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L’heure est à la créativité dans l’évaluation mondiale des compétences scolaires

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L’évaluation PISA a mis en lumière en 2022 un aspect crucial mais souvent négligé de l’éducation : la créativité. Alors que les systèmes éducatifs du monde entier sont généralement jugés sur leurs performances en mathématiques, en sciences et en compréhension de l’écrit, l’ajout de tests de créativité révèle des dynamiques intéressantes et importantes. Cette initiative met en avant non seulement les disparités existantes entre les sexes et les milieux socio-économiques, mais souligne également le potentiel inexploité dans l’enseignement des compétences créatives. Les filles, par exemple, surpassent les garçons dans toutes les formes de tâches créatives, défiant ainsi les stéréotypes traditionnels liés aux performances académiques. Cet écart persistant suggère que les stratégies d’enseignement actuelles pourraient être adaptées pour mieux développer le potentiel créatif chez tous les élèves. En ces temps de transformations technologiques et démographiques rapides, doter les jeunes des outils nécessaires pour innover et adapter leurs compétences à un monde en évolution est plus crucial que jamais.

Singapour, la Corée, le Canada*, l’Australie*, la Nouvelle-Zélande*, l’Estonie et la Finlande arrivent en tête de la toute première évaluation de la créativité réalisée dans le cadre du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l’OCDE. 
Cette évaluation mondiale, menée en 2022 pour mieux comprendre les compétences des élèves de 15 ans dans 64 pays et économies partout dans le monde entier, montrent que les élèves des systèmes éducatifs les plus performants réussissent non seulement aux tests normalisés de mathématiques, compréhension de l’écrit et sciences, mais aussi aux nouveaux tests de créativité. Il a été demandé aux élèves de réfléchir à des solutions originales et variées face à des tâches simples d’expression ou à des problèmes courants, par exemple trouver une idée intéressante ou différentes façons de mener une campagne de sensibilisation à l’école.

Il ressort du rapport Résultats du PISA 2022 (Volume III) : La pensée créative en milieu scolaire que les élèves issus de milieux défavorisés obtiennent des résultats nettement inférieurs en matière de créativité, ce qui s’explique à la fois par l’environnement difficile dans lequel vivent bon nombre d’entre eux et par les programmes scolaires des établissements manquant de ressources, dans lesquels les activités et pratiques créatives sont souvent mises à l’écart.

L’évaluation révèle également des écarts entre garçons et filles en matière de créativité dans la plupart des systèmes éducatifs, les filles surpassant les garçons dans tous les types de tâches examinées.
Ces écarts ne peuvent pas s’expliquer uniquement par les résultats des filles dans les disciplines fondamentales étudiées dans le cadre du PISA. Si les filles obtiennent des résultats relativement meilleurs à ceux des garçons en compréhension de l’écrit et comparables en mathématiques, leur avance pour ce qui est de la créativité reste notable dans la moitié environ des pays et économies participants, même après prise en compte des résultats à l’écrit et en mathématiques.

« Dans ce troisième volume du PISA, la créativité des élèves a été évaluée pour la toute première fois dans 64 pays et économies. Il sera essentiel de doter les jeunes générations des compétences nécessaires à la créativité, à l’innovation et à l’adoption des technologies numériques pour faire face aux répercussions des transformations en cours et en saisir les opportunités, qu’il s’agisse du vieillissement démographique, d’une productivité en perte de vitesse ou de l’émergence de l’intelligence artificielle (IA) », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, M. Mathias Cormann. « Cette évaluation, qui porte sur la capacité des élèves à formuler, évaluer et améliorer des idées dans quatre domaines différents (écriture créative, expression visuelle, résolution des problèmes scientifiques et résolution de problèmes sociaux), fournit aux pouvoirs publics des données pour aider les élèves et les jeunes à réaliser pleinement leur potentiel face à l’évolution de l’économie et de la société. »

S’appuyant sur les deux premiers volumes de l’enquête PISA 2022, parus en décembre 2023, le volume III du PISA mesure la capacité des élèves à formuler, évaluer et améliorer des idées pouvant aboutir à des solutions originales et efficaces.

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Environ trois quarts des élèves (78 %) font preuve, en termes de créativité, d’un niveau de compétence élémentaire, ce qui signifie qu’ils peuvent trouver des idées adaptées à diverses tâches et commencer à suggérer des idées originales face à des problèmes courants. Toutefois, dans 20 pays et économies peu performants, plus de la moitié des élèves peinent à atteindre ce niveau de base.

Dans l’ensemble, les résultats montrent que les systèmes éducatifs qui obtiennent de bons résultats en matière de créativité enregistrent presque toujours de bons résultats en mathématiques, en compréhension de l’écrit et en sciences. Toutefois, l’excellence scolaire n’est pas une condition préalable à la créativité. Certains élèves peuvent faire preuve d’une très grande créativité sans pour autant briller dans les disciplines fondamentales.

Dans le cadre de cette évaluation, 64 pays et économies ont testé la créativité des élèves et ont rempli un questionnaire sur leurs perceptions et pratiques en la matière. Dix autres pays/économies ont uniquement rempli le questionnaire.

De l’importance de la créativité

La créativité constitue un atout dans de nombreuses professions, notamment dans les secteurs qui exigent un haut niveau de qualification. Selon le Rapport sur l’avenir de l’emploi 2023 du Forum économique mondial, la pensée créative est la deuxième compétence professionnelle la plus importante, juste après la pensée analytique. Des entreprises comme LinkedIn et Deloitte arrivent aux mêmes conclusions et soulignent le rôle déterminant de la pensée créative au sein de la main-d’œuvre actuelle.

On attend en effet aujourd’hui des travailleurs qu’ils contribuent au changement, qu’ils s’efforcent constamment d’exploiter les nouvelles technologies et d’adapter leurs méthodes de travail pour rester compétitifs. Avec les progrès de l’intelligence artificielle et de la transformation numérique, l’innovation, la créativité et la pensée critique prennent le pas sur les compétences classiques, plus susceptibles d’être automatisées.

Cependant, l’importance de la créativité dépasse de loin la seule nécessité de rester compétitif sur le marché du travail. Elle représente également un outil puissant en faveur de l’apprentissage, car elle permet une meilleure assimilation des acquis de l’apprentissage, fait appel aux compétences cognitives d’ordre supérieur et favorise l’épanouissement émotionnel, la résilience et le bien-être.

L’enseignement et l’épanouissement des capacités créatives des élèves leur permettent d’innover, de résoudre des problèmes et de s’adapter à un monde en pleine mutation. Cet enseignement est particulièrement utile aux garçons qui ont tendance à obtenir des résultats plus faibles que les filles aux évaluations de la créativité. Un enseignement qui favorise une meilleure implication dans des activités d’apprentissage libres et centrées sur l’élève offre l’occasion de renforcer la confiance en soi et de stimuler la curiosité et la créativité des élèves. Les professionnels de l’éducation doivent ainsi proposer et accompagner des activités qui favorisent l’exploration des capacités créatives de leurs élèves pour leur faire prendre conscience que la créativité n’est pas innée, mais qu’elle s’acquière et se perfectionne par la pratique.

Comme l’explique Andreas Schleicher, Directeur de la Direction de l’éducation et des compétences et conseiller spécial du Secrétaire général de l’OCDE, chargé de la politique de l’éducation, « Malgré l’importance que revêt la créativité, l’acquisition des compétences créatives ne va pas de soi. Ainsi, l’enquête de l’OCDE sur les compétences sociales et émotionnelles de 2023 a montré que les jeunes de 15 ans avaient tendance à être moins créatifs et à moins bien se connaître que ceux âgés de 10 ans. Les psychologues du développement expliquent en partie cette régression par le passage à l’adolescence, mais l’ampleur des disparités à cet égard entre les pays suggère que l’éducation et l’environnement ont également un rôle à jouer dans ce domaine. Dès la naissance, les enfants ont une créativité débordante, ils veulent apprendre, désapprendre et réapprendre sans cesse, mais l’école valorise davantage la conformité et récompense les élèves qui se plient aux normes de pensée de l’époque plutôt que de les remettre en question.
Si la performance scolaire et la performance créative peuvent se renforcer mutuellement, l’une ne requiert pas forcément l’autre. En effet, certains systèmes d’éducation comme celui de Singapour, de la Corée et du Canada sont parmi les plus performants en termes de créativité de même qu’en mathématiques, en compréhension de l’écrit et en sciences, quatre autres systèmes ayant obtenu de très bons résultats au PISA – Hong Kong (Chine), Macao (Chine), Taipei chinois et la Tchéquie – se classent en deçà ou au niveau de la moyenne de l’OCDE dans le domaine de la pensée créative. Les résultats montrent que certains élèves excellent en pensée créative sans pour autant être particulièrement brillants dans les matières scolaires classiques. »

Une grande disparité entre élèves aidés et non-aidés

Les élèves issus de milieux défavorisés obtiennent, sans surprise, des résultats nettement inférieurs à ceux des élèves plus aisés en pensée créative. Les élèves provenant de milieux difficiles font face à des problèmes tels que l’insécurité alimentaire, le mal-logement ou ont d’importantes responsabilités familiales qui accaparent leur temps et leur énergie, laissant peu de place à des activités créatives. En outre, les enseignants des établissements
insuffisamment dotés ont tendance à se concentrer sur les matières et compétences de base et à avoir recours aux évaluations standardisées pour améliorer les résultats des élèves, délaissant ainsi involontairement les activités et pratiques créatives. Il reste encore beaucoup à faire dans les pays participant au PISA pour combler les écarts en matière d’apprentissage créatif liés au milieu socio-économique des élèves.

Ce que montrent également les données PISA c’est que le soutien des enseignants est particulièrement important en temps de crise, notamment lorsqu’ils apportent un soutien pédagogique et motivationnel supplémentaire. La présence des enseignants pour aider les élèves qui en ont besoin est fortement corrélée à la performance en mathématiques dans les pays de l’OCDE, par rapport à d’autres expériences liées à la fermeture des établissements scolaires pour raison de COVID-19. La performance en mathématiques était de 15 points plus élevée dans les systèmes où les élèves ont déclaré pouvoir compter sur un enseignant. Ces élèves se sentaient également plus capables que leurs pairs d’apprendre de manière autonome et à distance. Malgré tout, seul un élève sur cinq a déclaré qu’il recevait de l’aide supplémentaire de la part d’un enseignant dans certains cours en 2022. Environ 8 % n’ont jamais ou presque jamais reçu d’aide supplémentaire.

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En général, dans les systèmes d’éducation dans lesquels on observe une tendance au renforcement de la participation des parents dans l’apprentissage des élèves entre 2018 et 2022, le niveau en mathématiques s’est davantage stabilisé ou a progressé. Ce constat se vérifie en particulier en ce qui concerne les élèves défavorisés.
Ces chiffres, qui tiennent compte du profil socio-économique des élèves et des établissements, montrent que le niveau de soutien actif des parents peut avoir un effet décisif. Pourtant, l’implication des parents dans l’apprentissage des élèves en milieu scolaire a considérablement diminué entre 2018 et 2022. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, le pourcentage d’élèves d’établissements où la plupart des parents discutent des progrès de leur enfant avec un enseignant, à leur demande, a chuté de dix points de pourcentage.

Andréas Schleicher n’hésite pas à préciser qu’ « Il est en effet important de rappeler que les capacités créatives peuvent être enseignées. Les enseignants peuvent libérer le potentiel créatif de leurs élèves en les encourageant à explorer et générer de nouvelles idées et à y réfléchir. Ce n’est pas un hasard si les systèmes les plus performants disposent de lignes directrices officielles relatives au développement et à l’évaluation de la créativité, que ce soit en général ou chez les élèves en particulier. Pourtant, seule environ la moitié des élèves estiment que la créativité est une particularité qu’ils ont le pouvoir de changer. »

Performance créative des élèves

Ce que les élèves montrent en pensée créative
• Les systèmes d’éducation de Singapour, Corée, Canada*, Nouvelle-Zélande*, Estonie et Finlande (par ordre décroissant) obtiennent les meilleurs résultats en termes de pensée créative, avec un score moyen par élève de 36 points ou plus, ce qui est nettement supérieur à la moyenne de l’OCDE (33 points). Les élèves de Singapour obtiennent en moyenne 41 points en pensée créative.
• Un écart de performance considérable de 28 points sépare le pays le plus performant du pays le moins performant en matière de pensée créative, équivalant à environ 4 niveaux de compétence. Ainsi, 97 élèves sur 100 dans les 5 pays les plus performants obtiennent une note supérieure à la moyenne des élèves des 5 pays les moins performants (Albanie**, Philippines, Ouzbékistan, Maroc et République dominicaine**).
• Environ un élève sur deux en moyenne dans les pays de l’OCDE est capable de proposer des idées originales et variées dans le cadre d’exercices simples faisant appel à l’imagination, ou de résolution de problèmes ordinaires (ce qui correspond au niveau de compétences 4). À Singapour, en Corée et au Canada*, plus de 70 % des élèves affichent des résultats de niveau 4 ou plus.
• En outre, à Singapour, en Lettonie*, en Corée, au Danemark*, en Estonie, au Canada* et en Australie*, plus de 88 % des élèves atteignent le niveau de base en pensée créative (niveau de compétences 3), ce qui démontre leur capacité à mobiliser des idées pertinentes pour un ensemble de tâches et à proposer des idées originales pour résoudre des problèmes ordinaires (la moyenne de l’OCDE s’établissant à 78 %). Dans les 20 pays et économies les moins performants, moins de 50 % des élèves ont atteint ce niveau de base.

Performance créative et performance en mathématiques et compréhension de l’écrit
• La plupart des pays et économies affichant un score supérieur à la moyenne de l’OCDE en pensée créative ont également des résultats supérieurs à la moyenne en mathématiques, en compréhension de l’écrit et en sciences. Seul le Portugal affiche un score supérieur à la moyenne de l’OCDE en pensée créative (34 points), alors qu’il se situe de la moyenne dans les trois domaines classiques du PISA. Hong Kong (Chine), Macao (Chine), le Taipei chinois et la Tchéquie obtiennent un score égal ou inférieur à la moyenne de l’OCDE en matière de pensée créative, en dépit de résultats supérieurs à la moyenne en mathématiques, en compréhension de l’écrit et en sciences.
• Au Chili, au Mexique, en Australie*, en Nouvelle-Zélande*, au Costa Rica, au Canada* et à El Salvador, les élèves ont obtenu un score de 4.5 points plus élevé qu’escompté en pensée créative, après contrôle des résultats obtenus en mathématiques. À Singapour, en Australie*, au Canada*, en Lettonie*, en Corée, en Belgique, en Finlande et en Nouvelle-Zélande*, les élèves ont obtenu un score d’environ 3 points ou plus qu’escompté, après contrôle de leurs résultats en compréhension de l’écrit.
• L’Australie*, le Canada, la Finlande et la Nouvelle-Zélande* affichent une performance moyenne et une performance relative globale élevées en pensée créative (c’est-à-dire un niveau assez élevé en pensée créative après contrôle des résultats obtenus en compréhension de l’écrit et en mathématiques, respectivement), combinée à un fort taux d’inclusion (au moins 75 % des élèves se placent au niveau de compétence 3).
• Exceller dans les matières scolaires classiques n’est pas un prérequis pour exceller en pensée créative. Si environ la moitié des élèves qui ont atteint le plus haut niveau en créativité se place également au plus haut niveau en mathématiques, une proportion similaire d’élèves (plus d’un quart en moyenne au niveau de l’OCDE) qui se situent au troisième quintile en termes de pensée créative ont obtenu des résultats en mathématiques correspondant aux deuxième, troisième et quatrième quintiles respectivement. En revanche, très peu d’élèves se plaçant en deçà du niveau de base en mathématiques affichent une performance élevée en pensée créative : un niveau scolaire minimal semble nécessaire pour faire preuve de créativité.

Différences de performance en fonction des types de tâches du test
• Les élèves de Singapour ont obtenu les meilleurs résultats dans plusieurs types de tâches, particulièrement dans les exercices de résolution de problèmes sociaux. Les élèves de Corée ont obtenu les meilleurs résultats en résolution de problèmes scientifiques et dans les exercices d’évaluation et d’amélioration des idées. Les élèves du Portugal ont obtenu les meilleurs résultats dans le domaine de l’expression visuelle.
• En général, et après prise en compte de la difficulté des items dans les différents groupes d’exercices, les élèves ont fait preuve d’une aisance relative dans les exercices d’expression créative (tant écrite que visuelle) par rapport à leurs performances dans les autres domaines, et une faiblesse relative dans les tâches de résolution créative de problème.

Écarts de performance en fonction du genre et du milieu socio-économique
• Dans aucun pays ni économie les garçons ne se sont montrés plus créatifs que les filles, avec un écart de score de 3 points en moyenne dans l’OCDE. Cet écart entre les genres est significatif dans tous les pays et économies après contrôle des résultats en mathématiques, et dans la moitié environ des pays et économies après contrôle de la performance des élèves en compréhension de l’écrit.
• Les élèves issus d’un milieu socio-économique plus favorisé se sont aussi montrés plus créatifs, obtenant en moyenne 9.5 points de plus que leurs pairs défavorisés dans les pays de l’OCDE. De façon générale, l’intensité de l’association entre le milieu socio-économique des élèves et la performance en pensée créative est plus faible qu’en mathématiques, compréhension de l’écrit et sciences.
• Ces inégalités de genre et socio-économiques subsistent pour tous les types de tâches. En particulier, les performances des filles sont nettement supérieures à celles des garçons en expression écrite et dans les exercices qui leur demandent d’évaluer et d’améliorer les idées des autres, tandis que l’expression écrite est la matière où les différences socio-économiques sont les plus marquées.

Croyances et attitude des élèves associées à la pensée créative
• Environ huit élèves sur dix (moyenne de l’OCDE) estiment qu’il est possible d’être créatif dans presque tous les domaines. Les élèves les plus positifs à cet égard obtiennent un score de pensée créative supérieur de trois points à celui des autres élèves. Cependant, seul environ un élève sur deux (moyenne de l’OCDE) juge que sa créativité est une caractéristique qu’il peut changer. Ces élèves, dotés d’un « growth mindset » sur leur disposition à développer leur, créativité obtiennent de meilleurs résultats que ceux qui pensent que la créativité est un talent inné et immuable (score supérieur d’un point, moyenne de l’OCDE).
• Par ailleurs, plus un élève a confiance en son imagination et son audace, en son ouverture intellectuelle, sa curiosité, sa mise en perspective et sa persévérance, plus il est susceptible d’obtenir de bons résultats en pensée créative.

Environnement scolaire
• Les pratiques pédagogiques à l’école peuvent jouer un rôle déterminant en faveur de la créativité des élèves. Dans les pays de l’OCDE, entre 60 et 70 % des élèves ont déclaré que leur enseignant valorise leur créativité, les encourage à proposer des réponses originales et leur donne l’occasion d’exprimer leurs idées à l’école.
Ces élèves ont obtenu des résultats légèrement supérieurs à ceux de leurs camarades en pensée créative, même après contrôle de leurs caractéristiques personnelles et socio-économiques, de celles de leur établissement, ainsi que de leur performance en mathématiques et en compréhension de l’écrit.
• La participation régulière à des cours d’arts, de théâtre, d’écriture créative ou de programmation (environ une fois par semaine) est associée à de meilleurs résultats en matière de pensée créative qu’une participation irrégulière ou quotidienne à ces activités.

Autre point : on constate une relation de corrélation positive entre les scores moyens qui sont obtenus et le niveau d’investissement dans l’éducation jusqu’à un seuil de 75 000 USD de dépenses cumulées par élève âgé de 6 à 15 ans. Dans de nombreux pays de l’OCDE qui investissent davantage dans l’éducation, on observe qu’un investissement supplémentaire n’est pas synonyme de meilleure performance des élèves. Des pays comme la Corée et Singapour ont démontré qu’il était possible d’établir des systèmes d’éducation de premier ordre même en partant d’un niveau de revenu relativement faible, en accordant la priorité à la qualité de l’enseignement plutôt qu’à la taille des classes et en établissant des mécanismes de financement qui mettent en adéquation les ressources avec les besoins.

Il est donc important de comprendre non seulement le contenu des apprentissages des élèves, mais également la façon dont ils apprennent si l’on veut promouvoir un véritable changement politique. Le présent rapport PISA devrait offrir un éclairage précieux aux décideurs politiques sur la façon dont les élèves acquièrent les compétences dont ils ont besoin pour s’épanouir dans leur vie adulte. Grâce à sa méthodologie solide et cohérente, l’enquête PISA présente des conclusions probantes sur lesquelles pourront se fonder les futures politiques d’éducation et qui favoriseront une coopération internationale en vue d’améliorer la qualité de l’apprentissage.

Source : OCDE (2024), Résultats du PISA 2022 (Volume III – version abrégée) : La pensée créative en milieu scolaire, PISA, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/b04a0009-fr.

Note : l’utilisation d’un astérisque (*) à côté d’un nom de pays ou d’économie indique une difficulté à se conformer aux normes techniques d’échantillonnage du PISA.

Les résultats du PISA ont été dévoilés lors d’une conférence internationale intitulée Learning in a Changing World : Evidence, innovation, and creative thinking in education, co-organisée par l’OCDE et la Fondation du Prix Yidan.  
La parution du volume III du PISA fait suite à celle des Volumes I et II, lesquels portent sur les compétences et les aptitudes des élèves de 15 ans en mathématiques, en compréhension de l’écrit et en sciences dans 81 pays membres et économies partenaires de l’OCDE.
Pour lire ces rapports du PISA, par pays : www.oecd.org/pisa-fr/.

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patricia.fetnan@gmail.com
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«  L’homme imagine d’abord et il voit ensuite. » G. Bachelard . Temps de « la rêverie éveillée » dans le processus créatif. Expérience en Petite Section sur ecoleducerisier.wordpress.com, page Récits et «  Moi, j’y arrive pas à la faire cette lettre ! » , page, Se saisir de l’instant » , et, à l’image,
«   les apprenti.e.s », école du cerisier, youtube

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