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riz et nutriments

Un aliment vital pour des milliards de personnes risque de devenir moins nutritif.

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Les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine menacent de rendre le riz moins nutritif. C’est le constat alarmant de scientifiques dans une étude publiée ce 23 mai. Un risque majeur menaçant l’aliment de base de milliards d’humains.
 
Les scientifiques ont découvert que le riz contient des niveaux plus faibles de vitamines clés lorsqu’il est cultivé dans des concentrations élevées de dioxyde de carbone, le gaz à effet de serre le plus courant, à l’origine du changement climatique. « Si nous ne faisons rien, alors oui, il y a un potentiel d’impacts négatifs profonds sur la santé humaine », a déclaré au Washington Post Kristie Ebi, chercheuse en santé publique à l’Université de Washington à Seattle et l’un des auteurs de l’étude, qui impliquait également des chercheurs d’institutions en Chine, au Japon, en Australie et aux États-Unis, y compris au Département de l’agriculture des États-Unis.
 

Le réchauffement climatique responsable

La recherche qui a été publiée dans la revue Science Advances, a été menée au Japon et en Chine, et a examiné 18 variétés de riz dans le cadre d’expériences en plein air où les plantes ont été soumises à des concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone de 568 à 590 parties par million. Les concentrations actuelles sont d’environ 410 parties par million, mais elles augmentent d’environ 2 parties par million chaque année – et pourraient atteindre les niveaux de l’étude dans la dernière partie de ce siècle.
 
« Nous démontrons que le réchauffement climatique, et en particulier les gaz à effet de serre, le dioxyde de carbone, peuvent avoir un impact sur le contenu nutritionnel des plantes que nous mangeons », dit le coauteur Adam Drewnowski, professeur d’épidémiologie à l’Université de Washington.
 

Perte de vitamines

Le riz représente environ 25 pour cent de toutes les calories mondiales. L’étude a révélé qu’aux concentrations élevées de CO2, la teneur en vitamines B1, B2, B5 et B9 de la culture a diminué, y compris jusqu’à 30 pour cent pour le B9 (folate). La recherche a également confirmé des déclins précédemment découverts dans les protéines, le fer et le zinc.
 
« Le nutriment qui décline avec des concentrations de CO2 plus élevées est le folate. Et nous savons que les carences en folate chez les femmes enceintes peuvent entraîner la naissance d’enfants présentant diverses anomalies congénitales. Il est donc d’une importance capitale, en particulier pour la santé maternelle et infantile, mais aussi pour nous tous. »
 
Ces résultats vont de pair avec des recherches récentes suggérant également qu’une autre grande culture de base mondiale, le blé, pourrait voir ses rendements diminuer à mesure que la planète se réchauffe. Les conséquences pour le blé sont liées à la hausse des températures, mais dans le cas du riz, le problème immédiat semble être la concentration croissante de dioxyde de carbone dans l’atmosphère.
 

Altération du métabolisme des plantes

Face à une augmentation du CO2 dans l’air, plusieurs aspects du métabolisme des plantes peuvent ne pas suivre le rythme, ce qui signifie qu’elles puiseraient moins d’éléments nutritifs dans les sols au fur et à mesure de leur croissance, et proportionnellement plus de carbone. C’est le changement dans la composition de la plante elle-même qui pourrait, à son tour, se traduire par des changements dans son contenu nutritionnel pour ceux qui la consomment. « Le CO2 est un aliment végétal en ce sens qu’il fait pousser les plantes », a déclaré Lewis Ziska, un autre auteur d’une étude du ministère américain de l’Agriculture. « Mais souvent, quand les plantes poussent plus, cela ne signifie pas nécessairement que vous obtenez la même qualité du végétal. » Pour cette raison, le riz pourrait en fait déjà perdre une partie de son contenu nutritionnel sous les concentrations actuelles de dioxyde de carbone dans l’atmosphère – mais la recherche n’a pas encore confirmé cette hypothèse. En effet, cela nécessiterait de comparer le riz d’aujourd’hui au riz d’il y a des décennies, ce qui signifierait utiliser des échantillons qui ont été conservés d’une manière ou d’une autre.
 
Ce danger de perte des qualités nutritionnelles ne concerne pas que le riz. « Le mécanisme de base décrit dans l’étude pourrait impliquer d’autres plantes et d’autres aliments de base », a déclaré Chuck Rice, professeur d’agronomie à l’Université d’État du Kansas, qui a commenté l’étude pour le Wahsington Post. « Il y a d’autres rapports qui montrent que les céréales perdent de 2 à 10 pour cent de protéines dans un environnement à forte teneur en CO2 ».
 

Les pauvres les plus touchés

Ce que cette recherche montre aussi c’est que les pauvres et les défavorisés du monde entier seraient les plus durement touchés par ce genre de changements et seraient les moins en mesure d’ajuster ou de diversifier leur régime alimentaire afin d’obtenir des nutriments par d’autres moyens. En effet, « le riz n’est pas seulement une source majeure de calories, mais aussi de protéines et de vitamines pour de nombreuses personnes dans les pays en développement et pour les communautés pauvres des pays développés » déclare le professeur Kazuhiko Kobayashi de l’Université de Tokyo.
 
Dans les pays où la consommation de riz est la plus élevée et où le produit intérieur brut est le plus bas, les populations risquent davantage de souffrir de malnutrition à mesure que la valeur nutritionnelle des aliments de base à bas prix comme le riz va diminuer.
 
 
Sources : Washington Post, Science Alert, AFP
 

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