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Covid-19 : Comment tout cela va-t-il se terminer ?

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Nous savons plus ou moins bien comment l’épidémie de Covid-19 a commencé : vraisemblablement à cause de chauves-souris, près de Wuhan en Chine. Ce que personne ne sait encore c’est comment la pandémie va se terminer. Ce coronavirus est sans précédent par la combinaison de sa transmissibilité facile, d’une série de symptômes allant d’inexistants à mortels, et de l’ampleur des bouleversements qu’il a provoqués dans le monde. Mais l’examen des pandémies passées pourrait laisser entrevoir l’avenir. Bien qu’il n’y ait pas d’exemple historique unique à suivre, l’humanité a connu plusieurs grandes épidémies au cours des quelque cent dernières années, qui ont finalement cessé de ravager la société. Les moyens mis en œuvre pour y mettre un terme pourraient utilement aider un monde qui cherche fébrilement des moyens de rétablir un certain sens de la normalité.

La fin de cette partie où l’on voit depuis plusieurs mois un coronavirus semblant régner en maître sur le monde impliquera probablement un mélange de situations qui tiennent à la fois à l’évolution de l’agent pathogène et à la réaction humaine à celui-ci, tant biologique que sociale.

Mutation des virus

Les virus qui déclenchent des pandémies sont suffisamment nouveaux pour que le système immunitaire humain ne les reconnaisse pas rapidement comme de dangereux envahisseurs. Ils obligent l’organisme à créer une toute nouvelle défense, impliquant de nouveaux anticorps et d’autres composants du système immunitaire qui peuvent réagir et attaquer l’ennemi. Un grand nombre de personnes tombent malades à court terme, et des facteurs sociaux tels que la surpopulation et l’indisponibilité des médicaments ou des matériels de soins peuvent faire grimper ces chiffres encore plus haut. En fin de compte, dans la plupart des cas, les anticorps développés par le système immunitaire pour lutter contre l’envahisseur s’attardent sur une partie suffisante de la population affectée pour conférer une immunité à plus long terme et limiter la transmission virale de personne à personne. Mais cela peut prendre plusieurs années, et avant que cela n’arrive, le chaos règne.

Apprendre à vivre avec une maladie

L’exemple le plus célèbre de cette dynamique dans l’histoire moderne est l’épidémie de grippe H1N1 de 1918-1919, la fameuse « grippe espagnole ». Les médecins et les responsables de la santé publique disposaient à l’époque de beaucoup moins d’armes qu’aujourd’hui, et l’efficacité de mesures de contrôle dépendait de la rapidité et de la détermination avec lesquelles elles étaient mises en œuvre. En deux ans et trois vagues, la pandémie a infecté 500 millions de personnes et en a tué entre 50 et 100 millions. Elle n’a pris fin que lorsque les infections naturelles ont conféré une immunité à ceux qui s’en sont remis.

La souche H1N1 est devenue endémique, provoquant une maladie infectieuse qui était constamment présente à des niveaux moins graves et qui a circulé pendant quarante ans encore comme un virus saisonnier. Il a fallu une nouvelle pandémie – H2N2 en 1957 – pour éteindre la plupart des souches de 1918. Ce qui s’est passé : un virus de la grippe en a éradiqué un autre, et les scientifiques ne savent pas vraiment comment. Les efforts de l’homme pour faire de même ont échoué. « La nature peut le faire, nous ne le pouvons pas« , déclare à Scientific American le virologue Florian Krammer de l’école de médecine du Mont Sinaï à New York.

Confinement

L’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) de 2003 n’a pas été causée par un virus de la grippe mais par un coronavirus, le SRAS-CoV, qui est étroitement lié à la cause de la maladie actuelle, le SRAS-CoV-2. Sur les sept coronavirus humains connus, quatre circulent largement, provoquant jusqu’à un tiers des rhumes courants. Celui qui a provoqué l’épidémie de SRAS était beaucoup plus virulent.

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Grâce à des tactiques épidémiologiques agressives telles que l’isolement des malades, la mise en quarantaine de leurs contacts et la mise en place de contrôles sociaux, les épidémies meurtrières ont été limitées à quelques endroits tels que Hong Kong et Toronto. Ce confinement a été possible parce que la maladie a suivi l’infection très rapidement et de manière évidente : presque toutes les personnes atteintes du virus présentaient des symptômes graves tels que de la fièvre et des difficultés respiratoires. Et elles ont transmis le virus après avoir été assez malades, pas avant. « La plupart des patients atteints du SRAS n’étaient pas si contagieux que cela jusqu’à une semaine environ après l’apparition des symptômes« , explique l’épidémiologiste Benjamin Cowling de l’université de Hong Kong. « S’ils pouvaient être identifiés dans cette semaine et mis en isolement avec un bon contrôle de l’infection, il n’y avait pas de propagation ultérieure« . Le confinement a si bien fonctionné qu’il n’y a eu que 8 098 cas de SRAS dans le monde et 774 décès. Le monde n’a plus vu un seul cas depuis 2004.

Vaccins

Lorsqu’un nouveau virus de la grippe H1N1, connu sous le nom de grippe porcine, a provoqué une pandémie en 2009, « il y a eu un signal d’alarme parce qu’il s’agissait d’un tout nouveau H1N1« , précise le professeur Cowling, et qu’il était très similaire au tueur de 1918. La grippe porcine s’est avérée moins grave que ce que l’on craignait. « Nous avons eu de la chance car la pathogénicité du virus n’était pas très élevée », juge Florian Krammer. Mais une autre raison importante est que six mois après l’apparition du virus, les scientifiques ont mis au point un vaccin contre celui-ci.

Contrairement aux vaccins contre la rougeole ou la variole, qui peuvent conférer une immunité à long terme, les vaccins contre la grippe n’offrent que quelques années de protection. Les virus de la grippe sont agiles, ils mutent rapidement pour échapper à l’immunité. C’est pourquoi les vaccins doivent être mis à jour chaque année et administrés régulièrement. Mais pendant une pandémie, même un vaccin à court terme est une aubaine. Le vaccin de 2009 a permis de tempérer une deuxième vague de cas en hiver. En conséquence, le virus a suivi beaucoup plus rapidement le chemin du virus de 1918, devenant une grippe saisonnière à large diffusion, contre laquelle de nombreuses personnes sont maintenant protégées soit par des vaccins antigrippaux, soit par des anticorps provenant d’une infection antérieure.

La fin du Covid-19

Les projections sur la façon dont le scénario du COVID-19 va continuer de se dérouler sont spéculatives, mais le jeu final impliquera très probablement un mélange de tout ce qui a permis d’endiguer les pandémies passées : la poursuite des mesures de contrôle social pour gagner du temps, de nouveaux médicaments antiviraux pour soulager les symptômes et un vaccin. La formule exacte – combien de temps les mesures de contrôle telles que la distanciation sociale doivent rester en place, par exemple – dépend en grande partie d’une part de la façon dont les gens respectent les consignes de sécurité et d’autre part de l’efficacité de la réponse des gouvernements.

Par exemple, les mesures de confinement qui ont fonctionné pour COVID-19 dans des endroits comme Hong Kong et la Corée du Sud sont arrivées beaucoup trop tard en Europe et aux États-Unis. « La question de savoir comment la pandémie se déroule est au moins à 50 % sociale et politique« , affirme l’épidémiologiste et biologiste évolutionniste Sarah Cobey de l’université de Chicago.

Les 50 % restants proviendront probablement de la science. Les chercheurs se sont regroupés comme jamais auparavant et travaillent sur de multiples fronts pour mettre au point des remèdes. Si l’un des nombreux médicaments antiviraux actuellement en cours de développement s’avère efficace, ils amélioreront les options de traitement et réduiront le nombre de personnes qui tombent gravement malades ou meurent.

L’hypothèse la plus espérée : le Covid-19 va s’évanouir

Certaines voix se sont élevées d’emblée contre les mesures de confinement généralisé et autoritaires. Celle du professeur Jean-François Toussaint n’a cessé de prôner un confinement différencié en fonction des régions touchées ou des personnes fragiles, et non un confinement généralisé qui est une forme de réponse dictée par la peur.

Dans le Monde daté du 9 juin, il déclare : « Depuis le début, le conseil scientifique se place dans l’unique perspective du pire scénario, obnubilé par des modèles qui prévoyaient 500 000 morts en France et qui ont failli. La réalité, c’est que la vague est passée presque partout, que la décrue est générale, que certains pays n’ont plus aucun mort ». Il poursuit, « Ce virus est nouveau. On doit donc continuer à l’étudier, à le surveiller. Mais son cousin le plus proche, c’est le SARS-CoV, et ce coronavirus-là a bel et bien disparu en 2003. Pour moi, c’est l’hypothèse la plus probable. »

Certes, le professeur Toussaint précise que même si le virus décroît fortement, il restera toujours des poches localisées « pouvant être maitrisées ». C’est ce qui se passe actuellement en Chine, avec la mise en place de mesures de reconfinement dans des quartiers très précis de Pékin où le virus se révèle réactivé. Une maîtrise des « clusters » de réactivation qui pourrait être améliorée avec la découverte récente du rôle des « super-propagateurs » dans la contamination.

Circulation à bas bruit

Cette hypothèse de maitrise et de réduction de la dangerosité du virus n’est pas celle suivie par le Conseil scientifique qui produit des recommandations pour le gouvernement français. Il penche pour l’hypothèse d’une circulation « à bas bruit » du virus, sans que les chaînes de contamination puissent être identifiées, au risque d’une détérioration rapide de la situation. C’est la fameuse « deuxième vague » dont le spectre est là pour maintenir la pression de la peur et éviter le relâchement des mesures de sécurité sanitaire.

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Une position qui s’apparente à une posture politique de mise en œuvre d’une précaution maximale mais qui ne s’appuie sur aucun fondement scientifique et ne correspond pas à la réalité actuelle : quatre semaines après la fin du confinement en France, l’épidémie de Covid-19 semble poursuivre son recul, comme dans la plupart des régions du monde, à l’exception de l’Amérique du Sud et de l’Iran. Les modélisations initiales qui ont justifié l’action des gouvernements se sont trompées — elles prévoyaient des millions de morts — ; il semble difficile pour certains de s’en défaire. Errare humanum est, perseverare diabolicum est.

Il faudra un vaccin pour arrêter la transmission

Cela prendra du temps pour disposer d’un vaccin – probablement un an à partir de maintenant. Néanmoins, il y a des raisons de penser qu’un vaccin pourrait fonctionner efficacement. Par rapport aux virus de la grippe, les coronavirus n’ont pas autant de moyens d’interagir avec les cellules hôtes. « Si cette interaction disparaît, [le virus] ne peut plus se répliquer« , argue Florian Krammer. « C’est l’avantage que nous avons ici. Il n’est pas certain qu’un vaccin confère une immunité à long terme comme pour la rougeole ou à court terme comme pour les vaccins contre la grippe. Mais « tout vaccin serait utile à ce stade« , déclare l’épidémiologiste Aubree Gordon de l’université du Michigan.

À moins qu’un vaccin ne soit administré à l’ensemble des huit milliards d’habitants de la planète qui ne sont actuellement ni malades ni guéris, le Covid-19 pourrait devenir endémique. Il circulera et rendra les gens malades de façon saisonnière. Si le virus reste assez longtemps dans la population humaine, il commencera à infecter les enfants dès leur plus jeune âge. Ces cas sont généralement assez bénins, et jusqu’à présent, les enfants semblent moins susceptibles de développer une maladie grave s’ils sont réinfectés à l’âge adulte. Dès lors, la combinaison de la vaccination et de l’immunité naturelle protégera bon nombre d’entre nous. Le coronavirus, comme la plupart des virus, continuera à vivre, mais pas comme une peste planétaire. Sur le plan médical, nous aurions réussi à l’apprivoiser ; mais sur le plan économique, psychologique et social les dégâts qu’il provoque demeureront longtemps.

Image d’en-tête : Richard Borge 
Avec Scientific American

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Membre
darre.eric@gmail.com
21 jours

Bonjour
 
Dans votre article, vous écrivez : « C’est la fameuse « deuxième vague » dont le spectre est là pour maintenir la pression de la peur et éviter le relâchement des mesures de sécurité sanitaire. ».
Pouvez-vous préciser les raisons de cette assertion « pour maintenir la pression de la peur » ?
Qui en serait à l’origine et pour quelle raison ?
Ne verse-t-on pas ici dans la théorie du complot ?
Bien à vous

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