Malala Andrialavidrazana : Carte blanche à la Cité de l’Économie

Malala Andrialavidrazana - Figures 1889, Planisferio, 2015 - Impression pigmentée sur coton Hahnemühle - 110 x 137,5 cm.

Pour sa première exposition d’art contemporain présentée au sein de ses différents espaces, la Cité de l’Économie donne carte blanche à l’artiste Malala Andrialavidrazana, représentée par la galerie Caroline Smulders, du 21 octobre au 10 novembre 2019. Une exposition proposée dans le cadre de Paris Photo 2019.

Malala Andrialavidrazana s’est fait connaître par ses photographies qui sondent les liens entre histoire personnelle et identité culturelle, intimité et universalité, et soulignent le contraste entre la perception du monde par l’Occident et par les pays du Sud.

Dans sa série d’œuvres Figures qu’elle entame en 2015, l’artiste explore les possibilités du collage photographique pour interroger l’héritage visuel de l’époque coloniale et son impact sur notre perception du monde. En superposant des fragments d’images issus de différentes époques comme des billets de banque, cartes géographiques, pochettes de disques, etc., elle aborde les sujets de l’altérité, du métissage culturel ou encore la nécessité de remettre en question les préconceptions provenant d’un imaginaire « eurocentré ». Elle propose ainsi une forme de décolonisation par l’image, toute en allusion et en poésie.
À l’occasion de l’accrochage de dix œuvres de la série Figures à la Cité de l’Économie, l’artiste invite à croiser les regards, ceux de la représentation du monde et des sociétés, véhiculée par les billets de banque : une correspondance entre les photographies de Malala Andrialavidrazana et ses échos dans la collection numismatique de Citéco.

Malala Andrialavidrazana, « River Systems of the World », 2018. © Courtesy galerie Caroline Smulders

La série Figures

Le travail de Malala Andrialavidrazana dans la série Figures (2015 – ) est enraciné dans une pratique de collecte et d’accumulation. Depuis le début de sa pratique artistique, elle amasse en quantité cartes anciennes, timbres, billets de banque et autres albums illustrés. Le point de départ de chaque œuvre dans cette série est une carte ancienne, que Malala Andrialavidrazana transforme grâce à une technique méticuleuse de photomontage. Un bout de billet de banque, un timbre, une gravure, tous ces éléments s’entrelacent et viennent se fondre ensemble pour créer une image élégante qui transcende la simple technique du collage. Les cartes anciennes se trouvent subtilement et radicalement retravaillées, mettant à jour la problématique de l’eurocentrisme qui les structure ; l’artiste se les réapproprie et les subvertit afin de nous donner à voir leur contenu politique sous-jacent.

Le travail de l’artiste explore une histoire et un présent violent, mais aussi une approche où domine l’omission systématique de visions préexistantes ou alternatives de ce monde : plus particulièrement des techniques de cartographie alternatives nous montrant un point de vue différent à propos du territoire de sa superficie, de ses habitants, des richesses / possessions par ceux qui les détiennent.

Une artiste engagée dans les problématiques de l’Histoire

À travers le médium photographique, la pratique de Malala Andrialavidrazana interroge les barrières et les interactions existant dans un contexte interculturel, passant de manière réfléchie entre son histoire personnelle et des considérations historiques afin d’explorer des imaginaires sociaux.
Au fil du temps, elle a inventé un langage dont l’approche est résolument tournée vers l’histoire, tout en témoignant d’un profond engagement vis-à-vis des problématiques et développements contemporains. Fondée sur de nombreuses recherches en archives in situ, bibliographiques, ses compositions visuelles ouvrent la voie à des formes alternatives de narrations, qu’elles soient formelles ou historiques.

Andrialavidrazana est diplômée de l’école d’architecture de La Villette (Paris) en 1996. Sa série d’Outre-Monde a été récompensée par le prestigieux prix HSBC pour la photographie et a été publiée par la célèbre maison d’édition Actes Sud en 2004. Elle a reçu le soutien conjoint de l’Institut français et du Conseil national des arts d’Afrique du Sud pour sa série Echoes (from Indian Ocean), publiée en 2013 par Kehrer Verlag.

Au cours des dernières années, les œuvres d’Andrialavidrazana ont été exposées à de nombreuses reprises, notamment aux rencontres de Bamako (Mali 2015), au Musée d’histoire naturelle du Havre (France 2016), à la galerie Kehrer (Berlin 2016), à la Biennale internationale de la photographie et de la vidéo de Changjiang (Chonqing, Chine 2017)  ; au Kalmar Konstmuseum (Kalmar, Suède 2017)  ; au PAC Milano (Milan 2017) ; à la Biennale de Lyon (Lyon 2017) ; à la Biennale d’Irlande (Dublin 2018) ; au Lagos Photo Festival (Lagos 2018)  ; Volcano Extravaganza (Stromboli, Italie 2018) ; Aperture’s 66th anniversary (New York 2018) ; Les Abattoirs (Toulouse 2019) ; Museo Civico Archeologico (Bologne 2019) ; Aperture Foundation (New York 2019).

Exposition « Malala Andrialavidrazana : Carte blanche à la Cité de l’Économie » du 21 octobre au 10 novembre 2019 à CITÉCO, la Cité de l’Économie 1, place du Général-Catroux 75017 Paris

www.citeco.fr

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