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L’Europe a adhéré sans réserve au mythe de l’économie libérale

Lorsque le bloc communiste est tombé, tout le monde a pu constater que sur le plan industriel, les pays libéraux étaient en avance par rapport aux pays du bloc communiste. Et certains économistes ont été confortés dans l’idée que plus on laissait l’économie en liberté, plus la prospérité grandissait, ainsi que la liberté et la démocratie. 
Les apôtres de la mondialisation pensent et veulent nous faire croire que les « lois » de l’économie libérale vont réguler le commerce mondial ! 
Mais  Edgar Morin pense, par contre, qu’il faut moraliser le capitalisme. Il souhaite « que  l’illusion créée par les économistes, que le marché peut trouver en lui-même sa régulation et la solution à tous les problèmes humains, a fait faillite depuis longtemps ». 
Grâce à une modélisation assez sophistiquée, avec des équations, les économistes nous font croire qu’ils travaillent en scientifiques… et que l’économie peut s’autoréguler. 
En fait, l’économie n’a rien d’une science, tout au plus a-t-on pu modéliser des allures de courbes, en périodes stables, mais en cas de « panique sur la bourse », la bourse et l’économie peuvent s’effondrer en un jour et aucun économiste ne peut le prévoir… aucun ne l’a jamais prévu d’ailleurs.  
Certains économistes, malgré tout, font toujours mine de penser que les lois de l’économie, comme on le croyait au XIXème siècle à propos de la gravitation, sont presque des lois naturelles. 
L’économie libérale est fondée sur un mythe qui voudrait nous faire admettre que, si l’économie est en totale liberté,  la prospérité, la démocratie vont grandir. 
Ce mythe est associé au mythe fondateur de l’OMC : libéraliser la totalité des échanges de par le monde permettrait, à chaque consommateur, de faire jouer la concurrence entre producteurs et donc d’obtenir le meilleur prix pour acheter un produit venant du monde entier. Avec une contrepartie pour les producteurs : pouvoir fournir au meilleur prix, parce qu’ils sont en concurrence, des produits à de nouveaux consommateurs dans tous pays.
C’est ce que l’Europe nous a « vendu » au moment de Maastricht en nous parlant de concurrence libre et non faussée… comme si pour acheter un produit dans un supermarché on faisait un appel d’offre et comme si le prix d’un produit n’était pas aussi le prix que les consommateurs sont prêts à le payer et comme s’il n’y avait pas une entente tacite ou non entre les fournisseurs… Comment expliquer sinon que dans Paris le marché de la place Maubert est plus cher que le marché d’Aligre !
En fait, toute l’oligarchie savait bien que l’économie sans contrainte ne fonctionnait pas pour le peuple, mais le mythe était tellement « beau » pour l’OMC et les multinationales ! Tellement facile à retenir qu’a part les « économistes atterrés », tous les journalistes et les politiques se sont mis à y croire ou à faire semblant d’y croire. 
Ce serait tellement beau si les patrons, en totale liberté, inventaient pour le bien-être de l’humanité des produits utiles et durables, vendus au juste prix leur permettant de bien payer leurs employés et d’être justes, tolérants et pas trop exigeants sur leurs propres salaires. Des patrons comme cela il y en avait au début de l’ère industrielle. Monsieur Godin, l’inventeur des poêles en fonte éponymes, en était un exemple. Mais Monsieur Godin est mort en 1888 et on le cite toujours comme le « patron éclairé » alors que ça se passait il y a plus d’un siècle. Monsieur Godin avait une haute idée de son rôle social, il travaillait pour la collectivité. Il avait adopté les théories de Charles Fourier et lorsqu’il s’installa à Guise pour fabriquer ses poêles, il développa une usine moderne et construisit en plus un lieu de vie pour ses ouvriers le « familistère », un ensemble immobilier de 450 logements avec des parties communes, un théâtre, une piscine, un magasin général, une buanderie …Il faisait ce que devraient, au moins, faire les élus. Il pensait au bien commun !
 
Depuis quelques années les patrons français du CAC40 se font payer en moyenne 4,2 millions d’euros… (1) On peut dire qu’ils ont perdu le sens du bien commun et qu’ils sont âpres au gain.
On a oublié en créant le mythe de l’économie libérale que l’économie n’a pas de morale, elle n’a d’ailleurs aucune raison d’en avoir, sa seule raison d’être est de favoriser l’enrichissement des personnes qui placent leur argent dans les produits de l’économie. Actuellement, l’oligarchie qui a l’argent et tous les pouvoirs en main, n’a pas de moralité du tout. On ne peut pas espérer que l’économie libérale, les banques et les multinationales et les milliardaires américaines penseront au reste de l’humanité, on ne l’a jamais vu dans le passé… Il ne faut pas y croire pour l’avenir ! 
 
La politique pourrait compenser cette absence de morale, car elle est censée représenter et porter la voix des citoyens, nous tous. Par contre, nos gouvernements qui sont censés nous représenter, l’oublient trop souvent,  « dans la vrai vie » ! Ils oublient souvent leurs beaux discours, rédigés et répétés avec des communicants et ce sont les multinationales, grâce aux lobbyings, qui dictent les règles. En fait, actuellement, la politique fait encore un succès d’audience car les citoyens pensent qu’ils sont gouvernés par une élite… mais lorsqu’ils s’apercevront que les hommes qui nous gouvernent ne sont pas plus intelligents ni mieux informés que nous (qui pouvons nous informer sur internet)… Lorsque les citoyens s’apercevront que dans sa grande majorité nos hommes politiques ne lisent pas, ne travaillent pas beaucoup, et ne connaissent pas grand chose… la révolution ne tardera pas !
Dans les états nations comme la France, le Japon, l’Allemagne, mais aussi les regroupements d’états comme l’Europe (2) , le G8, la Cop21, plus personne ne contrôle l’économie mondialisée. Comment pourront–ils contrôler la répartition des productions et consommations et les ressources terrestres pour éviter qu’on ne les épuise, comment contrôler les émanations de CO2 ? Il n’y a pas de régulation mondiale et pas de contrôle des transferts des ressources, ni des produits, ni des transferts d’argent. 
D’ailleurs, on appelle encore économie, ce système bizarre qui  cherche à nous transformer tous en consommateurs forcenés de biens qui ne durent pas. Ce terme économie, pour désigner cette discipline financière est antinomique car, en réalité, l’économie sacralise les gains et l’amoncellement de richesses. Le banquier Georges Banks le préconisait dans le film Mary Poppins mais à cette époque-là on n’avait pas compris que les ressources de la terre n’étaient pas infinies !
L’Europe ne légifère pas en dehors de la sacro-sainte liberté de la concurrence…qu’elle a, comme l’OMC, instauré en principe avec des sanctions à la clé si un pays, une entreprise ou un groupe d’entreprises ne le respectent pas.

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