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Pendant la pandémie, la canicule s’installe en Europe du sud-Est et au Moyen-Orient

Pendant la pandémie, la canicule s’installe en Europe du sud-Est et au Moyen-Orient

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Le mois d’avril a battu des records de température laissant présager un été des plus chauds. Mais ces prévisions pessimistes sont dépassées par la réalité. La canicule que nous craignions, après l’épisode pandémique, est déjà là. En plein mois de mai, celui de la douceur printanière chantée par Ronsard, les européens du sud-Est suffoquent, comme les habitants du Proche-Orient. En France dans tout le grand Est, la sécheresse s’installe et menace. Le dérèglement climatique n’a fait aucune pause pendant le confinement.

Il y a quelques jours, nous alertions dans ces colonnes sur le comportement anormal des thermomètres pendant ce début de printemps. En Avril, la température en France métropolitaine a dépassé de 2.3°C celles enregistrées au cours de ces vingt dernières années. Ces chiffres laissent entrevoir un été particulièrement chaud et agite le spectre d’une canicule meurtrière, alors que nous ne sommes pas encore sortis de la crise pandémique.

Malheureusement, les prévisions sont en train de se réaliser, à forte vitesse. Déjà, en ce moment même, alors qu’ils ne sont pas encore sortis de leur confinement, de la Grèce à Israël, en passant par Chypre et la Turquie, les pays du sud-est de l’Europe et du Proche-Orient suffoquent. Les habitants de ces pays, épuisés par la peur du coronavirus et les mesures d’enfermement, prennent de plein fouet cette vague violente, encore une fois provoquée par une nature déboussolée.  

Du jamais-vu

Plus de 40 degrés à Chypre, en Crète (Grèce), sur les rivages turcs, et jusqu’à 47 degrés aux confins d’Israël et de la Jordanie : si cette région du monde est habituée aux étés torrides, des records ont été battus pour un mois de mai, selon les instituts nationaux de météorologie.

Après le sud de l’Italie, avec 39 degrés en Sicile en fin de semaine dernière, cette vague de chaleur a atteint Héraklion, en Crète, avec 41,1 degrés samedi, du jamais-vu en un demi-siècle, d’après l’institut météorologique d’Athènes. En Grèce continentale, le mercure a aussi frôlé les 40 degrés.

Ces habitants de ces pays ont l’habitude des étés chauds et aiment se rafraîchir sur les plages. En cette période de confinement, ce n’est pas toujours possible. En Grèce, l’ouverture des plages aménagées a été anticipée en raison de la canicule, et des mesures mises en place : quatre mètres entre les parasols notamment, pas de services de boissons à table…

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Plus à l’est, à Chypre, où les plages restent en revanche interdites -seuls les bains de mer sont autorisés-, 49 personnes ont été verbalisées dimanche pour présence prolongée sur le sable fin. Sur l’île, un nouveau record a été établi dimanche, avec 42,5 degrés à l’ombre à Paphos (sud-ouest). Une alerte météorologique reste en vigueur lundi.

La Turquie a connu son week-end de mai le plus chaud en 75 ans, d’après la télévision publique TRT –il a notamment fait plus de 40 degrés à Antalya. Des dizaines de millions de Turcs sont ces jours-ci sous un confinement strict, à l’exception des plus de 65 ans, qui ont pu sortir dimanche selon des horaires réaménagés du fait de la chaleur. À Istanbul, certains en ont profité pour se rafraîchir dans les eaux du Bosphore.

Au Proche-Orient, la chaleur s’invite régulièrement à la fin du printemps. Mais, « cette année, la différence est la durée de l’épisode –une semaine–, avec des températures jusqu’à 37 degrés« , a indiqué dimanche le chef du département de météorologie de l’aéroport de Beyrouth, Abdel Rahmane al-Zawawi. Et là, pas de bain de mer possible pour les Libanais : toutes les plages sont fermées, et les forces de sécurité ont veillé dimanche à faire respecter la consigne.

Les plages sont également théoriquement hors d’atteinte des baigneurs en Israël. Dimanche, alors que le gouvernement obtenait enfin la confiance du Parlement après plus d’un an de crise politique, les autorités ont semblé toutefois détourner le regard du littoral bondé de Tel-Aviv, où il a aussi fait 40 degrés.

Risque de santé publique

La pandémie de Covid-19 a mis les services hospitaliers à rude épreuve ; malgré leurs efforts, plus de 300 000 morts ont été dénombrés dans le monde. La canicule actuelle qui vient se chevaucher avec une épidémie pas encore terminée, représente un risque supplémentaire pour la santé publique.

Un risque annoncé et pour lequel les gouvernants ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas. En plusieurs études concordent pour annoncer la multiplication des épisodes caniculaires intenses couplés avec des taux d’humidité anormaux. Des chercheurs viennent de publier un article alarmant dans Science Advances. Ils établissent que le nombre d’épisodes d’humidité et de chaleur potentiellement mortels a doublé entre 1979 et 2017, et augmente à la fois en fréquence et en intensité.

Ces épisodes intolérables d’humidité et de chaleur extrêmes, qui pourraient menacer la survie de l’homme, sont en augmentation dans le monde entier, ce qui suggère que le pire scénario d’alerte sur les conséquences du réchauffement climatique est déjà en cours révèle cette étude.

Les incidents les plus extrêmes se sont produits le long du golfe Persique, où la combinaison de chaleur et d’humidité a dépassé la limite théorique de survie humaine à 14 reprises. Doha, la capitale du Qatar, où se déroulera la Coupe du monde en 2022, a été l’un des endroits à souffrir – bien que brièvement – de ces événements météorologiques potentiellement mortels.

Ces résultats inquiétants surprennent les scientifiques, car des études antérieures avaient prévu que de tels événements météorologiques extrêmes se produiraient plus tard dans le siècle, principalement dans les régions tropicales et subtropicales où l’humidité est déjà un problème. « Les études précédentes prévoyaient que cela se produirait dans plusieurs décennies, mais cela montre que cela se produit maintenant », a déclaré au Guardian l’auteur principal, Colin Raymond, de l’observatoire terrestre Lamont-Doherty de l’université Columbia. « La durée de ces événements va augmenter, et les zones qu’ils affectent vont s’étendre en corrélation directe avec le réchauffement climatique ».

Dans des conditions sèches, le corps transpire l’excès de chaleur à travers la peau, où il s’évapore ensuite. L’humidité entrave l’évaporation, et peut même l’arrêter complètement dans des conditions extrêmes. Si le cœur du corps surchauffe, les organes peuvent rapidement commencer à défaillir et entraîner la mort en quelques heures.

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Les météorologues mesurent l’effet de la chaleur/humidité sur une échelle centigrade dite « wet bulb ». En théorie, les humains ne peuvent pas survivre au-dessus de 35°C sur l’échelle wet bulb – le pic a été atteint dans de petites régions d’Arabie Saoudite, du Qatar et des Émirats arabes unis, selon l’étude. Des épidémies légèrement moins extrêmes mais plus fréquentes ont été détectées en Inde, au Bangladesh et au Pakistan, dans le nord-ouest de l’Australie et dans les régions côtières de la mer Rouge et du golfe de Californie au Mexique. « Nous sommes peut-être plus proches d’un véritable point de basculement que nous ne le pensons », a déclaré le co-auteur Radley Horton.

Et en plus, la sécheresse

Ces épisodes de chaleur s’accompagnent quasiment toujours de vagues de sécheresse. Les météorologues français s’y attendent pour cet été, principalement dans et le couloir rhodanien et la région Est du pays. Comme si cette région n’avait pas été assez malmenée par le coronavirus, c’est de sécheresse maintenant qu’elle est menacée.  

Météo France prévoit notamment un temps plus sec que la normale, sur le nord-ouest de l’Europe, dont une grande partie de l’Hexagone, pendant les trois prochains mois. Les températures doivent être aussi supérieures à la normale sur l’ensemble du vieux continent.

Le secrétariat d’État à la Transition écologique s’inquiète de possibles situations de « sur-crise en période de Covid » où le risque de rencontrer des difficultés d’approvisionnement en eau, donné comme « probable » voire très « probable » dans ces régions, pourrait s’ajouter aux contraintes en vigueur pour contrôler la pandémie.

Source AFP, The Guardian

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