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Glyphosate : les autorités européennes ont repris mot pour mot les rapports de Monsanto pour autoriser le pesticide

épandage de glyphosate
Du plagiat pur et dur. En matière de littérature, ce n’est pas très joli, mais en matière de santé publique, c’est gravissime. En 2017, l’Union européenne a prolongé de 5 ans l’utilisation du glyphosate, le célèbre herbicide de la firme Monsanto/Bayer. Cette autorisation résulte d’un rapport d’expertise qui a plagié quasiment l’intégralité d’un document rédigé par Monsanto pour l’occasion.
 
Le journal Le Monde révèle en effet que l’Institut fédéral d’évaluation des risques allemand (Bundesinstitut für Risikobewertung, ou BfR), mandaté par l’Union européenne pour produire une expertise sur le glyphosate a commis un plagiat d’une extrême gravité. Il a copié souvent mot pour mot plus de 4000 pages du dossier d’homologation du glyphosate transmis aux autorités européennes par Monsanto et ses alliés industriels Or c’est sur la base de ce rapport du BfR que l’autorité européenne de sécurité des aliments, l’EFSA, a conclu contre toute attente que le produit n’était pas un danger pour la santé humaine et a recommandé la prolongation de son autorisation.
 
Le plagiat a été mis à jour par deux chercheurs allemands Stefan Weber et Helmut Burtscher. Ceux-ci affirment que le rapport du BfR est le fruit de plagiats à plus de 50 % et de copiés-collés à plus de 70 % des documents émis par Monsanto. Une copie servile qui a permis de mettre sur la touche toutes les études indépendantes mettant en évidence la nocivité du glyphosate. 72 % du chapitre consacré à l’état de la recherche et aux études indépendantes publiées dans la littérature scientifique provient de Monsanto. De plus, le Bfr a recopié intégralement toutes les données statistiques et les tableaux fournis par la firme phytosanitaire, désormais filiale de Bayer, présentant ainsi et ne varietur, des informations parfaitement contradictoires avec les standards d’expertise recommandés par l’OCDE notamment.
 
Une tricherie grave qui a permis à l’industriel controversé et à ses lobbies d’obtenir un sursis, le temps de mettre au point, fabriquer et distribuer de nouveaux pesticides. C’est le cas du dicamba de Monsanto qui commence à faire des ravages aux Etats-Unis en attendant de s’implanter en Europe. On comprend mieux comment, en trichant et en corrompant les autorités sanitaires, les industriels véreux du phytosanitaire s’implantent et se rendent indispensables auprès des agriculteurs, dans le plus absolu mépris de la santé du public.
 

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Bruno Lemaire
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