La Revue Futuribles n°470 (janvier-février 2026) vient de paraître. Au sommaire figure un dossier spécial sur la « Course aux armements nucléaires », un sujet sur les « Risques climatiques et assurance », une « Radioscopie de la génération Y »,…
L’année 2026 a commencé avec l’enlèvement spectaculaire, par les États-Unis, du président vénézuélien et un chambardement de l’ordre international. Dans un monde redevenu théâtre de luttes impériales, la dislocation du multilatéralisme est-elle inéluctable, et annonciatrice d’une nouvelle course aux armements nucléaires ? Dans ce premier numéro de 2026, Benoît Pelopidas montre que les armes nucléaires ne peuvent nous assurer ni d’une capacité de dissuasion certaine, ni d’une protection parfaite : nous resterons vulnérables. Il souligne que les arsenaux sont déjà très en excès et que personne n’en maîtrise parfaitement les usages. Évoquant le risque d’interférences entre les menaces nucléaires et d’autres tel le changement climatique, il plaide pour une limitation des armements à leur stricte suffisance.
S’agissant des dommages liés au changement climatique, qui frappent inégalement les territoires et populations sans que ceux-ci bénéficient d’assurances adéquates, Marine de Montaignac et Alice Robinet explorent comment pourrait être renforcée la prévention et mieux assurées les victimes, par exemple dans le cadre d’une éventuelle « Sécurité sociale climatique ».
Les préoccupations environnementales semblent largement partagées par les jeunes de la génération Y (25-39 ans) et notamment les plus diplômés qui, selon Monique Dagnaud, s’estiment laissés pour compte et se révèlent très critiques vis-à-vis de leurs aînés. Ils souhaitent des changements de grande ampleur, expriment des aspirations bien différentes de celles de leurs prédécesseurs et se disent très préoccupés par les questions écologiques.
S’agissant des plus jeunes encore, de plus en plus de voix dénoncent l’usage intensif qu’ils font des écrans et des réseaux sociaux. Si cet usage leur confère un accès exceptionnel aux savoirs et peut favoriser certains apprentissages, son excès entraîne des risques importants pour leur santé physique et mentale. Il est envisagé de les réglementer mais légiférer est une chose, appliquer les règlements en est une autre. L’UNICEF a publié un rapport sur les risques liés aux avancées des neurosciences dont rend compte Grégory Aimar.
Sur les questions de santé, Michel Héry nous éclaire sur les progrès accomplis dans la sphère professionnelle et montre que les conditions de travail en France se révèlent toujours fort problématiques, en raison notamment de l’intensité du travail liée aux nouvelles technologies et de l’essor des emplois de service. Le panorama qu’il dresse révèle que la « sinistralité et la mortalité au travail » restent très importantes.
En ce début d’année, formons des vœux d’espoir : celui que l’Europe se réveille et prenne conscience que le monde a changé. L’Union est plus importante encore qu’hier et Jean-François Drevet montre qu’elle doit se renforcer avant éventuellement d’admettre de nouveaux membres. Les défis sont clairs ; il s’agit de les relever pour ne pas devenir otages de régimes totalitaires.




