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Une monnaie écologique pour sauver la planète

Une monnaie écologique pour sauver la planète, d’Alain Grandjean et Nicolas Dufrêne – Préface de Nicolas Hulot – Editions Odile Jacob, 26 février 2020 –  280 Pages

L’urgence climatique se heurte à un redoutable problème de financement. Aucune stratégie financière classique n’est en mesure de mobiliser rapidement les sommes considérables qui sont en jeu.

Bien que libérée des contraintes matérielles, la politique monétaire ne s’est malheureusement pas encore libérée des dogmes qui la restreignent. Pourtant, l’histoire a montré à maintes reprises (reconstruction économique de l’Allemagne dans les années 1930, New Deal américain, reconstruction de la France après 1945, politique monétaire expansionniste en Chine) que les mécanismes monétaires peuvent être utilisés de manière ciblée et efficace pour répondre aux grands défis du moment. Le climat en est un et appelle un Green New Deal qui, proposent les auteurs, pourrait résulter de la création monétaire mise au service de projets écologiquement vertueux.

Bousculer l’économie traditionnelle pour sauver la planète ? On commence quand ?

Dans sa préface, Nicolas Hulot explique que « ce qu’il faut, c’est une mobilisation massive, un effort de guerre sans précédent. Or je ne cesse d’entendre, et c’était un leitmotiv quand j’étais au gouvernement, qu’il n’y a pas d’argent dans les caisses, et qu’il faut se comporter en gens raisonnables, sachant compter. Que nous serions redevables devant les générations futures de la dette publique que nous laisserions. Bref, je me suis fait opposer une « raison comptable » à ce qui est perçu comme un « sentiment écologique ». Je n’avais pas la capacité à m’opposer à ce diktat, alors qu’une voix intuitive ne cesse de me dire que cette raison apparente ne peut être au fond que folie. Les jeunes qui défilent dans la rue savent qu’une planète en pleine santé et un climat stable sont un patrimoine inouï, irremplaçable. Ils ne comprennent vraiment pas que leurs parents et grands-parents n’en aient pas pris soin.
Si cette négligence est justifiée par des raisons comptables, ne faut-il pas oser les remettre en cause ? Et se demander comment il est possible qu’il puisse manquer d’argent pour éviter une situation dans laquelle nous manquerons tous de tout ».

C’est ce que ce livre nous invite à faire, avec tout le sérieux nécessaire. Il fait œuvre de pédagogie dans un domaine considéré comme l’apanage d’experts et rend ainsi un grand service à notre démocratie en permettant à chacun de comprendre les termes du débat.

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Pour une nouvelle approche monétaire pour aider la transition écologique : En 2018, le président de la République Emmanuel Macron déclarait à une aide-soignante du CHU de Rouen où il était en déplacement, qu’il n’y a pas d’argent magique (1). Cette réponse, revenant comme une antienne dans la bouche de nombreux responsables, permet d’ancrer l’idée d’un Etat impuissant car ruiné. La réalité est tout autre. D’rune part, la monnaie est « magique » par essence : son pouvoir réside dans la confiance qu’une société lui accorde. C’est nous tous, collectivité des citoyens, qui, tels des alchimistes, donnons à des bouts de papier ou des métaux inertes, ou à des écritures comptables informatiques abstraites, le pouvoir magique de payer nos dettes, d’évaluer la valeur des choses et de préparer nos investissements futurs.

Cela passe en priorité par une réforme des modes d’action de la Banque centrale européenne, mais aussi des banques publiques d’investissement, au premier rang desquelles la Banque européenne d’investissement (BEI) ou Bpifrance à l’échelle nationale. Nous verrons alors à quelles conditions la proposition de banque du climat peut devenir un outil vraiment efficace et utile, ce qu’elle n’est pas à l’heure actuelle.

(1) Référence à la formule employée par Thérésa May en 2017 « There is no magic money tree » (Il n’y a pas d’arbre à monnaie magique)

Alain Grandjean, membre du Haut Conseil pour le climat, est président de la Fondation Nicolas Hulot.

Nicolas Dufrêne, spécialiste de politique monétaire, est haut fonctionnaire et directeur de l’Institut Rousseau.

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