UP' Magazine L'innovation pour défi

économie

Présidentielle 2017 : les 5 propositions du Club des Entrepreneurs aux candidats

À moins de deux mois du premier tour de l'élection présidentielle de 2017, le Club des Entrepreneurs adresse à l'ensemble des candidats cinq propositions destinées à stimuler l'entrepreneuriat et l'esprit d'entreprendre.
Ces propositions, applicables facilement et rapidement dans les premiers mois du prochain quinquennat, ont toutes été communiquées à Emmanuel Macron, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon, François Fillon et Marine Le Pen. A méditer.
 
Considéré à juste titre comme un des principaux moteurs de la croissance et de l’emploi, peu de sujets sont autant discutés et souvent l’objet de procès d’intention que l’entrepreneuriat. Loin des clichés éculés selon lesquels les Français seraient moins enclin que d’autres à créer leur activité, il convient de réa­rmer qu’il existe bel et bien une envie profonde et largement partagée d’entreprendre dans l’Hexagone.
 
Oui, la France est une terre fertile pour la création d’entreprises, comme en témoigne les 554 000 sociétés lancées au cours de l’année 2016, en hausse de 5,5% par rapport à 2015 !
Oui, les millennials rêvent d’entrepreneuriat, avec 6 jeunes sur 10 (étude OpinionWay - Janvier 2017) qui aspirent à devenir startupper.
Oui, la France, est un territoire beaucoup plus favorable qu’on ne le croit aux tempéraments imaginatifs et entreprenants et regorge d’initiatives porteuses de changements durables pour notre société et de notre économie. Se satisfaire de l’existant est pourtant exclu, tant ce potentiel gagnerait à être encore plus stimulé et encouragé, notamment par le biais de réformes attendues depuis longtemps et reportées sine die par les gouvernements successifs.
 
Le Club des Entrepreneurs, réseau fondé en 2005 qui regroupe près de 20 000 membres, porte cinq propositions destinées à tous les candidats à la présidentielle. Leur objectif est simple : augmenter non seulement le nombre d’entreprises créées chaque année et assurer leur pérennité et leur croissance en France comme à l’international. Ces mesures peuvent être rapidement et facilement mises en œuvre et permettraient à des millions de nos concitoyens de réaliser leur envie de créer et de devenir de véritables moteurs pour notre économie.

Cinq propositions pour que les Français deviennent acteurs de leurs activités

Adopter un véritable Small Business Act à la française contenant une première batterie de mesures en faveur de l’entrepreneuriat.
Alors que les Etats-Unis ont reconnu dès 1953 le rôle majeur des petites entreprises dans l’économie via le vote du fameux Small Business Act, une initiative similaire tarde à émerger en France. Le vote d’une nouvelle grande loi dans les premiers mois du nouveau quinquennat est donc une absolue nécessité. Le Club des Entrepreneurs propose d’y inclure notamment la création d’un guichet unique rassemblant les aides financières et les propositions d’accompagnement des TPE/PME.
Ce Small Business Act intégrera aussi non seulement l’obligation de réserver 60% des marchés publics aux TPE/PME. Il permettra aussi une meilleure implication de celles-ci dans l’élaboration des normes en France et en Europe. Dans un cas comme dans l’autre, l’innovation, atout maître de nombreuses petites et moyennes entreprises, doit et peut être favorisée.
 
Faire de l’entrepreneuriat une priorité nationale, l’enseigner dès le secondaire comme une véritable langue vivante. Pour le Club des Entrepreneurs, faire fructifier l’envie d’entreprendre des jeunes générations est une priorité.
Ils proposent qu’un véritable plan de sensibilisation et de formation à la création d’entreprise soit lancé non seulement en direction du monde universitaire mais aussi à destination de l’enseignement secondaire général et technologique, avec une attention particulière aux zones urbaines dîtes sensibles. L’entrepreneuriat doit faire partie du socle commun de connaissance et de compétences. Pour insuffler ce désir d’entreprendre, ils proposent également une grande campagne de communication nationale. Celle-ci pourra notamment s’appuyer sur des success stories sous la forme de témoignages vidéo courts et à fort impact.
 
Diminuer le taux de disparition des jeunes sociétés en généralisant l’exonération totale de charges sociales pour les trois premières années d’activité.
Augmenter le nombre d’entreprises créées chaque année en France n’a de sens qu’à condition d’assurer leur pérennité. 50% des nouvelles sociétés disparaissent avant d’atteindre 12 mois : c’est pourquoi il est urgent, à l’instar du régime Accre, de renforcer et généraliser les dispositifs permettant l’exonération de charges sociales pour toutes les « jeunes pousses » sans distinction pendant les trois premières années.
 
Renforcer le capital-risque à la française afin de répondre aux besoins de financement des entrepreneurs et de leurs structures Le capital-risque est le meilleur allié des entrepreneurs, que ce soit dans la Silicon Valley ou dans le monde entier.
À ce niveau, le marché français, pourtant le deuxième européen, pourrait, avec des montants investis 25 fois moins importants qu’aux États-Unis, nettement mieux faire ! Un financement optimal des jeunes entreprises françaises passera notamment par une fiscalité plus stable et surtout plus incitative pour favoriser l’investissement des particuliers dans les PME, et baisser de la pression fiscale sur les plus-values de cession.
Les chefs d’entreprise et entrepreneurs à succès pourront aussi réinvestir plus facilement leurs profits dans l’écosystème de start-up et de TPE/PME et apporter ainsi leur expertise et une forme de coaching que ne peuvent pas forcément apporter des profils financiers classiques.
 
Fluidifier les parcours entre salariat et entrepreneuriat en encourageant le développement des nouvelles formes d’emploi. Le passage d’une activité entrepreneuriale à une activité salariale, ou vice-versa, exige le plus souvent de passer par un temps de reconversion délicat et parfois dissuasif. Le portage salarial permet à des salariés et demandeurs d’emploi de bénéficier d’un accompagnement à la création de leur propre activité tout en gardant la protection sociale du salariat.
Le Club des Entrepreneurs évalue à plus de 1,3 million le nombre d’entrepreneurs individuels qui pourront émerger grâce à ce véritable tremplin vers la création d’entreprise.
(Source : Le Club des Entrepreneurs – Février 2017)
 
 
Add a comment
innovation économique

15 propositions pour l'innovation et la croissance

Au-dessus du tumulte d’un temps qui semble ne plus porter d’attention aux véritables enjeux, il faut rappeler que l’innovation et les entreprises innovantes sont incontournables à l’heure où le défi pour la France est celui de la compétitivité et de la croissance. Elles doivent être pleinement intégrées à la stratégie économique nationale et européenne et figurer parmi les priorités car elles sont très concrètement source de compétitivité, de croissance et peuvent donner à la France le souffle dont elle a tant besoin.
Animé par cette conviction, mais conscient des contraintes qui s’imposent aux pouvoirs publics, le Comité Richelieu fait 15 propositions d’actions qui se veulent réalistes, ambitieuses et concrètes pour simplifier, stabiliser, adapter les dispositifs en place et accélérer le mouvement qui doit conduire vers une efficacité appréciable des politiques publiques.
 
Réseau national de plus de 4000 start-up, PME et ETI innovantes dans tous les domaines d’activité, le Comité Richelieu entretient des relations avec les pouvoirs publics tout au long de l’année pour soutenir les mesures et dispositifs en faveur du développement des entreprises innovantes. Pour cela, le Comité se base notamment sur les conclusions annuelles de l’Observatoire de la politique du Gouvernement en faveur de l’innovation mis en place en 2013 [1]. Créer de la confiance, simplifier, accélérer ; c’est dans cet esprit qu’un mouvement de redressement et de développement pourra s’engager.
 
Achats publics innovants, fiscalité de l’innovation et de la recherche, leviers de croissance, développement à l’international, le Comité Richelieu porte un message et fait des propositions d’actions ambitieuses et responsables dans un contexte budgétaire contraint.
 
Il propose notamment que soit fixé un objectif ambitieux d’achats publics innovants correspondant à 10% de l’ensemble des achats publics. Il convient de rehausser et étendre l’objectif actuel de 2 % pour atteindre 10 % d’achats publics innovants à horizon 2020 et d’inclure les Régions et Métropoles. Il faudra par ailleurs mettre en place un dispositif de suivi et de contrôle de la mise en œuvre effective de cet objectif. En 2013, la commande publique représentait 71,5 milliards d’euros (Etat, établissements publics et collectivités).
 
 
Ensuite, à l’écoute des candidats à l’élection présidentielle qui souhaitent une optimisation du soutien aux startups, PME et ETI innovantes, il est recommandé que le taux du Crédit d’Impôt Innovation [2] (CII), 20 %, ainsi que le plafond maximum de dépenses considéré, 400 000 euros, soient revus pour dynamiser significativement l’innovation en France. Cette évolution doit correspondre à un alignement du taux de crédit d’impôt du CII sur celui du Crédit d’Impôt Recherche (CIR) à 30 % et à un rehaussement du plafond de dépenses maximum pris en compte pour le CII de 400 000 à 1 million d’euros.
Afin de financer cette mesure, pourquoi les groupes de sociétés ayant opté pour la consolidation fiscale de leurs résultats ne verraient-elles pas leurs dépenses de recherches exposées de manière consolidée au niveau du groupe et leur cumul s’apprécier au niveau du groupe (notamment à la limite cumulée de 100 millions d’euros) ? Pour illustration, sur la base des chiffres 2013, la mesure représenterait une économie pour les finances publiques de 530 millions d’euros ; les entreprises du CAC40 conserveraient un montant de CIR de 0,68 milliard contre 1 milliard avec la formule actuelle.
 
Enfin, le principe d’un statut spécifique de Jeune Entreprise Innovante (JEI) est très pertinent et son bilan est bon : c’est un dispositif adapté au financement de l’innovation.
Ce statut de JEI pourrait devenir JEIC (de Croissance), offre à partir de la troisième année et jusqu’à la perte du statut, la défiscalisation totale de la quote-part des bénéfices affectée à ses fonds propres. Cette évolution permettrait non seulement aux jeunes sociétés de continuer à bénéficier d’un allègement de charges de personnels affectés à la recherche et innovation mais également d’alléger l’imposition sur les bénéfices lorsque ceux-ci sont réinvestis dans la croissance de l’entreprise et la création d’emplois.
 
Enfin, dans le prolongement de cette évolution, une réflexion pourrait être menée sur le plafond de détention (25 %) de la société de la JEI par une autre société, plafond qui limite aujourd’hui mécaniquement la capacité de consolider la société au sein d’un groupe plus large, condition forte pour l’émergence de champions.
 
[1] Les éditions 2013,2014 et 2015 ont été élaborées en partenariat avec GAC group. Celui de 2016 a été élaboré en partenariat avec SOGEDEV.
[2] Le Crédit d’Impôt Innovation, tout comme la médiation de l’innovation et l’objectif d’achat public innovant, fait partie des propositions que portait le Comité Richelieu dans son livre blanc de 2012.
 
 
 
Add a comment
travail

Fin du travail : entre fantasme, serpent de mer du débat public et réalité

Les progrès réalisés dans le champ de la robotique et de l’intelligence artificielle, l’essor de l’Internet des objets, le traitement des données de masse (big data) ou l’émergence de l’impression 3D alimentent aujourd’hui des inquiétudes autour d’un « futur sans emploi ». Dans la littérature économique internationale, depuis 2013, plusieurs études ont cherché à estimer la part des emplois actuels qui pourraient être menacés de disparition du fait des nouvelles possibilités d’automatisation. Le Conseil d’orientation pour l’emploi a souhaité approfondir et affiner le diagnostic en procédant à une analyse complète des impacts prévisibles de la nouvelle vague d’innovations technologiques sur l’emploi et sur le travail.
 
L’innovation détruira-t-elle plus d’emplois qu’elle n’en créera ? C’est la question posée par le journaliste Arnaud de Robert, diffusée dans la Matinale de Radio Libertés.  Selon lui, le secteur de la santé et de la médecine est le premier impacté par la perte d’emplois : télémédecine, télé-diagnostique, robotisation chirurgicale. Puis, l’enseignement : e-learning, télé-enseignement, la présence face élèves quoi que l’on en pense ne s’impose plus, selon lui. On pourrait aussi parler de la sécurité, de l’aide à la personne, de la distribution et de l’industrie. Et ce changement radical de société pose de cruciales questions : si le travail disparait, les revenus aussi ? Le nouveau monde sans travail risque d’être rapidement explosif. Et pourtant non, aux dires de certains analystes. Beaucoup fondent d’ailleurs la transition sur le fameux revenu universel versé à tous sans condition de ressources. Un revenu versé par l’Etat qui lui permettrait de supprimer toutes les autres aides et proviendrait de la seule taxation de l’élite créatrice de richesse. Là aussi, on est loin de l’utopie, surtout quand on voit avec quel empressement nos politiques s’emparent de la question du revenu universel depuis quelques années.
C'est le cas du candidat à la Présidentielle, Benoît Hamon, qui aura au moins réussi à imposer son thème de prédilection dans le débat : la création d’un revenu universel comme réponse à la raréfaction du travail. De l’avis quasi général, voilà bien une des rares - si ce n’est la seule - idées neuves de cette campagne, même si beaucoup en contestent la pertinence.

LIRE AUSSI DANS UP' : Primaire socialiste : une victoire historique pour le revenu universel ? 

Des chefs d’entreprise aussi prônent le revenu universel, comme Elon Musk qui a confié son ressenti sur un avenir dans lequel les machines remplaceront peu à peu, (et a minima) la plupart des emplois du secteur de l’industrie, dans une interview accordée à CNBC et relayée par le site papergeek.fr.
 
Une contestation qui n’est pas seulement de principe. Elle vise aussi le diagnostic initial sur lequel se fonde ce projet politique : diagnostic selon lequel l’automatisation et la robotisation détruiraient de nombreux emplois que les gains de productivité ne permettraient pas de compenser.
Or cette idée d’une irrémédiable raréfaction du travail ne fait pas consensus. Plusieurs études récentes menées en France, notamment celle du Conseil d’orientation pour l’emploi (COE), relativisent l’impact de la révolution numérique sur le volume d’activité. 10 % des emplois seraient menacés : ce n’est pas négligeable mais c’est bien moins que ce qu’anticipaient certains scénarios précédents beaucoup plus pessimistes... et qui auraient justifié peut-être de revoir entièrement notre rapport au travail.
 
Le Conseil d’orientation pour l’emploi a donc adopté, mardi 10 janvier 2017, le premier tome d’un rapport intitulé « Automatisation, numérisation et emploi ».
Alors que les révolutions technologiques successives se sont accompagnées jusqu’à présent d’un développement de l’emploi, l’automatisation et la numérisation, des technologies interdépendantes qui se déploient avec des effets démultiplicateurs au-delà de la stricte production de biens et services alimentent des peurs autour d’un « futur sans emploi ». Des études récentes ont estimé qu’une part massive des emplois existants pourrait être menacée de disparition.
 
Le Conseil d’orientation pour l’emploi a voulu aborder cette question centrale pour l’économie et pour notre pacte social, pour éclairer le débat public et la décision publique.
 
Alors que les études existantes se focalisent uniquement sur les « destructions d’emplois », le Conseil a voulu approfondir l’analyse et embrasser l’ensemble des défis mais aussi des opportunités de la révolution technologique en cours. Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du Conseil, observe ainsi  que : « Les études prospectives ont jusqu’ici mis l’accent sur le risque de destruction d’emplois. Attention à ne pas avoir une vision trop simplificatrice. »
 
Dans ce premier tome, le Conseil analyse les effets possibles du progrès technologique sur le volume de l’emploi (en termes de disparition mais aussi de créations), mais aussi les effets sur la structure de l’emploi (quels sont les métiers et les secteurs les plus concernés ? comment les métiers sont-ils appelés à évoluer ? quels types de compétences seront à l’avenir les plus recherchées ?) et sa localisation, à la fois à l’échelle nationale (quelles pourraient être les zones d’emploi les plus concernées ?) et internationale (les technologies pourraient-elles favoriser un mouvement de relocalisation des emplois en France ?).
 
Le Conseil publie notamment les résultats d’une étude sur l’exposition des salariés français à l’automatisation. Cette étude, réalisée au sein du Secrétariat général, conclut que :
- moins de 10% des emplois cumulent des vulnérabilités qui pourraient en menacer l’existence dans un contexte d’automatisation ;
- la moitié des emplois existants pourrait voir son contenu notablement ou profondément transformé.
 
Le Conseil publie également une liste de métiers qui, au vu de cette étude, apparaissent les plus vulnérables ainsi qu’une liste de métiers dont le contenu est susceptible d’être transformé.
 
Selon Marie-Claire Carrère-Gée, « S’agissant de leurs conséquences sur l’emploi, les robots, l’intelligence artificielle ou l’impression 3D ne justifient, ni frayeur ni exaltation. Les transformations d’emplois existants, pour être probablement de très grande ampleur, pourront constituer autant d’opportunités et rendre bien des tâches moins pénibles et plus performantes. Les pertes d’emploi, peut-être significatives, pourront être compensées, et plus que, par des créations d’emploi en France. A nous– acteurs économiques, citoyens, pouvoirs publics- de nous en donner les moyens.»
 
Le Conseil étudiera dans un second tome à paraître au printemps les impacts sur les conditions de travail et l’organisation du travail, ainsi que les compétences des actifs. Et cela pour donner aux pouvoirs publics et aux citoyens un diagnostic solide pour préparer les décisions de politiques publiques qui doivent continuer à être prises dans tous les domaines : emploi, formation, protection sociale, mais aussi soutien à l’innovation et à la localisation d’activités.
 

Synthèse du rapport Automatisation, numérisation et emploi Tome 1 PDF - (1.0 Mo)

Rapport Automatisation, numérisation et emploi Tome 1 PDF - (9.1 Mo)

Focus sur l'étude présentée par le Secrétariat général du COE PDF - (1.8 Mo)

Pour aller plus loin :
 
- Etude de Carl B. Frey, Michael A. Osborne, « The future of employment : how susceptible are jobs to computerisation ? », Septembre 2013.
- Livre "La fin du travail" de Jérémy Rifkin, La découverte 1997
- Livre "Le travail : Une valeur en voie de disparition ?" de Dominique Méda, Flammarion 2010
- Livre "Travail : la révolution nécessaire" de Dominique Méda, Nouvelles éditions de l'Aube, 2013
- Livre "L'emploi est mort, vive le travail !" de Bernard Stiegler, Mille et une nuits 2015
- Article "Le grand bluff de la robotisation" - A l'encontre, 21 février 2017
 

 
Add a comment
économie

Comment garder l'esprit start-up dans une entreprise en pleine croissance ?

Il y a moins de dix ans, les grandes entreprises cotées en bourse étaient le graal des jeunes diplômés ambitieux. Depuis, l’attractivité de l’emploi a sensiblement muté : ce sont désormais les startups et leur esprit bouillonnant qui font rêver les candidats sur le marché du travail. Futurs piliers économiques, ces jeunes entreprises sont néanmoins vouées à perdre leur effervescence et leur attrait au fil de leur croissance. Pourtant, certaines compagnies emblématiques comme Facebook semblent avoir réussi le pari de conserver le dynamisme et l’effusion d’idées propres aux startups, tout en devenant des géants incontournables du marché. Alors la vieillesse, c’est dans la tête ?

Astuce 1 : Se remettre en question

Neuf start-ups sur dix ne résistent pas face à une mauvaise gestion : leur culture du savoir-faire technique et d’une dynamique de création se heurte ainsi souvent à une conscience de gestion qui fait défaut. Steve Jobs a apporté l’idée d’Apple ; John Sculley, les armes nécessaires à son développement : dans le monde des start-ups, il faut savoir s’entourer pour mieux se développer. Connaître son domaine d’expertise et savoir quelles compétences aller puiser à l’extérieur incarnent les fondements de l’entrepreneuriat : faire appel à des consultants, recruter des profils complémentaires – s’adapter.
 
Une nécessité qui est tout aussi incontournable pour les grandes entreprises. Si les process de gestion sont déjà rodés dans des entreprises en vitesse de croisière, au fil de leur croissance, une remise en question de la société, de ses acquis et des services qu’elle offre au public et à son équipe est incontournable pour assurer sa pérennité.

Astuce 2 : Appliquer une politique RH très vivace

Garder une équipe mouvante au fil de la croissance apporte un souffle nouveau à l’entreprise, aussi bien en termes d’idées que d’actions : il s’agit de capitaliser sur la cohésion et la volonté de réussite indestructible des équipes propres aux start-ups. On évoque souvent la « règle des 10% » : 10% du personnel à promouvoir et 10% du personnel à remplacer chaque année pour conserver un « esprit start-up », une notion synonyme d’atmosphère foisonnante de travail mais à l’écoute de ses employés, inclusive, qui sait allier travail, bien-être et solidarité. Un environnement très propice au développement, qui s’épanouit souvent dans les petits groupes soudés et cohésifs typiques des start-ups. La croissance de l’entreprise a tendance à dissoudre cet esprit de proximité qui allie les employés au-delà des règles hiérarchiques.
 
Pour garder l’esprit start-up, il faut savoir garder cette émulation de groupe, se remettre en question pour ne pas se reposer sur ses acquis : chercher à atteindre l’excellence à tout moment, en appréciant le progrès sans jamais s’en satisfaire. Si l’on a tendance à définir l’esprit start-up par la taille ou l’âge de l’entreprise, on se trompe pourtant. L’âge ne se traduit pas que par des chiffres, et le même principe s’accorde aux entreprises. L’esprit start-up existe encore dans des sociétés comme Google et Blablacar, symboles de cette atmosphère malgré leur expérience et leur chiffre d’affaires.

Astuce 3 : Faire évoluer sa vision des marchés

Rechercher la réussite : pour durer, il faut s’inscrire dans cette vision d’excellence, que ce soit en interne, en veillant au confort des employés, ou vis-à-vis des clients, en continuant à devancer leurs besoins. Si l’excellence n’est pas au rendez-vous, on ne parle plus de start-up, mais de déconvenue. Pour cela, il est incontournable de savoir faire évoluer sa vision du marché, de savoir mettre en place une veille, d’observer la concurrence. Adopter une vitesse de croisière ne serait-il pas, finalement, l’ultime signe qu’une entreprise ne fonctionne plus comme une start-up ? C’est-à-dire avec une force de travail bouillonnante et l’exigence d’un retour sur investissement quasi immédiat conjugué à une stratégie de développement à long-terme.
 
En insufflant une dynamique propre aux start-ups à un groupe en passe d’être obsolète, La Redoute a su rénover ses process internes, renouveler son image et relancer la marque sur un marché pourtant saturé.
 
Si les entreprises leaders veulent préserver leur place, elles doivent maintenir leur attractivité. Le bien-être des employés, l’innovation, la culture du travail collaboratif sont autant d’éléments loin d’être incompatibles avec la croissance des grandes entreprises. Beaucoup de composantes, mais aucune recette magique, si ce n’est une remise en question perpétuelle, plus efficace que le plus onéreux des antirides.
 
Michel Cohen, Directeur France & Afrique, Exclusive Networks
 
Add a comment
Loading...
Loading...