La blockchain est-elle si sûre qu'on le prétend ?

La blockchain a dès ses débuts été présentée comme une technologie très novatrice et très prometteuse sur le plan de la confiance. Qu’en est-il réellement ? Certains événements récents sèment le doute, comme les détournements d’argent réalisés récemment contre le wallet Parity (30 millions de dollars), ou la société Tether (31 millions de dollars). 

Comprendre la technologie :

La blockchain peut être assimilée classiquement à un « gros » livre de comptes accessibles et auditables, qui est déployé sur le réseau Internet. Elle repose en effet sur un très grand nombre de ressources informatiques distribuées de par le monde, appelées « nœuds », qui participent au fonctionnement de la blockchain. Dans le cas de la blockchain publique, tout le monde peut contribuer ; il suffit de posséder un ordinateur d’une puissance suffisante et d’y exécuter le code associé.

L’exécution du code vaut pour acceptation des règles de gouvernance de la blockchain. Ces contributeurs ont pour tâche de collecter les transactions émises par ses clients, d’agréger les transactions dans une structure appelée « bloc » (de transactions) et de valider les blocs avant de les inscrire dans la blockchain. La chaîne de blocs (ou blockchain) qui en résulte peut atteindre des centaines de gigaoctets et est dupliquée un très grand nombre de fois sur Internet, ce qui assure une très grande disponibilité de la blockchain.

Eléments de confiance

La blockchain repose sur les principes conceptuels forts suivants qui la positionnent naturellement comme la technologie de confiance par excellence :

Des interrogations subsistent

Regardons maintenant les blockchains en pratique et revenons sur certains événements qui ont amené de la suspicion à l’égard de la technologie :

En conclusion, la blockchain est une technologie très prometteuse offrant de nombreuses propriétés d’intérêt pour garantir la confiance, mais le problème réside dans l’écart qui existe entre les promesses de la technologie et l’usage qui en est fait, ce qui introduit beaucoup de confusion et de mauvaises compréhensions, ce que nous avons tenté de lever dans cet article.

Maryline Laurent, Professeur Directrice de l'équipe R3S, laboratoire CNRS SAMOVAR, Télécom SudParis – Institut Mines-Télécom, Université Paris-Saclay

Cet article revient sur les principaux éléments étayés dans le chapitre 11 du livre « Signes de confiance : l’impact des labels sur la gestion des données personnelles » produit par la chaire de l’Institut Mines-Télécom Valeurs et politiques des informations personnelles dont Télécom SudParis est cofondateur. 

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation, partenaire éditorial de Up' Magazine.

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