Les Français ne font pas confiance au gouvernement pour affronter l’urgence climatique

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Alors que huit sur dix des Français se déclarent concernés par le développement durable, 6 % seulement d’entre eux font confiance dans l’action des gouvernements pour répondre à l’urgence climatique. C’est ce que révèle un sondage IFOP/ilek publié aujourd’hui.

Premier constat, 82% des sondés sont concernés par le développement durable. Un chiffre aligné sur la prise de conscience globale des français des impacts sociaux-économiques et environnementaux néfastes du changement climatique. En termes de profils types, les CSP+ et les populations diplômées à hauts revenus (91%) sont plus concernés par cet enjeu que les ouvriers (71%).

Les citoyens : les acteurs les plus à même d’agir en faveur de l’environnement

Deuxième clé de compréhension, les français considèrent que les citoyens (37%) sont en première ligne pour lutter contre le changement climatique, suivis par l’état (25%), lesentreprises (20%) et les ONG (12%). Alors même que l’état est identifié comme le deuxième acteur pouvant agir en faveur du développement durable, l’action des gouvernements en matière écologique est jugée plutôt inefficace par les sondés, avec une note moyenne de 4,5 sur 10. Les citoyens (94%) se montrent peu convaincus par la capacité des gouvernements à être moteur de changement pour enclencher les profondes mutations de la société postcarbone de demain. Plus précisément, l’étude révèle que seuls 6% des sondés ont déclaré faire “tout à fait confiance” aux gouvernements, suivis par 14% qui n’ont pas du tout confiance et 33% qui n’ont pas confiance. Analysés sous l’angle des profils des sondés, les 65 ans et plus (39%) sont les moins confiants dans l’action gouvernementale alors que les femmes sont plus pessimistes que les hommes (38% vs 28%).

Portrait-robot des Français engagés dans le développement durable

8/10 sondés s’investissent déjà dans certaines actions nécessitant peu de temps et d’argent

Lorsque ces résultats sont analysés par le prisme des actions, l’étude dresse le portrait-robot d’un engagement environnemental caractérisé par, d’un côté, un volontarisme envers les actions peu impactantes pour le pouvoir d’achat et non chronophages et de l’autre un activisme modéré à faible pour les actions demandant davantage de temps et d’argent. Plus s’investir requiert un effort considérable, plus l’écart entre intention et réalisation se creuse.

Parmi les illustrations de l’étude venant appuyer ces conclusions, le tri sélectif des déchets (88%) est bien ancré dans les habitudes de vie des citoyens, comme le parti-pris des français d’éviter le consumérisme (80%) au profit de l’économie circulaire.

Ces deux actions sont de loin les plus plébiscitées. En matière de mobilité douce, les Français (58%) limitent déjà leurs déplacements en avion au profit d’alternatives plus écologiques. Alors que le recours à l’achat de vrac ou de produits réutilisables demande plus de logistique et de disponibilité, ils sont déjà 43% à être engagés dans cette voie. Enfin, 30% des sondés privilégient les énergies vertes pour leur foyer et 57% se disent prêts à passer ce cap “vert”.

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2 Français sur 10 seulement engagés dans des actions terrains

À l’inverse, lorsque le ratio contrainte/coût s’accroît, comme dans le cas des actions ayant trait à la consommation uniquement de produits made in France (38%) ou au renoncement au véhicule personnel (36%), ces dernières suscitent une moindre adhésion. Plus précisément, selon l’étude, le passage à l’action est faible dès lors qu’il s’agit de s’investir sur le terrain (22%) ou de donner de l’argent à des associations (16%). Selon le dernier critère, les retraités (22%) sont ceux qui donnent le plus en faveur du développement durable.

Pouvoir d’achat : le principal frein au développement durable

Si les leviers de changement de comportement sont nombreux, ils relèvent pour la plupart de la carotte ou du bâton. Au-delà des injonctions de type « y-a-qu’à » et « faut qu’on », des clivages émergent. Premier constat, 37% des sondés ont peur que le développement durable impacte leur pouvoir d’achat. Parmi les autres freins cités : 26% déclarent manquer de temps pour s’y engager, 22% considèrent que leurs actions ne changeront rien, 19 % ne savent pas comment s’y prendre et 7% ne souhaitent pas consacrer plus d’efforts à la lutte contre le changement climatique. Lorsque ces résultats sont analysés par le prisme générationnel : les 25-34 ans (48%) sont les plus inquiets quant à leur pouvoir d’achat et les 18-24 ans (46%) sont ceux qui manquent le plus de temps. Enfin, les 65 ans et plus, davantage défaitistes (31%) sur la possibilité de changer la donne y consacrent le moins d’efforts (13%).

Focus sur les jeunes adultes écolos mais en proie au consumérisme

Si l’étude illustre que les 18-24 ans sont plus concernés (88%) que leurs aînés (17% des 65 ans et plus) par le développement durable, ils ont moins tendance à réaliser les gestes écologiques simples qui ne demandent pas ou peu d’efforts financiers ou de temps. S’ils font preuve d’un fort activisme, les jeunes adultes quoique très sensibilisés et informés, cèdent encore beaucoup aux sirènes du consumérisme. S’ils sont inquiets pour le climat, c’est surtout pour motif financier (33%) ou par manque de temps (46%) qu’ils ne passent pas davantage à l’action. Le sondage révèle plus précisément que 69% trient leurs déchets systématiquement, que 55% (vs 85% pour leurs aînés) évitent de surconsommer et que 40% se sont mis au vrac.

En revanche, seuls 23% consomment uniquement du Made in France et 31% ont recours à des énergies vertes pour leur logement. Constat surprenant concernant le volet des nouvelles mobilités, 60% limitent déjà leurs déplacements en avion au profit de moyens de transport plus écologiques et 41% renoncent déjà à utiliser leur véhicule personnel. A contrario, seuls 26% d’entre eux prennent part à des actions terrains et uniquement 13% font des dons à des associations.

Cette étude nous donne une photographie d’une France engagée en faveur du développement durable qui plébiscite les citoyens comme principales parties prenantes du changement. Cependant malgré ce volontarisme, il nous reste du chemin à parcourir pour verdir nos modes de vie. En d’autres termes nos concitoyens ont entre leurs mains un potentiel considérable à mettre en action pour sauver la planète » commente Rémy Companyo, cofondateur d’ilek , le fournisseur d’électricité verte et de gaz bio 100 % made in France.

Methodology : L’enquête a été menée dans toute la France auprès d’un échantillon de 1001 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 21 au 24 août 2020.

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