RGPD

Despite the RGPD, 70 % of the French feel digitally insecure

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On Friday 25 May, the European General Regulation on the Protection of Personal Data (GDPSR) will enter into force throughout the European Union. A text that has been hard fought to preserve the personal data of Internet users. Despite this progress, the vast majority of French people still feel unsafe in the digital world.
 
Ae nouveau cadre règlementaire a été arraché par l’Union européenne contre les géants du web, grâce à la ténacité de la Commissaire européenne à la Concurrence, la danoise Margrethe Vestager. Ce texte devrait apporter davantage de protection aux internautes européens en leur donnant plus de contrôle sur leurs données numériques.

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Ce RGPD est promulgué dans un contexte délétère pour les géants de l’Internet. L’affaire Facebook Cambridge Analytica a été un détonateur puissant révélant la fragilité de la protection des données privées que les grandes plateformes obtiennent de nous. En même temps, l’opinion publique apprenait chaque jour de nouveaux piratages massifs de données personnelles dans des entreprises que l’on croyait imprenables comme Google, Yahoo ou Twitter.
 
Le scandale de l’utilisation de nos données personnelles s’accompagnait ainsi d’un sentiment de défiance sur la sécurité minimum que l’on est en droit d’attendre de colosses des nouvelles technologies. Colosses aux pieds d’argile, soumis aux questions de l’opinion et des autorités politiques.

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Insécurité

Il n’en faut pas plus pour ancrer un sentiment d’insécurité durable. C’est le premier enseignement d’un poll que vient de réaliser BVA pour la presse régionale*. Selon cette étude, 71 % des français se disent fortement préoccupés par le piratage de leurs données personnelles.
Qu’il s’agisse de leurs coordonnées personnelles (78%) ou de leurs documents privés (photos, vidéos…) (67%), la majorité des Français se montrent inquiets quant à la protection de leur vie privée sur Internet. 70 % considèrent qu’aujourd’hui la confidentialité de leurs données personnelles sur Internet n’est pas correctement assurée.

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Le sondage montre un important clivage générationnel sur ces questions : 74 % des plus de 50 ans se disent inquiets sur la confidentialité de leurs données quand les moins de 35 ans se disent confiants à 34 %. 84 % des plus de 65 ans sont inquiets pour leurs données personnelles et 71 % des plus de 50 ans sur leurs documents personnels. Des taux qui peuvent s’expliquer selon le quotidien La Dépêche, l’un des commanditaires de l’étude, par la hausse des tentatives d’hameçonnage (phishing) par courriel, qui, depuis plusieurs années, font beaucoup de victimes chez les seniors. A contrario, plus à l’aise avec les outils numériques, 42 % des 25-34 ans estiment que leurs documents personnels ont une confidentialité bien assurée sur internet.
 

Défiance

Le sentiment général d’insécurité se double d’un sentiment de défiance. En effet 77 % des personnes interrogées dans le sondage se déclarent inquiets concernant la manière dont les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) utilisent leurs données personnelles.
Une défiance liée sans doute à la taille et l’influence démesurées qu’ont prises ces organisations. Selon cette étude, près d’un Français sur deux estime que ces géants du web ont plus de pouvoir que les États (47%) et plus d’un tiers qu’elles sont tout aussi puissantes (35%).
Une opinion partagée par plusieurs organisations, élus et eurodéputés qui, lors de l’audition à Bruxelles  de Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, ont demandé le démantèlement du monopole du réseau social.
 

Servitude volontaire

Les internautes changeront-ils pour autant leurs comportements dans leur pratique d’Internet ? Rien n’est moins sûr. Après l’énorme scandale Cambridge Analytica, les internautes ont-ils fui Facebook ? Pas du tout. Au contraire, fin avril, le nombre de personnes connectées au réseau social a augmenté de 13% pour atteindre désormais 2,2 milliards d’utilisateurs. La raison est relativement simple. Face au bénéfice immédiat que les internautes estiment tirer d’une plateforme devenue indispensable, les risques sont relégués dans un futur lointain. L’emprise de ces entreprises est telle que les internautes se disent : au fond je n’ai pas confiance, mais je reste quand même. Une forme de résilience ou de servitude volontaire qui fait la force de ces entreprises géantes du web.
 
La force aussi de certains États comme la Chine. Impossible en effet de ne pas penser à ce qui s’y passe en ce moment. Alors que l’Europe mène un combat légitime pour la protection de nos données personnelles et de notre vie intime, le gouvernement chinois emprisonne ses citoyens dans une société de surveillance où la vie privée se réduit comme peau de chagrin.

READ UP : China's ultra-high-tech police surveillance arsenal and Chinese workers are the most monitored in the world. Even their emotions are controlled in real time

Une société à la Big Brother, finalement acceptée bon gré mal gré par la population. Là est le grand risque : l’acceptation aux emprises, qui devient vite une habitude addictive.
 
 
*La cinquième vague de l’« Observatoire de la vie quotidienne des Français » a été réalisée par Internet, du 7 au 9 mai 2018, auprès d’un échantillon de 1 200 personnes représentatif de la population française, âgée de 18 ans et plus. La marge d’erreur est de 2,3 points.
 

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