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Mieux cibler l’aide alimentaire destinée aux personnes vulnérables

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Sécurité alimentaire des populations de réfugiés et incertitudes autour des budgets futurs de l’aide alimentaire des Nations unies ne peuvent être conciliés qu’au gré d’une aide alimentaire bien ciblée, précise et efficace. Des chercheurs de l’Inra et leurs collègues proposent de prendre simultanément en compte données individuelles et données relatives aux districts et communes de résidence et d’origine des personnes pour identifier de façon pertinente les ménages en conditions d’insécurité alimentaire et /ou pauvres. Ces résultats, publiés dans le numéro d’avril de la revue Food Security ouvrent des perspectives d’intérêt en matière de politique alimentaire.
 
Lutter contre la faim dans le monde, c’est garantir aux populations vulnérables le droit fondamental à l’alimentation en leur apportant une nourriture suffisante, sûre et nutritive qui satisfait leurs besoins nutritionnels et leurs préférences alimentaires pour leur permettre de mener une vie active et saine (Sommet mondial de l’alimentation, 1996). Alors que le monde compte 22,5 millions de réfugiés (HCR, 2016) et que des incertitudes planent sur les budgets de l’aide alimentaire internationale, la sécurité alimentaire de ces populations est un enjeu fort des politiques alimentaires et l’aide qui leur est destinée doit être dirigée en priorité vers les ménages dont les besoins et la vulnérabilité, alimentaire comme économique, sont les plus grands.
 
Des chercheurs de l’Inra et leurs collègues de l’Université américaine de Beyrouth se sont intéressés aux mécanismes utilisés par les agences des Nations unies pour affecter l’aide destinée aux populations de réfugiés en situation précaire. Leur objectif, en améliorer les procédures d’attribution en identifiant de façon plus précise et moins coûteuse les ménages les plus vulnérables afin de limiter les phénomènes de « fuite » (aide allouée à des ménages peu fragiles) et de « sous-couverture » (ménages vulnérables non identifiés comme tels par les mécanismes actuels). Ils ont mis à profit les données collectées par les Nations unies auprès des réfugiés syriens au Liban, soit plus d’un million d’individus pris en charge par le Programme alimentaire mondial (PAM), pour construire un modèle explicatif de la vulnérabilité des ménages.
 
Les chercheurs ont mis en évidence que la prise en compte simultanée des données individuelles et des indicateurs agrégés au niveau des districts ou communes de résidence des ménages (accès à l’eau potable et aux installations sanitaires, accès aux soins et occurrence de maladies chroniques…), améliore globalement l’efficacité et la précision du ciblage de l’aide apportée aux populations vulnérables.
L’efficacité et la précision du ciblage de l’aide sont plus élevées si l’on se réfère à la pauvreté plutôt qu’à l’insécurité alimentaire – plus difficile à mesurer avec une grande précision, le taux de couverture atteignant 85 % contre 54 %.
Le modèle combinant données individuelles et indicateurs agrégés affiche alors la meilleure performance globale en termes de précision – couverture des ménages vulnérables la plus élevée, taux de fuite le plus faible, permettant un gain global de 9 % par rapport aux pratiques actuelles.
 
Ces travaux mettent en avant une méthodologie originale qui, en combinant données individuelles et données agrégées à un niveau géographique plus large, permet de réduire les phénomènes de mauvaise / fausse allocation de l’aide alimentaire, en rendant plus efficace et plus précis le repérage des populations en situation d’insécurité alimentaire et/ou de pauvreté.
Ils sont également annonciateurs d’une réduction des coûts liés à la collecte des données, la construction des indicateurs agrégés étant moins onéreuse que la collecte des données individuelles. Enfin, ils ouvrent des perspectives d’intérêt, à même d’alimenter la réflexion des analystes et décideurs politiques en matière d’aide et notamment d’aide alimentaire dans la mesure où une aide bien ciblée dès le départ n’en sera que plus efficace.
 
 
Au cœur de l’étude
Les scientifiques ont exploité les données de l’enquête sur la vulnérabilité des réfugiés syriens au Liban (en anglais, Vulnerability Assessment of Syrian Refugees in Lebanon ou VaSyr). Menée conjointement par le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef) et le Programme alimentaire mondial (PAM), elle s’intéresse à un échantillon représentatif de ménages de réfugiés.
VaSyr 2015 concernait 4 100 foyers soit quelques 21 300 individus et portait sur la démographie, les moyens de subsistance, les dépenses, la consommation alimentaire, l’alimentation des enfants, l’insécurité alimentaire, la protection, le logement, les biens, la santé, l’éducation et autre.
Ils ont également mis à profit les données de l’outil de gestion des dossiers informatiques proGres (en anglais, Profile Global Registration System) du HCR. Recueil des données identitaires des personnes, il concernait en 2015 quelques 1 millions de personnes.
A partir des données Vasy2015, ils ont déterminé deux indices, l’un concerne la diversité alimentaire (en anglais, Food Consumption Score) et l’autre, la stratégie d’accès à l’alimentation (en anglais, Reduced Coping Strategies Score) qu’ils ont combinés pour mieux évaluer l’insécurité alimentaire. A partir des données individuelles, ils ont calculé des indicateurs au niveau du district et / ou de la commune (accès à l’eau potable et aux installations sanitaires, accès aux soins et occurrence de maladies chroniques…). Enfin, ils ont déterminé le lien statistique entre insécurité alimentaire et pauvreté pour mieux expliquer l’insécurité alimentaire par la pauvreté.
 
Source : INRA
 

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