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désertification villages

Comment faire revivre nos villages et centres-bourgs ?

Les centres-bourgs se meurent dans les petites villes de nos Provinces françaises. Il suffit de voir les rideaux baissés des commerces et le nombre de boutiques à vendre. Le phénomène est national. Une dévitalisation des villes que les habitants désertent montrant un sentiment de déclin et d’abandon qu’il est grand temps de prendre en compte. Il y a heureusement des solutions.
 
Il faut prendre le temps de se promener à pied ou à vélo dans nos petites villes pour se rendre compte d’une triste évidence : la vie disparaît ! « Où sont passés les gens ? » est la question qui revient souvent … Les rues sont désertes, les commerces abandonnés ou flanqués de panneaux « à vendre » ou, au mieux, « à louer », les maisons sont soit fermées, soit en vente. Quand on trouve une boulangerie ou un bistrot du « bon coin » ouvert, on se sent un peu rassurés. En 2015, plus de la moitié des cœurs des villes moyennes avait un taux de commerces vides supérieur à 10 %. Et les villes de moins de 100 000 habitants sont les plus touchées.
Peu ou pas de commerces de proximité, plus d’animation culturelle et si l’on veut maintenir et attirer la population sur place, il faut lui donner l’envie de venir et de rester dans les villes. Des centres-bourgs vivants et animés, constituent un enjeu majeur de l’égalité des territoires ainsi qu’un levier de la transition écologique et énergétique.
 
 
Taux de vacance élevé. La « vacance commerciale », le pourcentage de vitrines vides, est fournie pour 166 villes par Procos, la fédération des enseignes, qui rassemble 250 « marques », d’André à Zara. La carte de 2016, très précise, permet de repérer les villes selon leur taux de vacance, de 7,5% à 10%, de 10 à 15% et au-delà de 15%. A Calais, Nevers, Béziers ou Vierzon, le taux approche ou dépasse même les 25%. Ce taux, qui ne recense que les rues de l’hyper-centre où les enseignes acceptent de s’installer, n’est qu’un indicateur parmi d’autres de la crise urbaine, mais il est sans doute le plus frappant.

 « Commerces en cœur de ville »

Le commerce participe à la vie de la cité et la façonne en grande partie. Si le commerce est d’abord l’affaire des commerçants, il revient aux élus, responsables de la ville et de l'intercommunalité, d'engager et de mettre en œuvre une stratégie globale adaptée à la situation de leur territoire et de leurs centralités.
En juillet 2016, un rapport de l’Inspection générale des finances, qualifiant ce phénomène de « préoccupant », et qui a donné lieu le 28 février 2017 à Bercy aux assises pour la revitalisation économique et commerciale des centres-villes, préconisait la création d’un agenda suivi pour une revitalisation commerciale des centres villes, dans le cadre de la Commission de concertation du commerce (3C) récemment installée.
 
En 2011, déjà, un label « Journée nationale du commerce de proximité, de l’artisanat et du centre-ville » avait été lancé pour récompenser les efforts consentis pour développer les activités économiques de proximité et prend la forme d’un panneau situé à l’entrée de la ville. Un moyen de récompenser les initiatives en faveur du commerce de proximité, de l’artisanat et du dynamisme territorial.
 
Les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) se sont aussi engagé pour valoriser la qualité de l’accueil et du service dans les commerces de proximité grâce au label Préférence Commerce. Remplaçant la Charte Qualité Accueil Écoute Conseil, ce label national permet d’accompagner plus de 96 activités commerciales qui s’engagent dans une véritable démarche continue de progrès.
 
Initiative du Gouvernement : l’ouverture du portail « Cœur de ville » constitue l’une des réponses de l’État face au constat de perte de vitesse des centres de villes de taille intermédiaire. Ce diagnostic, commun à d’autres pays européens, est fondé sur de nombreux rapports et études, en particulier celui dont nous avons déjà parlé de l’Inspection Générale des Finances (IGF) et le Conseil Général de  l’Environnement et du Développement Durable (CGEDD), sur La revitalisation commerciale des centres-villes, et l’étude de l’INSEE « Le commerce de centre-ville : une vitalité souvent limitée aux grandes villes et aux zones touristiques» de novembre 2016.
Au service des acteurs du développement local, ce portail rassemble en un lieu unique des informations et des liens internet renvoyant à des expériences exemplaires, des acteurs incontournables et des outils opérationnels facilitant la redynamisation des centres-villes.
 
Martine Pinville, secrétaire d’État chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Économie sociale et solidaire, a souligné notamment le financement « cette année, pour plus de 15 millions d’euros de projets de rénovation du commerce au travers du Fisac, (Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce), dont les priorités correspondent à l’enjeu de revitalisation des centres-villes et centres bourgs ». Elle a fait part de son souhait de « proposer, dès 2017, un accompagnement humain et logistique renforcé auprès des villes et des commerçants, avec la création d’outils innovants. Par ailleurs, il est urgent de suivre une stratégie de passage au numérique adaptée pour les TPE du commerce. »
Elle a annoncé l’organisation « d’un rendez-vous, début 2017, sous forme d’états généraux, qui réunira acteurs publics et privés du développement des centres-villes ».
 
Mais, malgré ces dispositifs destinés à revitaliser les centres-villes, et une loi du 18 juin 2014 relative à l’artisanat, au commerce et aux très petites entreprises, qui prévoit plusieurs mesures, comme l’allongement du délai dont dispose la commune pour trouver un repreneur de commerce, l’action du gouvernement n’a visiblement pas été suffisante pour contrer le mouvement de désertification.

Comment la France a tué ses villes

Dans son ouvrage "Comment la France a tué ses villes" (Rue de l’Echiquier, octobre 2016), le journaliste reporter Olivier Razemon dresse un inquiétant portrait de cette France dévitalisée : la faute à qui ?
Pour lui, le cœur du problème, c’est l’étalement urbain, qui n’a cessé de progresser en dépit de tous les avertissements depuis les années 1970 et l’exode vers la périphérie, par l’usage généralisé de la voiture. Pour aller où ? Dans les centres commerciaux qui ouvrent partout en marge des centres-villes, à quelques kilomètres des cœurs de vie. L’offensive délibérée de la grande distribution, en périphérie, tue les commerces du centre-ville et des quartiers anciens, et sacrifie les emplois de proximité.
 
Pour Olivier Razemon, dans un entretien avec l’Obs en février dernier, « Pour les élus, ouvrir un centre commercial, c’est donner l’impression qu’ils agissent, même s’il n’y a pas de réflexion à long terme. Ils y voient une solution contre le chômage de leurs administrés, alors même que le commerce de proximité affiche une capacité plus importante à créer des emplois que la grande distribution. Le calcul repose sur l’idée, fausse encore comme l’explique l’économiste Laurent Davezies, que pour qu’une ville soit riche, il faut qu’elle produise de la richesse. La ville est pensée comme une petite nation qui doit créer son PIB. Or, même si ça joue, ce qui compte le plus, c’est la consommation sur place. »

Pour aller plus loin : Lire :La dévitalisation commerciale profite-t-elle vraiment à Marine Le Pen ?

Comment la France peut sauver ses villes

« Il n’y aura pas de renaissance si on n’est pas capable de juguler le commerce de périphérie » déclarait lors d’un colloque à Gembloux (Belgique) la spécialiste du commerce Bernadette Mérenne-Schoumaker. C’est clair : pour sauver les villes, il faut mettre fin à la construction de nouvelles zones commerciales et aux extensions des complexes existants, mais bien à rebours du célèbre aphorisme « Quand le bâtiment va, tout va »…
Mais pourquoi ne pas revaloriser les bâtiments existants dans les centres-villes pour une relocalisation des commerces ? Le CGET (Commissariat général à l’égalité des territoires) anime ainsi un programme de revitalisation des centres bourgs, où la présence de commerces est primordiale mais aussi un programme de réhabilitation de maisons de bourgs afin de réactiver un patrimoine vacant par la réutilisation du bâti ancien mettant en valeur des pratiques d’implantation architecturale et d’organisation du territoire qui étaient à la fois pragmatiques, fonctionnelles et économes. Car un bâtiment qui ne réussit pas à s’adapter à l’évolution des mœurs et des usages est condamné à la vacance.
 
Le CGET a sélectionné dans chaque département trois communes présentant des signes de dévitalisation et en manque de moyens ou d’ingénierie pour revitaliser leurs centre-bourg : 302 communes ont été présélectionnées, parmi lesquelles 267 ont souhaité candidater. 54 collectivités lauréates ont été retenues à l’issue du travail de sélection qui a eu lieu en novembre 2014. 230 millions d’euros ont été alloués à ce programme de réaménagement durable regroupant emploi, commerces, services, équipements publics, culture, loisirs, cadre de vie, transition énergétique, cadre de vie, nature en ville, espaces publics, architecture, patrimoine, petite enfance, etc.  Dix-neuf projets de convention sont en cours de finalisation et les autres seront signées courant 2017.

Questions de culture 

La revitalisation des centres-bourgs passe également par des actions dans des domaines tels que l’action sociale, le patrimoine, la culture, le monde associatif, etc. A l’exemple de la commune de Craponne-sur-Arzon (Haute-Loire), qui a retenu un bureau d’études pour encadrer trois classes d’école primaire afin de produire un travail de projection sur « le bourg de demain » à partir d’images, de photos, de récits sur le « bourg d’hier ». Certains parents, qui à l’origine n’étaient pas investis dans la participation et la co-construction du projet de revitalisation, s’y sont progressivement impliqués.
 
Ou encore à Periers dans la Manche qui conduit une action autour de portraits d’habitants à partir de photos, d’interviews, d’une exposition photographique sur des totems disséminés sur l’ensemble du bourg.
 
La commune de Giromagny, présentant un espace public très dégradé provenant de l’incivilité d’une part des habitants et des touristes, choisit de faire intervenir une troupe de théâtre en résidence, sous la forme d’un « Tribunal des flagrants délires ». L’animation, dont le démarrage est prévu au cours de l’année 2017, consistera à faire le procès des différents usagers, en y associant les habitants, lors des marchés.
En appui et dans le cadre d’échanges entre le Parc et l’École du Paysage d’Angers, un inventaire et des propositions au niveau de l’espace public seront réalisés par les étudiants afin d’orienter l’action de la troupe théâtrale.
 
A la Réunion, une approche sur le volet culturel a aussi été engagée avant la fin même de la construction de l’EcoQuartier de la Possession, en impliquant les scolaires sur différentes actions. En 2016, l’ensemble des quartiers attenants au futur EcoQuartier a assisté à la pose de la première pierre. De même, des enseignants de tous nouveaux (lycée professionnel, école primaire, etc.) sont venus visiter le site dans le cadre d’un stage organisé dans le cadre d’un partenariat rectorat – DRAC.
Ce stage a pour thématique Architecture, Art et Culture. Il est également prévu d’organiser tous les ans une animation jusqu’à l’émergence de l’EcoQuartier. Bien qu’il s’agisse d’un élément complexe à mesurer, cette approche constitue un moyen de mesurer les attentes et la vision du bien-être et du vivre ensemble des futurs habitants.
 
Dans le Parc d’Armorique, une rencontre avec la DRAC en 2014 a fortement contribué à la mise en place d’une résidence d’artiste sur le territoire du Parc. Objectif : initier une dynamique locale autour d'une réflexion sur les questions du paysage et de l’architecture ou autour de projets d'aménagement avec les différents acteurs du territoire et les faire travailler ensemble. La réflexion, à l’origine, portait sur les problématiques agricoles afin d’appréhender le regard des habitants sur leur lieu de vie et la manière dont ils souhaitaient voir évoluer leur territoire. C’est une petite commune de 1500 habitants, Dinéault, qui a été retenue.  
Cette résidence d’artiste a permis de questionner le rôle joué par le bourg-centre au sein d’une commune rurale. Il est alors apparu que celui-ci ne pouvait pas uniquement se restreindre à la présence de commerces et de services ou de logements occupés. Aujourd’hui cet espace public reste à réinventer.
Mais il a aussi été constaté qu’une volonté locale d’initier « le vivre ensemble », ici portée par l’équipe résidente, pouvait constituer un levier important à la transmission d’une connaissance culturelle, indispensable à l'animation des territoires ruraux. La dynamique impulsée par cette démarche artistique commence aujourd’hui à porter ses fruits et des liens forts se sont créés entre l'équipe et une partie des habitants.
 
La revitalisation de centre-bourg peut aussi prévoir l’activation de l’association nationale des cinémas itinérants ou la création de tiers-lieux, souvent associés au monde du travail. Celui-ci peut notamment conduire à la mutualisation d’espaces culturels comme une médiathèque pour varier les usages et multiplier le temps de présence sur site plutôt que de multiplier les lieux et les déplacements. C’est aussi l’un des autres moyens pour inciter les gens à se rendre sur les lieux culturels.
 
La question de la place des jeunes en milieu rural a également pu être évoquée à travers cette résidence. Comment offrir aux jeunes des dispositions idéales permettant un cycle de vie épanoui qui s’ancrerait dans la ruralité et qui nourrirait un projet local ? L’ouverture aux changements culturels et sociaux des espaces ruraux est aujourd’hui incontournable, il constitue un préalable à leur aménagement et à leur revitalisation. La résidence d’architecte constitue en sens un exemple éclairant de réenchantement, pour associer aménagement, approche sociale et culturelle du territoire.

Le pari de la transition numérique

La désertification des villes petites et moyennes est l'un des enjeux majeurs de notre société. Ce phénomène inquiétant est un terreau d'inégalités et un vivier pour le chômage. La dynamique digitale française, exemplaire, participe à endiguer ce constat malheureux. L’accélération de la transition numérique du petit commerce en s’appuyant sur le Conseil national du numérique, est une des actions phares du Gouvernement « avec, par exemple, une aide dans le développement de solutions mutualisées pour développer le commerce en ligne de proximité (plateforme commune pour les petits commerçants d’un territoire qui permettent de regrouper les commandes, casiers communs pour la livraison…) ».
 
Et des initiatives comme celle de rapidle pourraient permettre aux commerçants de s'adapter aux nouveaux comportements des consommateurs. Rapidle est une application de transformation digitale des petits commerces, principalement de bouche. Le Click & Collect permet notamment aux clients de commander en ligne et de récupérer leurs commandes sans faire la queue. Fort d'une expérience auprès des TPE sur l'ensemble du territoire, rapidle affirme aujourd'hui participer à la lutte contre la désertification des centres villes.
 
Sylvie Schloesser, gérante du Jardin des délices, commerce de fruits et légumes à Saverne, une ville de 13.000 habitants et sous-préfecture du Bas-Rhin (67), nouvellement utilisatrice de l’application, veut dynamiser son activité par le digital et s'adapter aux nouvelles attentes des clients : « Je suis installée dans une rue piétonne et depuis 5, 6 ans les parkings de la ville sont devenus payants. Les zones bleues manquent ou sont loin du quartier piéton ; parfois les clients tournent pendant 20 minutes pour trouver une place gratuite. Aujourd'hui les clients deviennent réticents à venir faire leurs courses en centre-ville alors qu'en périphérie, les bourgs multiplient les zones commerciales avec de gigantesques parkings gratuits ce qui attire les clients parfois au détriment de la qualité.
Aujourd'hui, notre collaboration avec rapidle va nous permettre de regagner des clients de deux manières. Premièrement, nos clients pourront faire leurs commandes en amont et passer les récupérer en quelques secondes. Deuxièmement, nous voulons organiser des rondes de livraisons avec les entreprises et les salariés de la région ce qui nous permettra en plus de ventiler au mieux des produits frais de très bonne qualité en assurant la promotion des circuits courts ».
Pour Steeve Broutin, co-fondateur de Rapidle, « Chaque ville de France a sa propre culture et c'est ce qui rend les régions si séduisantes. Aussi joli puissent être les centres-villes, les commerces les subliment, les rendent vivants ; c'est l'âme de la ville. Les commerçants sont également les garants de la diversité. Les grandes surfaces, les centres-commerciaux sont aussi très utiles aux consommateurs, seulement, il faut le reconnaître, qu'ils soient à Bayonne ou à Strasbourg, ce sont un peu tous les mêmes. »
Qui a dit que les petits commerces étaient morts ?
 
L’étude « Que peut le numérique pour les territoires isolés ? » parue en ce début d’année, et issue d'un groupe de travail présidé par Elisabeth Bargès (Google France) et Thierry Pech (Terra Nova), fait le pari que la transition numérique dans les territoires isolés peut répondre à un impératif de développement économique et à une ambition d’inclusion sociale et civique. 
Les nouveaux usages et outils permettent d’envisager un développement économique différent, plus déconcentré, une qualité de services publics et de santé réellement égalitaires sur l’ensemble du territoire national et de facto un retour dans le monde rural de populations qui devaient jusqu’alors vivre et travailler dans les grands centres urbains. 
La transition numérique participe au dynamisme du tissu productif de ces territoires. Elle permet d'accompagner une transition agricole et, avec des moyens peu coûteux, d’optimiser la production, notamment sur plan environnemental. Cependant, les entreprises de ces territoires, si elles veulent largement profiter de cette transition, notamment dans la modernisation de leur mode de distribution et dans l’élargissement de leur zone de chalandise, ont souvent besoin d’un accompagnement ou de formations.
 
Des données issues d’une collaboration avec Airbnb, par exemple,  illustrent le rôle que peut y jouer l’économie collaborative. 30 % des villages ont au moins une annonce Airbnb alors que 2/3 de ces villages ne comptent aucun hôtel. Ainsi, 123 000 personnes ont été accueillies par ce biais, ce qui a généré 14 millions d’euros de revenus supplémentaires pour ces territoires depuis 2012. Les retombées économiques locales peuvent être significatives, via les travaux de réparation, de rénovation et d'entretien engagés par les propriétaires ou via les dépenses réalisées sur place par les voyageurs (loisirs, achats de produits locaux, etc.).
 
La transition numérique contribue aussi à renforcer l’inclusion sociale. La e-administration constitue une avancée dans la lutte contre les inégalités territoriales en matière d'accès au service public comme le démontre le recours à la déclaration fiscale en ligne dans les territoires isolés (30 % hors données anonymisées contre 38 % au niveau national). Mais cet effort doit être accentué. Le déploiement de la télémédecine pourrait fournir une réponse à l’enjeu d’accessibilité des soins et du maintien à domicile des personnes âgées. Toutefois, l’état actuel du droit et des remboursements en freinent le développement. De plus, il est possible de favoriser le retour de certains salariés dans les territoires isolés par le télétravail, même si le cadre légal du télétravail fait peser encore trop de contraintes sur les entreprises et les salariés désireux de s'y lancer.
 
Enfin, les problématiques d’accès au réseau, de littératie numérique et de formation doivent être abordés par les acteurs privés, publics et associatifs pour tirer pleinement parti des changements en cours.
Ce rapport formule sept propositions pour que la transition numérique dans les territoires isolés puisse répondre à un impératif de développement économique et à une ambition d’inclusion sociale et civique.
 
 
Ce phénomène d’abandon progressif des centres-bourgs, en raison d’un habitat inadapté au mode de vie contemporain, questionne aujourd’hui la préservation d’un important héritage culturel, de l’adaptation du bâti ancien aux besoins des populations actuelles et de l’instauration de pratiques de consommation plus raisonnées. Il faut donc proposer une stratégie de reconquête, destinée à accompagner l’évolution de ses bourgs dans le temps.
Il n’existe nulle solution miraculeuse, mais une série de petits pas, de décisions empreintes de sobriété partout sur le territoire.
 
 
Pour aller plus loin :
 
 
 
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architecture et paysage

Pour la recherche en architecture et en paysage

Le mécénat de la Caisse des dépôts et consignations lance un appel à candidatures pour soutenir la recherche et l’innovation dans le champ de la conception architecturale et paysagère en France. Domaine de création par excellence, l’architecture et le paysage adoptent aujourd’hui de nouvelles pratiques professionnelles. L’objectif de cet appel à candidatures est de mettre en exergue ce dialogue entre renouvellement des usages et les quatre grandes transitions prioritaires de la Caisse des Dépôts.  
Photo : Musée de la Palestine à Bir Zeit en Cisjordanie - Heneghan Peng Architects – 2012/2016
 
Après le succès de la première édition, la Caisse des Dépôts annonce le lancement d’un nouvel appel à candidatures pour soutenir la recherche et l’innovation dans le champ de la conception architecturale et paysagère en France. Poursuivant son action en faveur d’un dialogue renforcé entre recherche académique et pratique professionnelle, le mécénat de la Caisse des Dépôts propose aux étudiants diplômés, aux enseignants en architecture et paysage ainsi qu’aux agences, collectifs ou autres structures professionnelles de mener des recherches sur les quatre transitions prioritaires du groupe Caisse des Dépôts : écologique et énergétique, numérique, démographique et territoriale.
 
Ces quatre grandes transitions : la transition énergétique et écologique, la transition numérique, la transition démographique et la transition territoriale, sont directement affectées par les nouveaux usages et sont également un accélérateur de la mutation des pratiques professionnelles. Cet appel à candidatures est destiné à faire émerger des travaux de recherche innovants, qui mettent l’accent sur cette réciprocité entre nouvelles pratiques et transitions. C’est le défi proposé par le mécénat de la Caisse des Dépôts cette année aux différents candidats.
 
L’enjeu de ces travaux sera simultanément d’enrichir les savoirs théoriques et pratiques de l'architecture et du paysage, de capitaliser sur cette connaissance, d’accroitre le niveau de formation et de qualification et d'expertise des professionnels concernés, et de favoriser l’émergence de nouveaux usages individuels et collaboratifs face à des normes techniques et juridiques de plus en plus contraignantes.
 
L'objectif pour la CDC en soutenant par le biais de sa politique de mécénat la recherche et l'innovation en architecture et en paysage est de consolider la place et le rayonnement de la compétence française à l’international dans ces domaines de création et de nourrir les réflexions autour des quatre grandes transitions prioritaires.
Le sens de cette démarche est de valoriser les pratiques de recherche et d'innovation portées par les diplômés au sein des écoles, par les enseignants et par les agences, collectifs ou autres structures professionnelles, afin de réunir les acteurs académiques, professionnels et économiques. Les résultats de ces recherches constitueront un foyer de réflexion pour mieux anticiper les défis futurs en matière d'architecture et de paysage portant notamment sur l’aménagement du territoire, le numérique et le développement durable.   
 
La première édition lancée début 2016 a remporté un franc succès : 11 projets ont été sélectionnés par un jury pluridisciplinaire parmi 59 candidatures déposées. Cet accompagnement proposé par la Caisse des Dépôts a pour finalité d’aider la jeune génération des architectes et paysagistes à faire émerger des projets novateurs. Les 11 lauréats sont ainsi entrés en phase de recherche depuis septembre 2016 et bénéficient d’une enveloppe de 15 000 euros, renouvelable tous les ans, sur une durée maximale de trois ans.
 
Le mécénat de la Caisse des Dépôts prolonge donc son engagement avec le lancement d’une nouvelle édition de son appel à candidatures qui sera, cette fois, totalement dématérialisée. Il entend exercer un réel effet de levier en matière de recherche et contribuer au rayonnement de la compétence française à l’international.
 
Les projets soutenus devront aboutir à des thèses de doctorat ou à des mémoires de recherche appliquée. La diversité des thématiques proposées ouvre un large champ de réflexion et de recherches  qui répondent aux enjeux du renouvellement des usages et des pratiques professionnelles.  
 
Conditions de participation
Cet appel à candidatures est gratuit et s’adresse à trois types de candidats :
a. Les diplômés des écoles d’architecture (diplôme d'État d’architecte) et de paysage (diplôme d'État de paysagiste) désireux d’effectuer un travail de recherche dans le cadre d’une thèse de doctorat ;
b. Les enseignants des établissements délivrant ces diplômes qui souhaitent passer une habilitation à diriger des recherches (HDR) ;
c. Les professionnels souhaitant enrichir leurs compétences et leur expertise pour augmenter leur niveau de qualification.
Pour tous les candidats individuels ou en équipes, le projet doit être porté par un établissement délivrant le diplôme d’État d’architecte ou le diplôme d’État de paysagiste. L’établissement a la responsabilité d’accompagner le candidat dans la démarche scientifique qui motive sa candidature.  

Sujets

Il est proposé aux candidats de réfléchir sur le rapport entre les mutations des pratiques professionnelles et les quatre transitions prioritaires du Groupe Caisse des Dépôts :
 
Nouveaux usages et transition écologique et énergétique
 
Si l’architecture et le paysage sont d’« intérêt public », c’est bien parce qu’ils portent en eux une dimension de bâtisseur d’avenir. L’insertion de la qualité architecturale et paysagère dans la construction de la ville durable illustre le souci permanent des bonnes pratiques et la nécessité de modifier culturellement nos modes de vie. L’architecture et le paysage ne sont plus seulement liés au patrimoine, ils sont une source d’innovation qui doit accompagner tous les acteurs de la transformation écologique et énergétique. Ce faisant, les travaux de recherche permettront de valoriser à l’international l’expertise française en matière de qualité architecturale et paysagère.  
 
Nouveaux usages et transition numérique
 
La transition numérique bouleverse sans conteste les pratiques professionnelles et interroge bien au‐ delà la « communauté » architecturale et paysagère. Si l’essor d’outils comme la maquette numérique facilite les techniciens de la maîtrise d’ouvrage et de la maîtrise d’œuvre, la transition numérique apporte plus largement des externalités fonctionnelles d’envergure en offrant une réponse opérationnelle à la façon d’utiliser les espaces (vacance d’espace dans les villes secondaires ou dans certains logements par exemple, verticalisation des espaces verts). Les travaux de recherche pourront bénéficier de l’étendue des mutations induit par cette transition pour interroger leurs pratiques et les toutes les possibilités offertes par le numérique.  
 
Nouveaux usages et transition démographique
 
Les évolutions démographiques actuelles et à horizon 2050 imposent de repenser nos modes d’habiter. L’augmentation de la population française, son vieillissement et les recompositions familiales, appellent à un véritable examen des potentialités en matière d’aménagement, d’occupation et de modulation de l’espace. Les architectes et les paysagistes auront la possibilité à partir de cet état des lieux de proposer des réflexions innovantes qui répondent aux défis posé par ces enjeux démographiques.  
 
Nouveaux usages et transition territoriale
 
L’idée part d’un constat simple : les grandes mutations contemporaines nous imposent de penser avec un lexique renouvelé notre rapport à la mobilité, aux transports, et au territoire. L’idée de transition territoriale émerge dans un contexte particulier, lié d’une part aux réformes territoriales favorisant la concentration des espaces dynamiques, et d’autre part à la question du risque de fracture territoriale entre les nouvelles métropoles et la ruralité voire le péri‐urbain. Ces problèmes contemporains illustrent avec acuité l’enjeu fondamental des nouveaux usages de l’architecture et du paysage comme réponse au défi d’une « nouvelle intelligence territoriale ».  
Etudiants, enseignants ou professionnels devront s’appuyer sur cet état des lieux pour ouvrir le champ de la réflexion académique en travaillant sur la possibilité de mise en œuvre de leur travail exploratoire.

Modalités de dépôt des projets

Les dossiers de candidature doivent être remis exclusivement sous forme numérique, en langue française, à l’adresse http://projets‐mecenat.caissedesdepots.fr dans un unique fichier au format PDF.  
 
Les candidatures doivent remplir quatre conditions :   
- être présentées par un candidat individuel ou une équipe candidate ;
- être portées par un établissement délivrant les diplômes d’État d'architecte et/ou de paysagiste ;
-  être accompagnées au sein de l’établissement par un référent scientifique (directeur de thèse, tuteur de HDR ou autre) ;
-être notifiées par un visa du directeur de l’établissement porteur.
Et doivent comporter obligatoirement :  
- CV du candidat individuel ou des membres de l’équipe candidate ;
- Lettre de motivation ;
- Lettre de soutien du référent scientifique (directeur de thèse, tuteur de HDR ou autre) ;
- Présentation du projet de recherche (thèse de doctorat, HDR ou autre – 3 pages maximum) ;
- Livrables attendus (thèse de doctorat, mémoire d'HDR, rapport de recherche appliquée,
etc.), calendrier du projet et modalités d'emploi des fonds attribués par la Caisse des Dépôts (contrat doctoral, décharge d’enseignement pour une HDR, versement d’honoraires pour les professionnels notamment) ;
- Eléments graphiques ou tout autre élément que le candidat estimerait pertinent pour étayer sa candidature dans la limite de 5 pages ;
- Présentation des équipes pédagogiques qui soutiennent le projet ;
- Une page de synthèse du projet.
Les documents doivent être remis en un fichier PDF unique.
 
Date limite de dépôt des projets : Jusqu’au 31 mars 2017 minuit sur le site http://projets‐mecenat.caissedesdepots.fr

Lauréats

Une somme de 15 000 euros annuelle est remise aux projets lauréats pour une durée de 1 à 3 ans. Cette somme est directement versée à l’école qui soutient le projet primé ; l’école fait son affaire des relations avec les membres de l’équipe lauréate et en particulier du reversement du soutien financier. Dans le cas d'une thèse de doctorat, il pourra être complété par d'autres financements (allocation de thèse ou demi‐contrat doctoral. Le soutien financier est destiné exclusivement au financement du travail de recherche. Dans le cas d'une HDR, le soutien de la Caisse des Dépôts n'est pas cumulable avec un congé pour études et recherches (CER) attribué par le ministère de la Culture et de la Communication. Pour chaque projet primé, une convention est établie entre la Caisse des Dépôts, l’école qui soutient le projet et le(s) candidat(s). Cette convention définit en particulier les conditions d’utilisation des résultats des travaux financés par la Caisse des Dépôts.
Le renouvellement annuel de ce soutien de 15 K€ est subordonné à une décision souveraine du comité scientifique au vu notamment de l’état d’avancement des travaux (apprécié sur la base d'un rapport d'avancement, de publications, de la participation du lauréat à des manifestations scientifiques, etc. ; le comité se réserve la possibilité de demander au lauréat de présenter oralement ses travaux) et sous réserve de la disponibilité à la Caisse des Dépôts de l’enveloppe budgétaire correspondante.
 
Pour tout renseignement sur l’appel à candidatures, vous pouvez contacter : Mecenat[at]caissedesdepots.fr
 
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Architecture

Et si l'on révolutionnait aussi l'espace travail ?

Les bureaux vivent eux aussi, à leur rythme, une petite révolution. Le confort au travail devient une priorité pour les employeurs conscients que le bien-être de leurs salariés aidera ces derniers à être plus innovants. L’exemple d’Artdesk group, spécialisé dans les nouveaux modes et espaces de travail de demain illustre combien le modèle « Google » a fait des émules. Et cela passe par une stratégie managériale et architecturale pour favoriser la créativité, l’efficacité et l’innovation des collaborateurs.
 
Gustave-Nicolas Fischer (1) et Chantal Fousse (2) , ont rédigé en 2012 un rapport « Espaces de travail et communication – Une lecture psychosociale », qui fait référence, où ils déclarent que « La question de l’impact des espaces de travail sur la satisfaction, l’efficacité et le bien-être intéresse depuis longtemps les aménageurs, les entreprises et les chercheurs. Dans une perspective psychosociale, un environnement doit être considéré à travers la relation qui s’établit avec lui. C’est donc le système d’interaction espace-individu qui permet de saisir la façon dont un environnement est utilisé et perçu. »
« Les environnements de travail, les nouveaux outils technologiques et l’organisation constituent un système d’interdépendance ; on ne peut pas les aborder et les traiter séparément. Il faut en effet toujours considérer la dynamique existant entre eux et notamment les relations entre modification de l’espace, nouveau projet d’aménagement et fonctionnement organisationnel. »
 
La conception proposée par Artdesk Group en est une démonstration ; elle ne repose plus sur une vision essentiellement « ergonomique » du travail, basée sur une adéquation optimale de l’outil et de l’opérateur, mais sur une compréhension globale de nouvelles données qui déterminent l’activité, à savoir notamment les outils technologiques.

Esprit Work & Lifestyle

 
En 2003, Jean-Claude et Nicolas Paugam fondent Artdesk. Père et fils, aux parcours complémentaires au sein de l’univers du workspace, proposent une démarche globale totalement collaborative, du conseil à la remise des clés en passant par l'architecture d'intérieur, la distribution de mobilier et le décor : naissance de l’esprit « Arts of working ».
 
À l’heure où toutes les organisations réfléchissent à remettre l’humain au cœur de l’activité professionnelle, tant dans les modes de travail que dans les aménagements, Artdesk Group fait figure de précurseur par leur révolution spatiale qui commence par une révolution managériale : en abandonnant le fantasme des grands bureaux de direction et en redéfinissant le rôle du « middle-management ».
 
Pour favoriser la créativité, l’efficacité et l’innovation des collaborateurs, Artdesk Group conseille de transformer le cadre de travail en abolissant les modes traditionnels. D’une problématique purement économique : « Comment optimiser mes m2 ? », la question devient : "Comment créer l’environnement favorable à un engagement maximal de mes équipes ?" Les Ressources Humaines prennent désormais une part plus prépondérante dans la prise en charge des projets immobiliers.
Pour ce faire, Artdesk Group démontre les fondamentaux du « Living Office », une méthode développée par Herman Miller qui permet de concevoir les dix aménagements répondant aux besoins des dix activités pratiquées partout dans le monde sur le lieu de travail, seul ou à plusieurs.

Nouveaux codes d’aménagement

 
Le Living Office constitue un espace de travail hautes performances, conçu pour améliorer le bien-être et la productivité des collaborateurs. Dix activités incontournables, dix aménagements empruntés au monde de la maison : du Refuge (Haven) au Forum à la Plaza en passant par l'Alcôve (Cove) ou le Palier (Landing).
 
L’atmosphère chaleureuse des Home Sweet Home entre ainsi enfin dans les entreprises. L’aménagement d’un appartement va au-delà des simples critères esthétiques. Ainsi, chaque espace de vie est entièrement dédié à des activités propres : recevoir, dormir, cuisiner, se détendre...
 
 
Le Cove se situe à proximité des postes de travail, c’est un cocon où l’on se réunit à 2 ou 3 pour échanger, discuter, sans être dérangé et sans déranger.
La Plazza est propice à l’échange, la détente, on peut s’y restaurer mais aussi travailler et communiquer.
La "Creative Room", par sa configuration, permet de travailler en mode projet autour d'un écran commun.
Dans le Jump space, on se pose entre deux réunions, on y passe entre deux rendez-vous par exemple pour débriefer ou lire ses emails.
 
 
C’est parce qu’il y a partage de valeurs communes que l’on voit naître un territoire. Cette remarque de Guillemette Houdard sur son blog s’applique à l’espace de travail, que nous choisissons de plus en plus en fonction des valeurs défendues par les individus le composant. Le coworking est une des formes les plus rependues de ces nouvelles façons de travailler. L’identité des membres de l’espace est alimentée par l’identité collective, et inversement. Dans un style « maker », les Fablabs (ou hackerspaces) sont des espaces qui illustrent ce regroupement par affinités de projets. Artisans, designers, informaticiens et chercheurs y viennent souvent échanger et faire, conscients que l’espace créé par les membres puise ses racines dans les valeurs d’Internet que sont l’échange, le partage, la sociabilité et le libre.
 

Nouveau mot d’ordre : libérez vos espaces

Nous avons nous-mêmes adopté en interne ces nouveaux modes de travail innovants. Ainsi nos collaborateurs n'ont plus de postes de travail fixes. Ils se déplacent tout au long de la journée et utilisent différents espaces connectés et parfaitement adaptés à chacune des activités du moment. En tant que co-fondateur, je suis SBF, sans bureau fixe. Finalement cette tendance invite le top management et le middle management à évoluer au cœur même des échanges et des équipes. C’est aussi une tendance que nous préconisons en ce moment chez nos clients dans l’agencement de leurs nouveaux locaux. »
Nicolas Paugam, co-fondateur d’Artdesk Group
 
Niché au fond d’une cour dans un magnifique immeuble industriel au 93 de la rue de Monceau, dans le 8ème arrondissement de Paris, le groupe a complètement revu et modifié ses bureaux, transformé sa boutique ouverte au grand public en Workshop et installé l’Appartement de la filiale Kidimo au 86 rue de Monceau : 800 m2 qui illustrent la philosophie et l’ensemble des savoir-faire du groupe.
 
La partie « Recherche et Développement » du groupe, c’est ESO, laboratoire sur le travail de demain. Comment travaillerons-nous en 2030 ? Quels seront les nouveaux lieux ? Quel temps accorderons-nous au travail dans notre quotidien ? Comment mesurons-nous la performance des collaborateurs ? Quelles innovations seront amenées à bouleverser le monde du travail ? Quelles interactions entre les bâtiments et les utilisateurs ?
Autant de sujets qui feront le travail de demain, et qui donneront lieu à de nombreux échanges et débat dans le cadre du club ESO, pensé et imaginé comme un véritable cabinet de tendances des évolutions du secteur tertiaire : L’espace de travail devient un espace virtuel où l’activité dépend de moins en moins d’un lieu défini : concept d’espace portatif. On peut travailler n’importe où ; loin de l’entreprise.
 
 
En fait, on constate que l’informatique a donné lieu à de nouvelles représentations de l’espace liées à l’évolution du travail. L’aménagement de l’espace est ici le reflet d’une nouvelle représentation du travail.
Avec l’informatisation, l’aménagement des espaces n’est plus directement lié à la productivité ; dans un certain nombre d’entreprises, sa fonction est de servir de support à la culture de l’organisation, c’est-à-dire faciliter l’adhésion aux valeurs de l’entreprise. 
« La capacité d’Internet à créer du contact réticulaire en dépit de la distance territoriale offre aussi une opportunité considérable d’organisation, de production et de coordination. » (Boris Beaude, "Changer l’espace, changer la société").
Pour cet auteur, Internet est un espace réel qui occupe une place croissante dans nos pratiques, il est donc un espace qui se pense et s’organise. Les managers de demain doivent prendre en compte les enjeux d’Internet et en maîtriser les dérives car ses espaces regroupent de multiples lieux dont nous pouvons difficilement « bloquer l’accès comme on bloque une frontière ».
 
Au début de l’informatisation, les entreprises n’ont pas innové au niveau de l’espace, mais ont imposé les changements sur les aménagements existants avec un effet de décalage entre le confort de l’espace et l’efficacité de la technologie, car les deux n’étaient pas conçus ensemble.
Un hiatus que les start-ups ont su contourner depuis quelques années déjà. C’est désormais aux grands groupes de s’en inspirer.
 
 
 
(1)    Gustave-Nicolas Fischer est professeur de psychologie sociale ; il est directeur du laboratoire de psychologie à l’université de Metz et professeur invité dans plusieurs universités étrangères (Montréal, Lisbonne, Lausanne). Après avoir été durant plusieurs années psychologue du travail et consultant dans les entreprises, il a développé ses recherches sur la psychologie des environnements de travail en étudiant l’impact psychosocial des aménagements sur les employés. Il a élaboré, en collaboration avec une chercheuse du M.I.T., une méthodologie d’évaluation des environnements de travail.
(2)    Chantal Fousse est assistante de recherche au laboratoire de psychologie de l’université de Metz. Après avoir travaillé de nombreuses années dans le secteur privé, elle collabore aux recherches en psychologie de l’environnement au laboratoire de psychologie.
 
 
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architecture innovante

Concours "Réinventer l'usage du verre dans la ville"

Dans le cadre de l'événement LYON CITY DEMAIN qu'elle organisera du 15 au 18 juin 2017, l'association LYON DESIGN ! s'associe au HOTSHOP France pour lancer un concours de design et de recherche sur le nouvel usage du verre dans la ville de demain.
Ce concours vient en complément de l'appel à projets lancé en juin dernier par LYON DESIGN ! auprès des professionnels et des écoles sur le thème du « mieux-être et du mieux-vivre en ville » et qui a déjà sélectionné 15 projets actuellement en cours de conception.
Le verre est devenu à la fois un matériau et un emblème de notre ère et de son patrimoine. Architectures extérieures et intérieures, sécurité, isolement, éclairage, environnement, vie quotidienne, le verre intègre, comme les nouveaux matériaux, son propre langage plastique.
Après la vitre et la lumière domestique, le miroir et la perspective, le sablier et la mesure du temps, les lentilles et l’accès à l’infini petit ou grand, la saisie et la conservation des images, il continue depuis l’origine à participer aujourd’hui, pour demain, à l’évolution des savoirs, leur perception, leurs représentations, leur transmission.
Il est plus que jamais le matériau des nouvelles technologies et une nouvelle façon de penser, de faire et de transmettre à travers les arts et les sciences. Les écrans et autres verres intelligents nous colonisent, mais ils lient aussi la société des individus dans leur ville au reste du monde. Il s’agit donc ici de cette histoire et de cette opportunité.
Jean-Pierre Evrard, curateur

Un concours ouvert aux professionnels

Tous les professionnels de la création, français et étrangers, qu'ils soient plasticiens, designers, architectes, urbanistes ou scénographes sont invités à y participer. Dix projets seront sélectionnés et pourront compter sur les conseils et l'expertise de Vincent Breed, artisan verrier professionnel et du HOTSHOP France pour réaliser les maquettes qui seront exposées lors de l'événement LYON CITY DEMAIN. Un jury déterminera qui, parmi ces dix projets sélectionnés, sera le lauréat du concours. Le gagnant bénéficiera de l'aide financière et technique du HOTSHOP France et d'un partenaire pour créer son propre prototype. Date limite d’envoi des candidatures : 9 décembre 2016.

Une thématique liée à un quartier en pleine mutation

Que ce soit à travers le développement de nouveaux process ou dans la conception de nouvelles typologies de produits adaptés à la ville de demain, les candidats devront intégrer leur projet dans le cadre du développement du Biodistrict de Gerland, quartier en pleine mutation. Deux catégories leur sont proposées : le mobilier urbain ou la micro-architecture.
 
Les projets retenus devront aussi prendre en compte l'une des sous-thématiques suivantes :
-       Environnement naturel : comment utiliser le verre pour mettre en valeur les espaces naturels avec une approche sensorielle poussant à la découverte de notre environnement ? Les arbres, plantes, fleuve et bassins, terres et autres ressources naturelles sont des éléments d’environnement urbain qui ne peuvent plus être considérés comme de simples pièces de décors et d’agrément. Ils contribuent pleinement à l’équilibre des citadins, proposant des espaces d’expression diversifiés, des formes en rupture avec la rigueur des structures bâties ou des solutions pour l’aménagement temporaire et permanent de friches industrielles. Ils offrent de multiples occasions de retrouver des gestes et des comportements ancestraux dans la modernité de la ville ou d’en créer de nouveaux
.-       Mobilité et lien social : quelle interprétation du verre permet le développement et la création de nouvelles signalétiques adaptées aux identités des structures et aux circulations en ville, mais génère aussi des rencontres et facilite les échanges humains pour recréer du lien social ? L’espace public n’est plus un simple élément de la fluidité de la ville où les citadins se croisent mais grandit en générateur de rencontres autour d’activités stimulantes pour le corps et l’intellect. Il doit être organisé pour créer du lien social et intégrer des dimensions de mobilité d’usages et d’informations partagées. Parcours urbains, agora collaboratives, systèmes de communication liés aux lieux d’accueil, signalétiques dynamiques, dernières avancées dans le domaine du verre numérique... le tissage des réseaux sociaux au profit du mieux-vivre ensemble est un facteur déterminant du bonheur en ville.
 
Le verre comme nouvel élément du design urbain
Le décor de la ville est en permanente recherche de nouveautés tant dans les lignes de ses structures ou dans l’exploitation de ses matières.
LYON CITY DEMAIN, depuis ses premières éditions, enrichit sa réflexion sur le design urbain d’audace autour des usages des matériaux qu’ils soient innovants ou séculaires. Certains designers se sont parfois plongés dans l’inconnu ou l’inattendu pour illustrer leur réflexion : papier ensemencé pour animer un mur, plexiglas pour les fermes urbaines...
D’autres ont préféré travailler sur de nouvelles utilisations de matériaux communs : le métal, la pierre, le béton... La réinvention des usages du verre dans la ville nous a semblé un défi à leur proposer sur deux axes : l’intégrer au mobilier urbain ou se servir de ses transparences, de ses couleurs et de sa fausse fragilité pour oser les structures.
Olivia Cuir, directrice de LYON CITY DEMAIN
 
Les projets sous forme de maquettes seront jugés sur leurs qualités éthiques et esthétiques et sur leur capacité à répondre à la problématique et à la catégorie choisies tout en se fondant dans le quartier du Biodistrict de Gerland. Ils devront obligatoirement prendre en compte les contraintes qui leur permettront d'être ensuite fabriqués, exposés dans l'espace public et utilisés par les citadins (répondre aux normes de sécurité en vigueur, résister aux intempéries, etc.).
 
Rendez-vous au mois de décembre pour connaitre les dix projets retenus dans le cadre de ce concours sur le nouvel usage du verre dans la ville de demain !
 
 
A propos de  HOTSHOP FRANCE :
Le HOTSHOP FRANCE est un atelier de production. Il est également un laboratoire, un centre de Recherche & Développement, stimulant les relations et les collaborations entre les professionnels de l'Art, du Design, de l'Architecture et les professionnels du verre (toutes techniques confondues) en vue de projets innovants et à travers des réalisations exceptionnelles.
Le HOTSHOP FRANCE assure également des formations et est intervenu dans l'espace privé ou public à Hong Kong, Paris, Nancy, Monte- Carlo,...
Ce lieu Unique en France, entre Lyon et Saint Etienne, créé par Vincent Breed, est soutenu par la Fondation Ernst&Young. C'est la plus grande Plateforme Verrière privée en France, équipée des plus grands fours de réchauffage d'Europe.
 
Quelques références de collaborations :
Jean Nouvel, Matali Crasset, Patrick Jouin, Hilton McConnico, Noé Duchaufour-Lawrance, Benjamin Graindorge, Hubert Le Gall, ...
 
À propos de LYON DESIGN ! :
L'association LYON DESIGN !, créée en 2012, a pour objet la promotion du design urbain sur la Métropole lyonnaise. Elle se définit comme un laboratoire des mutations de la ville de demain et organise notamment LYON CITY DEMA!N, des manifestations grand public dans des quartiers en transformation. Sa démarche pour le développement de projets prospectifs est délibérément collaborative pour créer du lien, sensibiliser et rassembler en collaboration avec les institutions l'ensemble des acteurs d'un territoire : habitants, acteurs du design (designers, urbanistes, architectes, artistes, bureaux d'études, concepteurs...), entreprises et industries.
 
 
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ville durable

La première ville 100 % solaire sera américaine

Rien de mieux que la Floride pour lancer la construction d’une ville entièrement alimentée par l’énergie solaire ! Ce sera la première ville verte des Etats-Unis capable d'accueillir 50.000 personnes dès le début de l’année prochaine. «Babcock Ranch» - c’est son nom - comptera 1100 logements pour cette première phase de construction, tous certifiés respectueux des critères de développement durable par la Coalition pour la construction verte de Floride. Emménagement début 2017 !
 
« On est en train de créer une nouvelle ville, notre mission est de prouver que croissance raisonnable et protection de l'environnement peuvent aller de pair » déclare Syd Kitson, le créateur de cette cité verte au sud-ouest de la Floride. Syd Kitson est à l’origine joueur professionnel de football américain ; il a racheté une superficie de la taille de Manhattan, en 2006, à Edward Babcock, un magnat du bois et un politicien de Pittsburgh, après avoir appartenu historiquement à la famille McAdow.
Kitson a conclu un accord de 350 millions de dollars avec l'État de la Floride et le comté de Lee pour la plus grande convention unique de préservation des terres dans l'histoire de l'État. L'accord a permis de préserver 74 000 acres de la propriété, avec la poursuite des opérations d'élevage en ranch, et a fourni à Kitson les 17 000 acres dont il avait besoin pour le développement de son projet.
 
Syd Kitson
 
Avec plus de 500 arbres déjà plantés, la ville est aujourd'hui terminée à 70 %. Plutôt que de bâtir un énième quartier résidentiel ou un lotissement éloigné du centre-ville, l'entrepreneur a décidé de construire une ville entièrement écologique, avec tout le confort nécessaire : un établissement scolaire public, un quartier avec boutiques et restaurants, un centre de bien-être, un marché de produits locaux, des chemins de randonnée et des lacs, …
 
Appartements et maisons sont conçus pour des occupants de tous âges, à des prix allant de 200.000 à 800.000 dollars, selon Syd Kitson, soit entre 174.000 et 697.000 euros environ.
Les styles des maisons ont été soigneusement pensés, présentant des formes architecturales intemporelles qui encouragent l'interaction sociale et un fort sentiment de communauté. Les styles architecturaux allant de l'"Artisan", de la "Ferme", du "Golfe côtier", de l'"Espagnole" ou encore de l'"Antiquité coloniale" / occidentale, tous originaires des styles régionaux de la Floride du Sud-Ouest sont ainsi représentés. Les porches profonds situés à proximité des trottoirs et des rues encourageront les conversations avec les passants ainsi que les invitations aux voisins à venir s'asseoir et bavarder autour d'un verre. Les garages détachés accessibles par de larges ruelles sont généralement situés derrière la maison pour éviter de dominer le paysage et les espaces verts expansifs servent d'ancres pour le quartier.
 
 
Conçues selon des principes de conception durable et construites selon les exigences du Conseil du bâtiment vert de la Floride, les maisons de ville et de campagne de Babcock présentent des conceptions et des systèmes efficaces avec un aménagement paysager à faible impact qui favorise la conservation de l'eau et l'utilisation de l'énergie solaire. Des détails simples, comme des volets, des surplombs et des fenêtres appropriées au design favorisent l'efficacité du design qui contribue à un look élégant dans sa simplicité et réconfortant pour l’ambiance de la communauté, facilitant l’interaction sociale.
 
«La vraie durabilité englobe un engagement à conserver, à préserver les ressources naturelles, à créer un contexte de croissance personnelle et à réaliser des rêves et des aspirations personnels » déclare Syd Kitson car Babcock Ranch n'est pas une terre vierge, mais est enracinée dans la préservation. Il est le résultat de plus de cent ans d'attention soigneuse par la famille Babcock. Plus de 90% du développement est construit sur des pâturages et des terres agricoles.
 
 
Les opérations commerciales du Ranch ont financé des générations d'activités d'intendance pour maintenir l'excellent état de la propriété et fournir un habitat à la faune abondante du ranch. L'infrastructure écologique a été le thème primordial dans toutes les décisions d'aménagement - ce qui a abouti à une ville en harmonie avec son environnement. Ayant des sentiers ombragés, des aires de repos, des rues bordées d'arbres et des structures ombragées, le Ranch se vantera d'avoir 75% de ses arbres indigènes. Une étude régionale sur la connectivité de la faune - l'identification de stratégies pour créer des corridors permanents de la faune reliant les parcs et les terres naturelles dans le sud-ouest de la Floride - a permis à Babcock Ranch de servir de lien central pour l'élevage de bétail qui continuera pendant dix ans sous la direction de Kitson. Alors que la gestion de la réserve est remise à l'Etat, la gestion du bétail Babcock se poursuivra sur les 18 000 acres de terres appartenant à la ville pour préserver l'utilisation traditionnelle de la terre.
 
Les investissements environnementaux réalisés au Babcock Ranch au cours de la dernière décennie donnent des résultats impressionnants. Les avantages sont surtout visibles dans la région autour du lac Curry, où les écoulements naturels d'eau de surface ont été considérablement changés au cours des années pour accommoder des activités d'élevage et de ranching. Trois barrages visant à réhydrater environ 70 acres ont été construits afin de retenir l'eau qui a été vidangé auparavant à travers le système de ranch de fossés.
 
Propulsée par le soleil, une centrale solaire photovoltaïque générant plus d'énergie que la ville consomme, fournira à la région plus vaste de l'électricité propre, renouvelable et intégrée grâce à une collaboration avec la compagnie d’électricité publique Florida Power & Light. La ferme solaire de 75 mégawatts construite sur 179 hectares produira suffisamment d'électricité pour alimenter 21.000 foyers, soit environ le nombre prévu à terme à Babcock Ranch qui, grâce à ce projet, triplera sa capacité solaire actuelle.
 
Autre innovation : Babcock Ranch profite de la législation de la Floride sur la voiture sans conducteur pour en faire un terrain d'essai pour les véhicules autonomes. Cette collectivité est planifiée comme une collectivité verte avec des véhicules à mobilité partagée électrique, à basse vitesse, automatisés et disponibles pour les résidents et les entreprises. Un système avancé de transport public et privé de véhicules partagés, sans conducteur devrait être l'épine dorsale pour le déplacement des personnes et des marchandises.
 
L'installation d'un réseau de fibre optique avec une bande passante de 1 gigaoctet par seconde permettra aux résidents de se connecter à des vitesses rapides et suffisamment puissantes pour rendre pratique l'exécution de nombreuses applications domestiques et professionnelles.
 
En résumé, la vision de Babcock Ranch est fondée sur une architecture qui encourage les voisins à interagir, dans le choix des modes de vie de la ville et du pays. La conservation et la préservation des ressources naturelles offre à chacun la possibilité de vivre quotidiennement dans un lien inaltérable avec la nature et avec les autres. Un rêve pieux mais qui semble pourtant bien sur le point de se réaliser. 
 
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