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Villes et territoires résilients au Colloque de Cerisy

Territoires résilients Cerisy
Dans le cadre du Colloque annuel de Cerisy, « Villes et territoires résilients » sera le thème des sept jours de réflexions et d’analyses qui vont interroger le lien entre bien-être urbain et résilience au filtre du rapport affectif et culturel accordé aux lieux. Il analysera aussi les enjeux de gouvernance et les rôles respectifs des politiques publiques, de la société civile et des individus dans une perspective d’intelligence collective. Du mardi 19 au mardi 26 septembre au Centre Culturel International de Cerisy.
Illustration : Le quai des Grands Augustins inondés  - Extrait de Paris + 2°C - commande mairie de Paris, 2010 © ET ALORS, Y. Gourvil et C. Leroux - www.etalors.eu
 
Confrontés à la mondialisation (dont l’un des aspects majeurs est l’urbanisation), les villes et les territoires s’interrogent sur leurs capacités d’adaptation face aux mutations du monde contemporain. Comment concevoir la transformation des espaces urbains, des modes de vie, des capacités d’apprentissage, des formes de gouvernance assurant des équilibres soutenables et dynamiques ? Pour aborder ces questions, la notion de résilience, utilisée dans différents domaines (biologie, psychologie ou cyndinique) et qui mobilise aujourd’hui des experts, chercheurs, citoyens et élus, paraît féconde. Il s’agit, face aux perturbations, aux chocs ou vulnérabilités qui surgissent de manière parfois imprévisible, de développer à la fois une compréhension des complexités à l’œuvre et des capacités de rebond, d’organisation, d’adaptation, d’invention.
 
Face aux mutations et aux perturbations du monde, un acte de rebondissement est toujours virtuellement possible […] Cette faculté de l’homme s’exprime le mieux dans un geste collectif. D’où l’importance du tissu urbain ou du territoire comme contexte de la première réalisation de la résilience initialement réservée à l’individu. La résilience est aussi la faculté de capter une énergie immanente en s’ouvrant aux possibilités créatrices qui se trouvent devant vous […]" Philiep BOSSIER, Président de la Société internationale d’histoire comparée du théâtre, du ballet et d’opéra (Université Paris IV-Sorbonne).
 
L’ambition de ce colloque, qui s’adresse à tous ceux que l’avenir des villes et territoires intéresse, est, par le croisement de multiples regards, de dégager des pistes de réflexion et d’action susceptibles de concourir à une résilience accrue des villes et des territoires. Dans une perspective pluridisciplinaire et internationale, il considérera plusieurs situations de chocs ou de perturbations (changement climatique, défis du développement économique et social, risques et ruptures technologiques, paramètres démographiques ou migratoires, terrorisme, gestion intelligente des ressources). Il interrogera aussi le lien entre bien-être urbain et résilience au filtre du rapport affectif et culturel accordé aux lieux. Il analysera les enjeux de gouvernance et les rôles respectifs des politiques publiques, de la société civile et des individus dans une perspective d’intelligence collective. Enfin, il identifiera des leviers et des processus aptes à améliorer la résilience territoriale face aux risques naturels, socio-économiques et technologiques.
 
Philiep BOSSIER questionnera : La résilience urbaine est-elle une perspective historique et culturelle ?
Laurent AUGUSTE posera l'économie circulaire comme ressource des territoires : « La résilience d'un territoire repose notamment sur la disponibilité des ressources stratégiques pour satisfaire à ses différents besoins (alimentation, énergie, mobilité, etc). Les territoires sont souvent fragilisés car ils dépendent d'autres écosystèmes pour fonctionner. L'économie circulaire est une opportunité pour améliorer la résilience des territoires en leur permettant notamment de devenir des territoires frugaux (par exemple, en réduisant la consommation d'énergie par une meilleure performance énergétique des bâtiments) et produisant leurs propres ressources essentielles (comme la production de matières premières secondaires ou le recyclage des eaux usées. »
Masatoshi FUNABASHI expliquera les atouts de la synécoculture comme gestion alimentaire innovante : Les développements positifs de la synécoculture seront présentés, ainsi que l'utilité des technologies de l'information et de la communication pour en soutenir la gestion. Le cadre en sera étendu au contexte de l'agriculture urbaine dans la perspective d’une nouvelle forme de résilience économique et écologique grâce à l'interaction entre la ville et l'environnement rural.
Frédérick LEMARCHAND présentera l’anthropocène comme une grande accélération pour la résilience.
Alexis DELAUNAY démontrera que l'eau devient une ressource essentielle à la résilience des territoires : Le réchauffement climatique affecte d’ores et déjà et affectera de plus en plus la quantité et la qualité de l’eau douce continentale et les écosystèmes aquatiques, notamment via l'intensité et la fréquence croissante des événements hydrologiques extrêmes, tels que les inondations et les sécheresses. L’augmentation du niveau de la mer peut entraîner des intrusions d’eaux salines dans les nappes phréatiques proches du littoral. Chaque usage devrait donc gagner en sobriété pour permettre le développement des activités économiques sans augmenter les pressions sur les ressources en eau.
Éric RIGAUD présentera les systèmes sociotechniques et la résilience : La notion de résilience désigne les mécanismes mis en œuvre par une entité pour répondre et surmonter la venue d'une situation d'adversité. Des théories de la résilience se construisent dans différentes disciplines pour caractériser les propriétés ou les dynamiques de développement de leurs objets de recherche. L'échelle sociotechnique vise à désigner les systèmes constitués de groupes d'acteurs situés dans un environnement organisationnel, culturel et technique devant accomplir un ensemble d'objectifs en interagissant avec des objets techniques. Les mécanismes de résilience d'un système sociotechnique reposent entre autres sur les interactions entre les acteurs, entre les acteurs et les systèmes techniques, entre les acteurs et leur environnement.
Sous la direction de Sabine CHARDONNET-DARMAILLACQ, Éric LESUEUR & Dinah LOUDA (Institut Veolia), Cécile MAISONNEUVE & Chloé VOISIN-BORMUTH (La Fabrique de la Cité).
 
 

Lieu :  Centre Culturel International de Cerisy-la-Salle - Le Château, 50210 Cerisy-la-Salle