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Quels enjeux pour le gaz dans la transition énergétique ?

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Les Assises européennes de la transition énergétique auront lieu à Genève les 30, 31 janvier et 1er février 2018. Pour aborder cette importante rencontre, Green Cross France et Territoires propose ici une tribune de Nicolas Imbert, Directeur exécutif de Green Cross France et Territoires, sur le thème « Solidarité entre énergies : Entre optimisation des renouvelables, stockage, distribution et mobilités, comment le gaz peut accélérer la transition énergétique sur le territoire ? ».
 
La transition énergétique est l’affaire des territoires, et de celles et ceux qui les vivent au quotidien. Les dogmes, idées, tendances sont plus que jamais confrontés au réel, à la réalité des infrastructures et potentiels, propres à chaque territoire.
Il s’agit également des compétences et savoir-faire, des capacités de mobilisation humaine, économique et financière propres aux acteurs du territoire, et de leur possibilité de se réunir pour servir les besoins du quotidien. Nous parlons d’habiter, de se nourrir, de se déplacer, mais aussi d’apporter les outils industriels et économiques qui assurent le rayonnement des territoires.
 
Une transition territoriale heureuse nécessite plusieurs atouts : d’une part la résilience, d’autre part la versatilité permettant de satisfaire les besoins énergétiques de la population à long terme malgré un avenir énergétique mal connu et probablement diversifié, et enfin l’accessibilité qui facilitera la mise en place dès maintenant des outils nécessaires avec les technologies disponibles aujourd’hui afin de préparer un demain non encore complètement défini avec ce qu’il est possible de faire maintenant.
 
« Le gaz est un allié stratégique aussi utile que discret dans la transition énergétique des territoires. »
 
Pour se faire, le gaz est un allié stratégique aussi utile que discret dans la transition énergétique des territoires : il permet dès maintenant une mobilité plus propre y compris en mettant à niveau le parc automobile, maritime et fluvial déjà existant, le réseau existant est performant, agile et durable, il permet le stockage de l’énergie, et sa combustion est propre. C’est un moyen de stockage, de production de chaleur, de froid et d’électricité performant. Il accélère la mise en place concrète de l’économie circulaire, que ce soit en zone urbaine ou rurale, sur des territoires insulaires ou isolés comme dans les mégapoles.
Pourtant, ce vecteur de transport de l’énergie est encore trop méconnu, alors même qu’il est largement opérationnel de par le monde, et peut incorporer de nombreuses sources de gaz, passant progressivement du gaz fossile au gaz renouvelables.
 
Comment peut-on, de manière programmatique, faire du gaz un accélérateur de la transition énergétique sur les territoires ? C’est la question que se sont posés les membres du think-and-do tank « énergie, ville durable et économie circulaire » de Green Cross, afin de concilier les visions d’experts de la transition énergétique, de représentants des collectivités, consommateurs, usagers des territoires, en se basant en particulier sur des exemples qui marchent soit près de chez nous, soit de manière plus lointaine, et en cherchant son inspiration dans les solutions existantes, au Nord comme au Sud.
 
Ils ont ainsi identifié quatre axes de développement prioritaires, pour un impact maximal : la mobilité, les bâtiments et infrastructures industrielles, la biomasse l’alimentation et les déchets, et la transition écologique de l’économie. Concernant la mobilité, il s’agit de compléter le développement existant de l’électrique pour le véhicule particulier par un transfert au gaz des flottes existantes pour le transport de marchandises, ainsi que les bus qui peuvent être selon les circonstances en motorisation gaz ou hybride gaz, mais aussi de développer de manière forcenée le transfert du pétrole vers le gaz des navires de transport de personnes et de marchandises.
 
La transition pour les bâtiments et infrastructures industrielles est principalement l’affaire de la réglementation thermique et des politiques fiscales, mais passe aussi par la mise en place de démonstrateurs industriels Power-to-Gaz permettant de stocker l’énergie produite par les renouvelables en excédant de la consommation nécessaire, de la faire circuler dans le réseau gazier et de la remettre à disposition plus tard.
C’est également un formidable levier pour intégrer dans un système opérationnel les initiatives pilotes liées à la captation de CO2 industriel, à l’économie hydrogène et à l’algoculture. La transition pour la biomasse, l’alimentation et les déchets pourra permettre une mutualisation et une production de gaz issue de biomasse dans le respect des écosystèmes, via des démonstrateurs opérationnels de 2ème et 3ème génération, mais aussi là où c’est pertinent des démonstrateurs industriels de pyrogazéification, y compris à base de CSR lorsque toutes les autres options de valorisations ont été entreprises.
 
Tout ceci est possible dès maintenant, mais ne prend sa pleine pertinence économique que si le cadre économique limite les subventions aux carburants et agrocarburants à externalités négatives, et si l’assiette de la contribution climat-énergie intègre sur le même plan que les autres énergies, qu’il s’agisse d’électricité ou de pétrole, et s’accompagne d’une fiscalité carbone à même de transformer les comportements et d’encourager l’efficacité énergétique.
 
Ce sont donc en particulier ces différents points qui seront présentés aux Assises Européennes de l’Energie, dans la perspective d’enrichir et de partager par une mise en débat et en proposition d’une note précise, dont une version de travail est disponible ici.
 
Nicolas Imbert, Directeur exécutif de Green Cross France et Territoires

 
 
 

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