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La guerre contre la nature : penser l’Anthropocène avec Marcuse

5 février à 19 h 00 min - 22 h 00 min

Gratuit

L’Académie du climat et la revue Terrestres organisent la sixième rencontre de la revue Terrestres le jeudi 5 février sur le thème « La guerre contre la nature : penser l’Anthropocène avec Marcuse« .  L’écologie politique a une longue histoire : dès les années 1950, plusieurs penseurs réfléchissent aux effets aliénants de la technologie moderne et à la destruction de la nature. Pour cette sixième rencontre de la revue Terrestres, retour sur la pensée du philosophe allemand Herbert Marcuse qui a longuement réfléchi entre 1950 et 1970 au consumérisme, à la domination produite par la technologie et à la guerre contre la nature.

Qui connaît encore le philosophe allemand Herbert Marcuse (1898-1979) ? A la mort de celui-ci, André Gorz, figure de l’écologie politique alors en pleine ébullition, lui rend hommage : « Nous sommes tous enfants de Marcuse ». Peut-on lire cette formule comme une invitation à voir dans Marcuse un intellectuel qui a contribué à nourrir le fond théorique et politique de l’écologie politique ?
Cette sixième Rencontre Terrestres explorera cette hypothèse en revenant sur son œuvre, relue à l’aune de notre extrême dépendance technologique et de l’effondrement écologique. Dès 1955, alors que l’enchantement par la consommation de masse domine, il développe depuis les États-Unis une critique du consumérisme et du type d’être humain qu’il suscite.
Dans Éros et civilisation (1955) et L’homme unidimensionnel (1964), Marcuse analyse la nature de la technologie moderne afin de comprendre dans quelle mesure elle participe d’un projet politique et capitaliste de domination.
Cet examen le conduit à développer des thèses ambivalentes, voire contradictoires : il perçoit à la fois la nature aliénante du pouvoir technologique, mais également ses potentialités dans l’optique d’une révolution permettant une réappropriation de l’infrastructure du capitalisme industriel. Dans ces conditions, comment hériter de Marcuse, c’est à dire discuter et actualiser les chantiers théorique et poltique qu’il a ouverts ? Comment le lire à l’heure de la prédation généralisée et de l’emballement technologique et climatique ?

Dans un colloque organisé à Paris par Gorz en 1972, et intitulé « Écologie et révolution », Marcuse proposait de voir dans la « guerre contre la nature » le phénomène central pour analyser le capitalisme dans sa contradiction avec les écosystèmes et milieux de vie. À l’heure de la catastrophe écologique, il est urgent de redécouvrir les leçons stratégiques de cet auteur en vue de s’atteler à la grande tâche politique qui demeure plus que jamais la nôtre : en finir avec le productivisme et les formes de subjectivité qui en soutiennent la destructivité.

La rencontre abordera les thèmes suivants :

1/ pourquoi relire Marcuse aujourd’hui ? Un tour d’horizon des intervenants pour comprendre leurs intérêts pour cette œuvre et expliquer le renouveau éditorial qu’il suscite dans divers pays.

2/ retour sur le contexte de l’écriture de son œuvre : rappel biographique ; brève présentation de la théorie critique de l’Ecole de Francfort et de son rapport à Theodor W. Adorno-Max Horkheimer ; engagement politique de Marcuse aux côtés des mouvements de jeunesse des années 1960-1970 et découverte de la question écologique.

3/ examen approfondi de son diagnostic de la technologie moderne : quelle est la nature de l’ordre socio-technique produit par la dynamique de rationalisation et d’industrialisation ? Comment le travail, l’ordre politique et les sujets sont façonnés par le développement continu des forces productives ? Marcuse critique la rationalité instrumentale, mais soutient en même temps que le le dépassement de la domination suppose un surcroit de machinisme et d’automatisation pour libérer la société qui aurait dépassé le « principe de performance » qui structure les rapports capitalistes : comment penser avec Marcuse une transformation du travail et des techniques, au service de l’émancipation et de l’autonomie ?

4/ analyse de la pensée écologique de Marcuse : son élaboration théorique se fait en lien étroit avec une réflexion sur le féminisme, l’anticolonialisme et l’anti-autoritarisme, dans la mesure où il s’agit à chaque fois de mettre au jour une dimension spécifique de la domination capitaliste. Penser l’anthropocène et le capitalocène avec Marcuse signifie qu’une écologie politique conséquente est nécessairement anticapitaliste, féministe et anticoloniale.

5/ Comment articuler une critique du mode de production capitaliste et une critique de la modernité (fondée sur un partage du monde où les êtres et les choses sont hiérarchisés selon la distinction nature/culture) ? On fera ici dialoguer Marcuse avec les critiques contemporaines de la nature et du naturalisme (Descola, Latour) : le philosophe allemand défendait une approche où l’idée de nature, réélaborée dans le sillage de Marx, offre un point d’appui essentiel pour appréhender et penser la domination sociale et capitaliste de la nature. Dans cette perspective, le concept de nature est indépassable ; c’est le fondement à partir duquel on peut critiquer à la fois la modernité et le capitalisme.

Cet événement est organisé avec la revue Terrestres, la revue des écologies radicales
Depuis 2018, Terrestres est le laboratoire des pensées, des luttes et des pratiques qui s’inventent pour répondre à la catastrophe écologique et contrer l’emprise du capitalisme sur les vivants.

Intervenant·es :

Trois spécialistes, Haud Gueguen, Aurélien Berlan et Jean-Baptiste Vuillerod, présenteront et discuteront les thèses avancées par Herbert Marcuse et les feront résonner avec les urgences politiques de notre époque.

Aurélien Berlan est maître de conférence au département de sciences économiques et gestion de l’université Toulouse 2 – Jean Jaurès. Il a contribué aux écrits du Groupe Marcuse (De la misère humaine en milieu publicitaire, La Découverte, 2004 ; La Liberté dans le coma, La Lenteur, 2013) et a publié un essai sur la critique de la modernité industrielle par les sociologues allemands (La Fabrique des derniers hommes, La Découverte, 2012) et Terre et liberté. La quête d’autonomie contre le fantasme de délivrance, La Lenteur, 2021).
Il a notamment écrit dans Terrestres :

Haud Guéguen est maîtresse de conférences en philosophie au Conservatoire national des arts et métiers. Ses travaux portent sur les sciences humaines et sociales du possible et sur l’histoire du néolibéralisme. Elle a notamment publié, avec Pierre Dardot, Christian Laval et Pierre Sauvêtre, « Le Choix de la guerre civile. Une autre histoire du néolibéralisme » (Lux, 2021) et, avec Laurent Jeanpierre, « La Perspective du possible. Comment penser ce qui peut nous arriver, et ce que nous pouvons faire » (La Découverte, 2022).
Elle a notamment écrit dans Terrestres : https://www.terrestres.org/2023/07/04/desirer-apres-le-capitalisme/

Jean-Baptiste Vuillerod est agrégé et docteur en philosophie. Ses travaux portent sur la philosophie de Hegel et ses réceptions dans les pensées critiques contemporaines : la philosophie française des années 1960, l’École de Francfort, les théories féministes, l’écologie politique. Il a notamment écrit « Theodor W. Adorno : La domination de la nature » (Amsterdam, 2021)
Il a écrit dans Terrestres : « Héritage de la dialectique de la raison chez les éco féministes« .

Gratuit sur inscription

La revue Terrestres est un média associatif, qui fonctionne grâce à une rédaction hybride : une équipe de trois journalistes salariés et un groupe de chercheur·euses et militant·es composent un collectif de rédaction vivant, en prise avec les enjeux théoriques, pratiques et politiques de la pensée écologique contemporaine.

Lieu

Académie du climat
2 place Baudoyer
Paris, 75004 France
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