UP' Magazine L'innovation pour défi

semaine verte développement durable

Des emplois pour un avenir vert

La transition verte, nous en avons tous parlé, mais sommes-nous prêts à la mettre en œuvre ? Depuis l’accord de Paris sur le climat, suivi du paquet « économie circulaire », les objectifs sont en place dans l’Union européenne : il s’agit de mettre le cap sur un environnement, une économie et une société plus écologiques, mais encore devons-nous disposer des compétences nécessaires.
 
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La Semaine verte, le plus grand événement annuel de l’UE sur la politique environnementale, qui a débuté ce 29 mai – jusqu’au 2 juin - mettra en lumière les lacunes en matière de compétences et les perspectives d’emploi dans l’économie circulaire émergente. C'est le rendez-vous annuel pour parler et débattre de la politique environnementale européenne. Organisée par la direction générale de la Commission européenne en charge de l'environnement, cet événement clé dans le calendrier de la politique environnementale attire des décideurs politiques, des écologistes influents, des parties prenantes et d'autres parties intéressées venues de toute l'Europe et du reste du monde.
L'édition 2017 de la Semaine verte se tient sous le thème « Des emplois verts pour un avenir plus vert ». Elle sera axée sur l'étude des mécanismes mis en œuvre par les politiques environnementales de l'UE pour créer des emplois verts et contribuer à une croissance économique, durable et socialement responsable au sein de l'UE. Outre une conférence de haut niveau qui se tiendra à Bruxelles, le programme prévoit une série d'événements et d'activités partenaires organisés aux quatre coins de l'Europe.
 
Le Sommet des emplois verts sera le point fort de la semaine. Il se tiendra le mardi et le mercredi et comptera avec la présence du vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, du commissaire chargé de l’environnement, Karmenu Vella, et de la commissaire chargée de l’emploi, Marianne Thyssen, ainsi que de chefs d’entreprises vertes.
 
On s’interrogera sur le rôle que doivent jouer les décideurs politiques, les partenaires sociaux et les entreprises pour que les gens disposent des compétences nécessaires à la mise en place d’une économie plus verte. Le sommet sera également marqué par la cérémonie de remise des prix LIFE, célébrée le mardi soir, qui fêtera cette année le succès de 25 années de financements européens dédiés aux projets environnementaux.
 
Aujourd’hui, l’emploi vert (qui a augmenté de 20 % depuis 2000, affichait 4,2 millions d’emplois en 2014 et un chiffre d’affaires total d’environ 700 milliards d’euros) gagne de plus en plus de secteurs. La Semaine verte ne sera pas seulement consacrée à l’étude des mesures qui faciliteraient la création d’emplois verts, mais accueillera aussi la présentation de nombreux projets concrets couronnés de succès dans des domaines variés : gestion des ressources hydriques, construction efficiente au plan énergétique, énergies renouvelables, écotourisme et urbanisme sain pour l’environnement.
 
Citons le cas d’Umicore, une ancienne entreprise minière qui fournit maintenant des métaux précieux provenant de vieux smartphones, de batteries usagées et de déchets industriels. Elle est capable de récupérer la plupart de l’or contenu dans les circuits imprimés et de le transformer en lingots d’une pureté de 99,9 %. Umicore, qui emploie déjà 10 000 personnes entre les techniciens, les opérateurs, les chimistes, le personnel administratif et les chercheurs, envisage d’augmenter encore ses effectifs.
 
Saviez-vous que la société des eaux maltaises, Water Services Corporation (WSC), a fait de Malte le premier pays méditerranéen à traiter toutes ses eaux usées ? Aujourd’hui, ses ingénieurs, hydrologues et autres experts techniques cherchent des solutions pour que les eaux usées recyclées puissent être utilisées dans l’agriculture ou l’industrie plutôt que déversées dans la mer.
 
Pendant ce temps, Innogy SE travaille pour un avenir plus vert en proposant des produits énergétiques durables et en aidant ses clients à améliorer leurs rendements énergétiques. Forte de son succès en Allemagne, en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Pologne et au Royaume-Uni, Innogy SE envisage maintenant une expansion en dehors de l’Europe et une augmentation de ses effectifs, qui s’élèvent déjà à 40 000 employés, proposant en cours de route des programmes de requalification aux travailleurs issus des secteurs traditionnels du gaz et du charbon.
 
L’entreprise néerlandaise Heliox a créé des batteries à charge rapide pour les bus électriques afin de lutter contre la pollution atmosphérique dans les villes. Ces batteries de bus innovantes peuvent recharger un bus en moins de cinq minutes. La technologie a déjà été introduite en Allemagne, au Danemark, en Finlande, en France, au Luxembourg et aux Pays-Bas et devrait être exportée ailleurs. IKEA, SUEZ Environment et QualiBuild sont d’autres exemples témoignant de l’intégration actuelle des emplois verts dans l’économie générale.
 
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Au fil de ses journées thématiques, la Semaine verte accueillera une conférence politique majeure à Bruxelles, ainsi que des débats en ligne, des discussions sur Twitter et des événements dans toute l’Europe afin de faire connaître les nouveaux emplois verts.
Voici le programme et ses points forts :
 
Lundi 29 mai : coup d’envoi officiel donné à Malte. L’emploi dans nos campagnes sera la thématique du jour. Il s’agira d’étudier les mesures mises en œuvre par la politique européenne pour stimuler la création d’emplois verts dans la restauration de la nature, l’agriculture et l’écotourisme.
 
Mardi 30 Mai, consacré au secteur de l’eau. La politique environnementale de l’UE encourage-t-elle l’innovation dans le secteur hydrique en veillant à ce que l’eau soit préservée comme une ressource précieuse dans l’économie circulaire ? Ce sera également le premier jour du Sommet des emplois verts, avec la cérémonie de remise des prix LIFE de l’environnement à Bruxelles.
 
Mercredi 31 Mai : cap sur un avenir plus vert. Il s’agira d’étudier comment, dans le cadre de l’économie circulaire, les entreprises et les PME peuvent étendre leurs marchés et créer de l’emploi tout en transformant les postes existants. L’UE contribue au financement de formations visant à combler le manque de compétences lors de cette transition.
 
Jeudi 1er juin : des emplois bleu-vert pour les océans. Étude des emplois dans la protection et la restauration marine et côtière, l’aquaculture, le tourisme et l’énergie marine. Le jeudi est prévu un événement de haut niveau sur les «besoins en compétences dans une économie maritime verte en évolution».
 
Vendredi 2 Juin : des emplois verts dans vos villes. Le développement durable en milieu urbain rend les villes plus habitables tout en stimulant l’innovation et en créant des emplois verts. La Semaine verte s’achèvera avec la cérémonie européenne de remise des prix de la Capitale verte européenne et de la Feuille verte européenne, organisée à Essen, capitale verte européenne de cette année.
 
La Semaine verte est organisée par la direction générale de l’environnement de la Commission européenne. Cet événement clé dans le calendrier de la politique environnementale attire des décideurs politiques, des écologistes influents, des parties prenantes et d’autres parties intéressées venues de toute l’Europe et du reste du monde.
 
Nous vous conseillons de consulter le rapport quotidien publié pendant la semaine et à suivre #EUGreenWeek sur les médias sociaux.
 
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nicolas hulot

Nicolas Hulot : 13 ans pour changer de monde

Avec l’ouverture ce lundi 29 mai de la semaine européenne du développement durable (SEDD), le Ministre Nicolas Hulot martèle l’exigence de solidarité qu’insuffle l’écologie. Solidarité avec le futur, solidarité pour la justice, afin de « préserver les conditions de vie quasi miraculeuses ». Consacrée aux 17 objectifs de l’ONU, cette SEDD doit renforcer les « coalitions d’actions » entre entreprises (Global Compact Plus) ONG  et collectivités. « Nous portons un enjeu humaniste » insiste le nouveau Ministre de la transition écologique et solidaire. "Il s’agit de faire société ".
 
Insoutenable. Le mot est puissant. Mais qu’évoque-t-il pour chacun de nous ? Les migrants qui échouent sur les rives nord de la Méditerranée ? La destruction des ours polaires ou des derniers singes ? Les conflits pour des mannes pétrolières ? Quelle que soit la réponse, on pense à la vie menacée. Presque toujours, c’est la rupture des solidarités qui hypothèquent la survie.
C’est dans cette cohérence que Nicolas Hulot a nommé son « ministère de la transition écologique et solidaire ». Pour le pionnier de la défense de la nature, vivre c’est simplement s’inscrire dans les interdépendances. Son intervention devant la presse ce lundi 29 mai pour lancer la semaine européenne du développement durable (SEDD) a montré que l’homme de conviction entend bien continuer à forger des « guides pour nous projeter ».  « Le développement durable c’est un contrat de société pour préserver, protéger les diversités culturelles comme naturelles. Trois mots guideront mon action : sobriété pour éviter des prélèvements indus, humilité pour sortir d’un siècle de vanité, dignité car la crise écologique ajoute toujours souffrance et injustice ».

Quand écologie rime avec lutte contre la pauvreté

Une vision qui tombe à pic, alors que cette semaine du développement durable est consacrée aux 17 objectifs du DD ( ou ODD) adoptés par 193 pays il y a deux ans, dans le cadre de l’ONU et son Agenda 2030. Ce dernier définit les axes prioritaires pour transformer nos modèles de développement. Il s’organise autour des peuples, de la planète, de la prospérité, de la paix, et des partenariats (5P). Et il nous reste juste 13 ans pour résoudre ces 17 défis que sont la pauvreté, la faim, la santé, l’éducation, l’égalité des sexes, l’accès à une eau saine… mais aussi les consommations et productions responsables, ou la Paix, la justice et les institutions efficaces ! Les actions sont conçues comme systémiques avec une forte conscience d’un monde d’interdépendances. « Nous vivons un paradoxe, a souligné Nicolas Hulot. Notre monde s’est connecté mais il ne s’est pas relié ».
 
Invitée à témoigner pour le lancement de la SEDD, Hélène Valade, directrice du développement durable de Suez, estime que « ces ODD constituent un langage commun essentiel car il fonctionne aussi bien pour les grands groupes, les PME, les collectivités locales ou les ONG. Ils inspirent et guident les feuilles de route. Chez nous, au sein de Suez par exemple, ils interrogent notre fonction d’entreprise comme contributrice du bien commun. Ils font prendre conscience de ce dont nous sommes redevables… ».
Dans un exemple, la vice-présidente du C3D (Collège des directeurs du développement durable) illustre la vision globale à laquelle éduquent les ODD : « Au Maroc, nous avons transformé des décharges en centres de valorisation des déchets mais il a fallu traiter la question des gens qui vivaient de la récupération des détritus. Nous avons créé des coopératives de trieurs afin d’enclencher progressivement des statuts de salariés ».

Inspirants, les 17 Objectifs du développement durable ?

Ces ODD – issus des anciens Objectifs du Millénaire (OMD) et des objectifs des Sommets de la Terre initiés en 1992 à Rio - sont assortis de 229 indicateurs conçus pour mesurer la progression ainsi que de 169 cibles. Un dispositif de suivi a été mis en place et les pays examinent chaque année 6 ODD parmi les 17. La France publiera en juillet son analyse des six ODD numérotés suivants :  1 (pauvreté), 2 (faim zéro), 3 (bonne santé et bien-être, 5 (égalité entre les sexes), 9 (industrie, innovation, infrastructures) et 14 (vie aquatique).
"Il nous faut réaliser un gros travail d’acculturation " explique Laurence Monnoyer-Smith, Commissaire générale au développement durable et déléguée interministérielle au développement durable (DIDD). Si la démarche peut sembler lourde et technique, elle montre un nouveau chemin, développe une narration de solidarité où personne n’est laissé de côté ». Chaque année, les pays sont invités à rendre compte de leurs progrès devant le Forum politique de haut niveau des Nations Unies, dont le prochain se tiendra en juillet.
 
L’an dernier la SEDD avait permis la réalisation de plus de 4000 actions dans une trentaine de pays d’Europe  (dont 1600 en France) mobilisant plus de 300 000 citoyens. L’initiative contribue à connecter des réseaux mobilisés pour les transitions. Le Réseau des étudiants français pour l’éducation au développement durable (REFEDD) comme la Fédération des assemblées générales étudiantes (FAGE) en sont des ambassadeurs. Bien sur, la démarche Global Compact portée par les entreprises joue un rôle clé. Nicolas Matos, président du Club PME du Global Compact constate les effets d’entrainement. « Nous travaillons sur les achats responsables, les empreintes carbone, les déchets et échangeons les meilleures pratiques », témoigne le dirigeant de l’entreprise Hervé Thermique.

Quand Trump pourrait finir par se trouver … isolé, voire ridicule

Bien sûr certains resteront sceptiques face à ces efforts mêmes coopératifs. Surtout à l’heure où Donald Trump éreinte les nerfs de ses homologues en envisageant de quitter l’accord de la Cop21. Comment croire en effet que ces instruments internationaux vont pouvoir infléchir la tendance lourde de notre monde où les inégalités s’accroissent  dramatiquement ? Comment penser que cet aiguillon des ODD peut être capable de réinventer nos modèles économiques ?
 
L’encouragement pourrait venir de la convergence des efforts et de leur cohérence. Le rapport sur « l’Etat de la France » adopté par le CESE la semaine dernière propose aussi dix indicateurs et des pistes pour limiter les inégalités de revenus, les empreintes carbone ou l’artificialisation des sols (deux préconisations sur le modèle de l’Allemagne). De même, la chaire Energie et prospérité créée par Gaël Giraud, économiste à l’Agence française de développement (AFD) et Jean-Pierre Ponssard trace aussi les nouveaux repères de la transition énergétique.
 
Pour Nicolas Hulot, « il faut bien s’entendre sur ce que l’on veut faire durer : soit on continue à donner licence pour détruire la nature, soit on adopte l’impératif d’un développement solidaire ». Et de citer Henri Bergson : « L’avenir de l’humanité est indéterminé parce qu’il dépend d’elle ».
 
Nicolas Hulot nous invite à la modestie : «Quel que soit notre génie, nous ne pourrons jamais nous substituer à la nature. Notre siècle sera solidaire ou ne sera pas ».  
 
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Nicolas Hulot

Le pari de Monsieur Hulot

Il avait toujours dit non. Il a refusé à tous les présidents, Chirac, Sarkozy, Hollande, d’entrer dans un gouvernement. Et aujourd’hui, il a dit oui. Nicolas Hulot est nommé ministre d’État de la Transition écologique et solidaire. Un poste de poids dans le nouveau gouvernement. Un accord qui n’a pas dû se faire sans garanties. Mais malgré tout, un sacré pari qu’il lui a fallu prendre pour répondre à l’urgence de la situation climatique.
 
« Il ne sera pas la plante verte du gouvernement » déclarait José Bové juste après la nomination de son ami Nicolas Hulot. Hyper-jaloux de son indépendance, le président de la fondation Nicolas Hulot a certes conseillé maints présidents de la République et occupé de nombreuses fonctions de conseiller ou d’« envoyé spécial pour la planète », mais il a toujours refusé un poste de ministre. « J’ai toujours été du côté de ceux qui exigeaient » déclare-t-il lors de sa passation de pouvoirs avec Ségolène Royal.
S’il accepte aujourd’hui de passer de l’autre côté de la barrière, du côté de ceux qui agissent, ce n’est assurément pas sans avoir pris des assurances sur un certain nombre de dossiers brûlants.
 
D’abord, la sortie du nucléaire. Face à un premier ministre, Edouard Philippe, qui fut un temps lobbyiste au sein du groupe Areva, Nicolas Hulot pourra-t-il mettre en œuvre les idées qu’il défend depuis toujours sur le nucléaire. Il ne s’agit pas seulement pour lui de la fermeture de la centrale de Fessenheim, mais de mettre en œuvre la promesse de respecter la diminution de la part du nucléaire de 77 % à 50 % dans le mix énergétique français d’ici 2025. Une promesse difficile à tenir, d’autant qu’elle doit être menée en collaboration avec le ministère de l’Économie dont le nouveau patron est le LR Bruno Lemaire. Le nouveau ministre aura aussi sur les bras un dossier encombrant, celui du rapprochement de la branche d’Areva chargée de la construction des réacteurs nucléaires et d’EDF.  Une zone d’incertitude et de turbulence qui a aussitôt alerté la Bourse : le cours du titre EDF a chuté gravement, seulement quelques minutes après l’annonce du nouveau gouvernement.
 
L’autre sujet brûlant est celui de l’aéroport Notre-Dame des Landes. Nicolas hulot en a été un farouche opposant : « Vieux de plus de 40 ans, ce projet est vicié, gangrené. Il porte en lui les racines de la discorde. Jamais il ne se fera dans les conditions actuelles », déclarait-il en novembre 2015. Quel poids aura-t-il dans le gouvernement sur ce dossier épineux ? Nul doute que celui-ci a dû être mis sur la table avec le président de la République dans leurs échanges préalables à la nomination. Un signe peut-être dans la déclaration mercredi dernier du nouveau porte-parole du gouvernement Christophe Castener : « Le Président de la République veut se donner six mois pour faire un point de situation précis. Aujourd’hui, tout est bloqué. Il faut se donner six mois pour y voir clair sur l’utilité de cet aéroport ou pas ».
 
Le CETA, ce traité de libre-échange avec le Canada, est aussi un sujet d’interrogation si ce n’est de discorde entre Nicolas Hulot et le président Macron. Ce dernier a certes révisé la position très favorable qu’il avait au début de sa campagne sur ce Traité. Ce dossier fut la pierre d’achoppement de l’offre d’entrer au gouvernement qu’avait faite François Hollande à l’écologiste le plus populaire de France. Quelles garanties lui aurait donné le président de la République sur ce point pour qu’il accepte cette fois-ci ? Sa promesse de créer un comité d’experts indépendants pour évaluer l’impact environnemental du CETA avant sa ratification par le parlement aura-telle suffit ? L’avenir nous le dira.
 
A ces principaux dossiers, d’autres non moins importants seront sur la table dès demain matin : celui de la biodiversité, de l’ouverture à la concurrence des barrages hydrauliques, du sort du diesel, de la transition agricole, des forages d’hydrocarbures, etc. Nicolas Hulot devra s’armer de courage –il en a– mais aussi de diplomatie, une qualité qui tranche moins dans sa personnalité, lui l’homme farouchement attaché à ses convictions.
 
Enfin, la solidarité. C’est le dernier cheval de bataille de Nicolas Hulot qui a perçu parfaitement le lien étroit qui réside entre l’écologie et les solidarités. Le mouvement Présent ! qu’il a lancé il y a quelques semaines n’a eu que peu de retentissement parmi les politiques. Aujourd’hui, son ministère s’intitule « de la transition écologique et solidaire». Est-ce la clé de la rencontre réussie entre le nouveau président de la République et ce « grand angoissé », cet « optimiste désespéré »,  qu’est le nouveau ministre d’État. Ou est-ce un appel subliminal pour inciter Nicolas Hulot à parfois mettre de l’eau dans son vin au nom de la sacrosainte « solidarité gouvernementale » ?
 
Cette « vigie du climat », celui qui mit dans la bouche de Jacques Chirac des mots historiques au sommet de Johannesburg – « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs » –, cet ancien présentateur d’émission de télévision, jouissant d’une popularité inébranlable depuis des années, a envoyé un message à ses amis de la fondation qui porte son nom et qu’il ne présidera désormais plus. « Ceux qui me connaissent savent qu’être ministre n’est pas pour moi un objectif en soi. Je pèse toutes les implications de cette décision. Cependant, j’ai l’intuition, sans en avoir la certitude que la donne politique ouvre une nouvelle opportunité d’action que je ne peux pas ignorer. Je considère surtout que l’urgence de la situation m’impose de tout tenter pour faire émerger le nouveau modèle de société que nous appelons collectivement de nos vœux. J’espère que cette nouvelle donne offrira un terreau fertile pour le construire enfin ».
Est-ce la clé du pari de Monsieur Hulot en s’installant dans ses fonctions qu’il préfère dénommer de « ministère du futur » ? 
 
 
 
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transition énergétique

Transition énergétique : 13,5 millions d’euros collectés grâce à de nouveaux investisseurs solidaires

Fin 2016, l’initiative citoyenne Énergie Partagée célébrait déjà 12 millions d’euros collectés pour près de 30 projets financés avec succès partout en France. Aujourd’hui, alors que les candidats à l’élection présidentielle manquent toujours cruellement de solutions ambitieuses pour l’avenir énergétique du pays, les citoyens montrent la voix et continuent à investir chaque jour pour financer la transition vers un système local et écologique de production d’énergie.

Renforcer la capacité d’investissement grâce aux investisseurs institutionnels

Et ils ne sont pas seuls : après avoir fait confiance à Énergie Partagée en contribuant à hauteur d’un million d’euros en 2016, le fonds d’investissement solidaire Natixis, géré par la société Mirova, investit à nouveau 500 000 euros d’épargne salariale au service de ces projets citoyens d’énergie renouvelable.
Ce nouvel apport renforce encore la crédibilité d’Énergie Partagée et permet de soutenir et voir émerger de nouveaux projets, tout en poursuivant sa route vers un objectif affiché de 25 millions d’euros collectés en 2020.

Élargir la cible d’épargnants en tissant des liens avec les acteurs de la finance solidaire

Pour s’assurer de remplir cet objectif ambitieux, Énergie Partagée diversifie ses actions : un partenariat avec la plateforme d’investissement solidaire 1001Pact.com a ainsi permis de diffuser cette solution d’épargne innovante à de nouveaux cercles d’épargnants.
De nombreux investisseurs solidaires ont ainsi investi au cours de la campagne d’Énergie Partagée sur le site 1001Pact.com, plateforme d’investissement solidaire en capital dans des projets innovants et responsables.
Énergie Partagée compte maintenant des actionnaires sur les 6 continents !

Financer des projets d’énergies renouvelables qui avancent dans le bon sens

De leur côté, les projets financés par les actionnaires citoyens d’Énergie Partagée continuent de grandir et de sortir de terre. En témoignent ces trois projets suivis de près depuis longtemps, et qui commencent aujourd’hui à produire leur propre énergie. À leur tour, ils commencent à dégager des bénéfices, tout en alimentant en énergie renouvelable de plus en plus de foyers français.
 
Le parc éolien de Champs Chagnots dans la Vienne (86)
Le parc éolien de la Chapelle Montreuil, financé par Énergie Partagée et la société SERGIES, est maintenant en phase d’exploitation et sera officiellement inauguré à la fin du mois de septembre 2017.
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La centrale hydroélectrique d’HydroRaon dans les Vosges (88)
Enfin ! Les travaux de la centrale hydroélectrique sont maintenant terminés. L’installation a produit ses premiers kWh injectés dans le réseau en avril 2017 et une inauguration sera également organisée bientôt.
Voir l’article de BastaMag.
 
Le parc photovoltaïque des Survoltés d’Aubais (30)
Avec son millier de panneaux solaires, l’électricité de ce parc initié par un collectif de citoyens couvrira la consommation de 150 familles d’Aubais (hors chauffage). Cette production sera vendue à Enercoop, le seul fournisseur coopératif d’électricité 100% renouvelable en France. Début de la production attendu à l’automne 2017. Voir le reportage de France 3 : 
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zéro déchets

Zéro déchet et économie circulaire : décryptage des propositions électorales

L’économie circulaire, grande absente des programmes pour les présidentielles ? Pas tout à fait. Plan national zéro déchet, lutte contre l’obsolescence programmée, hausse de la taxe générale sur les activités polluantes… La plupart des programmes des candidats à l’élection présidentielle font allusion de près ou de loin à la problématique des déchets. L’ambition zéro déchet a fait son chemin, et surtout, le potentiel de création d’emplois associé à la transition vers une économie circulaire ne peut être ignoré par les candidats. Leurs propositions ont cependant des ambitions très variables.
A 15 jours du premier tour du scrutin, Zero Waste France s’est plongé dans les programmes des candidats et propose un décryptage complet qu’UP’ a choisi de relayer ici.

Incursion timide via la lutte contre l'obsolescence programmée, pour M. Le Pen et N. Dupont-Aignan

Si la candidate du Front National, Marine Le Pen, met en avant une “écologie patriote”, la question des déchets n’est pas directement évoquée dans son programme. Cependant, l’économie circulaire est abordée par le Collectif Nouvelle Écologie (groupe de travail du FN et du rassemblement Bleu Marine) dans ses “21 propositions pour une écologie patriote du XXIème siècle”, et notamment la lutte contre l’obsolescence programmée pour redonner du pouvoir d’achat aux Français. Il reprend par exemple la proposition d’affichage obligatoire de la durée de vie des appareils électroménagers (la Loi de transition énergétique prévoit pour l’instant des expérimentations dans ce domaine) et d’une loi rendant les pièces détachées abordables.
 
L’obsolescence programmée constitue également la principale référence à l’économie circulaire dans le programme de Nicolas Dupont-Aignan. Le candidat de Debout la France envisage davantage de contrôles, voire l’interdiction du produit dans les cas d’obsolescence programmée avérés. La réutilisation et le recyclage sont aussi mis à l’ordre du jour, lorsque le candidat parle de faire des collectivités locales « le bras armé de l’écologie de proximité » : les recycleries pourraient ainsi bénéficier de financements issus d’une nouvelle part commune dans la Dotation Globale de Financement (DGF) allouée aux collectivités, et conditionnée par la réalisation de certains investissements en matière d’écologie.
Mais le candidat associe aussi économie circulaire et valorisation énergétique. Il propose ainsi de construire des méthaniseurs disséminés dans la campagne et d'augmenter les performances des incinérateurs, en récupérant davantage les métaux présents dans les cendres et résidus imbrûlés (appelés mâchefers).
Dans le même ton, il envisage la création d’un réseau de cimenteries alimentées par des combustibles solides de récupération (CSR), c’est à dire des déchets sélectionnés et préparés dans cet objectif. On est alors loin de l’économie circulaire ou du zéro déchet, qui privilégie toujours la réutilisation et le recyclage sur la combustion des déchets. 

François Fillon envisage de jouer sur la fiscalité pourréduire la mise en décharge 

Aucune des quinze mesures phares de François Fillon ne porte sur l’écologie. En cherchant bien, nous avons déniché son document préalable sur l’environnement publié au moment des primaires mentionnant la nécessité de “faire des déchets une ressource” et de promouvoir les principes de l’économie circulaire.
Le candidat Les Républicains veut par exemple étendre l’obligation de récupération par les industriels de leurs produits en fin de vie et permettre aux particuliers de revendre leur matériel électronique obsolète à des organismes spécialisés. Ces mesures seraient appuyées par le recours aux outils fiscaux, notamment un taux de TVA réduit pour les produits composés à plus de 50 % de matériaux recyclés et surtout une hausse de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) applicable à la mise en décharge.
Rien n’est dit par contre sur une éventuelle trajectoire à la hausse de la TGAP pour l’incinération. Or les exemples de certains pays européens comme le Danemark montrent que la seule taxation de la mise en décharge n’est pas suffisante pour favoriser de véritables avancée en matière d’économie circulaire. Elle doit au contraire être intégrée à des politiques plus larges alliant limitation des capacités d’incinération, fiscalité écologique et obligation de moyens, notamment via la tarification incitative et la collecte séparée des biodéchets.

L’économie circulaire pour soutenir la création d'emplois chez Emmanuel Macron 

Pour le candidat d’En Marche !, qui veut faire de l’économie circulaire et du recyclage un “nouveau modèle économique”, il s’agit avant tout de mobiliser un réservoir d’emplois et de miser sur l'éco-conception. Ainsi, l’économie circulaire présente un intérêt du point de vue des coûts (par la maîtrise du coût des intrants, une meilleure valorisation des déchets et la promotion de l’éco-conception), comme d’autres facteurs de compétitivité (matériaux, processus et modes de conception innovants).
Emmanuel Macron souhaite lui aussi augmenter les taux de TGAP, à la fois sur l’incinération et la mise en décharge, afin d’atteindre un objectif de “100 % de plastique recyclé sur tout le territoire” et de diviser par deux les déchets mis en décharge en 2025, objectif d’ores et déjà fixé par la loi de transition énergétique (LTE).
Pour favoriser le tri, le candidat propose aussi que les industriels fassent figurer sur les emballages des consignes de tri simples, sans détailler à ce stade les informations ou logos qui pourraient faire l'objet d'une telle obligation pour les fabricants.
 
Le candidat d'En Marche ! mise également sur le développement de l'éco-conception pour réduire les déchets et améliorer le recyclage. Il soutient l'affichage de la durée de vie des produits et souhaite par ailleurs étendre le système de bonus-malus sur les éco-contributions payées par les fabricants, afin de promouvoir les produits les plus durables et pénaliser ceux qui seraient néfastes pour l'environnement. Ce système d'éco-modulations est en effet pour l'instant sous-utilisé en France et ne permet pas d'orienter les choix des fabricants vers des modèles moins producteurs de déchets.
 
Sur le sujet des biodéchets, Emmanuel Macron propose de lancer de nouvelles initiatives contre le gaspillage alimentaire, en travaillant notamment avec les fédérations professionnelles concernées.
 
Enfin, le candidat estime que l'Etat doit aussi encourager les initiatives existantes et promouvoir de nouvelles techniques, via le soutien aux solutions industrielles dans le domaine du recyclage et du traitement des déchets. Parmi les entreprises que l’Etat devrait soutenir, en entrant par exemple au capital de certains de leurs projets, Suez et Veolia figurent en bonne position.

Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon explorent le zéro déchet

A gauche de l’échiquier politique, les programmes évoquent explicitement le zéro déchet : Plan national zéro déchet pour Benoît Hamon, Loi « zéro déchet » pour Jean-Luc Mélenchon. L’économie circulaire est aussi concernée par la proposition du candidat de la France Insoumise de constitutionnaliser une « règle verte », qui imposerait de ne pas prélever sur la nature davantage que ce qu’elle peut reconstituer, ni de produire plus que ce qu’elle peut supporter. Un principe a priori séduisant, comme le note Greenpeace, mais dont la mise en œuvre suscite de nombreuses questions.
 
Les deux candidats se rejoignent dans leurs visions sur la lutte contre le gaspillage et l’obsolescence programmée. L’accord conclu entre le PS et Europe Ecologie Les Verts (EELV) prévoit une modulation de la TVA en fonction de la durée de vie des produits et de leur potentiel de revalorisation et de réparation, afin d’encourager la réutilisation et l’éco-conception. Pour Jean-Luc Mélenchon, c’est avant tout l’allongement de la garantie légale qui permettra de lutter contre l’obsolescence programmée des produits.
 
Les propositions des candidats divergent quant à l’évolution des installations de traitement : Benoît Hamon promet la sortie de l’incinération, une mesure issue de l’accord avec EELV. Pas de sortie de l’incinération pour le candidat de la France Insoumise, mais seulement une obligation de valorisation énergétique pour toutes les installations. Le livret consacré aux déchets publié en marge du livre-programme prévoit cependant une remise en cause des projets d’installations qui font aujourd’hui débat, comme l’incinérateur d’Ivry-Paris XIII ou le stockage souterrain de déchets dangereux StocaMine à Wittelsheim, en “s’appuyant sur l’implication citoyenne et la coopération des acteurs”.
 
Pour atteindre ses objectifs de réduction des déchets et d’augmentation du tri, Jean-Luc Mélenchon mise sur une meilleure communication, des objectifs chiffrés de prévention au sein des filières de responsabilité élargie des producteurs et l’obligation de tri pour tous les producteurs de déchets.
Biodéchets et recyclage : deux axes à privilégier pour réduire le volume des poubelles
L’allègement des poubelles passe aussi par la valorisation des déchets organiques, une mesure déjà présente dans la LTE qui généralise le tri à la source des déchets organiques pour tous les producteurs à l’horizon 2025. Pour Jean-Luc Mélenchon, c’est surtout le compostage de proximité (individuel ou de quartier) qui est avancé comme solution à privilégier. Pour Benoît Hamon, la réduction des déchets ne se fera pas sans un effort plus important de la part des métropoles, à qui il imposera une obligation de recycler au moins 50 % de leurs déchets d’ici à 2022. Une initiative sensée, puisque les métropoles génèrent de grandes quantités de déchets et sont à la traîne dans leurs performances de recyclage, mais il faut noter que ce seuil est néanmoins moins ambitieux que les objectifs fixés par la LTE (55 % en 2020 et 65 % en 2025) et plus récemment par le Parlement européen dans le cadre du paquet Economie circulaire (70% de déchets recyclés d’ici à 2030 et 80% pour les emballages). De plus, la constitutionnalité d’une telle mesure se pose, car fixer un seuil propre aux métropoles semble a priori contrevenir au principe d’égalité entre les collectivités territoriales.
Sortir du “tout jetable” et favoriser l’éco-conception
Le candidat de la France Insoumise préconise la fin du “tout jetable” pour faire la transition vers une véritable économie circulaire. Cela passe en premier lieu par le soutien à l’éco-conception, que Benoît Hamon propose aussi d’encourager fiscalement. Selon Jean-Luc Mélenchon, les innovations industrielles devraient être appuyées par le développement de formations universitaires dans ce domaine, l’allocation de fonds de recherche et développement - notamment sur la question de la réparabilité - et le soutien aux réparateurs et aux structures telles que les ressourceries. Le livret “Déchets” insiste également sur la nécessité de développer l’économie d’usage plutôt que la possession à tout prix, à travers des dispositifs de location, de prêt et de mutualisation. Enfin, Jean-Luc Mélenchon propose l’interdiction pure et simple des emballages non recyclables - ce levier d’interdiction existe en fait déjà, mais est rarement voire jamais activé -  et la réintroduction de la consigne, notamment pour les emballages de boissons, des commerces de proximité aux grandes surfaces. Une initiative qui fait déjà ses preuves à l’échelle locale dans certains territoires, et que d’autres pays européens essaient également de généraliser.
 
Zero Waste France s’est efforcé de présenter de façon claire et précise les propositions, en les mettant en perspective par rapport au droit existant ou aux écueils à éviter pour le zéro déchet. Quant aux six autres candidats à l’élection présidentielle, la question des déchets et de l’économie circulaire n’est pas abordée dans leurs programmes.
 
Pour aller plus loin : 
 
 

LIRE AUSSI DANS UP' : Ma vie Zéro déchet

(Source : Zero Waste France - 30 mars 2017)
 
 
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transition énergétique

Quand les ordinateurs chauffent Paris

D'ici 2021, un nouveau quartier de 6 hectares sortira de terre à Paris dans le 18ème arrondissement. Baptisé « Chapelle International », il accueillera 900 logements, plus de 30 000m² bureaux, une crèche, un gymnase, une école, mais aussi une plateforme ferroviaire de frêt de 40 000 m². Sa particularité ? Il sera chauffé par un data center spécialement construit pour produire de l'énergie et devenir ainsi un exemple en matière de consommation énergétique.
 
Reconvertir de vastes emprises foncières sous-exploités ou en friches de part et d’autre du périphérique et des maréchaux pour en faire de nouveaux quartiers parisiens, tel est l’enjeu Paris Nord Est, l’un des derniers grands projets d’urbanisme parisien dont la concertation a débuté en 2004. Le site sera construit sur une ex-friche ferroviaire de six hectares, au nord de Paris, et permettra l'éclosion d'un nouveau quartier de 3.000 habitants et 1 500 salariés, dans des normes environnementales drastiques et innovantes, dont l’utilisation de data centers pour chauffer les infrastructures.
 
 
La Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU), opérateur de la fourniture énergétique sur le futur quartier urbain et logistique, vient de lancer les travaux d'un réseau de chaleur inédit, en partie alimentée en énergie par le data center de la Ville de Paris installé sur le site.
 
Un data center est l’un des éléments nécessaires au traitement et stockage des données numériques. Indispensable à Internet, il a connu un fort développement avec l’essor du cloud. Concrètement, il s’agit d’un lieu physique contenant les serveurs informatiques qui stockent les données numériques et dans lequel les entreprises peuvent notamment louer un espace de stockage et ainsi éviter la présence de serveurs dans leurs locaux, bénéficiant d’une hyper sécurité. Mais ils sont bruyants, bouillants, très gourmands en énergie … Ils consomment aujourd’hui 3 % de l’électricité mondiale, dont une grande partie sert à refroidir des salles remplies de serveurs informatiques qui tournent 24h/24 et 7j/7.
Et si, justement, on arrêtait de refroidir ces serveurs qui implique de fortes dépenses d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre ? Autant récupérer la chaleur qu’ils émettent pour chauffer des bâtiments … Pour fonctionner, un data center a besoin d’être rafraichi par un système de climatisation car il génère beaucoup de chaleur. Or les systèmes nécessaires au refroidissement produisent eux-mêmes de la chaleur qui est habituellement perdue. L’idée est donc de la récupérer grâce à un échangeur thermique, qui va la transformer en une eau à 55 °C distribuée par le réseau de chauffage urbain via une centrale de production d'énergie.
 
C'est exactement ce qui va se passer sur le site de la Chapelle International. Une boucle d'eau chaude locale et indépendante, alimentée à 50 % en énergies renouvelables et de récupération, chauffera les 144.000 m2 de constructions neuves prévues d'ici 2021 à la Chapelle. Cette boucle autonome de 500 mètres de long, dispose d'un centre de production thermique d'une puissance de 6,6 MW.
« La chaleur est ensuite montée en niveau de température grâce à des pompes à chaleur puis véhiculée jusqu'aux immeubles où elle va permettre de les chauffer et de faire de l'eau chaude sanitaire », explique Bruno Vinatier, directeur stratégie de la Compagnie parisienne de chauffage urbain, à nos confrères de bfmtv.
 
L’expérience de chauffage des bâtiments grâce à l’énergie de data center n’est pas nouvelle. La piscine de la Butte aux Cailles dans le 13ème arrondissement de Paris fonctionne depuis cet automne avec cette technologie : dans son sous-sol plusieurs centaines de serveurs de la start-up grenobloise Stimergy. Ou encore à Nantes où, depuis l’été 2016, 36 serveurs informatiques tournent 24h sur 24 pour chauffer l’eau de 40 logements sociaux.
 
Piscine de la Butte-aux-cailles
 
Pour le fondateur de Stimergy, Christophe Perron, « Les data center de demain seront bien plus petits que les monstres d’aujourd’hui et ils seront répartis partout sur le territoire, à l’image d’un réseau de neurones. Chaque nœud sera installé dans un immeuble d’habitation. La chaleur dégagée par les serveurs sera réutilisée pour chauffer l’eau chaude sanitaire. Nous réinventons le concept de data center pour les intégrer dans l’écosystème de la ville intelligente en prenant en compte les problématiques techniques d’aujourd’hui et avec l’objectif de proposer un modèle de développement plus soutenable ». (Source : greenit.fr)
 
Autre exemple : un immeuble de logements sociaux, rue Ballard dans le 15ème arrondissement parisien où, depuis deux ans, le chauffage est gratuit pour les occupants de cent logements chauffés par des Q. rads, des radiateurs numériques mis au point par la startup de Montrouge Qarnot Computing. Comme l’explique Paul Benoît, dirigeant de Qarnot, l’idée, cette fois-ci, n’est plus de créer de grands data centers centralisés, mais d’embarquer des processeurs informatiques à l’intérieur de radiateurs dispersés dans tout le bâtiment qu’on souhaite chauffer : « Les processeurs effectuent à distance des calculs pour des banques, des studios d’animation 3D, des centres de recherches… Et diffusent autour d’eux la chaleur générée par cette activité. »
 
L’aménagement du quartier Chapelle International a été confié à une filiale immobilière de la SNCF, Espaces ferroviaires, pour la réalisation de plus de 100.000 m². Une dizaine d'immeubles de 28 à 50 mètres de haut accueilleront 900 logements (soit 56.000 m² au total), dont 600 logements familiaux (social, à la vente et en loyer maîtrisé) et 300 logements spécifiques (pour étudiants, travailleurs migrants...). Dans son projet élaboré en 2010, le cabinet d'architecte AUC Djamel Klouche a également imaginé 33.000 m² de bureaux, 6.000 m² d'équipements publics, et 8.000 m² de « Small office home office " (Soho). Ce concept d'inspiration new-yorkaise, mêlant ateliers en RDC et appartements, est destiné aux professions libérales, aux artisans ou aux métiers de la création. Les espaces publics de 22.000 m² au total - venelles, coulée verte, square, placettes - seront majoritairement dédiés aux piétons. Les travaux démarrés l’an dernier, s'échelonneront entre 2018 et 2021. (Source : Les echos.fr)
 
 
 
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