Projet « New Deal » : pour les voies rapides du futur du Grand Paris

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Bâtir un futur soutenable pour les voies rapides du Grand Paris, c’est le projet « New Deal » qui veut déployer dès demain une stratégie qui traite la congestion depuis les limites de la mégapole jusqu’en son centre, à rebours de la tendance actuelle par laquelle les restrictions imposées dans la capitale se répercutent en périphérie. Objectif ? Proposer à tous ceux qui n’ont aujourd’hui pas d’alternative à l’autosolisme un nouveau réseau de transport en commun sur route, desservant les territoires en profondeur, complémentaire et indispensable à la réussite du Grand Paris Express. Le projet a pour ambition de réduire le trafic routier de 50% d’ici à 2050 tout en déplaçant plus de voyageurs et en libérant la superficie de la moitié des voies rapides actuelles.
 
Né de la consultation internationale organisée par le Forum Métropolitain du Grand Paris, en mai 2018, le projet New Deal est un groupement d’experts et d’innovateurs rassemblant Leonard, Seura (David Mangin), Jornet Llop Pastor, Carlo Ratti Associati réunis autour de l’avenir des autoroutes et voies rapides du Grand Paris aux horizons 2024 (Jeux Olympiques), 2030 (Grand Paris Express) et 2050. Un projet à l’accord unanime entre région, département et ville, qui a pour ambition de réduire le trafic routier de la région Ile de France de 50% d’ici à 2050 tout en déplaçant plus de voyageurs et en libérant la superficie de la moitié des voies rapides actuelles.
Comme le déclarait en mai 2018 Valérie Pécresse, présidente de la région Ile de France, « Il faut réinventer la route ». Selon elle, ce ne sont pas les routes en elles-mêmes qui sont le problème, « tout dépend de ce qu’on y fait rouler ». Elle plaidait pour l’utilisation des autoroutes franciliennes, en particulier l’A1, l’A4, l’A6 et l’A13, pour y faire passer des transports en commun : navettes autonomes, trains de bus, robot-taxi, covoiturage… Grâce à des bandes d’arrêts d’urgence transformées en voies connectées avec des capteurs et du wifi, il sera possible de faire circuler ces moyens de transport et vaincre enfin « l’autosolisme » : il y a actuellement en moyenne 1,1 personne par voiture en Ile-de-France. A 1,7, il n’y aurait plus de bouchons. (Source : Le Parisien, 25/05/2018)

 
Les conclusions du projet viennent d’être présentées le 6 juin au Pavillon de l’Arsenal à Paris qui, pour l’occasion, présente une grande exposition sur le devenir des grandes routes franciliennes, à partir des travaux de quatre équipes d’architectes. L’exposition est ouverte au public jusqu’au 13 octobre 2019.

 

Un nouveau territoire à conquérir

L’urbanisation, l’emploi, le loisir, et la demande de transport se focalisent autour des grands axes de déplacements de la capitale (100.000 riverains habitent le long des 35 kilomètres de bitume du périphérique). C’est ce qui entraîne le congestionnement de la circulation et de la mobilité. En axant la réflexion et le travail sur cette problématique, l’équipe du New Deal propose des solutions qui devraient entraîner de nouveaux usages des axes aujourd’hui congestionnés et permettre de développer l’intermodalité entre les modes de transport du futur et des services innovants. Comme, par exemple, les véhicules autonomes qui pourraient parcourir nos villes dans les toutes prochaines années, et ainsi suggèrer des transformations de la route et du système urbain. La route augmentée veut contribuer à sécuriser les évolutions des véhicules sans conducteur et implique donc de nouveaux espaces de services pour abriter les fonctions d’entretien et de recharge. La ministre de la Transition écologique et solidaire chargée des Transports a d’ailleurs annoncé en avril dernier le lancement d’un vaste programme d’expérimentations de véhicules autonomes sur l’ensemble du territoire français, autour d’un consortium SAM (Sécurité et Acceptabilité de la conduite et de la Mobilité autonome), et VINCI Autoroutes.
 

Grâce à la mobilisation de tous les moyens qu’offrira la technologie (véhicules connectés, délégation de conduite, Internet des objets), les voies New Deal pourront absorber de hauts débits de trafic réduisant d’autant la circulation des véhicules autosolistes. A terme, le trafic serait réduit de 50 % dans le cœur de la mégapole, et « la pollution atmosphérique ne sera plus qu’un mauvais souvenir ».  La pollution sonore serait parallèlement réduite de moitié par la baisse de trafic, les nouvelles technologies routières faisant le reste.
Ainsi, le périphérique deviendrait, à l’horizon 2050, un grand boulevard métropolitain, avec un trafic réduit de moitié, 50 % de ces voiries étant réservés à la végétalisation.
Il deviendrait un boulevard à traverser à pied : de 4 ou 5 Voies, il passserait à 3 ; les voies abandonnées, remises en pleine terre, seraient végétalisées sur les parois, le terre-plein central et les murs antibruit. En s’appuyant sur les alternatives qui auront été développées d’ici là : Grand Paris Express, prolongation des lignes de métro, réseau de bus, nouvelles lignes de tramway, mobilités douces, intermodalité, délestage du trafic de poids lourds, transport fluvial et ferroviaire pour la logistique, télétravail, etc., le périphérique et ses abords seraient ainsi libérés de toutes nuisances, permettant d’ouvrir une large trame urbaine privilégiant des espaces verts réunissant Paris et les communes limitrophes, un espace de respiration où pourraient venir se développer de nouveaux usages.

 

New Deal : une mise en œuvre en trois étapes

Entre 2020 et 2024, 200 nouvelles lignes de cars express sur autoroute relieront les communes de grande couronne aux principales gares de RER et zones d’activité proches de la Francilienne et libèreront de la voiture les habitants de la grande couronne travaillant dans Paris.
Entre 2024 et 2030, un réseau de voies réservées et de nouveaux Hubs « New Deal » accueilleront cars, navettes express et véhicules partagés sur la voie de gauche de la Francilienne, de l’A86 et des principales autoroutes du Grand Paris, en synergie avec la mise en service progressive du Grand Paris Express.
Entre 2030 et 2050, les nouvelles technologies permettront d’optimiser le débit des 500 kilomètres de voies « New Deal » sur lesquelles circuleront des véhicules collectifs autonomes.
 
Le  long de l’autoroute A6 • Carlo Ratti Associati
À hauteur de l’hôpital Gustave Roussy et de la future station du Grand Paris Express, la récupération des voies centrales rend possibles de nouveaux usages.
 

Un Pass Mobilité universel opéré par une autorité unique permettra d’accéder à toutes les solutions de transport. L’espace public reconquis sur une partie des emprises des autoroutes urbaines sera durablement transformé en espaces propices aux mobilités douces et aux nouveaux usages.
 
Du Périphérique au Grand boulevard • Seura
Le boulevard périphérique deviendra à horizon 2050 le Grand Boulevard métropolitain en réduisant de 50 % le trafic, en réservant 50% des voiries à la végétalisation, en réduisant la vitesse à 50 km/h et en abaissant le CO2 de 50%.
 

Une organisation en trois pôles

Le « New Deal pour les voies rapides du Grand Paris  » revendique une approche internationale et pluridisciplinaire. Les organisations membres du groupement (mandataire Seura Architectes) sont organisées en trois pôles :
 
1/ Un pôle « transformations » (urbanisme, paysages, architecture), animé par Seura, architectes, urbanistes, Paris (David Mangin, auteur en particulier de « Paris-Babel, une mégalopole européenne ») et Jornet Llop Pastor, architectes, urbanistes et paysagistes, Barcelone (Carles Llop, coordonnateur des travaux « avenues métropolitaines de la région Barcelone », et co-auteur avec Seura d’une consultation sur la métropole d’Aix-Marseille).
 
2/ Un pôle « mobilités » (environnement, infrastructures, trafic, modèles économiques), animé par Leonard, plateforme de prospective et d’innovation de VINCI, Paris.
 
3/ Un pôle « innovations » (villes, services, design, technologies), animé par Carlo Ratti Associati, design, innovation, prospective (Turin, Londres, New York).
 
L’équipe :
 
Maîtrise d’œuvre : SEURA architectes, architectes, urbanistes (Mandataire) ; Jornet Llop Pastor, architectes, urbanistes, paysagistes ; Marina Cervera et Anna Zahonaro, paysagistes ; Carlo Ratti Associati, design, innovation, prospective ; LEONARD, plateforme de prospective et d’innovation Vinci ; INGEROP, mobilité et trafic ; C3I, assembleur de mobilités.
 
Experts : Jean Grébert, systèmes de mobilité ; Laurent Taupin, mobilité innovante ; ECOV (Thomas Matagne), solutions de mobilité partagée ; TRANSAMO (Guillaume de Tillière), transports en commun ; FUB (Olivier Schneider), promotion du vélo au quotidien ; Yves Crozet, économiste ; Michel Savy, économiste.
 
 
 
Photo d’entête : Les moutons font leur retour sur le périphérique parisien ! ©Filipa Varras
 

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