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Quand l’architecture bioclimatique s’allie à la rénovation décarbonée

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Au cœur du 12e arrondissement de Paris, accolé à la Sorbonne Nouvelle, la rénovation de l’ancien siège de l’Office National des Forêts (ONF) créé en 1976, rebaptisé Racine, compose avec le « déjà-là » et offre un nouveau signal dans le quartier : valoriser l’environnement géographique et climatique, dans le respect des modes et rythmes de vie ainsi que de la santé des usagers du bâtiment.

La tour de 42 mètres de haut conserve son allure singulière grâce à une façade sublimée qui accueillera une mixité d’usages à l’horizon 2024. Sa toiture est, quant à elle, entièrement redessinée, coiffée d’une serre comme un jardin d’hiver suspendu vers le ciel. Parfaitement intégré dans son quartier, le projet Racine proposera une silhouette plus élancée. Le programme intègre des tiers-lieux pouvant s’adapter à de multiples possibilités et différentes formes de nature en ville. Ainsi, potagers, serres agricoles, espaces de vie et divers jardins prendront place aux différents étages.       

Etat projeté de la tour Racine avec toiture en serre/jardin d’hiver – Crédits © Laurent Kronental et Maud Caubet Architectes

Patrimoine à préserver et à valoriser, le bâtiment emblématique du quartier fait peau neuve. Pour ce projet, l’agence Maud Caubet Architectes s’est attachée à travailler la densité. En transformant les parkings situés en sous-sols, l’agence crée des patios valorisant ainsi de nouveaux espaces en rez-de-jardin. Pour Maud Caubet, « Ce bâtiment est exceptionnel en tant que patrimoine des années 70, il a été construit avec une technique de structure en béton armé, un fût central et des façades porteuses. Nous avons travaillé main dans la main avec l’Architecte des Bâtiments de France, avec la Commission du Vieux Paris qui avait aussi un regard assez fort sur ce projet et nous avons essayé finalement de conserver ce qui faisait que le bâtiment est « beau » et cette architecture un peu vintage qui revient à la mode, nous l’aimons bien parce que c’est du module, c’est de la trame, c’est de la répétitivité et, finalement, quand nous la regardons, nous nous rendons compte qu’elle est facilement transformable en un autre usage que du bureau, nous avons redonné une nouvelle vie à ce bâtiment et l’avons imaginé dans le long terme pour pouvoir le transformer pour pouvoir loger de l’habitation. »

Pensée comme un jardin d’hiver, une serre bio climatique accueillera de l’agriculture urbaine tout en offrant une vue à 360e degré sur Paris. Cette intervention renouvelle la silhouette du bâti, le transformant en une sorte de signal dans la ville. L’agence œuvre main dans la main avec Topager, exploitant de la toiture agricole, spécialiste du paysage comestible.

La serre sera imaginée comme un élément bioclimatique. Elément architectural pensé comme un jardin d’hiver et qui est donc un élément passif : il est inutile d’apporter de la chaleur ou du refroidissement.

Cette construction bioclimatique permet un confort assuré en tirant le meilleur parti du rayonnement solaire, de l’inertie thermique des matériaux et du sol et de la circulation naturelle de l’air. Cela passe par une meilleure mise en adéquation de la construction avec le comportement de ses occupants, avec son environnement et son climat, pour réduire au maximum les besoins de chauffage, de rafraichissement et de traitement de la qualité de l’air.
Ce résultat est obtenu par un choix rigoureux dès la conception, prenant en compte l’orientation et les ouvertures au soleil, mais aussi la qualité des matériaux et des formes architecturales, et les méthodes de renouvellement de l’air intérieur.

Racine est entourée de végétation urbaine dont la biodiversité sera augmentée. Une extension sera travaillée en rez-de-chaussée de manière à préserver et protéger les espaces verts existants. La mise aux normes thermiques de la façade et son chantier à impact maîtrisé devraient permettre de viser des labels environnementaux ambitieux tels que la certification HQE Excellent Bâtiment Durable, les labels BiodiverCity®, Effinergie, BBC Rénovation ou encore la certification Ready to OsmoZ.

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Pied d’immeuble de la tour Racine – Crédits © Laurent Kronental et Maud Caubet Architectes

Pour Maud Caubet Architectes, la ville d’aujourd’hui et de demain se construit en utilisant le « déjà-là ». L’agence limite au maximum l’utilisation de matières nouvelles dans la rénovation du bâtiment grâce au réemploi, en tenant compte des enjeux de sa structure existante sur le long terme. Ce projet allie donc respect du patrimoine architectural des années 70 et technicité climatique pour minimiser l’empreinte intemporelle du lieu.

Pensé pour les besoins actuels et à venir, le projet permet la reconquête d’un immeuble de bureaux afin d’en créer un espace proposant de multiples utilisations, pouvant évoluer dans le temps et offrant de véritables expériences de vie et de travail. La tour accueillera ainsi des bureaux mais sa trame a été étudiée pour une parfaite réversibilité d’usages.

« Le chantier a débuté en mai 2022 avec l’envie de révéler le site et son potentiel pour inventer le futur de la ville grâce à une architecture heureuse et respectueuse de l’histoire. Toute la technicité de l’architecture bioclimatique et responsable, discrète mais bien présente afin de laisser place à l’expérience, la beauté et la poésie. La structure du projet prend racine au sol et se développe comme une sculpture vers le ciel par l’extension créée en verre de la serre. Depuis la rue, cette serre crée une lanterne arborée, un nouveau signal dans l’environnement urbain. Depuis l’intérieur, la serre offre un espace totalement atypique. véritable belvédère panoramique sur la ville de Paris. Le bâtiment se lit verticalement, de sa racine jusqu’à la couronne de verre qui l’étend vers le ciel. Partant du déjà-là, nous souhaitons le magnifier pour créer une expérience reliant passé, présent et futur », explique Maud Caubet.

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