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Fruits et légumes : état des lieux sur les résidus de pesticides

alimentation et pesticides
Après une première édition en février 2018, l’ONG Générations futures a publié ce jeudi 6 juin un nouveau rapport sur les résidus de pesticides dans les fruits et les légumes consommés en France, élaboré sur la base de 13 300 données officielles produites par la Direction Générale de la Répression des Fraudes (DGCCRF) de 2012 à 2017. Des résultats sans appel : sur cinquante végétaux, 71,9 % des échantillons de fruits et 43,3 % de légumes contiennent des résidus de pesticides ; 2,9 % des fruits et 3,4 % des légumes testés dépassent les seuils légaux autorisés. Selon la fameuse recommandation, « pour être en bonne santé, il faut manger cinq fruits et légumes par jour ». Oui, mais est-ce toujours d’actualité aujourd’hui, si on ne passe pas par le bio ?
 
Dix-huit fruits et trente deux légumes qui ont pu être analysés sur une période de six années. Comme d’habitude, chaque année, la DGCCRF réalise des plans de surveillance destinés à contrôler la présence de résidus de pesticides dans les fruits, légumes, céréales, infusions ou encore dans les aliments pour bébé. Les résultats détaillés de ces plans ne font néanmoins pas l’objet d’une diffusion vers le grand public et sont peu utilisables tels quels par les consommateurs. Générations Futures a donc souhaité, avec ce second rapport (1), permettre à l’ensemble des consommateurs d’accéder à une information officielle, complète et à jour, sur la présence de pesticides dans les fruits et légumes non bios, vendus et consommés en France. En effet, la présence de résidus de pesticides dans les fruits, légumes et céréales apparaît au tout premier rang des préoccupations en matière de risque alimentaire en Europe.
Pour fournir des résultats significatifs, l’association n’a retenu que les végétaux analysés au moins cinq années sur six. Voici donc les deux principaux classements.
 

Résultats

Présence de résidus de pesticides : Valeurs moyennes pour les fruits et légumes
Sur les six années, ce sont en moyenne 71,9% des échantillons de fruits qui contenaient des résidus de pesticides avec 2,9% de dépassement de la Limite Maximale en Résidus (LMR). Pour les légumes, la moyenne est de 41,3% des échantillons concernés et 3,4% de dépassement de LMR.
 
Présence de résidus de pesticides quantifiés : Valeurs détaillées par fruits et légumes
  • La cerise (pour 89% des échantillons), la clémentine/mandarine (88,1%), le raisin (87,3%), le pamplemousse/pomelos (86,3%), les nectarines/pêches (83%), les fraises (82,9%), et les oranges (81,2%) sont tout en haut du classement pour la présence de résidus de pesticides quantifiés dans les échantillons analysés par les fraudes entre 2012 et 2017. Les fruits qui sont les moins concernés par cette présence de résidus de pesticides sont les prunes/mirabelles (50,8%) suivis des avocats (27,8%) et des kiwis (25,8%).
S’agissant d’abord des fruits, sur l’ensemble des échantillons analysés, 71,9 % d’entre eux contenaient des résidus de pesticides quantifiables
 
  • De la même manière pour les légumes, ce sont les céleris-branches (84,9%), le céleri-rave (82,5%), les herbes fraîches (69,3%), les endives (67,2%), ou encore les laitues (66,5%) qui se retrouvent dans le haut du classement pour la présence de résidus de pesticides quantifiés sur cette période. En fin de classement, pour cette présence des résidus de pesticides, on trouve : les betteraves (6,9%), les madères/ignames (3,7%), les asperges (2,1%) et enfin le maïs doux (0,8%). Voir ci-dessous.
S’agissant ensuite des échantillons de légumes évalués, 41,3 % d’entre eux contenaient des résidus de pesticides quantifiables
 
Quid des limites maximales en résidus ?
Concernant les dépassements des limites maximales en résidus de pesticides, ces seuils légaux fixés par l’UE et qui ne doivent pas être dépassés, la palme revient :
  • Pour les fruits, aux ananas (9,6% des échantillons), suivi des cerises (5,2%), des kiwis (4,2%), des pamplemousses/ pomelos (4,2%) et des clémentines/mandarines (3,9%).
 
  • Pour les légumes, ce sont les herbes fraîches qui dans 21,5 % des cas présentent des dépassements de LMR, suivi du céleri-branche (15,7%) puis du céleri-rave (10,8%) et des navets (8,8%).
 
  • Enfin, dans les légumes, l’ail, le maïs, la pastèque et les potirons ne présentent aucun dépassement de LMR. En revanche, pour les fruits, tous ont été concernés par des dépassements de LMR.

Plus de transparence sur les produits consommés

Après la publication du précédent rapport de Générations Futures sur les résidus de pesticides en 2018 (1), des professionnels avaient regretté que ce travail ne présente pas des données selon la zone de production des végétaux : France, UE, hors UE. A l’époque, ils ne pouvaient pas réaliser ce type de présentation car les données fournies par la DGCCRF ne contenaient pas les éléments nécessaires. L’association leur a donc demandé la transmision de ces données, mentionnant les lieux de production des denrées analysées en 2018 et en 2019. Aucune réponse à ces demandes à ce jour.
De même, l’association souhaitait pouvoir accéder aux données brutes afin de connaître le détail des molécules retrouvées et le nombre de résidus par échantillons, informations qui font aussi défaut. Gageons que ces éléments pourront être récupérés pour la mise à jour du prochain rapport en 2021.
 
« Nous espérons que ce nouveau rapport apportera toutes les informations que les consommateurs français attendent sur la réalité de la présence de résidus de pesticides chimiques de synthèse dans leurs fruits et légumes non bios. » déclare François Veillerette, Directeur de Générations Futures « Bien sûr il faut encourager la consommation de fruits et de légumes. Mais aujourd’hui les consommateurs veulent bénéficier de leurs bienfaits sans avoir à ingérer en même temps des résidus de pesticides aux propriétés inquiétantes. Au-delà de constituer une source d’information utile au consommateur dans ses choix, nous souhaitons que ce rapport permette à tous de prendre conscience de la nécessité de changer les pratiques agricoles en sortant de notre dépendance à ces polluants dont certains présentent un danger pour notre santé et notre environnement. » ajoute-t-il.
 
Générations futures réclame la transparence totale sur les pesticides utilisés dans la culture et le stockage des fruits, légumes et céréales par un affichage complet. Elle dénonce clairement les arguments marketing des distributeurs qui vantent des produits « sans résidus de pesticides« , « car ces offres ne garantissent pas une absence d’utilisation de pesticides mais seulement une absence de résidus pesticides au-dessus d’un certain seuil (généralement 10 μg/kg) ».

 
 
(1) Voir les précédents rapports de Générations Futures
 

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