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Transition énergétique

La transition énergétique est « irréversible » mais il ne faut pas relâcher l’effort

Au moment où se tient le G20 en Chine, le WWF rappelle aux dirigeants que le temps est à l’action. L’ONG publie à cet effet un rapport présentant 15 grands signaux qui démontrent que la transition énergétique mondiale est amorcée et irréversible.
L’objectif de ce rapport est de contribuer à faire évoluer le cadre de pensées de nos dirigeants, leur faire prendre conscience de l’ampleur, souvent sous-estimée, de cette transformation et souligner la nécessité d’accélérer le pas si nous voulons tenir les engagements d’un réchauffement en dessous des 2°C.
 
Essor des énergies renouvelables, déclin de l’industrie du charbon ou engagement des villes et des entreprises : le WWF recense dans un rapport une quinzaine de signaux montrant que la transition énergétique « en cours », si elle est trop lente, est « irréversible ».
 
Les énergies renouvelables ont représenté 90% des nouvelles capacités de production électrique en 2015, les émissions globales de CO2 provenant du secteur de l’énergie ont stagné pour la deuxième année consécutive malgré une croissance mondiale de 3%, écrit l’organisation écologiste.
Parmi les énergies vertes, le solaire a vu son prix chuter de 80% entre 2009 et 2015, permettant à cette technologie de se diffuser bien plus largement.
 
 
D’ailleurs, « les investissements mondiaux dans l’électricité et les carburants renouvelables ont atteint un niveau record l’an dernier » avec 286 milliards de dollars, met en avant l’ONG, avec dans l’ordre la Chine, les États-Unis, le Japon, le Royaume-Uni et l’Inde.
 
 
La couverture des besoins domestiques en électricité par des énergies renouvelables atteint désormais des seuils élevés dans certains pays : 32% en Allemagne et 48% au Portugal en 2015.
Conséquence de cet essor des énergies décarbonnées, le nombre d’emplois dans le secteur des renouvelables est estimé à 8,1 millions, dont 2,1 millions dans le solaire.
 
Parallèlement, l’industrie du charbon est mise à mal du fait de la baisse des prix. Le géant américain Peabody, premier producteur mondial, a même déposé le bilan. Au total, les charbonniers américains ayant déposé le bilan en 2016 ont perdu 30 milliards de dollars en valeur boursière depuis 2010.
 
En Australie, un tiers de mines de charbon sont en perte de vitesse, selon le rapport de Wood Mackezie, rapporte le WWF. Une des explications réside en Chine, dont la consommation (près de la moitié de la production mondiale) a baissé en 2014 et 2015.
 
Le WWF se réjouit aussi que de plus en plus de grandes villes « relèvent le défi climatique » : 700 maires se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. « Ces signaux sont importants et doivent être intégrés par nos dirigeants et par le plus grand nombre« , estime dans un communiqué Lo Sze Ping, directeur général du WWF Chine. « Ils démontrent un réel élan, devant être encore accéléré pour avoir une chance de limiter la hausse des températures bien en dessous le seuil dangereux de 2°C« , ajoute le responsable.
 
« Nous appelons les dirigeants à penser le monde avec les données d’aujourd’hui et pas celles du passé« , a déclaré à l’AFP Pascal Canfin, directeur du WWF France, pour qui « si nous ne sommes pas du tout sur la trajectoire des 2°C actuellement, nous voyons le chemin qui peut y mener« .
 
Un rapport qui tombe au moment où la Chine et les États-Unis, plus grands pays pollueurs de la planète viennent de ratifier l’accord de la COP 21. Il ne reste que les pays européens qui, pour une large part d’entre eux, traînent encore des pieds. Suivront-ils rapidement l’exemple inattendu de la Chine dont le président a appelé les membres du G20 à « prendre des mesures actives pour mettre en œuvre les aboutissements de la COP21 sur la question du financement pour le climat et bien d’autres sujets ».?
 
Image d’en-tête : GEO/GETTY

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