Santé : le corps sous protection

Alzheimer : Ce médicament inverserait significativement la perte de mémoire

alzheimer
Environ 44 millions de personnes dans le monde sont atteintes de la maladie d'Alzheimer, mais cette maladie a des répercussions sur la vie d'un nombre beaucoup plus élevé de personnes. La famille et les amis souffrent aux côtés des patients qui perdent lentement leurs capacités cognitives. Une nouvelle recherche publiée par une équipe de l'Université Lancaster pourrait aider à renverser la perte de mémoire causée par la maladie d'Alzheimer. Si cette étude était confirmée, l'impact serait énorme.
 
Une équipe de l'Université Lancaster, au Royaume-Uni, a découvert qu'un médicament conçu pour traiter le diabète de type 2 pourrait être la clé de la lutte contre la perte de mémoire qui accompagne la maladie d'Alzheimer. Leur étude a été publiée dans la revue médicale Brain Research.
 
Ce traitement agit en protégeant les cellules cérébrales attaquées par la maladie d’Alzheimer de trois manières différentes, plutôt que de s’appuyer sur une seule approche. Et comme ce médicament a déjà été testé et approuvé pour une utilisation chez les humains, il pourrait être validé en tant que traitement efficace pour les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer bien plus rapidement que d’autres options encore au stade expérimental.

Un médicament « triple agoniste »

À l’heure actuelle, les résultats n’ont été observés que chez les souris, mais le médicament « pourra clairement être développé comme un nouveau traitement pour les maladies neurodégénératives chroniques comme la maladie d’Alzheimer », a déclaré l’auteur principal de l’étude, Christian Hölscher de l’Université de Lancaster. « En l’absence de nouveaux traitements depuis près de 15 ans, nous devons trouver de nouvelles façons de lutter contre la maladie d’Alzheimer », a déclaré Doug Brown, de l’Alzheimer’s Society. « Il est impératif que nous examinions si des médicaments développés pour traiter d’autres maladies peuvent effectivement bénéficier aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’autres formes de démence. Cette approche de recherche pourrait rendre disponibles bien plus rapidement de nouveaux médicaments prometteurs aux personnes qui en ont besoin », a-t-il ajouté.
 
Le médicament en question est un triple récepteur qui combine les facteurs de croissance GLP-1, GIP et Glucagon pour protéger le cerveau de la dégénérescence. Les chercheurs ont testé le médicament à l'aide de souris transgéniques exprimant les gènes mutants responsables de la maladie d'Alzheimer chez les humains. Ces gènes sont responsables d'une forme de la maladie d'Alzheimer qui peut être héréditaire. Ils ont utilisé un labyrinthe pour mesurer la capacité d’apprentissage des souris ainsi que la formation de la mémoire, et ont constaté que le médicament avait « significativement inversé le déficit de la mémoire », expliquent les chercheurs.
 
Leurs expériences ont montré que le médicament agissait dans quatre directions :
- Il augmente les niveaux de croissance cérébrale, qui protège le fonctionnement des cellules nerveuses
- Il réduit la quantité de plaques amyloïdes toxiques dans le cerveau
- Il réduit aussi à la fois l’inflammation chronique et le stress oxydatif
- Il ralentit le taux de perte de cellules nerveuses
 
De fait, la façon dont le médicament fonctionne est d’aider les neurones à réparer et rétablir leurs fonctions. Il ne peut pas ramener des neurones morts – « une fois qu'ils sont partis, ils sont partis »  a tenu à préciser Christian Holscher à nos confrères de Futurism. Cependant, il y a beaucoup de neurones stressés qui sont encore vivants mais qui ne fonctionnent plus correctement. C'est là que réside la fenêtre d'opportunité ».  « Les premiers essais cliniques ont montré le même effet chez les humains, donc ce n'est pas seulement un artefact de souris », a ajouté le professeur Holscher. « Un récent essai clinique de phase II chez des patients atteints de la maladie de Parkinson a donné de très bons résultats, donc on s'approche ! »

Optimisme prudent

Il faut toutefois faire preuve d’un optimisme prudent. En effet, les recherches de l’université de Lancaster sont certes prometteuses, mais elles présentent encore certaines lacunes. Le traitement apporté aux souris cobayes consiste dans une injection quotidienne de peptides qui n’est pas simple à réaliser en milieu clinique. Par ailleurs, jusqu’à présent les modèles animaux ont été peu efficaces pour prédire l’efficacité humaine dans les traitements de la maladie d’Alzheimer.
Il n’en demeure pas moins que ce type d’expérimentation est d’un grand intérêt car il y a un besoin urgent de développer des traitements contre cette maladie envahissante. Et l’hypothèse choisie par les chercheurs de Lancaster d’utiliser des médicaments existants représente une piste de solutions pertinente.
Il reste encore à approfondir cette recherche. Une fois les essais de phase II terminés, une éventuelle étude de phase III chez l'humain pourrait suivre. Par la suite, le nouveau composé pourrait être homologué comme traitement de la maladie d'Alzheimer. « Le calendrier dépendra du financement ; c'est habituellement le facteur limitatif », a déclaré M. Holscher. « Ça pourrait aller aussi vite que trois ans, mais cinq ans est une estimation plus réaliste. »
 
Sources : Brain Research, Lancaster University, Science Direct, Futurism
 

 

 

Articles en relation
Une horloge cachée dans nos muscles

Des chercheurs de l'université de Genève ont découvert que les cellules musculaires abritent une horloge biologique. Elle pourrait jouer un rôle important dans la régulation de notre métabolisme et le...