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Déchets nucléaires : quel héritage pour les générations futures ?

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Alors que le gouvernement planche sur une scission des activités d’EDF pour isoler le nucléaire du reste du groupe, la question des déchets refait surface. Est en effet lancé aujourd’hui, pour une durée de cinq mois, un grand débat public sur la gestion des matières et des déchets radioactifs. L’enjeu est clair : quel héritage voulons-nous laisser aux générations futures ?
 
Enfouissement, entreposage en piscine ou à sec… Au-delà des controverses techniques, le débat sur la gestion des matières et déchets radioactifs, qui commence mercredi 17 avril 2019, relève aussi de choix de société : quel héritage voulons-nous laisser aux générations futures ? Face à un sujet compliqué qui reflète le clivage entre pro et anti-nucléaire dans un pays qui possède le deuxième parc de réacteurs au monde, le débat public du 17 avril au 25 septembre 2019 ne se limitera pas aux questions techniques.
 
Le plan national de gestion, sur lequel ce débat va porter, suppose que soient traités de très nombreux sujets : les déchets de très faible radioactivité, dont les volumes vont augmenter avec le démantèlement des centrales nucléaires, l’entreposage des combustibles usés, la gestion à long terme des déchets les plus radioactifs, la sûreté et la sécurité des installations et des transports, le coût et les risques de cette gestion, la très longue durée de ces déchets. Tous ces sujets, qui engagent les générations futures, seront ouverts à la discussion, à la confrontation des idées et des arguments.
 
« Nous voulons donner une dimension plus complète du sujet, voir derrière ce que ça signifie pour la société », explique à l’AFP Isabelle Harel-Dutirou, présidente de la commission qui l’organise. Témoin de ce choix, un logo où des mains stylisées colorées se dressent vers des fûts jaunes frappés du « trèfle » noir symbole de radioactivité. Ces mains représentent la demande de parole mais aussi les marques laissées par l’Homme dans les grottes préhistoriques. Parce que « l’un des sujets profonds de ce débat est la question d’éthique, de transmission, la question de la gestion des déchets sur du très long terme », justifie Mme Harel-Dutirou.
 
Très long terme surtout pour les déchets de haute activité et ceux de moyenne activité à vie longue, radioactifs jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’années. Il n’existe aujourd’hui aucun centre de stockage de ces déchets les plus dangereux. Mais depuis 2006, une loi a fait le choix d’un stockage géologique profond ayant donné naissance au très controversé projet d’enfouissement Cigéo, à Bure (Meuse).
 

La science nous sauvera ?

« Aujourd’hui, nous sommes contre l’enfouissement parce qu’on n’est pas convaincu sur la géologie, sur la façon d’exploiter, et surtout sur la réversibilité » promise jusqu’à la fermeture du site vers 2150, commente Yannick Rousselet, de l’ONG Greenpeace, qui prône un entreposage à sec juste sous la surface en attendant des avancées de la science vers une meilleure solution pérenne.
 
« L’argument qui dit la science nous sauvera dans 20 ans, c’est beau, je voudrais bien y croire, mais ça ne nous semble pas responsable de ne rien faire », répond Soraya Thabet, directrice sûreté à l’Andra qui gère ce projet. « Cigéo, c’est fondamentalement un choix éthique : considérer qu’on ne doit pas laisser aux générations futures le fait de se préoccuper des déchets d’aujourd’hui ». Certains espèrent que le débat puisse remettre en cause le choix de l’enfouissement profond. Le dossier du ministère de la Transition écologique et de l’Autorité de sûreté nucléaire -maîtres d’ouvrage du 5e Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR) qui en découlera- parle lui de sa « mise en œuvre », dans le respect du principe de réversibilité.
 

Déjà plusieurs controverses

Le Plan 2019-2021, qui a pris du retard notamment dans l’attente de la feuille de route énergétique de la France prévoyant la réduction des capacités nucléaires avec la fermeture de 14 réacteurs d’ici 2035, se penchera également sur la question des combustibles usés entreposés dans les piscines de refroidissement des centrales et à La Hague. Greenpeace, qui a décidé de participer au débat contrairement par exemple au Réseau Sortir du nucléaire, les considèrent comme déchets, alors qu’ils sont classés comme matières susceptibles d’être réutilisées, la France ayant fait le choix du retraitement.
 
« Vouloir imposer que ces matières soient des déchets, c’est tout simplement créer une incitation à ce qu’on ne développe pas la 4e génération », répond Sylvain Granger, responsable de la gestion des déchets chez EDF, en référence notamment à la possible réutilisation des combustibles MOX dans des réacteurs de 4e génération, pas au stade du développement à ce jour. Une autre controverse concerne l’entreposage sous eau, choisi par EDF et Orano (ex-Areva), mais dénoncé aussi par Greenpeace qui juge les piscines « vulnérables » aux attaques extérieures.
 
Pour éclairer le débat auxquels les citoyens pourront participer lors de réunions publiques ou sur le site internet dédié, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) doit rendre dans quelques semaines deux expertises : une sur les capacités d’entreposage alors que La Hague risque d’arriver à saturation d’ici 2030, et un état des lieux des recherches et solutions en matière d’entreposage et de stockage. Est attendu aussi, pour juillet 2019, un rapport de la Cour des comptes sur le financement du cycle du combustible.
 
Source : AFP

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Invité
bernarde
1 année

en réalité, il y a de nombreuses origines distinctes de radiations ionisantes notamment en milieu de travail, qui tendent à être présentes dans l’environnement de manière croissante : maîtrise du risque radiologique indispensable ! : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/rayonnements/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=126&dossid=164

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