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Crise écologique : pourquoi critiquer la technique aujourd’hui ?

23 septembre 2022 - 24 septembre 2022

Gratuit

Sciences Critiques et l’association Technologos organisent leurs Rencontres technocritiques,  les vendredi 23 et le samedi 24 septembre prochains, à Sceaux (Hauts-de-Seine). Intitulées « Crise écologique : pourquoi critiquer la technique aujourd’hui ? », ces rencontres ont pour objectif, dans le contexte actuel de fuite en avant technoscientifique, sur fond de crises environnementale, sociale et (géo)politique, de penser la dynamique mortifère du solutionnisme technologique contemporain et armer intellectuellement la critique.

Alors que l’actualité en Ukraine a relégué au second plan les avertissements alarmistes du dernier rapport du GIEC, le climat continue de se réchauffer, les pollutions de se multiplier et le vivant de s’effondrer. L’invasion russe fait flamber le cours des matières premières, hydrocarbures et céréales au premier plan, faisant craindre des rationnements potentiellement catastrophiques. Face à l’urgence, et comme pour la crise sanitaire, les gouvernants tendent à promouvoir toujours les mêmes recettes éculées : sécuriser notre approvisionnement en gaz et pétrole sans réfléchir à l’ampleur de notre consommation, rechercher un productivisme agricole dont on connait les effets délétères… En d’autres termes, les solutions court-termistes sont une nouvelle fois privilégiées au détriment d’une réflexion approfondie fondée sur la compréhension des enjeux de long terme. Or ces différentes crises sont multidimensionnelles et imbriquées, en fait diverses facettes d’une même crise globale, profonde, anthropologique..

Depuis les débuts de la modernité occidentale au XVIe siècle, les êtres humains se sont progressivement pensés en dehors de la nature, et ont considéré cette dernière comme un réservoir de ressources dans lequel puiser de manière illimitée. Colonisation, révolution industrielle et consommation de masse, les sociétés européennes puis nord-américaines se sont engagées sur un chemin unique dans l’histoire de l’humanité. D’une part, le marché est apparu comme la meilleure forme d’organisation sociale, prenant en charge des pans de plus en plus importants des activités humaines. D’autre part, le progrès technique est devenu l’horizon indépassable de nos existences, justifié par la recherche de « l’efficacité maximale en toutes choses ». La civilisation occidentale a acquis un tel pouvoir d’agir qu’elle met aujourd’hui en danger le vivant.

De tout temps, l’activité humaine a contribué à modeler la nature et les paysages. Ce n’est toutefois que depuis deux siècles de capitalisme industriel qu’elle les détruit systématiquement, et ce à l’échelle planétaire. Or les seules « solutions » envisagées par les gouvernants pour contrer le désastre sont d’ordre technologique : bio et nanotechnologies de plus en plus puissantes et intrusives qui nous permettraient de remplacer les ressources fossiles par des matières « renouvelables » et de soigner les maladies créées par nos modes de vie ; géo-ingénierie pour manipuler le climat et la biosphère ; numérique, Big Data et intelligence artificielle à tous les étages pour un monde plus « intelligent » et plus « propre ». Pour les élites politiques et économiques, la transition écologique est d’ailleurs récemment devenue écologique et numérique. Ce solutionnisme technologique ne fait qu’approfondir la trajectoire mortifère dans laquelle le monde s’est enfermé, et de plus en plus vite. La puissance de l’action humaine va encore s’accroître, la Terre et le vivant vont être encore plus artificialisés et réifiés qu’ils ne le sont, les montagnes de déchets continueront à grandir, et les êtres humains resteront désemparés face à ce rouleau compresseur.

Sortir de cette folie collective exige à minima de faire un pas de côté et d’identifier les causes profondes de la crise systémique que nous vivons : la puissance technique mise au service du capital, la démesure prométhéenne des moyens mis en œuvre, une science souvent sans conscience qui, comme le disait Rabelais, n’est que ruine de l’âme. Lors de ces Rencontres qui marqueront les 10 ans de Technologos, nous tenterons de donner des éléments pour penser cette dynamique mortifère et armer intellectuellement la critique. C’est le préalable à toute action. Ces Rencontres se feront en partenariat avec Sciences Critiques, et se dérouleront en trois temps, trois demi-journées. Dans la première, se fera un état des lieux de la dimension technique de différentes facettes de la crise globale. La deuxième demi-journée sera consacrée à une critique historique et théorique de la technique qui donnera des outils conceptuels permettant de penser la crise écologique. Enfin, dans la dernière demi-journée, nous aborderons la question du comment. Comment penser autrement nos rapports à la nature, d’une manière moins anthropocentrée et plus harmonieuse ? Comment lutter contre le capitalisme technoscientifique et explorer d’autres alternatives ?

Programme

Vendredi 23 septembre

Accueil – 9h :
Introduction aux Rencontres 2022 en partenariat avec Sciences Critiques
Présentation de la faculté Jean Monnet

La dimension technique de la crise écologique / 9h30 – 12h30 :

  • Biotechnologies et artificialisation de la nature, par Hélène Tordjman
  • Numérique et extractivisme, par Célia Izoard
  • L’illusion d’une transition technologique, par Alain Gras

Interventions suivies d’un débat avec la salle (1h)

Critique de la « Mégamachine » : vendredi 23 septembre / 14h15 – 18h

  • La « Mégamachine », par Fabian Scheidler
  • La résilience : une technologie du consentement, par Thierry Ribault
  • Jacques Ellul, par Jean-Luc Porquet
  • La colonisation des imaginaires, par Serge Latouche

Interventions suivies d’un débat avec la salle (1h)

Samedi 24 septembre

Perspectives et luttes : samedi 24 septembre / 9h – 12h30

  • Autonomie et liberté, par Aurélien Berlan
  • Reprendre la terre, par Nicolas Delome de L’Atelier paysan
  • Les luttes au niveau international, par Morgan Ody

Interventions suivies d’un débat avec la salle (1h)

Lieu : Faculté Jean Monnet – 54 Boulevard Desgranges – 92331 SCEAUX Cedex / Salle Georges Vedel (Bâtiment G, 1er étage)
(Accès : gare de Robinson (RER B))

Entrée libre et gratuite (dans la limite des places disponibles).

Organisateurs

Sciences Critiques
Privé : Association Technologos

Lieu

Faculté Jean Monnet
54 Boulevard Desgranges
Sceaux, 92331 France
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