Mobilité - Transports et éco-mobilité

Des taxis volants autonomes bientôt dans le ciel de Paris ?

Taxi volant Uber
Uber a annoncé ce 23 mai qu'elle ouvrira une station de recherche Uber Elevate à Paris. Ses chercheurs consacreront les cinq prochaines années, et une vingtaine de millions d’euros, à la recherche sur la façon de faire naviguer des taxis volants autonomes dans le trafic aérien et de se conformer à la réglementation européenne. Un enjeu stratégique qui vient compléter les pistes de développements de véhicules autonomes de toutes natures que souhaitent mettre en service les grandes métropoles en général et Paris en particulier.
 
L’annonce d’Uber a été faite dans un contexte particulier, celui de la rencontre du président de la République avec soixante des grands acteurs des nouvelles technologies mondiales, ce 23 mai dernier.
 
Après Pittsburgh, Toronto et San Francisco, l'entreprise américaine a choisi Paris pour implanter un centre de recherche — baptisé ATCP (Advanced Technologies Center of Paris) — qui sera dédié dans un premier temps au projet de taxi volant d'Uber, Uber Elevate. Le choix de la capitale ne s’est pas fait au hasard. En effet, aux yeux d’Uber, la ville dispose d'un véritable vivier de talents dans le domaine de l'IA.
Des chercheurs français seront recrutés pour travailler aussi sur tout l'environnement qui permettrait le développement de cette nouvelle activité de transport. Une tâche difficile quand on sait le nombre actuel de restrictions aériennes dans l'espace public.
 
Ce centre « sera dédié à la gestion de l'espace aérien, l'autonomie, les réseaux de communication en temps réel, le stockage d'énergie et les systèmes de recharge », explique l'entreprise dans un communiqué.
Dans une interview au quotidien Les Echos, le DG d’Uber Dara Khosrowshahi précise les intentions de sa compagnie : « Le projet Elevate consiste à ajouter une troisième dimension au transport de masse pour des distances plus longues à l'intérieur des 'super-cities'.»
 
 

Nouvelles solutions de mobilité en zones urbaines

Le projet d’Uber vise à imaginer de nouvelles solutions de mobilité en zones urbaines. Eric Allison, le responsable d'Uber Elevate, précise la vision de sa société dans une interview au Journal du net : « Le fait d'ajouter des routes supplémentaires ne résout pas le problème des embouteillages dans les villes. Sans compter qu'il est très difficile de construire de nouvelles infrastructures en raison d'un manque d'espace. En conclusion, tout porte à croire que le trafic urbain ne va pas s'améliorer. Notre constat est qu'il faut donc changer les règles du jeu en créant un transport aérien urbain. » La solution ? La construction d’un réseau de véhicules à décollage et atterrissage verticaux (VTOL) équipés d'un système de propulsion électrique. Ces véhicules décolleront et atterriront dans des skyports, des bases qui seront situées sur des toits d'immeubles. Eric Allison affirme que « la plateforme d'Uber prendra en charge l'intégralité de votre trajet en combinant des modes de transport aériens et routiers, incluant vraisemblablement des voitures autonomes. »
 
Les premiers véhicules qu’imagine Uber pourront embarquer quatre passagers et seront conduits, au début par un pilote. Rapidement ces véhicules deviendront autonomes et pourront effectuer des courses jusqu’à une distance de 75 km. Le prix de la course sera calculé pour « rendre ces déplacements accessibles quotidiennement par le plus grand nombre » promet de patron d’Uber Elevate.
 
La compagnie envisage de lancer commercialement son service en 2023 mais dès 2020, les premières démonstrations auront lieu à Los Angeles et Dallas. Une troisième ville non américaine est en cours de décision. Paris pourrait être celle-ci.
 

L’Ile-de-France, « première région mondiale du véhicule autonome »

En effet, la capitale comme la région Ile de France développent nombre projets pour transformer la mobilité des parisiens et des franciliens en s’orientant délibérément vers des véhicules autonomes. Valérie Pécresse, la présidente du conseil régional francilien, ambitionne, sans complexe, de « Faire de l’Ile-de-France, la première région mondiale du véhicule autonome ! » La ministre des transports, Elisabeth Borne veut profiter de cette dynamique et vient d’annoncer lors du salon VivaTech qu’elle autorisera des expérimentations sans conducteurs à bord dès 2019. L’année prochaine.
 
Les grandes organisations du transport tout comme une pléiade de startups se pressent de lancer de nouveaux projets dont certains sont dignes d’un roman de science-fiction. La RATP, associée à la startup toulousaine Eva, défend, un peu en concurrence d’Uber, un projet de taxis volants sans chauffeur, qui pourront voler à 300 mètres d’altitude à une vitesse de 300 km/h. Selon Le Parisien, le premier prototype à taille réelle pourrait être testé fin 2018 et une expérimentation en milieu urbain pourrait avoir lieu courant 2019.
 
Mais la bataille de l’autonomie ne se fera pas que dans les airs. Des bus sans chauffeur pourraient voir le jour beaucoup plus vite que prévu. La RATP envisage une expérimentation grandeur nature dès le second semestre 2018, sur l’actuelle ligne 393, entre Sucy et Bonneuil dans le Val-de-Marne.
Dès 2019, des taxis robots rouleront sur les autoroutes franciliennes. La présidente de la région, Valérie Pécresse, a annoncé la semaine dernière avoir dégagé une enveloppe de 100 millions d’euros pour modifier routes et autoroutes afin de leur permettre d’accueillir très vite des flottes de taxis sans chauffeurs.
 
Drones avec passagers, aéronefs à décollage vertical, taxis sans chauffeurs, navettes autonomes, trains sans pilote, le paysage de nos routes et de nos villes va changer beaucoup plus vite que nous ne l’attendions. De nouvelles réglementations, gestion des risques et des responsabilités devront être imaginées. De l’innovation tous azimut en perspective.
Y aura-t-il toujours des grèves de cheminots à la SNCF et de conducteurs à la RATP ?
 

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