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Les Français ont-ils changé leurs habitudes face au coronavirus ?

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La France n’est pas la Chine. Non pas tant par sa superficie géographique ou sa puissance économique, que par sa culture et les modes de vie comme de comportements des Français. Le coronavirus rebat les cartes de la hiérarchie des besoins, sans pour autant révolutionner les habitudes du quotidien. C’est ce que révèle une enquête Ifop* publiée ce lundi 9 mars sur l’impact du coronavirus sur la mobilité et les comportements d’hygiène et d’achats des Français. Certains rites et manquements d’hygiène de base ont la peau dure !

Selon cette étude, le coronavirus aurait un impact certain sur la fréquentation de certains lieux publics, sur les comportements et les rapports avec les autres, mais aussi sur les comportements d’achats, sans pour autant suivre les recommandations de précaution, notamment en matière d’hygiène. 

Une désaffection de certains lieux publics comme les bars ou les restaurants

Le coronavirus, en raison du climat d’inquiétude qu’il fait régner, a un impact sur la fréquentation des lieux publics considérés dans l’imaginaire collectif comme des lieux de promiscuité et/ou de contacts physiques susceptibles de favoriser la propagation du virus.
Un Français sur quatre (25%) évite de se rendre dans des lieux publics pour leurs loisirs ou leurs achats Au total, un Français sur quatre (25%) a déjà évité de se rendre dans des lieux publics pour leurs loisirs ou leurs achats (ex : magasin, restaurant, bar, sport…) à cause du coronavirus et ils sont à peu près autant (24%) à envisager de les éviter prochainement : les lieux de vie les plus impactés étant les bars (21%), les lieux d’activités de groupe (ex : sports collectifs) ou encore les restaurants asiatiques (14%).

Confirmant les résultats d’une précédente enquête de l’Ifop qui montraient notamment un fort niveau d’inquiétude à fréquenter des bars (49%) ou des restaurants (32%), cette étude montre un impact plus limité sur les déplacements professionnels (9% chez les actifs occupés) et ceux liés à des motifs médicaux chez des professionnels de santé (9%) ou dans une pharmacie (4%).

28 % des Français n’iraient pas voter aux élections municipales

Malgré l’épidémie, les élections municipales des 15 et 22 mars prochains ne seront pas repoussées. Mais le Covid-19 pourrait bien avoir des conséquences car, près de trois électeurs sur dix (28%) sont susceptibles de ne pas se rendre dans un bureau de vote pour voter aux prochaines élections municipales à cause des risques de transmission du coronavirus.

Le poids des seuls électeurs se disant « certains » de ne pas aller voter à cause du virus est certes plus restreint (16% contre 12% d’électeurs « probables » de ne pas aller voter) mais il n’en représente pas moins entre 6 à 8 millions d’électeurs si l’on extrapole ce taux sur la base des 44,3 millions d’inscrits en France métropolitaine (Source : Insee, Répertoire électoral unique, données au 14 février 2020).

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A l’heure où le report du scrutin a été rejeté par le gouvernement, la crise sanitaire liée au Covid-19 pourrait donc jouer à la baisse sur la mobilisation électorale alors même que l’abstention avait déjà atteint en 2014 le niveau record des municipales sous la Ve République (36,43% au premier tour et 38,3% au second tour).

Les électeurs les plus susceptibles de ne pas se rendre aux urnes sont surreprésentés chez les habitants de la région parisienne (25%)L’analyse détaillée des résultats montre que cette démobilisation n’affecterait pas de manière similaire toutes les catégories de l’électorat. Les électeurs les plus susceptibles de ne pas se rendre aux urnes sont surreprésentés chez les habitants de la région parisienne (25%), les cadres et professions intellectuelles supérieures (28%) ainsi que chez les jeunes de moins de 35 ans (23%) et les étudiants (29%). A l’inverse, les seniors, pourtant les plus exposés aux risques de transmission, sont moins nombreux (11%) que la moyenne (16%) à être « certains » de ne pas aller voter à cause du virus.

Enfin, politiquement, les électeurs de la droite s’avèrent les moins susceptibles de s’abstenir pour ce motif (23% à 25% des électeurs des candidats LR et DLF à l’élection présidentielle de 2017), contrairement aux électeurs situés aux deux extrêmes de l’échiquier politique qui sont beaucoup plus nombreux que la moyenne (28%) à déclarer qu’ils ne comptent pas aller voter à cause du virus (31% des électeurs lepénistes, 30% des électeurs mélenchonistes).

Des comportements d’achats type « survival »

Les Français font des stocks !La multiplication des cas de coronavirus ces derniers temps fait ainsi souffler un vent de panique au sein de l’hexagone, qui se manifeste par des comportements d’achats inhabituels de la part des Français : 26% ont déjà effectué des achats de précautions comme des pâtes, masques, gel hydroalcoolique…à cause du coronavirus et ils sont autant (25%) à envisager de s’approvisionner prochainement.

Et dans le détail des résultats, ils sont plus précisément 18% à avoir acheté plus qu’à l’accoutumée du savon ou du gel hydroalcoolique, 11% des produits alimentaires (riz, pâtes…), 8% des masques de protection et 7% des médicaments. Sur ce plan, les achats de précautions sont particulièrement le fait des jeunes de moins de 25 ans (45%), des habitants de la région parisienne (30%) et des personnes ayant des proches ayant déjà fait l’objet d’une mesure de confinement ou de quarantaine (49%).

Une grande inertie dans l’adoption des bons gestes de prévention en matière d’hygiène

Malgré le martèlement des messages de prévention sanitaire depuis plusieurs semaines, force est de constater que les mauvaises habitudes des Français en matière d’hygiène corporelle restent très similaires à celles que l’Ifop avait pu observer fin janvier avant l’éclatement de la crise.

Lavez-vous les mains ! Les Français sont loin du compte.Les Français appliquent à peine plus qu’avant les bons gestes de prévention : ils sont seulement 72% à se laver systématiquement les mains après être allés aux WC (+ 1 point par rapport au 31 janvier), 54% avant de passer à table (+ 5 points) et 47% après avoir pris les transports (+ 2 points). Et la mise en perspective historique de ces données avec celles des trente dernières années confirme l’idée selon laquelle il est très difficile d’éliminer du jour au lendemain les mauvaises habitudes en la matière.

De même, seul un quart des Français déclare se laver les mains systématiquement après s’être mouchés (25%) et 42% à penser à se couvrir avec un bras ou un mouchoir lorsqu’ils toussent ou éternuent ou à cracher dans un mouchoir unique, signe de l’impact encore limité des messages de prévention diffusés depuis des semaines sur le sujet.

91 % des Français se font encore la biseAutres rites comme la bise ou le serrage de mains… restent eux aussi encore bien ancrés dans les comportements des Français. Les recommandations des autorités sanitaires en matière de contacts physiques sont également loin de faire l’objet d’un respect strict de la part des Français : à peine un quart d’entre eux (25%) déclarent ne pas serrer la main aux inconnus pour se présenter et seulement 9% ne font pas la bise à leurs proches.

En matière de civilité, la proportion de Français s’exposant à des risques de contamination en continuant par exemple à serrer la main pour se présenter/saluer est très forte : 75% le font à des inconnus (dont 11% de manière systématique) et 85% à des proches (dont 26% de manière systématique).

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De même, faire la bise à ses proches reste un rite de salutation profondément ancré dans les habitudes des Français – 91% le font toujours dont 31% de manière systématique –, en particulier chez les jeunes de moins de 25 ans (63% la font, contre 23% des seniors) et les habitants du Sud-Ouest (53%, contre 34% des Franciliens).

Face à l’évolution inévitable de l’épidémie de Covid-19, les Français seront-ils capables de se remettre en questions ? Car il est indispensable d’adopter des gestes et des comportements individuels et collectifs susceptibles de ralentir la propagation du virus (comportements-barrière), des mesures efficaces qui étaient pratiquées dès l’Antiquité et l’ont été à grande échelle contre les vagues successives de peste noire au milieu du XIVe siècle.
Comme l’a expliqué William Dab, épistémologiste, ancien directeur général de la Santé et professeur au CNAM, dans une intervention à la TV ce mardi 10 février, « il faut adapter une discipline individuelle. Il faut respecter les mesures de distance et d’hygiène pour réussir à étaler l’épidémie dans le temps« . C’est la solution. Il faut trouver le bon dosage, la bonne recette à inventer tous les jours. Ce genre d’épidémie teste nos sociétés et nos comportements à être altruiste : « C’est l’altruisme qui est à l’épreuve dans notre pays. »

 

 

 

 

*Étude Ifop pour Charles.co réalisée par questionnaire auto-administré en ligne le 5 mars 2020 auprès d’un échantillon de 1 008 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine.

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