de formation construit sur les valeurs de partage des Adivasis. Les 3 000 meilleurs fermiers ont été choisis pour transformer leur ferme en école.
 
Tout cela a demandé une implication incroyable, beaucoup de persévérance et de patience. Chaque ferme et chaque arbre sont suivis. Toutes les cerises cueillies doivent être de la même couleur et de la même taille. Une simple nuance dans la rougeur peut altérer la qualité. Les fermiers sont dans un tel niveau de précision que nous pourrions écrire un livre sur les « cinquante nuances de rouge » dans la vallée d’Araku.
 
Une fois les pratiques biodynamiques correctement appliquées, les experts-café ont classé notre café parmi les meilleurs du marché. Nous étions alors bien dans la science et plus dans l’improvisation. Les acheteurs ont commencé à nous payer des prix relativement élevés. Mais avec 14 000 fermiers dans le projet, les acheteurs régionaux pouvaient à peine acheter 5% de notre production. La seule solution était de trouver un marché global où les acheteurs seraient prêts à payer un prix plus élevé pour un café de grande qualité avec une belle histoire humaine.
 
Café Araku, 14 rue de Bretagne Paris 4ème

Paris, des arbres et de la fierté

Avec le soutien d’entreprises indiennes et de nos partenaires en France, nous avons entamé une nouvelle page de l’aventure du café d’Araku avec un magasin dans le centre de Paris. Nous nous sommes dit qu’il n’avait pas de meilleur endroit pour commencer à partager cette histoire que dans cette ville d’amoureux du café. Quand il a fallu choisir une marque, nous avons opté pour « Araku » tout simplement afin de retranscrire toute les réalités de ce café.  Et nous voulions que le décor du magasin, avec une grande sculpture de la vallée d’Araku et de ses différents terroirs, illustre comment ce café est en train d’aider les Adivasis à bâtir un héritage pour leurs tribus quand des villages disparaissent peu à peu. Le magasin crée ainsi un lien direct entre les consommateurs et les fermiers dans la vallée.
 
Sur le terrain, les villageois sont de plus en plus motivés pour avoir plus de forêts. Suite à la dynamique initiée par le fonds Livelihoods, nous avons planté au total 13 millions d’arbres avec le soutien d’entreprises locales. Désormais, les fermiers veulent planter encore plus d’arbres, 2 à 3 millions par an. C’était quelque chose d’inimaginable il y a encore quelques années.
 
Nous allons aussi produire environ 12 000 tonnes de mangues tous les ans. En plus d’être le plus gros producteur de café biodynamique au monde, nous sommes très probablement aussi le plus gros producteur mondial de mangues produites en agriculture biodynamique. Nous ne demandons pas aux fermiers d’arrêter leurs cultures vivrières pour se consacrer uniquement au café. Nous nous assurons que l’agriculture subvienne d’abord aux besoins alimentaires des communautés.
Vous devriez voir la joie des tribus. Elles disent toutes qu’elles ne vendront les mangues qu’après en avoir mangées toute l’année. Il ne s’agit pas simplement de sécurité alimentaire. C’est aussi une question de fierté. Le café, les mangues et les arbres offrent aux Adivasis un statut qu’aucun autre emploi conventionnel n’aurait pu leur offrir.
 
Propos recueillis par Nishal Ramdoo / Livelihoods Venture
 
Photos : Clément Sautet/ Agence Puppets/ Stella Salmon
 
 
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