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Floods: Bacteria to the rescue to build dykes

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Alors que les inondations qui touchent actuellement certaines parties du pays chamboulent les paysages et provoquent des dégâts qui se chiffrent en centaines de millions d’euros, le besoin de digues se fait plus que jamais sentir. Une société lyonnaise expérimente un procédé révolutionnaire fondée sur le biomimétisme : utiliser des bactéries pour construire ou renforcer des digues afin de protéger les rivages et leurs populations.
 
Aes inondations sont devenues le premier risque naturel en France. Notre pays est en effet doté d’un maillage important de cours d’eau et est, historiquement, construit autour de l’eau. Plutôt que d’essayer de nier cette réalité, autant s’y préparer.
En France, 17 millions de personnes peuvent être concernées par des débordements, 1,4 million par des submersions marines. Si l’on inclut les phénomènes de ruissellement, cela fait 70% des communes soumises à un risque d’inondations.
 

Risque prioritaire

Événements rapides dans le sud, crues torrentielles sur les reliefs, débordements lents, remontées de nappes… L’État a identifié 122 territoires prioritaires, mais toutes les métropoles sont concernées. Rappelons qu’en termes d’impact, la crue du printemps 2016 en Île-de-France, par exemple, a causé plus d’un milliard d’euros de dégâts. Selon l’OCDE, une crue comme celle de 1910 engendrerait de 3 à 30 milliards de dommages directs.
 
« Pendant un temps, il y a eu une forme de laxisme, car on a beaucoup construit en zones inondables et on n’a pas gardé la mémoire des lieux et événements météorologiques », souligne à l’AFP le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot.
 
Depuis le Moyen Âge, Colbert et les digues de la Loire, l’homme a cru qu’il était plus fort que la nature et entreprit de se protéger en construisant barrages et ouvrages. Travail de titan, difficile et ingrat que de lutter contre la montée des eaux. La construction de digues est lourde et coûteuse, pour un résultat pas toujours satisfaisant.
 

Bio-inspiration

Alors pourquoi ne pas s’inspirer de la nature ? C’est ce que tente de faire la Compagnie nationale du Rhône (CNR), concessionnaire du fleuve, expérimente dans son laboratoire de Lyon un procédé de renforcement des digues utilisant des bactéries et leurs propriétés chimiques.
 
Le biomimétisme – ingénierie qui s’inspire du vivant – est au cœur du projet Boréal (pour Biorenforcement des ouvrages en remblais) développé au Centre d’analyse comportementale des ouvrages hydrauliques (CACOH), sur le Port Edouard-Herriot au bord du Rhône. La bactérie utilisée – « sporosarcina pasteurii » – a en effet la capacité naturelle de créer des cristaux de calcite pouvant agglomérer des grains de sable. Ce procédé est déjà utilisé dans le BTP par la société Soletanche Bachy, partenaire du projet.
 
Mais pour l’appliquer au renforcement des digues, et pallier notamment le phénomène d’érosion interne, il a fallu « lever le verrou » de son utilisation dans le domaine de l’hydraulique, une première mondiale, souligne Aurélie Garandet, ingénieure à la CNR.
 
Au sein du CACOH, un cœur de digue a été modélisé sur 8 mètres de longueur, 4 mètres de largeur et plus de 2 mètres de haut. « Cela nous permet de nous retrouver dans les conditions d’un chantier réel », explique Annette Esnault, cheffe de projet chez Soletanche Bachy.
 
Les bactéries, additionnées d’une solution calcifiante, ont été injectées dans différents matériaux et en seulement quelques jours, elles ont formé dans du sable un bloc d’environ deux mètres de diamètre. Selon Mme Garandet, elles pourraient remplacer à l’avenir le ciment et les résines injectées actuellement pour renforcer les digues, avec « l’avantage de conserver la porosité des sols pour permettre aux nappes phréatiques de circuler ».
 
Le sage n’avait-il pas dit que toutes les solutions se trouvaient dans la nature ?
 
With AFP
 

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