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Que sont mes élèves devenus ? : Mots pour maux à l’école primaire

Que sont mes élèves devenus ? : Mots pour maux à l’école primaire, d’Elisabeth Godon – Préface de Jean-Michel BLANQUER, Ministre de l’Éducation Nationale et de la Jeunesse – Alopex éditions, mars 2020 – 408 Pages

« Réussir à l’école : tout se joue dès la maternelle » !
Professeur des écoles, fascinée par l’autre et son droit à la différence, Élisabeth Godon a participé à la mise en œuvre du secteur de psychiatrie en Guyane, avant de partir enseigner au Cameroun, en Guinée, au Vietnam, et à Paris, et de devenir, par la suite, psychologue scolaire.

Tout au long de son parcours, elle a élaboré et expérimenté des méthodes visant à faire sortir ses élèves de ZEP d’une logique de violence et de mal-être en restaurant les relations enfants-parents-enseignants.

Après « Enseigner, c’est possible ! », « Que sont mes élèves devenus ? » est le fruit de la synthèse de ces années de recherche et d’accompagnement, illustrée par une cinquantaine de cas vécus et de témoignages d’anciens élèves.

Convaincue que l’école maternelle est l’endroit (et le moment) où intervenir afin d’anticiper et d’éviter le développement de troubles susceptibles de devenir invalidants au fil des années, elle s’adresse aux enseignants comme aux parents, souvent démunis, et liste les méthodes qu’elle a pu expérimenter.

À travers des conseils pratiques simples et des stratégies éprouvées, elle transmet les clés qui vont permettre à l’enfant de construire ou de restaurer son estime de soi. Pour oser apprendre. Et ainsi vérifier que ce qu’il apprend à l’école sert à la maison, et que ce qu’il vit à la maison l’aide à apprendre à l’école.

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Préface de Jean-Michel Blanquer :

« L’épanouissement de l’élève est le levier fondamental de sa réussite. Il n’y a pas d’apprentissage sans bonheur d’apprendre, comme il n’y a pas de réussite scolaire sans bonheur à l’école. C’est pourquoi je parle d’une Ecole de la confiance, une école qui donne aux élèves confiance en eux et en leur réussite.

A mon arrivée au rectorat de Guyane en 2004, j’ai fait la connaissance d’Elisabeth Godon, alors psychologue scolaire. J’ai tout de suite été frappé par son engagement auprès des élèves et de leurs familles, aux quatre coins d’un département grand comme un septième de la France et couvert par une forêt aussi magnifique que dense, accessible par la seule navigation.
C’est pourquoi j’ai très vite tenu à ce qu’Elisabeth Godon m’accompagne à chacun de mes voyages sur le Maroni, à la rencontre des écoles du fleuve. Nous avons passé de longues heures à discuter ensemble au cours de ces traversées en pirogue. Elle m’a beaucoup appris. Son attention constante à l’élève, à son ressenti, à ses mots, comme son grand respect des diversités culturelles guyanaises, m’ont toujours paru d’une rare profondeur.

Nous avons aussi beaucoup ri et souri avec tous les acteurs de ’Education nationale investis dans les villages du Maroni. Le bonheur de nos rencontres, malgré les difficultés multiples, était lié au caractère essentiel du travail d’équipe qui était mené. C’est aussi avec Elisabeth Godon et une partie de l’équipe de circonscription que nous avons chaviré un jour en pirogue après avoir heurté un rocher. Ce fut un autre moment initiatique.

Avec le recul que permet une longue et si riche carrière, Elisabeth Godon revient ici sur les parcours d’élèves qu’elle a croisés dans ses différents postes, et analyse finement les causes des difficultés scolaires qu’elle a constatées chez nombre d’enfants.
En s’appuyant sur des exemples concrets, elle donne des clés aux professeurs et aux parents pour prévenir les souffrances à l’école et les décrochages. Ses travaux confirment la nécessité du lien parents-professeurs comme condition essentielle pour la réussite des élèves.

C’est avec un intérêt tout particulier que j’ai lu ses analyses sur le rôle crucial des premières années de scolarité d’un enfant. La maternelle est en effet un moment décisif pour le développement et l’épanouissement de l’élève, l’estime de soi et des autres. Les trois années à l’école maternelle favorisent l’éveil de la personnalité, stimulent le développement langagier, sensoriel, moteur, cognitif et social.

En cela, la maternelle est un levier essentiel de justice sociale. C’est pourquoi nous avons fait voter en 2018 une loi abaissant l’instruction obligatoire à trois ans. Cette loi traduit la volonté du gouvernement d’agir à la racine des inégalités, avec une attention constante aux élèves les plus fragiles.

L’école élémentaire doit offrir à tous les enfants les savoirs fondamentaux indispensables à leur réussite. Ainsi, la première de nos priorités est que tous les élèves sachent lire, écrire, compter, et respecter autrui à la fin de l’école primaire. Pour donner plus à ceux qui ont besoin de plus, nous avons engagé un ambitieux programme dans les réseaux prioritaires en divisant par deux le nombre d’élèves par classe en CP et CE1. Ce sont désormais 300 000 élèves qui bénéficient de cet encadrement renforcé. La Guyane est particulièrement bénéficiaire de ces politiques volontaristes pour l’école primaire. Nous poursuivons cette action avec le dédoublement des classes de grande section de maternelle en éducation prioritaire. Par ailleurs, toutes les classes de grande section, de CP et de CE1, verront leurs effectifs limités à vingt-quatre élèves.

Pour combattre le décrochage scolaire comme pour prévenir les troubles chez l’enfant, le travail exercé par les psychologues scolaires est décisif. Comme membres de l’équipe pédagogique, ils contribuent à élaborer les mesures d’accompagnement individuel ou collectif des élèves. Ils apportent un éclairage précieux sur la situation particulière d’un élève, et participent au renforcement du dialogue avec les familles et les professeurs.

Je veux rendre hommage à Elisabeth Godon, si emblématique du dévouement et de la compétence des psychologues scolaires, pour son engagement auprès des élèves, pour toutes les difficultés qu’elle aura su prévenir et accompagner. Ce sont autant de victoires contre les déterminismes et les fatalités de destin que l’école de la République combat au nom de sa devise : liberté, égalité, fraternité.

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Cet ouvrage nous redonne le sens de la grandeur de nos métiers : accueillir un enfant, lui permettre de dépasser les contraintes qui sont les siennes, et donner le meilleur de lui- même.
Tous les métiers de l’éducation nationale ont un sens puissant parce qu’ils sont au cœur de ce qui compte le plus : le bonheur et la réussite de chaque enfant, le progrès de notre pays.
Jean-Michel Blanquer »

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