Et si le vivant était anarchique

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Et si le vivant était anarchique – La génétique est-elle une gigantesque arnaque ? de Jean-Jacques Kupiec – Edition Les Liens qui libèrent (LLL), octobre 2019 – 256 pages

Le gène déterminerait-il l’essentiel des caractéristiques physiques et psychiques de l’individu ? C’est en tout cas ce que proclame la génétique depuis des décennies. Jean-Jacques Kupiec, l’auteur du best-seller « Ni Dieu ni gène » (avec Pierre Sonigo, Edition du Seuil), remet en cause cette affirmation en démontrant le rôle central du hasard face au déterminisme. Pour qu’enfin soit reconnue la part anarchique du vivant.

L’idée de la génétique est très simple : les caractéristiques des êtres vivants sont transmises des parents aux enfants par des entités appelées « gènes » qui les représentent. Dès le début du XXe siècle une multitude de faits ont validé ce credo. Mais au lieu de le laisser tomber, les généticiens ont naïvement essayé de » le sauver en rajoutant des facteurs supplémentaires comme l’influence de l’environnement.

Pour l’auteur, une révolution est nécessaire dans les sciences du vivant. La génétique – fondamentalement déterministe – ne tient pas la route face à la somme des données expérimentales démontrant que le hasard est omniprésent dans le vivant, y compris dans le fonctionnement des « gènes ». La génétique, que ce soit dans sa version forte (un gène détermine un caractère d’un être vivant) ou dans sa version adoucie appelée « épigénétique » (le déterminisme du gène est tempéré par d’autres facteurs, dont l’environnement), est ainsi ébranlée dans son fondement : le désordre règne là où était censé régner un programme. Mais plutôt qu’abandonner cette théorie erronée, les biologistes pratiquent un double discours qui consiste à osciller en permanence entre les deux versions de la génétique (forte et adoucie), ce qui a pour effet de la transformer en une idéologie infaillible.

Pour sortir de cette impasse, l’auteur explique qu’il est temps d’accepter la part anarchique du vivant, c’est-à-dire la variation aléatoire qui en est la propriété première, et d’en tirer les conséquences. Il n’existe aucun ordre biologique intrinsèque qui déterminerait la vie. Les êtres vivants ne sont pas des sociétés centralisées de cellules obéissant aux ordres du génome ou de l’environnement, mais des communautés de cellules anarchistes, libres et actrices de leur destin, grâce au hasard qu’elles utilisent à leur profit. Ni gène, ni environnement, une nouvelle voie s’ouvre ici à la recherche biologique.

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Jean-Jacques Kupiec (Docteur en biologie, Habilité à diriger des recherches) a d’abord pratiqué la biologie moléculaire en tant qu’ingénieur de re­cherche à l’Inserm. Il a, entre autres, cloné et séquencé plusieurs génomes viraux. Il a ensuite créé et encadré pendant quinze ans le séminaire d’his­toire et philosophie de la biologie au Centre Cavaillès (ENS). Il est l’auteur d’une théorie qui a conduit à des expériences démontrant le rôle crucial joué par le hasard dans le développement embryonnaire.

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