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Mille milliards de dollars pour le soleil

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L’Alliance solaire internationale (ASI) a été officiellement lancée le 11 mars à New Delhi en Inde où conjointement avec la France, elle a accueilli le premier sommet de l’Alliance. L’initiative dont la mise en place a démarré depuis 2015, ambitionne de faciliter la mise en place d’ici 2030, de 1 000 GW de centrales solaires supplémentaires ; ce qui représenterait une multiplication par cinq de la capacité mondiale actuelle. Pour y parvenir, les initiateurs au nombre desquels, les Etats-Unis et la Chine, entendent mobiliser 1 000 milliards $, à l’horizon 2030.
Pour ce premier sommet fondateur, 36 pays ont répondu à l’appel à manifestation d’intérêt et participé à la consultation de l’ASI sur leurs priorités dans les domaines de l’énergie solaire pour l’agriculture et les zones rurales, les mini-réseaux solaires, les installations de toiture et la mobilité électrique : 100 projets prioritaires ont été avancés pour lancer une première phase de mobilisation des financements.
L’Alliance solaire internationale est une alliance intergouvernementale créée lors de la COP 21 de décembre 2015 par Paris et New Delhi, avec pour objectif de dépasser les obstacles et accélérer le déploiement de l’énergie solaire. Elle est née d’un constat : les pays proches de l’équateur bénéficient d’un fort ensoleillement de 300 jours par an en moyenne, mais ne disposent pas toujours des technologies, des financements ou de l’expertise nécessaires pour l’exploiter à son maximum. Entre 20 % à 50 % de leurs populations n’ont pas accès à l’électricité. Les objectifs poursuivis sont donc multiples : réduire massivement les coûts de l’énergie solaire, répondre à la forte demande énergétique dans les pays en développement et contribuer à la lutte contre le changement climatique.
L’Allliance fonctionne grâce à une coopération entre pays riches et pays en voie de développement. Elle est basée sur un traité de 121 pays « riches » en soleil qui se trouvent entièrement ou partiellement entre les tropiques du Cancer et du Capricorne. Leur passage à l’énergie solaire devrait donc aider à réduire l’utilisation des combustibles fossiles et à lutter contre le changement climatique.
Pour y parvenir, l’Alliance instituera une plateforme de coopération entre les pays développés disposant des technologies d’énergie solaire et les pays du Sud. En effet, ces derniers, bien que disposant d’une ressource solaire significativement plus abondante, ne produisent jusque-là que 23% de l’électricité d’origine solaire consommée sur le globe, une part qui pourrait être augmentée avec un plus grand accès aux technologies et au financement. Aussi, les pays membres de l’ASI s’engagent à agréger et harmoniser leur demande de financements, de technologies et d’innovation pour créer un « marché commun » afin de faire baisser les coûts, de renforcer le contrôle qualité, de mieux adapter les produits aux besoins, et d’améliorer les technologies.
Pour rendre l’énergie solaire abordable aux plus pauvres, l’Alliance souligne l’importance de canaliser le capital, de réduire les coûts par des mécanismes financiers, de promouvoir l’accès universel à l’énergie et d’aider à la création de normes communes pour garantir une qualité de produits adéquate dans l’utilisation des produits par les pays membres. Pour atteindre ses objectifs, l’Alliance vise la mise en œuvre d’instruments financiers permettant de mobiliser plus de 1.000 milliards de dollars d’investissement en énergie solaire d’ici 2030.
La plateforme servira principalement à la publication d’appels d’offres et de garanties par les pays pauvres, dans l’expectative d’une participation des investisseurs privés, et ce, sous la supervision de la Banque mondiale afin d’aider surtout les nations les plus pauvres, ainsi que les petits Etats insulaires comme les îles Fidji, Tuvalu et Nauru ou encore les Comores. Pour eux, le principal obstacle au solaire étant d’abord le coût du financement.
« La bataille pour les énergies renouvelables, c’est aussi une bataille pour l’ »empowerment » : la mise en capacité, donnée à chaque Etat de l’Alliance solaire de réussir chez lui, de faire une place à chacun, de permettre à ses concitoyens de construire sa place et donc d’être formé pour construire les emplois dans ces secteurs. », a affirmé Emmanuel Macron, qui co-présidait la cérémonie de lancement. Il a d’ailleurs annoncé, que la France consacrera 1 milliard d’euros, à travers son agence de développement, à l’atteinte des objectifs de l’initiative : Les économies émergentes bénéficieront d’une aide 700 millions d’euros de la part France, sous forme de prêts et de dons, en supplément des 300 millions d’euros que le pays avait déjà engagés en 2015 lors de la COP 21.

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