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arts et culture

Le pouvoir des fleurs : 26 créateurs contemporains dialoguent avec l’œuvre florale de P-J. Redouté

À l’occasion de la première rétrospective française consacrée à Pierre-Joseph Redouté, Ateliers d’Art de France et le musée de la Vie romantique co-présentent une exposition en deux volets célébrant le motif de la fleur du 26 avril au 1er octobre 2017, "Le pouvoir des fleurs". 
Photo : Sarah Radulescu, Jardin en Romance, 2017 © Cristian Radulescu
 
Si la fleur est une source d’inspiration centrale pour les arts décoratifs au XIXème siècle, les artistes de la matière en sont toujours imprégnés aujourd’hui. Sous quelles formes revisitent-ils ce thème ?
Ateliers d’Art de France propose d’y répondre par un parcours de créations métiers d’art inédit, déployé au sein des collections permanentes et des espaces extérieurs du musée de la Vie romantique. Argent, bronze, coton, émaux sur cuivre, grès, laine, mosaïque, papier, plâtre, plume, porcelaine, silicone, soie, terre crue, verre… 26 créateurs façonnent la matière pour réaliser une quarantaine d’œuvres originales prenant vie dans le jardin et les salles du musée.
 
Dans les espaces temporaires du musée de la Vie romantique, l’exposition « Le pouvoir des Fleurs, Pierre-Joseph Redouté (1759-1840) » présente 250 peintures, aquarelles, objets d’art et vélins, témoignant de cette influence de l’œuvre de Redouté à l’époque romantique.
 
 
Pierre-Joseph Redouté (1759-1849) est connu pour ses roses, liliacées et autres plantes exotiques dessinées sur de précieux vélins, avec une précision savante et des coloris éclatants.
L’œuvre de celui que l’on surnomma le « Raphaël des Fleurs » témoigne de la préoccupation grandissante pour la classification, l’identification et la collection des plantes et il contribua à l’âge d’or des sciences naturelles.
 
L’engouement pour la fleur sublimée par Redouté atteint les particuliers et ses motifs sont largement diffusés dans les productions manufacturières. Les soyeux lyonnais créent de nouvelles étoffes aux lignes végétales, tandis que papiers peints, porcelaines, broderies et peintures rendent hommage à la botanique.
 
Alors qu’un certain nombre de créateurs s’inscrit dans la plus pure tradition des arts décoratifs français, tel Samuel Mazy, fleuriste-porcelainier, d’autres revisitent la fleur avec humour ou poésie. Isabelle Poupinel, céramiste, réinterprète l’herbier, premier objet de collection des amateurs de promenades fleuries ; Christine Coste vient littéralement abattre avec ironie la fleur, symbole de l’histoire de l’art.
D’autres privilégient la charge romantique de l’ancienne maison-atelier d’Ary Scheffer. Ainsi, Kyoko Sugiura a créé spécialement une toile brodée de perles fines en hommage à la relation tumultueuse entre George Sand et Frédéric Chopin.
 
Kyoko Création, Chaos, 2017 © Takeshi Sugiura
 
Tzuri Gueta investit la rocaille du jardin d’hiver avec ses lianes de soie et de silicone, tandis que Sarah Radulescu redonne vie à un fauteuil des collections permanentes du musée.
 
Les créateurs : Alexandra Carron, Cécile Chareyron, Christine Coste, Agnès Debizet, Corinne Dorlencourt, Antonella Fadda-Haffaf, Ferri Garcès, Tzuri Gueta, Félicité L, Hélène Lathoumétie, Bruno Livrelli, Stéphanie Martin, Samuel Mazy, Laurence Oppermann & Tzuri Gueta, Brigitte Pénicaud, Fabienne Picaud, Martine Polisset, Isabelle Poupinel, Sarah Radulescu, Marie Rancillac, Lise Rathonie, Angèle Riguidel, Ber Christine Coste, L’assault, 2010 © Christine Coste trand Secret, Kyoko Sugiura, Valérie Tanfin, Françoise Tellier-Loumagne.
 
Corinne Dorlencourt, Etamines, 2016 © Hervé Dorval
 
Part essentielle dans l’économie de la création, le secteur des métiers d’art rassemble près de 38 000 entreprises en France et génère un chiffre d’affaires de 8 milliards d’euros.
Ils s’exercent dans les champs de la création ainsi que dans ceux de la reconstitution, de la réparation et de la restauration du patrimoine.
L’exercice des activités de métiers d’art se caractérise par quatre critères cumulatifs :
• La maîtrise de gestes, de techniques et de savoir-faire complexes en vue de la transformation de la matière ;
• Les oeuvres réalisées nécessitent un apport artistique et portent l’empreinte de leur créateur et de l’atelier dont elles sont issues ;
• Les oeuvres sont réalisées dans leur intégralité à l’unité, en pièces uniques ou en petites séries ;
• Les oeuvres sont par nature durables.
 
Lieu : Musée de la Vie romantique - Hôtel Scheffer-Renan – 16, rue Chaptal – 75009 Paris

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exposition Edgar Sarin

Edgar Sarin aux Bernardins

Avec « Un minuit que jamais le regard, là, ne trouble », l’artiste plasticien Edgar Sarin propose une expérience sensible et inédite structurée autour de seize interventions dans l’espace d’exposition de l’ancienne Sacristie du Collège des Bernardins du 31 mars au 20 juillet 2017. La programmation « arts visuels » proposée par le commissaire d’exposition, Gaël Charbau, initie ainsi des rencontres entre des créateurs en début ou milieu de carrière et l’environnement des Bernardins.
Les artistes sont ainsi invités à imaginer des œuvres spécifiquement produites pour ce lieu, permettant un dialogue inédit et singulier entre l’architecture chargée d’histoire du bâtiment, son actualité et les formes plastiques les plus contemporaines.
 
Après avoir mis en scène dans l’ancienne sacristie un « espace essentiel » composé de sculptures, Edgar Sarin reviendra chaque semaine, même jour, même heure, s’y enfermer avec un échantillon de population qu’il aura sélectionné, afin de jouer à huis clos ce qu’il nomme les minuits : des chorégraphies ritualisées liant des êtres, des sculptures et de la musique.
 
Ces minuits - que jamais le regard, là, ne trouble - se feront portes closes, isolées des spectateurs. Chaque semaine, ces derniers pourront ainsi découvrir les traces successives et les évolutions laissées par les minuits, sentir la chaleur des corps et de leur mécanique captée et restituée par l’ancienne sacristie.
 
C’est en le laissant libre d’imaginer qu’Edgar Sarin permet à son public de s’approprier son œuvre et au-delà, de la prolonger ; certains paramètres de sa création resteront donc inaccessibles afin de favoriser un mouvement de spéculation — d’appropriation — susceptible de compléter intimement l’œuvre.
Edgar Sarin (né à Marseille en 1989) est le cinquième artiste programmé par le commissaire invité au Collège des Bernardins Gaël Charbau.

Un lieu d’exception pour des « Questions d’artistes »

Déployée pendant seize semaines, cette exposition en évolution permanente sera ouverte à partir du 31 mars au Collège des Bernardins où, transdisciplinaire et éclectique, la programmation culturelle « Questions d’artistes » initiée par Jean de Loisy, sous la direction d’Hervé de Vaublanc, s’interroge sur les formes et les imaginaires contemporains en laissant la parole aux artistes de notre temps.
À travers une programmation de musiques, art plastiques et arts vivants, le Collège des Bernardins favorise les créations et les productions in situ. Dans une société qui évolue plus vite que notre capacité à en percevoir les enjeux, c’est un espace de liberté, un projet à vocation universelle, où tous sont invités à s’interroger sur les espoirs et les questions de notre société pour construire un avenir respectueux de l’homme à la lumière de la foi et de la raison. Sa singularité ? Il propose de porter un regard unifié sur le monde et l’homme en associant activités de recherche, formation philosophique et théologique, programmation culturelle et événements artistiques.
 
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Trois questions à Edgar Sarin

« Il n’y a pas d’artiste, il n’y a que des hommes… »
 
Gaël Charbau : Le projet d’exposition que vous proposez au Collège des Bernardins est particulier, puisque vous sollicitez l’imagination des spectateurs afin qu’ils complètent, reconstituent et mettent en relation les objets, traces et indices que vous reconfigurez chaque semaine dans la sacristie... Pourquoi choisir un tel dispositif spatial et temporel ?
 
Edgar Sarin : Je crois n’avoir fait qu’écouter ce que ce lieu avait à dire, l’enceinte parle d’ellemême (ndlr : elle était la sacristie d’une église, aujourd’hui disparue, jouxtant le Collège des Bernardins) — un lieu de coulisses et d’initiés, où les prêtres se préparent pour célébrer les cérémonies liturgiques et où sont entreposés les objets qui servent à l’office. Par ailleurs, dans une institution telle que le Collège des Bernardins, il m’était primordial de concevoir une ossature absorbant l’aléatoire et se renouvelant au fil des semaines ; un espace de réflexion donc, plutôt qu’un espace de contemplation.
 
GC : Vous n’avez pas une formation classique dans le champ de l’art contemporain, puisque vous êtes diplômé d’une école d’ingénieur... Est-ce que ce parcours vous amène à penser différemment votre rôle d’artiste aujourd’hui ?
 
ES : Je crois qu’il n’y a pas d’artiste et qu’il n’y a que des hommes. Je m’efforce, alors, de comprendre ce qu’être un homme signifie et catalyse cette effervescence sous un système de contrainte de prime apparence harmonieuse et non scientifique. Cela m’apparaît cependant telle une démarche vitale et naturelle : celle d’un homme candide recherchant la solution d’un problème qu’il ne comprend pas lui-même.
 
GC : Les titres que vous choisissez, et plus généralement le langage en lui-même jouent un rôle important dans votre œuvre. Est-ce à nouveau une façon d’impliquer l’imaginaire des spectateurs en faisant avant tout surgir des images par les mots avant de nous inviter à découvrir vos pièces ?
 
ES : Chacune de mes entreprises est ce que j’appelle « un corps » et fonctionne comme tel : le travail plastique est présenté dans l’environnement qui l’a fait naître — d’où la notion de « destinataire » qui va, quelque part, plus loin que le spectateur seul. Chaque travail est donc une unité de sens, de lieu et de temps ; cela comprend naturellement une littérature, qui ne peut être prise hors du corps. Dans cette opération, les procédures sont par ailleurs appelées des minuits, et se feront à l’ombre du spectateur ; et puisque notre langue est toujours plus belle au singulier cela se traduit par : Un minuit que jamais le regard, là, ne trouble.

A propos d’Edgar Sarin

Edgar Sarin est né à Marseille en 1989. Il suit un cursus d’ingénieur, passionné de sciences et de mathématiques, et ce ne sera qu’une fois diplômé, en 2013, qu’il commencera à s’assumer entièrement comme créateur. Sa pratique consiste à créer des images puis les soustraire au spectateur, mettant donc en scène une latence entre la possibilité d’une image et son obtention. Selon Edgar Sarin, l’œuvre est là, lorsque le spectateur est confronté à un objet que ses sens ne peuvent atteindre ; créant ainsi chez ce dernier un mouvement de spéculation mentale et de rationalisation de l’inconnu. La manière dont Edgar Sarin organise son travail est assez unique et se rapproche de la notion de Gesamtkunstwerk. Utilisant l’exposition comme un médium en lui-même, chacune de ses entreprises publiques est orchestrée afin que le spectateur découvre l’œuvre comme l’archéologue découvre un joyau ancien.
 
En septembre 2014, il lance l’Antichambre de la Substance Rayonnante, parution contemporaine sur papier journal qu’il dirigera jusqu’en 2016.
En octobre 2015, Edgar Sarin présente la première exposition de sa société de réflexion par l’exposition Cercle de La Horla, Des Absents, expérimentation collective regroupant les œuvres de neufs artistes dont Gaspard Maîtrepierre, Pierre Huygue et le jeune dissident Ryan H.
Il est le lauréat de la Bourse Emerige 2016 et prépare ses premières expositions personnelles dans deux galeries à rayonnement international, Konrad Fischer Galerie, Berlin et Michel Rein, Paris.
 
Exposition au Collège des Bernardins, 20 rue de Poissy - 75005 Paris (Entrée libre)
 
 
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arts et culture

Maria Papa Rostkowska au Musée d'Art Contemporain Cascina Roma de Milan

Au Palais Bourbon, sur la terrasse devant la salle des députés du Parlement, a été placée au printemps 2011 la sculpture monumentale « Promesse de Bonheur », haute de plus de trois mètres, en marbre blanc de Carrare de l’artiste Maria Papa Rostkowska (1923-2008) : elle est la seule artiste non française qui ait une œuvre installée au siège de l’Assemblée Nationale. Pour (re-) découvrir ses œuvres, ses amis, ses lieux, une exposition lui est consacrée du 11 mars au 30 avril 2017, au Museo di Arte Contamporanea Cascina Roma de Milan.
 
Maria Baranowska (www.mariapapa.fr) naît à Varsovie en 1923 d’un père polonais et d’une mère russe. En 1943 elle épouse Ludwik Rostkowski Jr, membre important du mouvement socio-démocrate polonais, avec lequel elle participe à la libération de nombreux Juifs du Ghetto de Varsovie. Durant l’Insurrection de Varsovie, en 1944, elle rejoint la résistance et s’engage dans la lutte armée contre l’armée allemande, ce qui lui vaut d’être décorée, après la Libération, de la médaille Virtuti Militari. Son mari sera honoré ultérieurement par la Médaille des Justes.
 
Pendant l’occupation allemande de la Pologne elle suit des études supérieures d’art et d’architecture. En 1947, l’UNESCO et le gouvernement français lui offrent une bourse pour étudier l’art à Paris, où elle restera trois ans. De retour en Pologne elle devient Professeur Associé à l’Académie des Beaux-Arts de Varsovie et commence à participer à diverses expositions de peinture et des projets architecturaux.
 
Ludwik Rostkowski Jr disparaît dans la tourmente stalinienne en 1950. Quelques années plus tard, en 1957, dans le contexte de la déstalinisation en Pologne et grâce au soutien du peintre Édouard Pignon, elle peut s’établir à Paris où elle fait la connaissance de l’éditeur, écrivain et critique d’art Gualtieri di San Lazzaro (né Giuseppe Papa) qu’elle épousera en 1958. San Lazzaro est le fondateur de la revue XXe Siècle et de la galerie éponyme. Maria se trouve ainsi au centre de la vie artistique parisienne, fréquente des artistes, des écrivains, des critiques d’art et des acteurs de la vie culturelle Un florilège de créateurs et de personnalités nationales et internationales du monde des arts et des lettres fréquentait en effet la galerie de la rue des Canettes et suivait les publications de la Revue. Au centre de ce cercle figuraient notamment Nina Kandinski, Serge et Marcelle Poliakoff, Joan et Pilar Mirò, Ésteve , Roger Viellard et Anita da Caro, Hans Hartung et Anna Eva-Bergman, Alberto et Susi Magnelli, Eugène et Rodica Ionesco, André Pieyre et Bona de Mandiargues, Sonia Delaunay, Olivier Debré, Pierre Volboudt, André Verdet, Robert Lebel, Jacques Lassaigne, Beniamino et Carla Joppolo, Vittorio De Sica, Cesare Zavattini. Maria a établi des liens d’amitié et a eu de fréquents échanges avec des sculpteurs tels que César, Émile Gilioli, Marino Marini, Lucio Fontana et Carlo Sergio Signori.
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Au cours de ces années elle séjourne en été dans la ville d’Albisola, près de Savone, en Ligurie. Elle y découvre le travail de la céramique et de la terre qui la conduira à se consacrer ultérieurement à la sculpture. Elle fait partie de l’atelier de céramique de Tullio Mazzotti, aux côtés notamment de Lucio Fontana et rejoint le cercle des artistes qui entourent le célèbre galeriste milanais Carlo Cardazzo, fondateur et directeur de la Galleria del Naviglio, qui comprend, entre autres, Capogrossi, Crippa, Fabbri, Manzoni, Scanavino, Milena Milani, Sassu, Wifredo Lam et Asger Jorn.
 
Ses œuvres en terre cuite sont exposées pour la première fois à la Galleria del Naviglio en 1960, avec un texte du poète et critique d’art André Verdet. En 1966, recommandée par Jean Arp et Lucio Fontana, elle reçoit le prix de la sculpture de la Fondation William et Norma Copley et est invitée par Giuseppe Marchiori à participer au Symposium du Marbre organisé par la société Henraux de Querceta, en Versilie (province de Lucca), où elle découvre le marbre, qui deviendra son matériau de prédilection.
 
À partir de ce moment, et jusqu’aux dernières années de sa vie, elle la partagera entre Paris et Pietrasanta en Versilie, exposant en France, en Italie, en Pologne, en Suisse, au Japon et en Russie : de son vivant plus d’une centaine d’expositions individuelles et collectives. Ainsi elle se retrouve au centre d’un important creuset artistique international auquel participent des artistes historiques de l’avant-garde de la fin du vingtième siècle, comme Jean Arp, Marc Chagall, Alberto Magnelli, Massimo Campigli et Sonia Delaunay et des artistes de la Seconde École de Paris, parmi lesquels figurent des artistes italiens comme Alberto Burri, Agenore Fabbri, Giuseppe Capogrossi et Lucio Fontana.
 
Maria Papa Rostkowska meurt à Pietrasanta en 2008. En avril 2009 la ville de Pietrasanta lui consacre une importante rétrospective, rendant hommage à l’une des rares femmes sculptrices travaillant le marbre en « taille directe ». Des expositions commémoratives ont eu lieu à Paris, à Varsovie et à Milan. Quelques-unes de ses œuvres monumentales ont été installées dans des lieux publics : Milan (Université de Milan) et Pietrasanta (Place Gabriele D’Annunzio) ; Varsovie (parc du Musée de la Sculpture de Krolikarnia, parvis du Musée National et Palais présidentiel de la République Polonaise) ; Musée des Beaux-Arts de Menton (Palais Carnolès), Musée de la Sculpture en plein air de Paris et Pavillon de l’Arsenal.
 
L’exposition de Milan présentera aussi des oeuvres des principaux artistes qui constituaient le cercle des amis de l’artiste: Arp, Dumitresco, Pignon, César, Man Ray, Music, Verdet, Henry Moore, Sonia Delaunay, Poliakoff, Picasso, Chagall, Mirò, Calder, Hartung, Dubuffet, Max Ernst, Anita Da Caro, Aryka Madeyska, Jan Cybis, Tadeusz Dominik, Estève, Gilioli, Roger Vieillard, Capogrossi, Crippa, Dadamaino, Fabbri, Lucio Fontana, Marino Marini, Magnelli, Milena Milani, Scanavino,Olivier Debré, Kijno.
 
L’exposition est sous le patronage honoraire de Agata Kornhauser-Duda épouse du Président de la République Polonaise.
 
Un catalogue accompagne l’exposition : il édité par Cortina Arte Edizioni, en italien, en anglais et en français avec des textes de Marco Meneguzzo (historien d’art et professeur à l’Accademia di Belle Arti di Brera), Lydia Harambourg (historienne et critique d’art), d’Agnieszka Tarasiuk directrice du Musée de Sculpture de Kròlikarnia de Varsovie) et de Massimo Mallegni (Maire de Pietrasanta).
 
Vernissage le samedi 11 mars à 18 heures. Il sera précédé à 17 heures du concert de la pianiste Magdalena Zuk : « Musicality of sculpture », avec des oeuvres de Frédéric Chopin, Karol Szymanowski et Domenico Scarlatti.
Lieu : Museo di Arte Contamporanea Cascina Roma. Piazza Art 6. San Donato Milanese (MI) du 11 mars au 30 avril 2017
 
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Institut français du design

L'exposition EXPLORE | Outside the box de l'IFD à la Biennale internationale du design

La 10è Biennale Internationale Design de Saint-Étienne ouvre aujourd'hui avec pour thème : Working promesse | les mutations du travail. Pour l'occasion, l'Institut Français du Design, présent sur la Biennale depuis sa création en 1998, propose une exposition de photographies intitulée « EXPLORE | Outside the box ».
Avec la Biennale comme laboratoire, ce concours a pour vocation de soulever des idées, des thèmes, des enjeux, en sollicitant les étudiants autour du futur de travail, en filigrane la question : "Quel est le monde du travail dans lequel vous nous invitez à entrer ?"
Photo : « Réunion de bureau » de Zénaïde Gaboriau et Alice Leblanc – Cette photo est le symbole d’une ouverture sur l’avenir 
 
L’Institut Français du design lançait en février un concours de photographies auprès des étudiants : « Quel regard portez-vous sur le futur du travail ? » avec une exposition à la Biennale Internationale du Design de Saint-Etienne, du 9 mars au 9 avril 2017, pour les heureux gagnants.
Partage social, jobbing, co-working, uberisation, tiers-lieux, profession slasher… autant de nouveaux vocables qui commencent à dessiner les contours du monde du travail de demain. Or le monde change si vite qu’il faut beaucoup d’imagination et des discours aux accents utopiques pour créer la vision de nos sociétés futures.
La photographie est un média qui donne à voir un réel imaginaire. CLassée dans lart contemporain, elle est devenue populaire grâce aux appareils et aujourd'hui, à la portée de tous, avec les smartphones. Mais elle reste un média de création quand elle est capture d'une situation extraordinaire.
Qui, mieux que la génération Y directement impliquée par ces nouvelles formes à définir, pouvait apporter un regard pertinent et inventer les fictions et les images du futur du travail ?
Plus de 100 étudiants issus d'une trentaine d'écoles ont proposé chacun une vision différente de laquelle se détache une certaine appréhension de l'avenir non sans de malignes touches d'humour.
22 photos lauréates ont été sélectionnées par un jury d'experts et exposées pendant toute la durée de la Biennale. Découvrez-les ainsi que les deux Prix du Jury jusqu'au 9 avril à la Biennale.
Les scénarios de vie du futur
Il y a 20 ans, Jeremy Rifkin - que la Biennale avait invité - prédisait la fin du travail. Dans le livre préfacé par Michel Rocard, il suggérait de réduire le temps de travail et de développer le "3ème secteur".
Pourquoi utiliser la photographie ? Dans un monde d'images, capter l'instant c'est aussi observer, scruter, diagnostiquer, voir. Donner à voir.
Avec l'expertise des jurés, l’Institut Français du Design offre un véritable outil de détection. Chercheurs, photographes, designers et journalistes nous aident à comprendre les scénarios de vie du futur.
Anne-Marie Sargueil, Présidente de l’Institut Français du Design

Pourquoi le concours “EXPLORE | Outside the box” ?

La Biennale est un grand rendez-vous professionnel pour le design. Anne-Marie Sargueil, qui pilote l’IFD depuis plus 30 ans, fait le pélerinage à la Biennale depuis sa création en 1998. Elle a voulu apporter sa contribution à l’édition 2017 et à sa thématique : Working promesse | les mutations du travail.
“Le concours “EXPLORE | Outside the box” est l’occasion de considérer la Biennale comme un laboratoire où on peut tester des idées, des thèmes, des enjeux.
On voit que le grand public est demandeur d’une réflexion sur le monde qui nous entoure. La question posée aux jeunes était finalement : “Quel est le monde du travail dans lequel vous nous invitez à entrer ? Nous leur avons demandé d’être optimistes et humanistes, explique-t-elle en préambule.
“Les propositions des étudiants vont nourrir la réflexion des concepteurs. On va partir de l’imagination, ensuite on aura l’observation et puis enfin il faudra passer à l’acte. Mais d’abord l’imagination, d’abord le rêve.“
 
Pour cette première édition, Anne-Marie a sollicité des écoles de design, d’arts appliqués, de photographie ou encore de communication. Mais demain, elle aimerait reposer la question à des étudiants en école d’ingénieurs et de commerce. Car les points de vue sont bien différents.
Ainsi dans cette édition, les jurés ont constaté que “les écoles d’art ont capté l’instant, c’est l’oeil qui décode l’existant. Dans les écoles de design, ils sont dans une recherche de solutions, voire une captation d’un projet, mais pas dans la captation de l’air du temps.“ Une variété d’approches prometteuse pour l’avenir.
 
Optimistes sur le monde du travail, les étudiants ? Pas vraiment. Pour le jury de designers, photographes, journalistes, chercheurs, force a été de constater que la centaine de propositions en lice révélait une vision un peu noire, un peu pessimiste où les technologies sont trop présentes et les humains pas assez. Même si certains ont pris le parti de la dérision, de l’humour, de l’esthétique.
 
Réuni dans la bibliothèque de l’Hôtel de l’Industrie, le jury a sélectionné un palmarès de 22 photos, exposées à la Biennale. Le Prix du jury est décerné à deux photos ex æquo :
 
 
« Le Télétravail : Confort ou Mascarade ? » de Romane Tressol
Ce jeune cadre « costard chaussons » a séduit les membres du jury grâce à la carte de l’humour. Une photo bien mise en scène et accompagnée d’un texte percutant dans lequel Romane Tressol, étudiante à l’ENSAAMA (École Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d'Art), pose toutes les bonnes questions. « C’est la confusion entre mon chez moi et mon bureau », a réagi le designer Olivier Saguez. Pour le spécialiste de l’aménagement d’espaces professionnels Vincent Rouillard, « La photo pose bien la question de l’intégration des toutes dernières générations. » Le publicitaire Jacques Mandorla y a retrouvé la dérision et la distance propre aux petits-enfants de la pub qui savent lancer des messages forts, l’air de rien.
 
 
Individu hybride de Chloé Vandroux | Martin Duthey
L’humain multifonction, prêt à remplir tous les rôles dans son entreprise, est emblématique du travail de demain pour Chloé Vandroux et Martin Duthey, étudiants à l’ENSAAMA, qui se révèle l’école incontournable de cette première édition du concours.
« Individu hybride » s’est imposée immédiatement comme la photo préférée de Chantal Hamaide, rédactrice-en-chef du magazine Intramuros. « J’y vois la notion de sa propre entreprise et le plaisir qui est essentiel dans cette manière de montrer qu’on entreprend dans la vie ».
Pour le prospectiviste Philippe Cahen, « cette photo correspond à une vraie tendance actuelle d’hybridation. »
 
Toutes les autres photographies sur le site concours :  http://explore.institutfrancaisdudesign.fr

Dans les coulisses du Jury : « L’humour plus fort que l’angoisse »

Pour l’anecdote, le jury s’est réuni dans le bâtiment où les frères Lumière, en 1895, ont organisé la première projection du cinématographe, “la sortie de l’usine des Frères Lumière”. Tout un symbole. Pendant des heures, les membres du jury ont échangé à bâtons rompus autour des photos en compétition. Entendu dans les coulisses du jury…
 
Olivier Saguez : « Le monde du bureau ne sera plus le monde de l’ennui. On s’y rendra pour être mieux qu’à la maison, avec le confort d’un hôtel, pour les rencontres. Ce sera un lieu propice à la régénération… L’avenir du travail, c’est le travail collaboratif. On ne travaille plus avec un grand chef suprême à l’ego surdimensionné. Maintenant, la boîte c’est le « nous », pas le « je ». »
 
Alain d’Iribane : « Les nouvelles générations sont très critiques parce que les modes d’organisation actuelles du travail ne leur conviennent pas du tout avec des injonctions paradoxales et une demande de performances largement irréalisables dans des conditions qui conduisent au burn out. La solution est de reprendre le sens de l’organisation du travail. Ça consiste à redonner aux collaborateurs leur rôle d’humains. »
 
Valérie Abrial : « Certaines images ont de l’humour face à un constat qui n’est pas toujours réjouissant. On a le devoir d’échanger avec la jeune génération. Le design peut améliorer les conditions de travail, que ce soit sociétal, économique ou de bien-être. Le message, c’est « Osons rêver, osons inventer, tous ensemble ». »
 
Sylvie Adigard : « Pour des jeunes qui n’ont jamais travaillé, c’est une prospective compliquée et ils ont démontré leurs angoisses de vie globales plus que des angoisses de vie de travail. Ils sont confrontés à des problématiques d’environnement, d’évolution de l’espace de vie, de technologie et de travailler seul ou en groupe. »
 
Vincent Rouillard : « J’ai une bonne nouvelle pour les étudiants : le monde du travail sera une très belle surprise. Ils découvriront des environnements qui sont joyeux et positifs, qui leur permettront d’échanger, d’être heureux et de s’épanouir et surtout collectivement de construire l’avenir. »
 
Philippe Cahen : « La plupart du temps, on vit dans le passé. Explorer le futur nous aidera donc d’abord à vivre notre présent de façon différente. De manière plus présente et moins dans le passé. Lorsque l’on voit le futur à partir du présent, on prolonge les tendances. Or prolonger les tendances, c’est joyeusement se tromper ! »
 
Françoise Bronner : « Les jeunes posent la question du monde désirable et durable. Je trouve les photos très engagées. Grâce à l’éducation, à la citoyenneté, à la famille, nous apprenons à être plus humains. C’est cet état d’esprit d’équipe que nous devons développer car chacun a un potentiel de créativité. »
 
Chantal Hamaide : « Le travail ne sera plus séparé de la question de la détente ».
 
Jacques Mandorla : « L’humour prive les jeunes de l’angoisse. Ils abordent des sujets sur l’entassement, l’urbanisation de la planète, une verticalité des habitations, la raréfaction des espaces. »
 
Jean-Gérard Bernabeu : ”Le message est dans l’image, elle capte notre imagination”.
 
Stéphane Hugon : « Le travailler ensemble pose la question du vivre ensemble. Aujourd’hui, il s’agit de nourrir des imaginaires de transformation, d’hybridation : la créativité ne se limite pas à la production. A l’origine du travail, il y a une pulsion humaine, une énergie libidinale. »
 
Isabelle Moisy-Cobti : « Ma photo préférée est « Prendre Part ». Elle a du sens, le titre est génial. Il n’y a plus de système vertical, on est dans la transmission, la collaboration, le partage. »
 
Anaïs Bigard-Bachmann : « Certaines photos avaient des visions très positives sur de nouvelles manières de cultiver, sur l’échange des employés dans l’entreprise. Cependant, le thème du monde du travail a eu du mal à venir dans les propositions artistiques. »
 
Christophe Manzolini : « La vocation de l'école, ce n'est pas d'apprendre un métier mais de nous ouvrir sur des sujets. »
 
A propos de l’IFD
 
Parce que notre cadre de vie, véritable moteur d’évolution, ne cesse de s’améliorer, l’Institut Français du Design favorise les projets qui s’inscrivent durablement dans une démarche de « mieux vivre ensemble ». Parce que le design devient l’objet d’enjeux commerciaux et humains importants, l’IFD, en tant que centre d’expertise, œuvre pour promouvoir l’éthique professionnelle dans une économie de marché.
Depuis 1951, l’IFD sélectionne les produits et services qui privilégient le respect de l’utilisateur et de son environnement, le design pour : « La Personne, l’Entreprise, la Cité ».
Créé en 1953 par arrêté ministériel et placé sous le patronage des ministres de l’Industrie, du Commerce extérieur et du Commerce, le label JANUS consacre les meilleures réalisations en termes de design.
Décliné en JANUS de l’Industrie, de la Santé, du Commerce, du Service, de la Cité, de l'Espace de Vie, de la Prospective, du Patrimoine & de l'Innovation, de la Mode, des Composants & des Matériaux, du Mobilier et de la Marque.
Le JANUS contribue à promouvoir l’investissement dans le design et sa transformation en avantage concurrentiel.
Afin d’illustrer sa démarche, l’IFD produit des expositions socio-culturelles qui s’adressent au grand public : "INOVI, ces marques qui changent nos vies", "Ces emballages qui changent nos vies", « Santé en Fomes », « L’Aire du Temps », "Héritage, by JANUS", "Figures du Beau | Unexpected shapes", etc.
Pour favoriser l’innovation par le design, l’IFD facilite la mise en relation de différents acteurs - étudiants, chercheurs, entreprises - et forme des groupes d’étude autour de projets communs.
Enfin, l'IFD s'est donné pour mission de rapprocher le monde de la formation et celui de l'entreprise, et facilite l'insertion professionnelle des jeunes diplômés.
 

 
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