Dans le secret des labs

La réalité augmentée pour remplacer les dissections humaines

réalité augmentée
L’université Case Western dans l’Etat de l'Ohio aux USA envisage d’utiliser le casque Microsoft Hololens pour apprendre l’anatomie à ses étudiants en médecine. Grâce à la réalité augmentée, les futurs médecins n’auront plus besoin de disséquer des corps humains.
 
La dissection d’un corps humain est un rite de passage obligatoire pour les étudiants en médecine.  Cette confrontation directe à l’anatomie humaine est indispensable pour envisager une carrière de médecin. Toutefois, certains vivent mal cette expérience. De plus, les laboratoires de dissection sont bien souvent saturés, et le nombre élevé d’étudiants par cadavre empêche d’avoir une bonne visibilité. Ces laboratoires eux-mêmes représentent un coût de maintenance élevé, et les produits chimiques utilisés pour conserver les corps peuvent provoquer des allergies.
 
C’est en 2013 que l’université Case Western a entrepris de trouver une alternative numérique à la dissection. L’université a d’abord essayé de répliquer le corps humain avec de grands écrans tactiles, mais la 3D faisait cruellement défaut.
Pour toutes ces raisons, Case Western a décidé de proposer une alternative à cette tradition : utiliser le Microsoft HoloLens, le casque en réalité augmentée de Microsoft fonctionnant avec l'aide d'hologrammes. Et à partir de 2019, grâce à une collaboration avec la Cleveland Clinic, les étudiants du nouveau campus pourront utiliser la réalité virtuelle et la réalité augmentée pour découvrir les subtilités du corps humain.
 
Cette collaboration avec Microsoft a vu le jour grâce à la relation entre Toby Cosgrove, président de la Cleveland Clinic, et Craig Mundie, alors directeur de Microsoft Research. En 2014, Cosgrove a eu l’occasion de découvrir le HoloLens et fut directement enthousiasmé par cette technologie nouvelle.
 
 
L’université a d’ores et déjà testé ce système à travers un cours d’essai sur le thorax supérieur. Les réactions des étudiants se sont avérées extrêmement positives. Un grand nombre d’entre eux affirment avoir vu certains détails qui leur auraient échappé lors d’une dissection traditionnelle.
 
À présent, l’institution cherche à développer un niveau d’interactivité supérieur pour ces explorations du corps humain en réalité augmentée. Case Western tente de développer sa propre application HoloLens. Le casque de Microsoft en est encore à ses balbutiements, et les développeurs sont confrontés à ses limites. Toutefois, au cours de l’année prochaine, les efforts nécessaires seront déployés pour créer du contenu pédagogique aussi formateur qu’une véritable dissection.
 
Sur le campus de l’université Case Western, les étudiants en médecine ne seront pas les seuls à utiliser le HoloLens. Les autres disciplines telles que l’art, l’histoire, l’ingénierie ou la physique pourront également bénéficier de cette technologie avancée. Visiter des monuments historiques, analyser l’architecture d’un bâtiment, sont autant de possibilités offertes par la réalité virtuelle et augmentée. D’ailleurs, plusieurs salles du bâtiment principal du campus ont été dessinées à l’aide du HoloLens.
 
À n’en point douter, l’utilisation de la VR / AR dans le cadre scolaire est un réel progrès. Toutefois, on peut se demander si les étudiants ne risquent pas de perdre certaines valeurs transmises depuis des centaines d’années par la dissection humaine. À travers cette pratique ancestrale, les futurs médecins prennent conscience que les connaissances qu’ils acquièrent ont pour objet la vie humaine, et que leur responsabilité vis-à-vis de futurs patients est un poids qu’il faut assumer.
 
Quoi qu’il en soit, Case Western prévoit tout de même d’envoyer ses étudiants effectuer des stages de deux semaines dans un autre laboratoire pour effectuer des dissections. Pour le reste, la réalité augmentée va permettre à ces jeunes gens de mieux comprendre l’anatomie humaine et son fonctionnement dans les moindres détails.
(Source : Bastien L. - www.realite-virtuelle.com – 15/12/2016)
 
 

 

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