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Peut-on croire aux technologies numériques vertes?

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Le terme de Green IT est apparu récemment pour mettre en avant le potentiel écologique du numérique. Mais qu’en est-il exactement et les technologies numériques sont-elles si vertes que ça ? Voici un excellent papier paru ce jour dans Le Monde.fr

Peut-on croire aux technologies numériques vertes ? Les technologies de l’information et de la communication (TIC) véhiculent une image de technologie propre. Argument avancé : la dématérialisation permise par les TIC aurait un impact environnemental positif car elle permettrait de diminuer la consommation de papier et de réduire les déplacements. Nous avons tenté d’y voir plus clair.

Les TIC ne sont pas si vertes que ça

Elles consomment de plus en plus d’énergie (13 % de la consommation française d’électricité, 2 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales, autant que le secteur aérien) et produisent des déchets difficiles à traiter. Leur production croissante provoque en effet une demande exponentielle en terres rares, un groupe de métaux indispensables pour fabriquer écrans plats, LED, téléphones… En l’absence de filière structurée, ces métaux deviennent des déchets toxiques mélangés au tout venant, avant d’être incinérés et d’être propagés dans l’environnement.

Mais le tableau n’est pas entièrement noir

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Il y a aussi de vraies mesures en faveur de l’environnement. Google, par exemple, a dépensé plus de 900 millions de dollars en 2011 dans des projets d’énergie verte : fermes éoliennes et solaires géantes, panneaux photovoltaïques sur les toits de son siège social, investissements dans des fonds d’investissements spécialisés dans l’énergie verte… Encore faut-il séparer le bon grain de l’ivraie. Car les annonces ne sont pas toutes aussi « green » qu’elles en ont l’air.

Il est important de comprendre cet écart entre discours et réalité. Pour cela, il faut analyser les enjeux portés par les multiples acteurs socio-économiques impliqués dans la définition de ce que sont les TIC vertes : producteurs, distributeurs, pouvoirs publics, associations et consommateurs. On voit alors apparaître des mécanismes de report de responsabilité entre ces acteurs : chacun dit que c’est à l’autre de faire des efforts !

Prenons les terminaux mobiles

Le besoin d’autonomie des smartphones, grâce auxquels nous pouvons désormais lire nos mails, regarder des vidéos où consulter notre agenda, a poussé les constructeurs à réduire la consommation des batteries. Une bonne chose en soi. Mais ce progrès doit être relativisé. En effet, pour parvenir à un tel résultat, les calculs sont désormais réalisés en partie sur les serveurs.

La consommation d’énergie s’est donc seulement déportée

Afin d’approfondir ce bilan, notre ouvrage « Peut-on croire aux TIC vertes » dresse un état empirique et environnemental des TIC sur la base des jeux d’acteurs socio-économiques : producteurs, distributeurs, pouvoirs publics, associations et consommateurs. Pour la plupart des acteurs, une technologie est « verte », dès qu’elle est moins polluante que les autres.

Cette définition relative n’a pas de sens par rapport à des critères biophysiques absolus

Une croissance de TIC moins polluantes continue d’augmenter la pression écologique. Résultat, on assiste à une situation schizophrène, où l’on vante les nouvelles performances des équipements pour pousser à les acheter tout en critiquant les dégâts écologiques de la société de consommation.

Docteur en philosophie des sciences et techniques (Université de Technologie de Compiègne), Fabrice Flipo est maître de conférences à TEM (Institut Mines-Télécom), où il donne des cours sur les risques environnementaux et technologiques majeurs et le développement durable. Ses recherches portent sur la crise écologique, la société de l’information la mondialisation et la modernité. Il a publié de nombreux ouvrages, Le Développement Durable, Bréal, 2011, Justice nature et liberté, Parangon, 2007, La décroissance, La Découverte, 2010 et Peut-on croire aux TIC vertes ?, avec François Deltour, Michelle Dobré et Marion Michot aux Presse des Mines, 2012.

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