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Pour sauver les villes : « Plantez ! Plantez ! Plantez ! »

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C’est le cri du cœur de l’adjointe au Maire d’Angers, chargée de l’Environnement et des espaces verts, lors d’une interview pour UP’. 100 000 arbres vont être plantés à Angers, faisant entrer la ville dans le classement de tête de L’observatoire des villes vertes qui a analysé la politique de végétalisation des 50 plus grandes villes de France. Résultat : Angers, Nantes, Metz, Amiens, Lyon figurent dans le top 5 des plus « green ». L’arbre est considéré comme un acteur essentiel du milieu urbain, face au changement climatique qui s’est imposé ces dernières années comme le défi planétaire à relever.

Les villes sont bien consciences de leur vulnérabilité particulière compte-tenu d’une forte concentration de population et du regroupement d’infrastructures et de biens matériels sur leur territoire. Avec l’augmentation des températures estivales et la fréquence de vagues de chaleur, les villes sont désormais davantage concernées par le phénomène d’îlots de chaleur urbains pouvant atteindre plusieurs degrés de différence entre une zone arborée et une zone purement minérale. C’est pourquoi, certaines villes, comme celle d’Angers, ont opté pour la plantation de forêts urbaines pouvant combattre l’urbanisation galopante et les fournaises qui en découlent.

Dans le monde entier, on plante des arbres, comme en Angleterre où, en mai 2019, l’Urban Tree Challenge Fund était lancée : 130 000 arbres seront plantés sur les deux prochaines années. Il s’agit d’un programme géré par la Commission des forêts, et ouvert aux particuliers, aux autorités locales, aux organismes de bienfaisance et aux ONG.

Isabelle Le Manio – Photo UP’ Magazine

En France, à Angers, 100 000 arbres ont commencé à être plantés, pour atteindre un objectif à terme de 140 000. Les habitants font eux-mêmes pression, appuyant le schéma général des élus pour transformer la vision d’une ville de demain plus soutenable, plus résiliente. Le végétal est un élément constitutif de l’identité angevine. Dès le XVe siècle, le Roi René, comte de Provence, acclimatait des plantes méditerranéennes à Angers. Au XIXe siècle, l’Angevin André Leroy donnait ses premières lettres de noblesse aux professions d’horticulteur et de pépiniériste. Au cours du XXe siècle, chercheurs et pépiniéristes se sont rapprochés. Cette collaboration fructueuse a préfiguré Végépolys, le pôle de compétitivité international installé à Angers depuis 2004.

Interview avec Isabelle Le Manio, chargée de l’Environnement et des espaces verts :

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Angers n’est pas la seule ville à planter des arbres. Nombreux sont les maires qui, à l’approche des Municipales, axent leurs campagnes sur l’écologie et la végétalisation de leurs villes. A l’exemple d’Anne Hidalgo, candidate à sa réélection, qui souhaite végétaliser massivement la capitale en replantant un arbre pour chaque nouvelle naissance (170 000 arbres en projet). Un projet sensiblement similaire à la ville de Bruxelles en Belgique qui célèbre chaque naissance par la plantation d’un arbre, tout comme nouvellement à Metz, Nancy, Tours, … 

Planter des arbres deviendrait-il le nouvel eldorado de la promesse politique ?

À quelques jours des élections municipales – qui se tiendront les 15 et 22 mars prochains – nombreux sont les maires qui veulent planter, un peu sous forme de surenchère : au Mans, 30 000 arbres en six ans devront être plantés, même si, à ce jour, une polémique se joue autour d’un magnifique cèdre menacé par la construction de logements ; à Lyon, 500 000 arbres et arbustes ; à Arras, la proposition est d’en planter un million.

Une bonne chose, salue Harold Levrel, professeur d’économie de l’environnement à AgroParisTech qui travaille sur le projet Idefese, une évaluation des bénéfices que pourraient fournir les politiques de végétalisation des zones urbaines en Île-de-France, sachant que lorsque l’on pose la question « Comment définiriez-vous la ville du futur ? 53% de la réponse française est : « Une ville où la nature joue un rôle central ».

Un avis récent du CESE contient plusieurs recommandations pour la construction de villes résilientes, habitables et durables. Il y souligne le rôle de la nature urbaine et suggère que la biodiversité soit un élément central des politiques de développement urbain (aménagement du territoire, transport des logements, santé, agriculture, etc.) :
« La « Nature en ville » est au cœur des enjeux contemporains. En assurant des services écologiques majeurs (réduction des pollutions, des îlots de chaleur, des eaux de ruissellement, …) dans un milieu urbain toujours plus dense et minéral, la nature sous toutes ses formes est indispensable pour faire face aux défis environnementaux que sont le réchauffement climatique et l’érosion de la biodiversité mais aussi pour contribuer à un cadre de vie plus agréable et répondre aux enjeux de santé humaine. Pour accélérer la dynamique de « renaturation » des villes, le présent avis souhaite mettre l’accent sur la nécessité d’inclure la nature dans l’ensemble des politiques publiques et d’en faire un élément structurant de l’aménagement urbain. Le CESE insiste sur l’enjeu social de la « nature en ville », qui doit répondre aux besoins des habitantes et des habitants mais qui doit aussi contribuer à la solidarité des villes avec les campagnes qui ne cessent d’être artificielles du fait de l’étalement urbain. »

« Pour les municipales, je vote #MaVilleVegetale »

Merci Raymond, startup éco-responsable déterminée à redonner place au végétal dans les milieux urbains, lance une campagne de communication intitulée « Pour les municipales, je vote #MaVilleVegetale ». Alors que Merci Raymond publiait en mai dernier son premier livre « Tous acteurs de la Révolution Verte » dans lequel la startup évoquait déjà des solutions pour rendre nos villes plus vertes, plus durables et résilientes, elle a imaginé, à l’occasion des prochaines élections municipales, des actions concrètes pour la ville de Paris visant à sensibiliser tout à la fois chacun d’entre nous comme les candidats, aux bienfaits du vert. La startup lance ainsi un appel à la mobilisation citoyenne et propose dix recommandations pour une ville plus verte, afin que chacun à son échelle prenne véritablement part à la Révolution Verte.

À l’occasion des Municipales, la startup diffuse ainsi sur ses réseaux sociaux des messages engagés et inspirants suivi du hashtag #MaVilleVegetale. L’objectif : sensibiliser chacun d’entre nous et interpeller directement les candidats afin qu’ils prennent compte de ces recommandations vertes dans leur programme. En parallèle et toujours dans l’objectif d’interpeller le plus grand nombre, les équipes de jardiniers iront très prochainement dans les rues de la capitale réaliser des tags végétaux.

A noter que le 7ème Apéro des producteurs – « Et si nos chefs étaient maires ? » aura lieu le lundi 9 mars de 19h à 20h. La startup organise, en partenariat avec Ecotable, son 7ème apéro des producteurs dans son restaurant Le Relais (10 rue Vacquerie, 75011 Paris).

Ecosia : faire pousser les arbres et les consciences

Ecosia, le fameux moteur de recherche, fonctionne comme tout moteur de recherche classique, mais avec une différence de taille : leurs bénéfices sont utilisés pour planter des arbres, là où les besoins se font sentir.

Dans sa passionnante conférence de lancement du Défi Biodiversité, Gilles Bœuf nous a tout d’abord rappelé une évidence : nous faisons partie du vivant. Alors, pourquoi nous en être coupés ? Pourquoi l’avoir mis à distance ? 
Le Défi Biodiversité, c’est l’envie de refaire corps avec le vivant, dans sa diversité. C’est la nécessité de le régénérer. C’est une invitation à mettre la tentation collapsologue à distance pour agir, de là où nous sommes.

Pour Ferdinand Richter, Responsable France d’Ecosia : « Pour moi, Ecosia n’est pas un outil de compensation. L’idée n’est pas de rentrer dans la croyance qu’il suffit de compenser pour résoudre les problèmes auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés. Il y a une vraie urgence à avoir un débat honnête là-dessus.  Au-delà de planter des arbres, notre mission est de régénérer les écosystèmes. L’arbre est un outil qui permet, notamment dans les zones les plus fortement touchées par le réchauffement climatique où là où l’on a le plus fortement exploité les milieux naturels, d’aider la nature à se régénérer tout en réinstallant des économies locales liées aux techniques d’agroforesterie, de de permaculture, de forêts comestibles, etc. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Ecosia est donc avant tout un outil pour régénérer les écosystèmes et les économies locales, et non un concurrent de Google. »

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Des villes jardins 

Face à l’urbanisation croissante et à la densification de nos cités, il est une nécessité absolue de réintégrer le végétal et la nature en ville, à une échelle allant bien au-delà des murs végétaux et des toitures végétalisées. C’est tout le propos du magnifique ouvrage d’Anna Yudina « Villes-Jardins » (1) qui nous incite à suivre la voie indiquée par Ray Kurzweil, inventeur et gourou de l’intelligence artificielle chez Google, selon qui « l’hybridation des intelligences biologiques et non biologiques » sera l’un des traits marquants de notre monde de demain. Dans ce livre, Luis Bettencourt, théoricien de la physique et expert des systèmes complexes, élabore actuellement une théorie mathématique de la ville, voit dans l’attitude du jardinier la démarche urbanistique la plus pertinente et la plus accueillante pour la vie […].

« La ville-jardin est un organisme à part entière, où le naturel et l’artificiel, le construit et le cultivé, le « biologique » et le « numérique » fusionnent pour vivre et pour respirer. » Alors, à quoi pourraient bien ressembler les prochaines étapes de la fusion entre nature et ville ?

Rappelons que « Répétitif, incontournable, inévitable, familier, sacré, sauvage, cultive, quotidien, l’arbre constitue d’emblée un motif essentiel de notre environnement visuel. Immédiatement identifiable, il annonce par sa seule présence celle de la nature même. Cette nature inspiratrice que les peintres et poètes appréhendent et reconstruisent à travers le paysage. Nous sommes les héritiers de cette histoire visuelle. » (2).

 

 

 

 

 

(1) « Villes-Jardins », d’Anna Yudina – Editions Ulmer, 2017
(2) « L’arbre dans la peinture« , de Zenon Mezinski – Edition Citadelles & Mazenod, 2018

Pour aller plus loin :

  • « Désastres urbains. Les villes meurent aussi », de Thierry Paquot, Edition La Découverte, 2015.

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