Le guide de la serre – Choisir, installer, cultiver, de Guillaume Desfaucheux – Editions Ulmer, 12 février 2026 – 192 pages
Installer une serre dans son jardin, c’est bien plus qu’un choix technique : c’est une invitation à cultiver l’abondance sans chauffage, à prolonger les saisons et à oser les variétés exotiques même dans les régions froides. Qu’elle soit tunnel, en verre ou enterrée, la serre devient une précieuse alliée pour qui cherche autonomie, diversité de fruits et de légumes, et plaisir au potager. »
La serre, longtemps considérée comme un luxe réservé aux professionnels, devient aujourd’hui un outil accessible et indispensable pour tous les amoureux du jardin. Dès les premières pages de ce guide, Guillaume Desfaucheux nous invite à changer de regard. La serre n’est plus un simple abri de verre posé au fond du potager : elle devient un espace de transformation, un microclimat domestique où le temps se plie à la volonté du jardinier, où les saisons s’étirent, se prolongent, se réinventent.
Un manifeste pour apprivoiser le climat
Ce livre est à la fois guide pratique et ode à la patience végétale. Il commence par le choix : tunnel ou verre, adossée ou autonome, petite structure familiale ou véritable cathédrale horticole. Mais derrière ces conseils techniques affleure une conviction plus profonde : choisir une serre, c’est choisir une manière d’habiter le jardin.
Desfaucheux ne se contente pas d’expliquer comment monter une armature ou orienter une porte au sud. Il parle de lumière comme d’une matière vivante, de chaleur comme d’un souffle à dompter, d’humidité comme d’un équilibre fragile. La serre devient un théâtre où s’écrit une négociation permanente entre l’homme et le climat.
Installer : bâtir un refuge
L’installation est décrite avec précision, mais jamais sèchement. Chaque étape — préparer le sol, stabiliser la structure, penser l’aération — est envisagée comme une promesse de récoltes futures. Le texte fait sentir la matérialité des gestes : enfoncer les piquets, tendre le film plastique, vérifier l’étanchéité.
On comprend que la serre n’est pas un simple objet acheté, mais un espace construit, presque apprivoisé. Elle demande de l’attention, de l’observation, une vigilance douce. Elle est à la fois protection et contrainte, liberté et responsabilité.
Cultiver : étirer les saisons
C’est dans la partie consacrée à la culture que le livre prend toute son ampleur. Sous abri, les semis s’anticipent, les tomates rougissent plus tôt, les salades bravent les frimas. Le calendrier s’élargit. Le printemps commence en hiver. L’automne se prolonge sous la buée des vitres.
Desfaucheux montre que cultiver sous serre, ce n’est pas tricher avec la nature, mais dialoguer avec elle. Il évoque la rotation des cultures, la gestion des maladies, l’importance de la ventilation. La serre devient un laboratoire vivant où l’on expérimente, où l’on apprend de ses erreurs, où l’on observe la condensation sur les parois comme un signe du monde extérieur.
Une écologie du geste
Au-delà de l’aspect technique, l’ouvrage porte un message discret mais puissant : la serre peut être un outil d’autonomie. Elle permet de produire plus longtemps, de réduire la dépendance aux circuits lointains, de mieux comprendre les cycles végétaux.
Le ton reste accessible, jamais moralisateur. On sent une volonté de transmission, presque pédagogique, mais traversée par une sensibilité attentive aux rythmes du vivant.
Lire Le guide de la serre procure une sensation singulière : celle d’entrer dans un espace clos et lumineux, protégé du vent, où le monde extérieur paraît suspendu. On en ressort avec l’envie concrète d’agir — mesurer son terrain, tracer un plan, semer plus tôt — mais aussi avec un regard transformé sur le jardin.
Ce que le livre apporte, c’est une confiance. Il démystifie la serre sans la banaliser. Il montre qu’elle n’est ni gadget ni privilège, mais un outil à la portée de celui qui accepte d’apprendre. Il donne au lecteur la sensation que cultiver sous abri, c’est prolonger le dialogue avec la terre, ajouter quelques semaines de lumière à l’année, et peut-être, dans ce fragment de climat maîtrisé, retrouver une forme de patience et d’émerveillement.
Ainsi, la serre cesse d’être une construction de verre : elle devient un espace intérieur, un lieu où le jardinier grandit autant que ses plantes.
Passionné de potager et de culture sous serre depuis plus de dix ans, Guillaume Desfaucheux cultive toute l’année en Corrèze, légumes, agrumes et autres plantes exotiques. En 2020, il fonde la revue Le Potager Permacole et co-anime le blog Terra-Potager, suivi chaque année par plus d’un million de jardiniers. Son expérience de jardinier et de vendeur de serres en verre l’amène aujourd’hui à partager ses conseils pratiques pour plus de plaisir et d’autonomie au jardin.
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