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Matériaux innovants : matières à sens et à sensations

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Du cuir fabriqué à partir de marc de grappes de raisin ou de fibres d’ananas, des tissus à base de soja, de coco, ou encore à partir de simples déchets textiles, ce sont les nouvelles tendances des textiles de demain. Des matières qui ont l’avantage d’être biodégradables et permettent de recycler certains déchets. Loin des tissus dits techniques, intelligents, odorants, amaigrissants, connectés … ces matières là répondent aux nouvelles réalités sociales et économiques, pour éviter de plus en plus les textiles synthétiques qui ont recours à la pétrochimie. L’industrie textile étant considérée comme la deuxième la plus polluante après celle du pétrole (1), concevoir des matériaux innovants devient une urgence pour créer une mode plus éthique, et repenser un modèle plus durable.
 
À l’heure où il devient urgent que le monde se tourne vers une consommation plus durable et écologique, de nouveaux textiles représentent d’intéressantes alternatives aux matières polluantes ou animales comme le cuir.
Les fibres animales posent des problèmes éthiques sur les conditions des animaux. Si on décrie aisément le port de la fourrure, on pense souvent beaucoup moins aux autres textiles issus des animaux, tels que le cuir, les laines et la soie. La production de cuir est donc intimement liée à l’élevage, et soulève les mêmes problématiques : conditions de vie des animaux, abattage et impact environnemental. Par exemple, l’élevage bovin est l’un des plus polluants et des plus consommateurs en eau. De plus, il est responsable de 2/3 de la déforestation en Amérique du Sud, dont l’Amazonie, car il nécessite une surface de pâturage d’un hectare par tête. En 2013, l’association Envol Vert a révélé que de fil en aiguille, 1 paire de chaussures en cuir sur 7 consommées en France est issue de la déforestation.
 

Les nouvelles matières durables de remplacement du cuir

Le Piñatex ou cuir d’ananas
Déjà utilisé aux Philippines dans la conception d’habits traditionnels (Barong Tagalog), la fibre de feuille d’ananas a été plus récemment employée pour mettre au point la matière textile « Piñatex » dont les premiers prototypes d’accessoires ont déjà reçu un accueil encourageant. Piñatex a été développé au cours de sept années de R & D par le Dr. Carmen Hijosa. Récompensée du Prix de l’innovation matérielle en 2016, cette fibre est résistante, elle peut être teinte, imprimée et traitée.
C’est un textile naturel innovant dont les fibres longues sont extraites par un processus appelé décortication, qui est effectué à la plantation par la communauté agricole.
 
 
Ananas Anam a développé la première machine de décorticage automatisée pour aider à ce processus, permettant aux agriculteurs d’utiliser de plus grandes quantités de leurs feuilles de déchets. Une fois que les feuilles ont été dépouillées de fibres, la biomasse restante peut être utilisée comme engrais naturel riche en nutriments ou comme biocarburant, donc rien n’est gaspillé.
 
 
Les fibres sont ensuite dégommées et subissent un processus industriel pour devenir un treillis non-tissé, qui constitue la base de Piñatex. Les rouleaux de maille non tissée sont ensuite transportés en Espagne pour des finitions spécialisées. Ce processus unique est ce qui donne à Piñatex son aspect de cuir, créant un textile doux et flexible, mais très durable.
Le textile fini est distribué directement aux designers par Ananas Anam, qui l’utilise comme une alternative durable au cuir dans les chaussures et les accessoires de mode, les vêtements, l’ameublement et la tapisserie d’ameublement automobile.
 
Quels sont ses avantages par rapport aux matériaux plus traditionnels/Positionnement prix de cette matière et/ou avantages cout en termes de process ?
Le voyage de Piñatex a débuté alors que Carmen, experte en maroquinerie, était consultante sur l’industrie philippine de l’exportation du cuir dans les années 1990. Choquée de l’impact environnemental de la production de cuir de masse et du tannage chimique, elle réalisa que cela ne pouvait pas continuer, mais elle savait que les solutions de rechange en PVC n’étaient pas la solution. Elle a été poussée à rechercher une alternative durable.
Inspirée par l’abondance des ressources naturelles, y compris l’utilisation de fibres végétales dans le tissage traditionnel comme les délicats vêtements Barong Tagalog, Carmen a cherché à créer un nouveau textile non tissé qui pourrait être produit commercialement, avoir un impact social et économique positif et maintenir une faible empreinte environnementale tout au long de son cycle de vie.
De l’échantillonnage initial au développement d’une chaîne d’approvisionnement viable, le parcours de Piñatex s’inspire des principes de l’économie circulaire et des valeurs de Cradle to Cradle. L’utilisation de la fibre de feuilles d’ananas, déchet agricole, offre la possibilité de construire une industrie commerciale évolutive pour les communautés agricoles en développement, avec un impact environnemental minimal. Il possède des certifications éco-responsable et durables : Certification GOTS (Global Organic Textile Standard sur l’écologie et responsabilité sociale pour textiles).
 
Cuir de raisin : le Végéatextile
Voici un nouveau textile technique biosourcé issu de la biomasse de l’industrie du vin : le marc de raisin, récupéré lors de l’extraction du jus et de la séparation des composants. Il s’agit d’un processus de polymérisation pour transformer les huiles issues de la biomasse de l’industrie du vin + lignocellulose en biopolymère, base de fabrication du Végéatextile. C’est un cuir vegan d’origine végétale.
 
Végéatextile
 
Ce nouveau textile a déjà éprouvé ses qualités techniques à travers des collaborations avec notamment le designer de mode Tiziano Guardini qui a créé des sacs à main et des chaussures. Il est le lauréat du prix Fashion Green Carpet 2017.
 
 
Modèle « Spazio Cavallerizze »  de Tiziano Guardini : la chaussure affiche des lignes futuristes et une partie supérieure sans couture entièrement en fil bio-sourcé Evo de Fulgar, dérivé de l’huile de ricin. Ce modèle innovant est produit sur la technologie X Machine développée par Santoni.
 

Avantages par rapport aux matériaux plus traditionnels : réduction des déchets industriels par valorisation des produits dérivés de l’agro-industrie, haute valeur ajoutée et faible impact environnement (de la matière obtenue). Vegea est capable d’extraire et valoriser tous les composants de la biomasse permettant leur récupération plutôt que de les rejeter (service dédié à cette activité).
Il a reçu en 2017 un Global Change Award de la part de la Fondation H&M.
 

Les nouveaux textiles naturels et écologiques

Si on tient compte des ressources qui diminuent, des fibres à croissance rapide et naturelles, comme le coton, qui nécessitent beaucoup de ressources, ou des fibres à base de pétrole comme l’acrylique, le polyester, le nylon et le spandex peu respectueuses de l’environnement, on réalise qu’il est grand temps de trouver des alternatives durables à la production. Et il y a de nombreuses alternatives !
 
Robe en fibre de lait
 
La caséine de lait
Etonnant ! on réalise aujourd’hui des vêtements à partir de rebus de lait déshydraté et écrémé, la caséine du lait étant transformée en fibre sous l’action de la chaleur. Une invention de la styliste allemande Anke Domaske. A partir de recherches sur la microbiologie et la génétique, elle crée une nouvelle fibre, une fibre de lait entièrement naturelle.  Le tissu ainsi produit a un toucher qui se rapproche de celui de la soie, mais il a l’avantage d’être plus résistant et antibactérien. Il faut environ 6 litres de lait pour pour fabriquer une robe.
 
 
Rappelons que cette matière n’est pas nouvelle. En effet, elle a vu le jour lors de la première guerre mondiale. La pénurie de laine favorisa le développement d’une technique consistant à transformer la protéine de lait (la caséine) en fibre textile, alors nommée « la soie du pauvre ».
 

 
Fibre d’algues
 
La fibre d’algue SeaCell
Le SeaCell cellulose, contraction de « sea », mer et « cell », est une fibre de lyocell (pâte de bois) fabriquée à partir d’algue et de cellulose, provenant d’Islande, produite par la société Seacell GmbH. Les algues séchées sont grossièrement  broyées et uniformément introduites dans la fibre de cellulose, à partir de laquelle des textiles sont ensuite produits pour une grande variété d’ applications.
 
Riche en ingrédients précieux, ils contiennent plus de minéraux, de vitamines et d’oligo-éléments que tout autre produit naturel. Les algues ont des propriétés anti-inflammatoires et libèrent des vitamines E ainsi que des sels minéraux. Leur pouvoir cicatrisant a notamment mené à l’élaboration de pansements. Grâce à sa durabilité, le processus a reçu le prix européen de l’environnement 2000 dans la catégorie « Technologies durables » de l’Union européenne.
 
Grâce à sa teneur élevée en antioxydants, il protège également la peau des radicaux libres nocifs pour les cellules. En raison de l’humidité naturelle de la peau, les nutriments des algues sont libérés et il existe un échange actif entre les fibres et la peau. Cela absorbe les précieux ingrédients et étend leur effet dans une sensation de bien-être remarquable.
Cette matière a l’avantage de ne pas se froisser, d’être très douce, et de favoriser l’évacuation de l’humidité.
 
 
La fibre de noix de coco
Le cocotier ou palmier tropical est l’une des plus anciennes plantes utilisées par l’homme car tout est exploitable : son bois et la palme pour construire, le coir pour faire des tapis ou des brosses, la pulpe ou coprah pour faire de l’huile ou comme comestible. Il pousse sur des sols sableux et salés sous des climats humides et chauds. Les fibres les plus fines sont extraites des coques rejetées après qu’on a extrait la pulpe. Elles sont ensuite filées et mélangées avec du coton. Sa structure est très poreuse, ce qui lui donne sa légèreté et ses propriétés déodorantes. La société japonaise Shikibo Fabrics en est la spécialiste. Un textile qui entre dans la catégorie des tissus dits « climatiques » car il a des propriétés thermo-isolante, déodorante et antibactérienne.
 
Fibres à base de déchets de noix de coco
 
Mais on peut aussi utiliser les déchets de ces noix de coco. Cest l’idée qu’a eue la société australienne de biotechnologies, Nanollose, en créant une fibre appelée « Nullarbor », produite à partir de microbes servant à transformer les déchets de la biomasse en cellulose, exempte de plantes, produite par  » une bactérie non dangereuse et non infectieuse dans un système biologique ». La cellulose microbienne est produite par fermentation naturelle et ne nécessite pas de soleil, de terre, de pesticides, d’engrais ou de grandes quantités d’eau. Elle peut ensuite être convertie en fibres synthétiques durables, qui constituent une alternative aux tissus à base de plantes. 
 
L’entreprise utilise ces sous-produits de noix de coco provenant d’Indonésie pour obtenir une source de fibre qui permet donc de fabriquer des vêtements sans utiliser les ressources rares de la planète. 
 
Fibre de Lotus
La fibre de Lotus
Depuis des siècles, la Thaïlande ou le Myanmar, par exemple, utilisent les fibres de lotus pour leurs tissus rares. Après avoir récolté les tiges de lotus dans les lacs, les artisans coupent le bout des tiges et retirent les longues fibres fines du centre. Les fils obtenus sont ensuite lavés et accrochés pour sécher et finalement tissés à la main sur des métiers à tisser.
Les fibres de lotus sont polyvalentes et peuvent être utilisées pour le tissu de lotus, qui présente de nombreux avantages comme celui d’être résistant aux tâches.
L’une des entreprises spécialisées est Samatoa Lotus Textiles, au Cambodge. L’entreprise emploie des techniques de fabrication socialement responsables, pour créer des tissus écologiques qui soutiennent l’émancipation des femmes dans le pays. Les tissus sont fabriqués de manière traditionnelle, tout en utilisant de nouvelles écofibres.
 
 
La fibre de soja
La fibre de soja est fabriquée à partir de protéine de graine de soja. Elle est antibactérienne et thermorégulatrice.
Sa grande douceur, son aspect brillant et soyeux et ses vertus en fait un tissu souvent employé dans la fabrication de produits de literie haut de gamme, comme le « Mollyflex » : D’aspect élégant, lumineux comme la soie, le soja est la seule fibre protéique botanique existant au monde.  Il assure un plaisir palpable au toucher et une sensation de bien-être profond.  Constituée d’acides aminés présentant une affinité exceptionnelle avec la peau du corps, elle offre un contact doux et caressant et une sensation extraordinaire de protection et de bien-être, comme une deuxième peau.
 
La fibre d’eucalyptus
Le matériau utilisé est issu à 100% de fibre de lyocell TENCEL, une fibre cellulosique artificielle issue de l’eucalyptus, issus de forêts gérées durablement. La fibre de Lyocell qui est aujourd’hui de plus en plus exploitée, peut être réalisée à partir de plusieurs bois (feuillus, bambou, etc.) cependant l’eucalyptus reste l’un des plus avantageux. Celui-ci est réduit en poudre puis en matière visqueuse dans le souci de respecter au maximum l’environnement. Son processus d’extraction s’avère beaucoup plus inoffensif que celui du bambou dont la transformation chimique peut être très polluante.
La fibre est produite dans un système en circuit fermé qui récupère presque 100 % du solvant organique utilisé dans le procédé. Le tissu est fabriqué selon un procédé de fabrication durable certifié, sans utilisation de produits chimiques nocifs, et dans une usine de production certifiée équitable. La fibre de cette plante australienne est reconnue pour ses propriétés bactéricide et biodégradable, sa résistance et sa grande douceur.
Le studio de mode OMDANNE utilise cette ressource naturelle et renouvelable et la traçabilité du cycle de vie des produits pour créer des vêtements durables.
 

Les grandes tendances

De nouvelles tendances sociétales voient donc le jour. Elles ont été analysées par l’équipe de Luxepack Trends Observer (2) et nous indiquent que pour la génération Z est venu le temps de la réconciliation avec certaines valeurs comme le succès, les traditions, les engagements (environnement/terrorisme/égalité des genres), les fondamentaux du luxe… et des courants comme le nouveau matérialisme (Le paraître et l’être), le post-digital (“phygital”), le succès (Puisque que je l’ai mérité !), le transgénérationnel (makers2), les racines (la marque d’à côté), l’égalitarisme (Frappes chirurgicales), la manie de la santé mentale (Temps de pause), l’hyper personnalisation (moi, moi, moi).
Huit tendances ont donc été décryptées par les experts du Trends Observer, et pour les mettre en œuvre, Mat&Sens du laboratoire Certesens à Tours (3) propose de plonger dans six familles de matières à sensations à découvrir, regarder et toucher … (4).
 
 
Lumière
Dans l’automobile, la technologie ou le prêt-à-porter, quand elles sont dans la lumière, les matières s’adaptent au sixième sens de la génération Z, le digital. Elles brillent, clignotent et réfléchissent, chacune à leur manière : étincelante, quand elle plonge ses racines dans un cristal taillé lustre ; victorieuse, quand elle se pare d’une cotte de mailles argentée ; phygitale, lorsqu’elle change de couleur selon le point de vue d’un Plexiglas radiant ou d’un film dichroïque. Un film de pelliculage qui fait tourner ses motifs holographiques, une fibre optique qui se tisse avec poésie et délicatesse, des sequins, pierres et paillettes rivalisant d’éclats sur le textile plaident, eux, en faveur d’un luxe affirmé, furieusement néo-matérialiste.
 
 
Luisance
Souple ou cassante, la matière luisante, qu’elle soit laiton microbillé, textile ou papier, dévoile sa lumière au fil des manipulations. C’est le retour en grâce de la maille, du velours satin, des teintes or ; d’une lave complètement retravaillée pour appréhender le succès autrement ; de cette cotte de mailles rigide dont on habillait les radiateurs des intérieurs chics dans les années 1970 et pour laquelle on imagine d’autres fonctions. De son côté, un papier aux motifs hindouistes invite à la détente et à la méditation.
 
 
Souplesse
Le luxe ayant été percuté par le streetwear, on assiste à la résurgence des matières souples, pas fluides… La flanelle, qui redevient très à la mode, est assurément transgénérationnelle, comme l’est cette dentelle brodée siliconée au charme fou avec ses transparences, contrecollable sur du carton pour une utilisation dans le packaging. Le post-digital s’exprime dans une maille 3D polyester ; le succès magnifie ou montre le corps grâce à un velours brut. Brute aussi la matière, quand elle prend racine et ressort en étonnant papier de béton thermoformable.
 
 
Peau
Le courant de la peau, revisitée, stratifiée, technique ou animale, va bien avec l’ancrage dans le réel que réclament ces jeunes de 16 à 25 ans. Peau de loup, de cabillaud, de lézard, tactile, chaude ou froide mais toujours reliéfée, peau égalitariste de ce cuir végétal, fait de déchets d’ananas ou de raisin, pour ne plus avoir celle de l’animal vivant. Peau fine de cette écorce de bouleau, marquée par le temps ; transgénérationnelle avec son tatouage profond ou de surface ; post-digitale avec cet enchevêtrement de maille mécanique. Seconde peau, protectrice et rassurante de cette couverture de survie quand elle n’est pas tapissée de poils exubérants.
 
 
Réactivité
Derrière une apparence anodine, voire atone, les matières de cette famille figurent au contraire parmi les plus novatrices. Elles vivent. Réagissent quand on les touche, les regarde, les place sous des UV, des infrarouges, de la chaleur. Elles abordent ainsi une autre phase, changent de couleur, d’état, d’aspect. C’est du ferrofluide qui s’anime en présence d’un aimant et s’agglomère de manière particulière pour un résultat quasi artistique ; un thermoplastique qui devient violet brillant sous l’influence du soleil (succès), des matériaux photoluminescents qui se chargent en lumière (transgénérationnel), des bracelets qui se cassent pour apporter de la lumière ou de la chaleur ; des bandes de pH qui s’utilisent pour déterminer le niveau de pH de chacun (hyperpersonnalisation).
C’est aussi un vrai sable revisité par l’extrême douceur et un toucher très agréable pour permettre de déstresser (Mental Health Maniac) ; ou de l’encre sympathique, qui sèche, disparaît puis réapparaît (racines).
 
 
Epaisseur
Le relais générationnel passe, au choix, par le fameux damier Chanel revisité par la mousse ou le PVC, ou une tapisserie de haute lice artisanale ; le succès s’exhibe avec ces vêtements matelassés, façon grosse doudoune sans couture ; les racines s’enfoncent tour à tour dans ces grosses laines tricotées ou crochetées comme celles qui déploient leur toile, dans certaines villes, autour d’arbres et de clôtures, ou dans une matière alvéolaire très particulière. En faveur de l’engagement, des déchets textiles se transforment en un feutre gris polychrome, moelleux, épais, à l’effet incroyable, même s’il n’est pas facile à travailler. Pour satisfaire tous les Mental Health Maniac, les mousses à mémoire de forme se posent là.
 
 
Il existe encore des textiles issus de procédés originaux, par exemple à base de nacre et de filaments de mollusques. Et s’ils ne sont pas tous commercialisés, ces tissus ouvrent des perspectives intéressantes en termes de respect de l’environnement et d’utilisation de matières biosourcées, à l’image de textiles provenant de la récupération des déchets d’agrumes (700 000 tonnes par an en Italie) ou des résidus de la torréfaction du café.
 
Au-delà de leurs qualités environnementales, ces nouveaux textiles ont également des fonctionnalités nouvelles. Les fibres à base de café justement sont d’ores et déjà intégrées à certains vêtements de sport, pour valoriser leurs capacités à absorber les odeurs et à résister aux UV. Grâce au xylitol (extrait de la pulpe de canne), certains T-shirts de sport peuvent aussi s’adapter à la chaleur produite par le corps pour libérer si nécessaire un effet rafraîchissant. Le vêtement est d’ailleurs déjà disponible à la vente, notamment chez Damart.
 
A la pointe de la technologie, les textiles connectés intègrent aussi la problématique de l’énergie, comme une veste « Cal Jacket » qui, portée à même la peau, utilise les échanges thermiques entre le corps et l’air pour créer de l’électricité. La « Sol Jacket » dispose de son côté de capteurs de lumière pour produire de l’énergie destinée à alimenter les appareils mobiles. A suivre …
( Source :  Actuagri)

 
 
Sujet réalisé à partir du dossier du laboratoire Certesens, Tours. 
 

(2) Stéphane Truchi de l’IFOP, Béatrice Mariotti de Carré Noir, Sabine Durand de Formes de Luxe, Régine Charvet-Pello de Certesens
(3) Mat&Sens® est le centre de ressources en matières, matériaux et sensoriel de Certesens, laboratoire conseil en design et ingénierie sensoriels. Avec des méthodes et des outils d’analyse de la perception sensorielle et émotionnelle il accompagne les concepteurs, designers, architectes, industriels et créateurs dans leurs démarches de différenciation, d’attractivité et d’innovation.
Mat&Sens® travaille sur la matière, le matériau et leur perception garantissant une meilleure qualité perçue, quelques soit le secteur d’activité. Dans un lieu riche de plusieurs milliers de matériaux, Mat&Sens® offre à la consultation une vraie collection de matières au classement original, intuitif, selon les sensations et les effets perçus qu’ils apportent. Cette matériauthèque sera complétée par une application/logiciel de recherches multicritères qui associent les besoins et les exigences techniques aux réponses sensorielles.
(4) En collaboration avec Sabine Durand, journaliste
 
Pour aller plus loin :
– Etude « L’industrie de la mode face aux questions d’éthique »– Sciences Po – L’Atelier de couture, 
Fashion Transparency Index d’avril 2016 (en anglais) – Document classant les grandes marques en fonction des informations qu’elles partagent sur leur chaîne d’approvisionnement et des efforts qu’elles mettent en place pour améliorer leurs pratiques.
– Site de conseils « Happy new green« 
 
Photo d’entête : L’ortie bio, utilisée pour ses propriétés textiles depuis le Moyen-Age. A l’époque elle était utilisée pour fabriquer des cordages ainsi que des vêtements.
 

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