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La Nature en ville : les bénéfices pour la santé désormais bien établis

Sans grande surprise, la science confirme ce que l’intuition laissait déjà pressentir. Le rapport Effets bénéfiques des espaces de nature en ville sur la santé, publié par Plante & Cité, ne révèle pas de découverte spectaculaire, mais vient consolider, preuves à l’appui, une évidence largement partagée : la nature en ville fait du bien. En passant au crible des dizaines d’études internationales, cette synthèse rappelle que les parcs, jardins et autres espaces végétalisés constituent de véritables alliés pour la santé mentale, physique et sociale des citadins. Une confirmation bienvenue, à l’heure où ces espaces, souvent perçus comme accessoires, restent encore trop peu considérés comme des infrastructures essentielles de santé publique.

Les espaces de nature en ville jouent aujourd’hui un rôle important pour l’amélioration de la qualité de vie des citadins. Les trois dernières décennies ont vu l’essor de travaux scientifiques démontrant leurs nombreux effets bénéfiques sur la santé humaine. Dans un contexte d’urbanisation croissante, les espaces de nature en ville se révèlent ainsi constituer des leviers d’actions
majeurs en matière de santé publique (Rojas-Rueda et al. 20191).
Dans la continuité de ces travaux scientifiques, Plante & Cité a initié en 2018 un travail de recherche pour approfondir l’étude du potentiel que représentent les espaces de nature en ville pour la santé des citadins, en particulier mentale. En effet, le programme BeneVeg2 publié par Plante & Cité en 2013 concluait à une tangibilité forte des effets bénéfiques des espaces de nature en ville sur la santé physique mais modérée pour ceux sur la santé mentale. Il paraissait alors pertinent d’étudier plus particulièrement les effets bénéfiques des espaces de nature en ville sur la santé mentale afin d’en renforcer la robustesse.
Ce travail de recherche s’est inscrit dans le cadre d’un doctorat en psychologie mené par ­Bastien VAJOU en partenariat avec l’équipe de recherche en psychologie de l’Université d’Angers BePsyLab et l’Institut de Recherche en Horticulture et Semences (IRHS). La réalisation de ce doctorat s’est appuyée sur un travail de synthèse des connaissances scientifiques concernant les effets bénéfiques des espaces de nature en ville sur la santé des citadins, avec pour angle d’analyse principal la santé mentale. Sous forme d’un recueil de fiches, ce document a pour objectif de restituer et diffuser ce travail de synthèse.

Ce rapport a pour objectif de permettre une appréhension globale des effets bénéfiques des espaces de nature en ville sur la santé des citadins, en particulier mentale. Il vise ainsi à apporter des arguments et des outils permettant de mieux préserver et valoriser les espaces de nature en ville.

Que nous apprend ce rapport ?

Pas de révélation spectaculaire, mais une confirmation solide de ce que de nombreuses observations laissaient déjà entrevoir. Le rapport Effets bénéfiques des espaces de nature en ville sur la santé rassemble et met en cohérence un vaste ensemble d’études scientifiques internationales pour répondre à une question simple : en quoi la nature en ville influence-t-elle réellement notre santé ? Sa principale contribution est de transformer une intuition largement partagée en un constat étayé par la Recherche.

Les effets sur le stress et l’anxiété

Le rapport montre d’abord que les bénéfices des espaces verts sur la santé mentale sont désormais bien établis. Les problématiques de santé mentale liées au stress et à l’anxiété sont parmi les
plus courantes, avec une prévalence estimée à 7,5% dans les pays occidentaux (OMS 2017). Une situation de stress et d’anxiété chronique entraine une dégradation de la qualité de vie et peut représenter un facteur de risque quant au développement de troubles. Il est estimé que plus de 300 millions de personnes dans le monde souffrent de troubles dépressifs (GBD 2017 Resources). D’après l’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS 2017), les troubles dépressifs représentent le premier facteur d’incapacité et de morbidité à l’échelle mondiale, avec un risque de passage au suicide particulièrement élevé (10 à 20% des sujets).

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La présence et la fréquentation régulière de la nature en milieu urbain sont associées à une diminution du stress, de l’anxiété et des symptômes dépressifs. Les environnements végétalisés favorisent la récupération de l’attention, améliorent l’humeur et procurent un apaisement psychologique mesurable. Ces effets s’expliquent à la fois par des mécanismes physiologiques — comme la baisse des hormones du stress — et par des processus psychologiques liés au sentiment d’évasion et de contact avec le vivant.

Autre effet pervers sur les troubles cognitifs. Ils sont aujourd’hui considérés en France comme un handicap (cf. Loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées). L’attention est un phénomène central en jeu dans toutes les fonctions cognitives et par extension dans toute activité mentale. Il est donc important de
s’intéresser à la façon dont les capacités d’attention peuvent être restaurées.

Les effets sur la santé physique

Les maladies physiques chroniques non transmissibles sont aujourd’hui responsables de plus de 70% de la mortalité mondiale. Les facteurs de risque comprennent notamment l’exposition à la pollution de l’air et la sédentarité. L’Organisation Mondiale pour la Santé estime ainsi que 3,2 millions de décès par an sont dus à une inactivité physique, souvent associée au mode de vie urbain et à l’usage accru de l’automobile (OMS 2017).

Le rapport confirme ainsi l’impact positif des espaces de nature sur la santé physique. En rendant les déplacements et les loisirs plus attractifs, les espaces verts encouragent l’activité physique régulière et contribuent ainsi à la prévention de nombreuses pathologies liées à la sédentarité. Ils participent aussi à l’amélioration de l’environnement urbain en limitant les îlots de chaleur, en améliorant la qualité de l’air et en offrant des conditions climatiques plus favorables, des facteurs qui influencent directement la santé des citadins.

Les effets sur la santé sociale

Au-delà de l’individu, la synthèse met en lumière le rôle social de la nature en ville. Le nombre de français souffrant de solitude est passé de 5,5 millions à 7 millions, soit 13% de la population, entre 2016 et 2020 (Observatoire de la philanthropie de la Fondation de France 2020). La solitude est aujourd’hui reconnue comme un facteur aggravant des troubles anxieux et dépressifs (Lay et al. 2018), et un prédicteur de morbidité et mortalité (Hawkley & Cacioppo 2003). 

Les espaces de nature en ville ont été identifiés comme des lieux permettant la rencontre et la construction de liens sociaux entre citadins pouvant provenir de différents milieux sociaux, ethnies et âges (Jorgensen & Gobster 2010). Les aires de jeux permettent notamment aux enfants et leurs parents de communiquer et d’interagir (Long & Tonini 2012).

Ces parcs et jardins constituent des espaces de rencontre et de partage qui renforcent la cohésion sociale et le sentiment d’appartenance à un quartier. Toutefois, le rapport souligne que ces effets ne sont ni automatiques ni uniformes : ils dépendent fortement de la qualité des aménagements, de leur accessibilité, de leur entretien et du sentiment de sécurité qu’ils inspirent.

En définitive, ce que nous apprend ce rapport, c’est moins « que » la nature en ville est bénéfique — un fait désormais bien connu — que « pourquoi » et « dans quelles conditions » elle l’est réellement. Cette synthèse insiste sur les implications pour l’action publique. En confirmant, sans réelle surprise mais avec une solide base scientifique, les effets positifs de la nature en ville sur la santé, le rapport invite à changer de regard sur les espaces verts. Ceux-ci ne doivent plus être considérés comme de simples éléments de décor urbain, mais comme de véritables infrastructures de santé publique. Leur intégration dans les politiques d’aménagement apparaît ainsi comme un levier majeur pour améliorer durablement la qualité de vie des citadins et réduire les inégalités sociales et territoriales de santé.

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