UP' Magazine L'innovation pour défi

robot agriculteur

Les robots agriculteurs ont-ils de l'avenir ?

Le secteur agricole est aujourd’hui confronté à un épineux paradoxe : maintenir, voire accroître, ses niveaux de production tout en réduisant l’impact de ses activités sur l’environnement. La robotique serait une solution.

À ce paradoxe s’ajoutent les contraintes économiques qui pèsent sur les exploitants et la pénibilité d’un métier exigeant, exposant l’agriculteur à plusieurs types de risque : accidents du travail, pathologies professionnelles et exposition à des produits potentiellement dangereux, à l’image des pesticides. On recense, par exemple, pour les seuls accidents liés au renversement de machines agricoles, entre 20 et 30 décès par an.

Depuis les années 1950, la modernisation de l’agriculture a permis de doubler les niveaux de production en réduisant la pénibilité. Ceci s’est accompagné d’utilisation de machines de grandes tailles et de produits potentiellement nuisibles. La contrainte environnementale de plus en plus prégnante a également favorisé le développement de nouvelles modalités de production, comme l’agriculture biologique ou l’agriculture de précision. Ces dernières nécessitent une main-d’œuvre accrue, pour réaliser par exemple un désherbage mécanique (sans herbicides) ou effectuer des traitements très localisés.

Surtout des dispositifs d’assistance

Dans ce contexte, la robotique peut apporter des solutions, en permettant d’effectuer avec précision des tâches répétitives et d’intervenir dans des zones difficiles (dans les vignobles en forte pente, par exemple) sans exposer les individus.

Les économistes perçoivent d’ailleurs cet intérêt et placent l’agriculture comme le second marché pour la robotique de service à l’horizon 2025.

Sans aller jusqu’à la commercialisation de solutions robotiques complètes, les constructeurs historiques proposent, depuis une dizaine d’années, des dispositifs d’assistance à la conduite comprenant notamment des systèmes de guidage automatique, lors des phases de travail en plein champ. À l’instar des véhicules autonomes, ces dispositifs requièrent la présence d’un conducteur ; ils ne constituent donc pas des robots à proprement parlé.

De fait, la présence de robots commerciaux dans un cadre agricole concerne pour l’essentiel des systèmes intervenant dans le périmètre de l’exploitation, comme les robots d’affouragement ou de traite, démocratisés depuis plusieurs années. On estime aujourd’hui que la moitié des exploitations laitières qui voient le jour sont équipées de telles machines. En 2015, 3 316 exploitations, sur les 514 800 que compte la France, en disposaient.

Reportage sur les robots de traite (France 3 Normandie, 2016).
 

Si les robots sont performants dans les bâtiments – où ils évoluent dans un environnement connu et des conditions répétables –, à l’extérieur, la diversité des sols et des travaux à réaliser (semis, désherbage, récolte, etc.) rend la robotisation plus compliquée. Par conséquent, les solutions commerciales complètement autonomes restent cantonnées à des actions limitées, comme le désherbage en maraîchage ou l’assistance à l’opérateur, notamment dans les vignes.

L’avènement du tracteur autonome demeure pour le moment à l’état de prototype, à l’image du tracteur sans chauffeur Magnum mis au point par l’entreprise américaine Case IH et présenté ces jours-ci au Salon international du machinisme agricole.

À la recherche de la modularité

L’avènement de la robotique en agriculture nécessite, on le voit, encore des développements scientifiques et technologiques pour pouvoir s’adapter à différentes situations et accomplir divers types de travaux agricoles. Face à cette diversité, les robots doivent pouvoir adapter leurs comportements, voire leur configuration (hauteur, voie, etc..), en temps réel ; c’est ce qu’étudie notamment le projet Adap2E.

Ils permettront alors de remplir différentes missions, avec un niveau d’autonomie réellement utile pour l’agriculteur. Les projets PumAgri et Ted, en cours de développement, visent ainsi à accroître la modularité – c’est-à-dire les capacités d’adaptation – des robots agricoles pour différentes cultures et opérations.

Deux robots coopérant dans un champs pour effectuer des traitements. Irstea

Cette modularité ne se conçoit pas que pour une seule machine, mais également pour une flotte de robots, capables de coopérer entre eux afin d’étendre les capacités de production en tentant de limiter l’impact environnemental. Les projets européens Mars et Flourish développent de tels concepts à l’aide de machines de petite taille. Le projet Safeplatoon a également montré la capacité de contrôler plusieurs robots en coordination à l’aide d’une machine conduite manuellement.

La place des robots dans le système agricole

De telles avancées permettent d’entrevoir de nouvelles possibilités pour l’agriculture : conjuguer production et respect de l’environnement, tout en réduisant la pénibilité des travaux agricoles. Car elles ont surtout vocation à améliorer les conditions de travail en secondant les agriculteurs. Pour être pleinement efficaces et utiles, ces innovations doivent donc se faire en lien l’ensemble des acteurs de la filière.

Elles s’accompagnent également d’une réflexion plus globale sur l’organisation des exploitations et du travail agricole. Des initiatives, comme la plateforme RobAgri, témoignent de ce souci de faire en sorte que les robots contribuent socialement, économiquement et écologiquement à l’amélioration de cette activité exigeante qu’est l’agriculture.

Roland Lenain, Directeur de recherche, équipe « Robotique et mobilité pour l’environnement et l’agriculture », Irstea

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

The Conversation

 

alimentation terroir

Où manger bio, bon, local près de chez vous ?

Ventes à la ferme, brasseries artisanales, viticulteurs, fromageries, magasin bio, drive fermier, ferme auberge, magasins de producteurs, amap … vous voulez consommer bon et local près de chez vous ? Vous trouverez tout dans l'annuaire participatif et grand public "Pages du Terroir" : il recense un peu plus de 36.000 adresses en France, région par région ; une première !
 
L’idée était toute simple, explique Mylène Selb, la fondatrice : « Lassée par les circuits de consommation courants, je voulais reprendre en main la qualité et la provenance de mon alimentation. A l’ère du numérique, je me suis donc tourné tout naturellement vers Internet pour trouver les structures existantes près de chez moi.
Étonnée, après de nombreuses recherches, je n’arrivai toujours pas à trouver d’informations fiables et/ou complètes. Mince ! Que faire ?… Attendre que quelqu’un réponde à ce besoin ou… le faire nous-même ?
Aidée par une petite équipe motivée, on a redressé nos manches et sommes partit voir les producteurs et les consommateurs.
Les Pages du Terroir a été monté à la main (et porté à bout de bras ! ) et se trouve être la résultante de beaucoup d’heures de travail (et accessoirement d’autant de cheveux blancs). Nous avons à cœur que cet annuaire d’un nouveau genre, autrement dit proche de nous et de nos belles régions, puisse se révéler utile pour tout à chacun. Pour nous, cela a été une aventure passionnante. J’espère que vous prendrez autant de plaisir à découvrir le site que nous en avons eu à le faire ! »
 
L’idée est apparue comme une évidence : fournir une plateforme régionale accessible, complète, vivante et participative, référençant toutes les structures de vente directe et en circuit-court, accessible à tous et tout le temps. Gratuité pour les internautes mais également gratuité du côté du référencement des structures de vente. Si les professionnels souhaitent néanmoins détailler leurs informations, ils ont la possibilité d’accéder à une offre d’abonnement annuel à petit prix.
Un référencement complet était une priorité pour les fondateurs. Les internautes sont encouragés à participer à la vie de leur région en proposant des adresses manquantes ou en complétant des informations. De nouvelles données sont reçues tous les jours, et elles sont régulièrement actualisées. Chaque fiche est soigneusement détaillée : description de l’exploitation ou du magasin, adresses, coordonnées de contact, mails, sites web, produits proposés, labels, activités annexes, carte, etc. afin de toujours suivre l’actualité des régions.
A l'ère du numérique, le site veut mettre à portée de tous les informations des producteurs sur la vente directe et les circuits courts en France, et c'est une réussite. Ouvert en mai 2016, le nombre de visites a dépassé en décembre 2017 le million de visites des internautes et professionnels confondus.

Une motivation unique : la Transparence

Bio ou non ? Tel mode de culture pratiquée ou tel autre ? Les créateurs du site espèrent relayer les informations les plus fiables possibles afin que le consommateur puisse être éclairé dans son choix.  Pour ce faire, ils comptent sur la coopération de tous, internautes et professionnels, afin de mettre à jour les informations existantes, en créer de nouvelles et même partager des avis sur les points de vente ! La qualité des informations tendra à s’affiner au fur et à mesure de la participation du public, sans oublier le travail de l’équipe, toujours à l’affut des bonnes adresses.
C’est une réelle motivation à contrôler la provenance et la qualité de l'alimentation qui a guidé le projet. Nous assistons aujourd’hui aux prémices de nouvelles habitudes alimentaires durables. Il fallait donc répondre à ce besoin, et même, l’encourager. Rendre accessible l’information en toute simplicité, afin de rendre service au plus grand nombre.

Une équipe soudée

MYLENE, la fondatrice
Dès son plus jeune âge, elle a voulu « changer les choses ». Touche à tout, son parcours l’a conduite à lancer une maison d’édition associative pour aider les jeunes auteurs, à écrire un livre pour enfant et à être une des premières à ouvrir une entreprise de distribution de vélos électriques en France. Petite fille d’agriculteurs, elle monte parallèlement un projet de ferme pédagogique expérimentale vers une agriculture naturelle. Passionnée, parfois révoltée, Mylène est l’âme des Pages du Terroir. Sa gentillesse, sa « niak » et son grand sourire a convaincu l’équipe à l’unanimité. Son petit plus ? Prendre soin de ses collègues comme de sa famille.
 
PHILIPPE, l’ange-gardien
C’est en louant un terrain agricole pour créer une ferme pédagogique que Mylène rencontre Philippe. Parti de rien, Philippe est aujourd’hui un investisseur aussi inspiré qu’altruiste. Coiffeur de profession, il monte à bout de bras sa première entreprise de coiffure à domicile et réunira près de 4500 employés. Aficionados du terroir, il revendra en bourse son entreprise pour investir et rénover auberges, hôtels et restaurants dans des cadres environnementaux privilégiés (Hôtel Les Violettes ****, Ferme des Moines…). Séduit par le projet des Pages du Terroir, il se propose de prendre part à l’aventure. L’équipe le surnomme « Philippe les Bons Tuyaux » pour ses conseils et ses idées qui guident les Pages du Terroir dans la cour des grands.
 
CHRISTOPHE, le touche-à-tout
Boulanger, pâtissier et propriétaire de son propre restaurant, Christophe est un épicurien passionné. Son expérience professionnelle l’a amené à être exigeant dans le choix de ses produits. Son côté gourmand et gourmet l’a naturellement conduit chez les Pages du Terroir. Il s’occupe de gérer les milliers de points de vente référencés sur le site. Derrière chaque fiche professionnelle se cache une personne, une entreprise et une histoire humaine qui passionne Christophe. Son petit plus ? Il apporte chaque matin des viennoiseries à ses collègues qui ont vainement tenté de l’arrêter.
 
JULIE, la miss Bons Plans
Le sourire et le dynamisme de Julie donnent un sacré coup de fouet à l’équipe lors des matinées difficiles. Après avoir passé des années à travailler dans le domaine des ressources humaines, Julie a tout quitté pour ouvrir son salon de massages bien-être bio. Méticuleuse, elle choisit avec soin ses huiles bio pour fabriquer elle-même ses mélanges. Les compétences de Julie ont été précieuses pour sélectionner les fermes bio de France. Elle répond désormais aux questions des utilisateurs et anime les pages Facebook des 21 Régions du Terroir. Petit plus, elle a toujours un évènement ou un bon plan sous la main.
 
DAVID, le maestro de l’informatique
Lors des réunions « blabla » autour de la construction du site, David ne se laissait pas décontenancer par toutes les idées lancées dans le brouhaha général. Tranquillement, en sirotant son diabolo menthe, il observait, guettait l’information qui fait mouche, la synthétisait et amenait, avec calme, la solution qui allait faire la différence. Un peu magicien, il est capable de sortir de son chapeau des images, des cartes, des tours de magie pour fabriquer un site haut-en-couleur. Son petit plus ? Comprendre ce que l’on souhaite avant que les intéressés ne le comprennent eux-mêmes !
 
 
www.pagesduterroir.fr

 

agrostratégies

Ynsect inaugure son unité de démonstration de production d’insectes, une première mondiale

Ynsect, leader mondial dans la production d’insectes pour les besoins de l’alimentation animale, inaugure ce jeudi 23 février 2017 son unité de démonstration Ynsite, située sur le pôle Innovia à Dole, dans le Jura.
 
A l’origine, il y a un constat simple : alors que les insectes sont à la base de la chaine alimentaire et font partie intégrante des régimes alimentaires des poissons, volailles et autres mammifères, ces mêmes insectes sont complètement absents de la ration alimentaire des animaux d’élevages (terrestres ou aquatiques) et de nos animaux domestiques. Nous serons neuf milliards d’habitants d’ici 2050 et les besoins alimentaires vont considérablement augmenter, notamment les besoins en protéines. Se posera alors le problème de produire suffisamment de protéines pour nourrir les animaux, en particulier poissons et volailles, animaux les plus consommés au monde.
 
Forte d’une R&D d’avant-garde, de technologies brevetées et d’une équipe pluridisciplinaire d’envergure mondiale, Ynsect, fondée en 2011, a été créée sur un principe visionnaire : positionner les protéines d’insectes au cœur du système agroalimentaire afin de répondre durablement à la demande croissante de la planète en viande et en poisson.
 
Installé depuis 2013 au Génopole d’Evry, Ynstitute, le siège et centre de R&D d’Ynsect, constitue le plus important centre de recherche privé du secteur au niveau mondial. La société a conçu une technologie propriétaire pour élever et transformer des larves de Tenebrion meunier, et possède le plus important portefeuille de brevets du secteur à l’échelle internationale.
 
 
Cette technologie, d’abord développée en laboratoire, puis à l’échelle de pilotes (une tonne puis dix tonnes d’insectes par an), a ensuite été développée à taille réelle avec la construction d’une unité de démonstration technologique et commerciale – Ynsite – de 3000m2, permettant la production de plusieurs centaines de tonnes de protéines d’insectes par an. Ce changement d’échelle réussi est une première au niveau mondial. Ynsect a répondu avec succès au défi technologique que représente l’automatisation d’un élevage d’insectes, adaptant la technologie à chaque étape de leur développement, pour assurer leur bien-être, mais aussi une qualité constante des produits finis, de bonnes conditions de travail pour les opérateurs et une traçabilité sur toute la chaine de valeur.
 
« Aucune entreprise n’était arrivée jusqu’alors à allier entomologie (science des insectes), robotique et digital pour aboutir à un projet d’entreprise réellement créateur de valeurs économiques, environnementales et sociétales. » Explique Antoine Hubert, président d’Ynsect. « C’est une véritable prouesse réalisée par l’ensemble des Ynsecters (collaborateurs d’Ynsect) et leurs partenaires technologiques, industriels et académiques, et qui a pu voir le jour grâce à leur multidisciplinarité. »
 
Le site d’Ynsite est situé à Damparis, sur la communauté de communes de Dole, sur le pole Innovia, un parc d’activités dédié aux éco-activités et technologies de l’environnement. La construction du bâtiment a débuté en septembre 2015 pour se terminer en avril 2016, puis l’ensemble des machines ont été livrées et montées jusqu’à la fin de l’année. Le site a livré ses premiers clients dans le secteur du pet-food fin 2016, il emploie aujourd’hui près de quinze personnes.
Inauguration du site - De gauche à droite : 
 
 « Il y a deux ans seulement nous avions nos premières discussions avec les élus locaux de la communauté de commune de Dole, du Jura et de la Région, ainsi que les représentants d’Innovia et de la Chambre de Commerce et d’Industrie », commente Antoine Hubert. « Il est vraiment remarquable de voir à quelle vitesse le projet s’est déroulé grâce à ce partenariat fort avec l’ensemble des acteurs du territoire : les élus locaux et les services de l’Etat, leurs administrations respectives et nos différents partenaires et sous-traitants locaux. C’est une grande fierté, commune je pense, de constater l’aboutissement de ces échanges et de voir Dole devenir un hub mondial incontournable pour la production de protéines d’insectes. Ce projet souligne également le dynamisme industriel qui ne demande qu’à se développer en France grâce au volontarisme de l’Etat, des élus locaux et des entrepreneurs. »
 
Ynsite représente la dernière étape de validation technologique avant la construction d’une unité bien plus conséquente en 2018, qui permettra d’atteindre le marché de l’aquaculture, qui requière d’importants volumes de protéines.
Ynsite, démontrant la viabilité du concept industriel et commercial, a permis à la société de clôturer sa seconde levée de fonds en décembre dernier, d’un montant de 14.2M€, permettant de déclencher le travail d’ingénierie nécessaire à la construction de cette prochaine unité. Cette dernière sera capable de produire plus de 20 000 tonnes de protéines d’insectes par an.
(Source : CP Ynsect - 23 février 2017)
 
 

 

alimentation positive

Territoires à « alimentation positive », une (r)évolution citoyenne

Face à la crise de confiance envers une alimentation hyperindustrialisée et mondialisée, les territoires se sont fortement mobilisés. Ils sont une échelle permettant de créer plus facilement de la cohérence entre des politiques trop segmentées (agriculture, santé, environnement, éducation…), de créer des synergies entre acteurs, de la transparence, de la confiance, et de la solidarité. Ils agissent aujourd’hui en véritables laboratoires de l’innovation sociale.
A l’œuvre pour faire émerger des actions innovantes, la Fondation Daniel et Nina Carasso accompagne ce vaste mouvement pour permettre à ces énergies de se concrétiser en systèmes alimentaires durables d’avenir. Présentation.
 
Notre pays d’agriculteurs et de gastronomes a été fortement ébranlé par les multiples crises alimentaires contemporaines, depuis la vache folle aux émeutes de la faim, dont les conséquences affectent aujourd’hui la stabilité du monde. Le scandale de la viande de cheval dans les plats préparés, la prise de conscience de l’impact des intrants chimiques sur la santé des producteurs et des consommateurs, la médiatisation des enjeux climatiques et des impacts de nos modes de production et de consommation sur la biodiversité et en particulier la survie des polinisateurs dont dépendent nos écosystèmes, ces débats de société sont autant de marqueurs attestant de l’émergence d’un consensus sur les limites atteintes par notre époque.
La confiance dans un système alimentaire mondialisé et hyperindustrialisé est définitivement érodée.
Ce système est aujourd’hui largement perçu comme étant aussi puissant que hors de contrôle, à tel point que ses orientations émergent comme un enjeu démocratique. Face à cette crise de confiance, les territoires ont rapidement été identifiés comme porteurs de solution. Ils se sont mobilisés pour incarner et mettre en œuvre localement le changement nécessaire à l’échelle mondiale. 

La France : véritable foisonnement d’initiatives alimentaires locales

Pour les pouvoirs locaux, l’alimentation est donc au cœur de nombreux enjeux cruciaux : souveraineté alimentaire, santé publique, justice sociale, aménagement des territoires, gestion des déchets, emploi, gestion des terres et des ressources naturelles, attractivité touristique, protection du patrimoine culturel et de la biodiversité, éducation…
De plus en plus, les collectivités françaises cherchent à reprendre le contrôle de leurs systèmes alimentaires. Elles suivent ainsi l’exemple de villes pionnières de l’alimentation durable, en s’inspirant souvent des innovations qui éclosent à l’étranger. En témoignent les dynamiques fortes des Transition Towns, de la Déclaration de Rennes et du Pacte de Milan, ou encore le soutien croissant qu’elles apportent aux circuits courts ou à des mouvements comme Mon restau responsable (voir le projet de la Fondation Nicolas Hulot plus bas).
 
En cinq ans, la Fondation Daniel et Nina Carasso (1) a soutenu plus de 145 projets en France (parmi plus de 830 reçus) et 36 en Espagne qui ne constituent qu’un aperçu des dynamiques à l’œuvre  dans ces deux pays.
Si la société civile est très active, de plus en plus de projets sont portés par des collectivités qui souhaitent se saisir de la question alimentaire. En France, le Ministère de l’agriculture a dénombré en juin 2016 plus de 60 projets alimentaires territoriaux (PAT). La loi d’avenir de 2014 du Ministère de l’agriculture a d’ailleurs renforcé leurs capacités d’action sur l’alimentation (2), et l’hexagone se couvre progressivement d’un maillage de plus en plus serré d’initiatives territoriales, tandis que des réseaux de collectivités s’organisent pour faire valoir leurs revendications (3). Cet élan des territoires est encore récent, mais foisonnant. Certains prennent le temps de la concertation, d’autres favorisent l’action politique rapide. Des collectivités pionnières œuvrent depuis près deux décennies, de plus en plus innovent en développant des approches pragmatiques, systémiques et ambitieuses, beaucoup observent et s’inspirent de l’existant.
 
Les leviers d’action sont nombreux et aujourd’hui connus, même si des efforts restent à accomplir pour faciliter leur mise en œuvre : l’agriculture urbaine, la restauration collective, la protection du foncier agricole, l’accompagnement des filières locales, la mise en place de conseils alimentaires consultatifs (food councils), la lutte contre le gaspillage, le développement de nouvelles infrastructures… La mise en place de politiques alimentaires concertées questionne tant les structures politiques que le rapport des citoyens à l’espace public et à la solidarité, avec un objectif partagé : renforcer la résilience des territoires en favorisant le respect de l’environnement, de l’économie locale, de l’équité, de la santé et du vivre-ensemble.
 
De nombreux freins à l’action des collectivités existent cependant : certaines contraintes inscrites dans le code des marchés public, la complexité et les difficultés de coordination inhérentes à la stratification territoriale, ou encore le manque de coordination dans la mise en œuvre des différentes politiques publiques. Les collectivités françaises disposent aussi de marges de manœuvre sous-exploitées pour orienter le système alimentaire : les Plans locaux d’urbanisme, les Schémas de cohérence territoriale, les agendas 21 sont autant d’outils mobilisables.

Film documentaire "Qu'est-ce qu'on attend ?" de Marie-Monique Robin

Soutenir et accompagner les projets les plus prometteurs

Le rôle de la Fondation Daniel & Nina Carasso consiste à donner davantage de moyens aux porteurs de projets les plus prometteurs, à identifier avec eux de nouvelles pistes de solution, à soutenir la diffusion des apprentissages et des bonnes pratiques. Pour cela, elle agit directement et avec les 145 partenaires français qu’elle soutient financièrement, à plusieurs niveaux :
-              Soutenir l’action de collectivités pilotes dans l’expérimentation et la capitalisation d’initiatives pionnières ;
-              Accélérer le développement d’outils de politiques alimentaires adaptées à la diversité des contextes culturels, juridiques, environnementaux et socio-économiques, pour faciliter la transition des territoires ;
-              Explorer certains leviers d’action, comme la restauration collective, afin de renforcer des politiques agricoles, économiques, environnementales et nutritionnelles locales ;
-              Soutenir l’expérimentation et la diffusion de pratiques agricoles et alimentaires durables, par la recherche participative ;
-              Repenser les modalités de l’aide alimentaire pour garantir sa pérennité, améliorer l’accès des personnes vulnérables à une alimentation de qualité et garantir leur dignité ;
-              Encourager l’insertion professionnelle et sociale de personnes isolées dans des chaines de valeur durables (production, transformation, distribution…) ;
-              Promouvoir une approche multidisciplinaire dans la recherche internationale sur les systèmes alimentaires, et concevoir des projets de recherche stratégiques tournés vers les nouveaux fronts de recherche, etc.

Quelques exemples de la vitalité et la diversité d’actions à l’échelle des territoires

 
 
Mouans Sartoux (06),  pionnière depuis plus 20 ans sur la question de la politique alimentaire locale. En 2012, première ville française de plus de 10 000 habitants à servir des repas 100% bio dans ses écoles.
La ville de Mouans-Sartoux développe depuis plus de 20 ans une politique de maintien des espaces agricoles sur son territoire ainsi que de soutien à la production et à la consommation locale, notamment à travers des outils comme l’Agenda 21 et le plan local d'urbanisme (PLU). Après avoir notamment réussi à approvisionner la cantine scolaire en 100% bio depuis 2012, les associations de la commune appuyées par la ville souhaitent renforcer cette dynamique par la création d’une Maison de l’alimentation durable. Soutenue par la Fondation, ce lieu permettra d'aider à l’installation de nouveaux agriculteurs, et comprendra un laboratoire de transformation. Cette Maison permettra également de sensibiliser les consommateurs, et de conduire des actions d’évaluation, capitalisation et diffusion de l'expérience acquise. Ce succès repose notamment sur la création d’une régie municipale agricole.
 
 
BioVallée, territoire de transition alimentaire, énergétique et écologique : trois communautés de communes, regroupant 55 000 habitants, développent une politique alimentaire locale intégrant les enjeux environnementaux, nutritionnels et socio-économiques : elles soutiennent les agriculteurs locaux respectueux de l’environnement, appuient des filières équitables et soutiennent des coopératives de transformation et distribution, améliorent la qualité des produits alimentaires dans les cantines scolaires, sensibilisent élus et consommateurs. A l’échelle du territoire, le projet financé par la Fondation organise la mise en réseau des acteurs autour d’une logistique optimisée et partagée pour le développement des circuits courts. Avec une implication forte des citoyens, les collectivités en transition souhaitent atteindre 80% de produits bio et locaux dans les cantines, une forte réduction du gaspillage, et une forte sensibilisation aux pratiques alimentaires saines et durables.
 
IUFN – International Urban Food network
L’IUFN est une association française dont l’objectif est d’appuyer les collectivités élaborant des politiques alimentaires locales. Le projet soutenu par la Fondation concerne quatre territoires pilotes (Conseil régional du Centre-Val de Loire, Pays Loire Nature Touraine, Métropole de Bordeaux et Ville de Lyon). Il vise à réaliser un état des lieux des pratiques et acteurs innovants, à expérimenter des mécanismes de gouvernance alimentaire inclusifs, et à faciliter la diffusion des enseignements via des guides méthodologiques. Ce projet ambitieux agit à différentes échelles territoriales pour analyser la complémentarité des niveaux administratifs et développer des outils de gouvernance adaptée pour chacun.
 
 
Terres en villes – Un réseau national pour un projet alimentaire territorial co-construit et partagé
Réunissant à parité des collectivités et des chambres d’agriculture, l’association Terres en Villes vise à co-constuire les outils d’une gouvernance multi acteurs des systèmes alimentaires, en réunissant pouvoirs publics locaux, entreprises, associations et chercheurs. Ce projet expérimente, dans trois agglomérations pilotes (Lille, Grenoble et Lorient) des démarches articulant politiques agricoles, sociales, de développement durable et d’aménagement. Ces méthodes partagées sont élaborées avec la participation de scientifiques et d’usagers.
Actualités du réseau http://terresenvilles.org/
 
Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme (FNH) : La FNH en partenariat avec le réseau Restau Co apporte des solutions pratiques aux acteurs de la restauration collective qui souhaitent améliorer la durabilité de leurs pratiques. Ce projet, appelé "Mon Restau Responsable", a déjà séduit plus de 200 restaurants collectifs. Il propose un portail internet dédié à l'échange d'information entre professionnels, la mutualisation des bonnes pratiques, le déploiement d'une méthode de certification participative pour accompagner et valoriser les établissements en transition, ainsi qu’un référentiel commun sur la gestion des déchets et du gaspillage, de l'approvisionnement, de l'information aux convives et formation des professionnels.
 
 

En partenariat avec l’association RESOLIS, la Fondation Daniel & Nina Carasso a diffusé un état des lieux des pratiques des collectivités locales en faveur d’une transition agricole et alimentaire, qui témoigne de la vitalité et de la diversité des actions entreprises localement et de la mobilisation forte qui émerge des territoires.

Focus sur l’Espagne

La Fondation Daniel et Nina Carasso est présente en Espagne depuis 2014 au travers de sa délégation madrilène. Elle a soutenu 36 projets dans le cadre de son axe Alimentation durable, qui appuient et renforcent les initiatives alimentaires locales. Malgré un contexte qui leur est contraires, ces initiatives se consolident et croissent sur tout le territoire espagnol.
En 2016, la fondation a aussi lancé en Espagne un appel à projets spécifiquement dédié aux systèmes alimentaires territorialisés. Visant à sensibiliser et accompagner les élus locaux et les consortiums d’organisations locales dans leur approche territoriale de l’alimentation. Cet appel fait suite à la signature du Pacte de Milan par de nombreuses villes espagnoles parmi lesquelles Madrid, Barcelone, Saragosse, Valence, regroupées sous le terme de « mairies du changement », mais aussi Cordoue, Grenade, Bilbao, Pampelune et de nombreuses autres villes de tous bords qui se rallient au mouvement. Sur 33 propositions reçues de 45 municipalités espagnoles, de toutes tailles et zones géographiques, neuf projets seront financés et accompagnés durant l’année 2017, centrés essentiellement sur les diagnostics territoriaux et la mise en place de conseils alimentaires.  Outre le développement des projets eux-mêmes, ces neuf projets, situés sur Valence, Saragosse, Valladolid, Vitoria, Córdoba, Baena, l’île de Menorca et Sobrarbe (territoire rural avec huit communes), bénéficieront de la mise en réseau avec des expériences similaires. Egalement intégrée dans l’appel à projet, la capitalisation et l’échange des savoirs, ainsi que leur diffusion au-delà des initiatives elles-mêmes, se feront grâce à l’organisation collaborative de trois séminaires qui aboutiront à la publication d’un rapport annuel des avancées.
 
Retenue parmi plus de cent villes intégrées dans la plateforme du Pacte de Milan, c’est la ville de Valence qui est en 2017 la capitale mondiale de l’alimentation. Elle accueillera, à ce titre, les réunions du groupe de projets suivis par la fondation, dont l’objectif est d’avancer dans la définition de politiques publiques (et de leur application effective) pour une alimentation saine et accessible pour tous les habitants des villes signataires, ainsi que d’impulser une production alimentaire durable sur les territoires abordés. 
 
 
(1) La Fondation Daniel et Nina Carasso (FDNC) a été créée début 2010, sous l’égide de la Fondation de France, en mémoire de Daniel Carasso, fondateur de Danone, et de son épouse, Nina. Il s’agit d’une fondation familiale indépendante du groupe agroalimentaire. La Fondation a pour vocation de financer des projets dans deux grands domaines concourant à l’épanouissement de l’être humain : l’alimentation, pour entretenir la vie et  l'art, pour enrichir l’esprit.
Son champ d’intervention est prioritairement la France et l’Espagne. La Fondation se réserve néanmoins le droit d’agir ailleurs, notamment dans des pays confrontés à des situations de post-urgence, tout particulièrement à la suite de crises environnementales, en soutenant des projets en lien avec ses deux grands domaines d’action.
A travers son soutien financier, la Fondation souhaite faciliter les rencontres et créer des passerelles entre des univers qui ne se côtoient pas, afin de rendre possible ce qui ne l’était pas ; faire émerger des actions innovantes et capitaliser les bonnes pratiques pour les diffuser le plus largement possible.
(2) Elle a accordé aux régions la gestion des incitations agro-environnementales de l’UE, soit 1,4 milliards d’euros/an. Elle a créé et prévu le soutien des Projets Alimentaires Territoriaux (PAT)– 60 aujourd’hui. Ces PAT sont un élément majeur du Programme national de l’alimentation (PNA), doté notamment d’un appel à projet annuel cofinancé par le Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt et l’ADEME.
(3) L’Association des Régions de France a signé en 2015 la « Déclaration de Rennes », un manifeste pour des systèmes alimentaires territorialisés, tandis que le Pacte de Milan relie les grandes métropoles mondiales investies sur l’alimentation.
 

 

agrostratégies

Agriconomie : un champ bien semé rapporte du blé

L’INSEE vient d’annoncer que le revenu moyen des agriculteurs pourrait chuter de 26 % sur l’année 2016. Une catastrophe à laquelle s’ajoutent les mauvaises récoltes cette année et une détresse flagrante des agriculteurs. Mais le secteur sait se réinventer et innover. Pour preuve, l’initiative Agriconomie.
Photo ©Agriconomie
 
Cette crise n’est pas une fatalité. Face aux problèmes des agriculteurs, des solutions existent, et la réponse n’est pas toujours institutionnelle : preuve en est l’initiative d’Agriconomie (1), qui permet aux agriculteurs de comparer les prix, et de pouvoir être un service d’aide à la décision pour les exploitants, sur l’achat de différents produits : les engrais, les semences ou encore les pièces de matériel. Une solution qui permet aux agriculteurs d’économiser jusqu’à 5 000 € par an… soit, par mois, l’équivalent du salaire moyen de 60% des agriculteurs français.

Un monde agricole en grande difficulté

L’année 2016 a été désastreuse pour l’ensemble du secteur agricole. Pour l’élevage, s’est ajoutée à la crise du secteur laitier en début d’année une crise sanitaire dans de nombreuses régions (fièvre catarrhale, retour de la grippe aviaire…). Pour les grandes cultures, les conditions climatiques ont entraîné de mauvaises récoltes. A cela s’ajoute un problème bien plus structurel dans le milieu agricole : la gestion des exploitations en fait de véritables entreprises, les normes sont contraignantes et les agriculteurs voient leurs revenus diminuer.
Un enjeu auquel Agriconomie a décidé de s’atteler il y a déjà deux ans. Aujourd’hui, l’entreprise chiffre les gains qu’elle permet de faire réaliser aux agriculteurs.

Entre 3 000 et 5 000 € d'économies par an pour les agriculteurs

Agriconomie a été fondée en 2014 par trois jeunes entrepreneurs issus du secteur agricole : Clément Le Fournis, fils de céréalier marnais et ancien joueur de rugby semi-pro, premier diplômé à sortir d’HEC Paris avec un bac agricole en poche ; Dinh Nguyen, fils de viticulteur aubois et grand passionné de physique-chimie, surdoué de l’informatique, diplômé de l’école Epitech ; et Paolin Pascot, petit fils d’éleveur poitevin. Ce serial entrepreneur ayant étudié dans cinq pays différents, est à l’initiative des conférences TEDx HEC Paris.
 
 
A eux trois, ils ont ainsi créé la première place de marché spécialisée dans les approvisionnements agricoles (semences, pièces, équipements, engrais) avec pour vocation de permettre aux agriculteurs de trouver tout ce dont ils ont besoin sur leur exploitation au même endroit, sur un seul site web.  Le site est membre de la Ferme digitale, l’association d’acteurs du monde agricole visant à créer la ferme de demain.
 
Agriconomie a fait le pari de faciliter la tâche des agriculteurs, en les conseillant dans leurs achats au quotidien en fonction de leurs besoins, grâce notamment à l'appui de conseillers experts en agriculture comme des ingénieurs ou d'anciens conseillers en Chambres d’agriculture. Ils répondent aux questions chaque jour de 8 heures à 22 heures, pour coller aux contraintes horaires des exploitations.
Et les prix des semences, des engrais ou encore des pièces de matériel peuvent être comparés en fonction des régions et les agriculteurs peuvent être conseillés par des spécialistes.
Le site permet aussi aux distributeurs et fournisseurs d’étendre leur périmètre de ventes géographiques et de proposer leurs offres à un plus grand nombre d’agriculteurs, sans investir en communication, en recrutement de forces commerciales ou en création de nouveaux points de ventes.
 
Paolin Pascot estime que 86 % des agriculteurs se connectent tous les jours sur leur smartphone, pour regarder la variation des cours du blé ou encore la météo... Pour ces agriculteurs connectés, Agronomie facilite les transactions avec les meilleurs fournisseurs : coopératives, intermédiaires, etc. Ils peuvent y acheter de l'engrais, des semences, des pièces détachées, des outils pour leur atelier ou pour leurs élevages en comparant les prix.
A fortiori, les agriculteurs peuvent par ces comparaisons et sur les conseils d’Agriconomie économiser entre 3 000 et 5 000€ par an.  Hubert Couton, céréalier en Indre-et-Loire, rend compte de son expérience : « J’ai économisé à peu près 500 € par commande, soit 3 000 € à l’année ; financièrement, c’est très intéressant ».
Changer les habitudes d’achats dans le monde agricole, c’est le choix de ces fils d’agriculteurs qui connaissent les difficultés du métier.

Quels outils pour sauver les revenus des agriculteurs ?

A l’opacité des prix sur les matières premières qui perdurait jusqu’à présent sur les achats, cette nouvelle place de marché apporte la clarté et la transparence des prix sur Internet. C’est un grand pas dans le monde agricole : cela permet désormais de comparer les prix proposés pour leurs différents achats de façon transparente.
Les économies se font notamment sur les semences et les engrais : un agriculteur peut économiser jusqu’à 2 à 3 € par tonne et par commande.
L’apport du conseil est aussi une clef pour permettre aux véritables chefs d’entreprise que sont les agriculteurs d’économiser et de gagner en efficience dans la gestion de leurs exploitations.
 
 
(1)  Agriconomie est lauréate du concours d’innovation numérique initié par Axelle Lemaire et la French Tech, de Mercure HEC ou encore de la Palme d’or du e-commerce. Récemment, le groupe a été élu meilleur site e-commerce dans la catégorie espoir par la Fevad (NDLR : Fédération du e-commerce et de la vente à distance).
Agriconomie est passée de 3 à 43 collaborateurs fin 2016. Une croissance exponentielle, à l’image de son volume d’affaires, passé de 1 à 7 millions d’euros en une année. L’entreprise projette de dépasser les 20 millions d’euros de volume d’affaires en 2017. 
 
 

 

urbanisation

Axe Paris-Roissy : nouvelle vitrine mondiale de l’agriculture urbaine et écologique

Le géant coopératif agricole français InVivo veut faire de l'axe Paris-Roissy une vallée agricole internationale : une vitrine de l’agriculture française, dans toute sa diversité et sa multifonctionnalité et selon les principes de l’agro-écologie​.
 
Le long de l’autoroute A1 qui relie Roissy à Porte de la Chapelle, Thierry Blandinières imagine déjà le prochain bassin nourricier de la région parisienne. Le DG du géant de l’agriculture InVivo a présenté un projet d’envergure, porté par la filiale Agrosolutions, ce 1er février 2017, lors du IIIème Forum Grand Paris.
 
Des détritus, des déblais, des vieux panneaux d'affichage, des murs antibruit tagués, des talus, des campements illicites... Mal entretenue, laissée à l'abandon, l'autoroute A1 offre un bien triste spectacle aux touristes, hommes d'affaires et autres automobilistes qui arrivent de l'aéroport Roissy-CDG pour rouler jusqu'à la capitale. Entre ces deux points, 30 kilomètres qui donnent souvent une première image du pays.
Cette ancienne voie royale, transformée dans les années 1960 en autoroute, est une des plus fréquentées d'Ile-de-France. Le matin, 10.000 véhicules l'empruntent toutes les heures et 120 millions d’automobilistes par an.
La reconquête d’une partie des terres entre Paris et l’Aéroport Charles de Gaule permettrait-elle aussi l’arrêt de l’urbanisation qui grignote les terres agricoles et leurs expropriations ?
 
Aussi, Paris Ile de France Capitale Economique veut proposer une nouvelle vision de l’axe Paris-Roissy. Son projet : en faire la vitrine internationale de la France et remettre le végétal au cœur de l’aménagement urbain et périurbain. Le projet en plusieurs étapes verra naître des champs de blé, d’orge et de colza, des vergers, des cultures maraîchères, des serres de fruits… qui seront distribués aux particuliers et aux restaurants de l’aéroport. Mais aussi des toits et des murs végétalisés avec des plantes dépolluantes, ainsi que des couloirs verts ponctués d’étangs pour le bonheur de notre faune francilienne. En tout, le groupe qui a commencé à opérer un recensement des terres disponibles table sur 5.000 hectares à transformer.
« L’idée a germé après qu’un cabinet d’architecte publie une vidéo fantasmant un monde dans lequel les abords de l’autoroute A1 seraient verdoyants, raconte à La France agricole Antoine Poupart, chargé du projet chez InVivo. Cet axe routier est le premier et le dernier que voient les touristes. Aussi, le visuel laisse une trace positive ou négative. » « Notre objectif est d’aller à la reconquête du foncier perdu, pour redynamiser l’agriculture, tout en rendant des services environnementaux, précise Antoine Poupart. Cela implique aussi de planter des haies, ou d’installer des mares. »
 
 

Conquérir les 30km qui relient Paris à Roissy​

Pour nourrir les hommes localement et aménager le paysage tout en préservant l’environnement et la santé des écosystèmes, Agrosolutions se fixe quatre grands objectifs :
- Recourir à des pratiques agricoles innovantes pour à la fois accroître le stockage de carbone dans les sols et la biomasse et réduire les émissions de GES​.
- Diversifier l’offre pour accroître le potentiel actuel de 25 personnes nourries par hectare​
- Poursuivre la mise en place de bonnes pratiques agricoles et tirer profit des propriétés dépolluantes des plantes pour lutter contre la dégradation de la qualité de l’air et de l’eau sur le territoire​. ​
- Enrichir le capital biodiversité et accroître le potentiel d’accueil de pollinisateurs du territoire, aujourd’hui autour de 1 000 abeilles par hectare​.

Un projet en lien avec le plan « 2025 by InVivo »

Pour Thierry Blandinières, ce projet s’inscrit dans le plan stratégique « 2025 by InVivo », dont l’une des ambitions est d’être une tête de pont du développement de l’agriculture française dans le monde. « Nous voulons créer une véritable « Happy Vallée » dont la vocation première sera nourricière. Avec notre connaissance de toutes les formes d’agricultures – du rural à l’urbain, le groupe a l’ambition de faire de l’A1 une vitrine mondiale de notre savoir-faire en matière d’agriculture urbaine et écologique ». ​ ​

Un projet pour une métropole en mutation

Un projet qui s’inscrit aussi sans doute dans l’évolution voulue par la Direction régionale et interdépartementale de l’équipement et de l’aménagement (DRIEA), en particulier la direction des routes Île-de-France, qui, à travers leur rapport sur « l’insertion urbaine et paysagère des autoroutes dans le Grand Paris » réalisée par l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur), assure que, cinquante ans après la création du réseau magistral des autoroutes, un changement de paradigme est nécessaire.
L’autoroute se transforme, son exploitation est optimisée, son paysage et ses connexions aux territoires évoluent ; elle devient une infrastructure ressources et plurielle, un support de la trame verte métropolitaine. Ce rapport de la DRIEA dégage un plan d'action sur 2016-2020 sur les autoroutes du Grand Paris. Il prévoit un renforcement paysager, la prévention des décharges sauvages et des occupations illicites, sans oublier l'aménagement des entrées de ville ou la réduction de la congestion du réseau. « Des mesures concrètes existent pour l'A1 : dégager les vues qui permettent depuis Roissy de voir la tour Eiffel ou la tour Montparnasse, signaler les lieux majeurs comme Le Bourget ou les parcs par des oeuvres d'art, décorer de fresques ou d'éclairages les tunnels et les murs antibruit », détaille Pauline Zeiger, coauteur du rapport de l'IAU-IDF.
Et si l’A1 devenait le plus bel accès vers la Capitale ?
(Source : Agromedia.fr – 7 février 2017)
 

 

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